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Des défenseurs du système prostitutionnel aux pourfendeurs du foulard dit islamique

Une proposition de loi visant à pénaliser les personnes ayant recours aux services de prostitué(e)s agite la société française. Ou plutôt ,devrais-je dire, une poignée d'hommes et de femmes qui se considèrent comme une intelligentsia mais qui ne ressemble pas vraiment à ce que peut être la société française.

 Ces hommes et ces femmes démontrent par l'absurde et le grotesque que la prostitution est un droit ou un service commercial et qu'à ce titre, l’État ne peut légiférer dans ce domaine. Ces hommes et ces femmes nous expliquent que, oui il existe bien des réseaux mafieux, qui exploitent le misère et la détresse humaine pour la transformer en juteux bénéfices, transformant ainsi des femmes et des hommes en esclaves sexuels, mais que certain(e)s prostitué(e)s le font de façon libre et éclairée et qu'au nom de cette liberté, on doit admettre le système prostitutionnel.

Il y aurait donc un droit à la jouissance de certains qui seraient supérieurs à la souffrance et à l'exploitation des autres. Au nom de la sacro-saint liberté ou au nom du sacro-saint libéralisme. Ces amis de la prostitutions, dont certaines prostituées ne veulent pas comme amis d'ailleurs, défendent un système patriarcal, profondément inégalitaire et créateur d'une asymétrie entre les genres.

L'idée que la prostitution serait le plus vieux métier du monde ( moi, c'est drôle, j'ai toujours cru que c'était parents le plus vieux métier du monde) légitimerait l'ensemble de ce système. Ben oui, c'est comme ça ,ma bonne dame, c'est très triste mais c'est comme ça que va le monde.

 Ces hommes et ses femmes n'ont pas l'air de penser que le maintien du système prostitutionnel fixe les hommes et les femmes dans des pratiques stéréotypées qui s'effectuent toujours sur le dos du dominé. Encourager ce système c'est promouvoir, de facto, l'androcentrisme de nos sociétés. Quel est le problème, me direz-vous ? Ces gens sont libres de penser ce qu'ils pensent et de dire ce qu'ils croient être juste. Je vous l'accorde.

Simplement, lorsque l'on se targue de penser et d'appartenir à ce cercle, très fermé et très sérieux, de gens qui pensent, il convient d'être un minimum cohérent dans son discours. Et toute la subtilité de la chose réside dans le fait que, lorsque l'on superpose un autre débat, qui, là aussi, agite l'intelligentsia française, on retrouve beaucoup de ces hommes et femmes, chevaliers servants du modèle prostitutionel. Quel est ce débat ? Allez, chers lecteurs, je vous aide, il s'agit aussi de libertés féminines, du droit des femmes à disposer de leurs corps. Vous ne voyez pas ? Je parle du foulard dit islamique.

En effet, cette poignée de défenseurs de la prostitution sont les plus acharnés détracteurs des femmes voilées. Et quels sont les arguments utilisés pour dire que le voile est un danger ? D'abord, c'est un symbole qui signifie la reconnaissance d'une société patriarcale qui induit une différenciation essentialiste entre hommes et femmes. Même si l'on acceptait l’argument, qui est fallacieux, que dire de la capacité d'analyse et de réflexion de personnes capables de brandir tel argument et de soutenir le système prostitutionnel qui est la parangon d'une société patriarcale et androcentrée ?

Ensuite, on explique que les femmes voilées, même si certaines le font librement, sont contraintes de se soumettre à la volonté d'un homme de leur entourage. Il faut donc sauver cette minorité, quitte à priver de droit la majorité. Si ce n'était pas pathétique ce serait presque comique, vu que c'est exactement le discours opposé qu'ils retiennent pour maintenir le système prostitutionnel.

Enfin, l’État doit légiférer. Pourtant, il s'agit bien d'une pratique individuelle qui relève du droit des personnes à disposer de leurs corps et à le vêtir ou le dévêtir, comme elles l'entendent. Que peut dire l’État là dessus ? La dernière fois que j'ai regardé dans la constitution et les textes internationaux ratifiés par la France, je n'y est rien trouvé.

En tant que femme et de surcroît voilée (oui, je sais, j'exagère vraiment, il y a des limites quand même),  je m'interroge sur ce mécanisme intellectuel qui permet à certains de dire tout et son contraire avec les mêmes arguments. Sans mauvais jeu de mot, le voile tombe et l'on perçoit à quel point les polémiques autour du voile n'ont rien à voir avec la préservation de la liberté, ni avec la protection des droits féminins.

Non, cet acharnement a tout à voir avec la xénophobie, cette intolérance à l'altérité qui rend crasse les plus brillant des esprits. Qui donc a un double discours (ici même une double pensée, ce qui est d'autant plus inquiétant pour la santé mentale du sujet concerné) ? Les méchants musulmans tant décriés ou ceux qui peuvent dire tout et son contraire, sans jamais être interpellés sur leur malhonnêteté intellectuelle ?

Que les esprits tortueux ne soient pas troublés, je ne fais aucun parallèle entre la prostitution et une pratique de l'Islam. J'observe simplement le deux poids, deux mesures de certains de nos « intellectuels » et le silence assourdissant qui entoure cette pesée faussée…

Enfin, je note que sur ces questions, les grandes absentes sont toujours les premières concernées. Qui écoutait,hier,les femmes voilées lorsque l'on votait des lois discriminatoires ? Qui écoute, aujourd'hui, les prostituées, alors que l'on s'apprête à voter une loi qui les concerne et qui, a priori, ne s'attaquera pas aux racines même du système prostitutionel ?

En guise de conclusion, je voudrai rappeler que nous savons, aujourd'hui, que l'homme est une femme comme les autres.

« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis . »

A méditer…

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