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L’Iran compte de plus en plus de femmes « ninjas »

Il était tentant de les caricaturer en amazones belliqueuses et sanguinaires, et l’agence Reuters n’a pas résisté, l’année dernière, à les jeter en pâture sous les traits patibulaires et maléfiques de « ninjas assassins », les adeptes iraniennes du ninjutsu, cet art martial japonais ancestral qui a influencé de nombreux styles d’art martiaux modernes, ont été honteusement diabolisées par une désinformation avide de sensationnalisme dont on ne dénoncera jamais assez les effets dévastateurs.

Poursuivi en justice pour « diffamation » pour avoir fait passer des athlètes iraniennes, de plus en plus nombreuses à pratiquer un sport de combat qui permet de cultiver un esprit sain dans un corps sain, pour ce qu’elles ne sont pas, le directeur de Reuters à Téhéran a été suspendu, de même que les activités de l’agence qui publia un démenti en guise de mea culpa.

A mille lieues de la fiction d’épouvante qui a fait les gros titres de Reuters, la réalité de l’engouement des femmes iraniennes pour le ninjutsu est tout autre, et ne se dément pas depuis 1989, date de l’ouverture de la première école par une femme entièrement acquise aux vertus de cet art féodal dont le rayonnement a perduré à travers les siècles: Akbar Faraji.

De plus en plus populaire en terre persane, le ninjutsu attire un nombre croissant d’iraniennes issues de tous les horizons, car, outre les diverses aptitudes qu'il requiert, l’apprentissage des techniques d’auto-défense et le maniement d’armes qu'il favorise, telles que des épées, le nunchaku et shuriken, il séduit particulièrement la gent féminine par la richesse de ses enseignements au coeur desquels figurent le respect, l’humilité, la persévérance et le calme à toute épreuve, contre les affres de la passion et de la violence.

"Les arts martiaux en général sont très populaires en Iran, et les athlètes iraniens, y compris les femmes, concourent régulièrement dans des compétitions de niveau international. J’en veux pour preuve, la participation des femmes iraniennes aux Jeux olympiques de 2008 et de 2012 dans la discipline du Taekwondo", a déclaré Fatima Muammar, un instructeur réputé de ninjutsu.

Très bien implanté en Iran, le ninjutsu se pratique dans 22 de ses provinces, dont Téhéran, l'Azerbaïdjan oriental, l'Azerbaïdjan occidental, Mazandaran, Markazi, Khuzestan, Qom, Khorasan, Golestan, Loristan, Bushehr, Qazvin, Zanjan, Fars, Sistan -Baloutchistan, Hamadan, Hormozgan et Gilan.

Les photos ci-dessous ont été prises en février 2013 dans l'école de Kerjah, près de Téhéran. All photos © Sharq Parsi

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