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De ce que nous connaissons tous Dieu sans le savoir

J’ai pendant longtemps intuitionné que les humains se représentaient Dieu chacun à leur façon et, qu’en connaissant cette représentation, il nous était aisé tant de les définir que de les comprendre de façon adéquate. J’ai d’ailleurs été conduit à considérer qu’on y parvenait d’autant mieux lorsqu’on les observait plutôt qu’en se fiant à leurs dires sur le sujet. Car enfin, combien de musulmans voit-on tenir que Dieu est la Vérité Éternelle tout en jurant la main sur le coeur qu’Il s’abroge ainsi que de nombreux oulémas le serinent ? La Quatrième Croisade, qui vit tant de massacres se produire, eût-elle été seulement possible si les Latins adoraient non leur Dieu particulier mais le Vrai Dieu ? Imagine-t-on que croient réellement en Lui les quelques juifs qui, bien que condamnant l’usure entre eux, la pratiquent envers les étrangers ? Mais que je prouve tout d’abord le bien-fondé de mon intuition première.

Qu’est-ce qu’un Dieu ? Nous serons tous d’accord ici : par « dieu », il n’est personne qui n’entende l’ensemble des principes que nous considérons. Le langage courant admet tout-à-fait la proposition puisque l’on dit bien d’un tel individu cupide que « son dieu, c’est l’Argent » ou, à propos d’un tel amoureux, qu’« il adule sa dulcinée » (i. e. qu’il est prêt à tout pour elle). Ainsi, le langage vient comme poser qu’il existerait des principes que nous tous devrions considérer ; et il suffit, pour s’en convaincre, de noter le certain mépris qui accompagne l’affirmation : en effet, nous nous démarquons nécessairement des autres et parfois même de ce que le bon sens conseillerait dès lors que nous avons adopté une divinité particulière —c’est ainsi que qui aura comme déifié son amante pourra commettre un crime qualifié de passionnel (comme si cela changeait quoique ce soit).

Descartes écrivait que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies et ne considérons pas les mêmes choses : c’est donc que nous ne divergeons qu’en tant que nous comprenons en l’idée de Dieu des choses différentes. Le corrélat obligatoire est qu’il y a, d’une part, une certaine objectivité en le concept de Dieu, c’est-à-dire les principes à considérer ; et c’est, d’autre part, en nous conformant à cette Objectivité que tous dans le fond reconnaissent que nous pouvons nous accorder avec nos semblables sans qu’ils y subissent préjudice. Par suite, c’est bien lorsqu’ils ne La reconnaissent pas ou (et c’est la même chose) qu’ils considèrent d’autres motifs hormis Dieu que les humains divergent. 

Il faut donc que Dieu nous soit à tous connu ou, si je reformule, que certains principes soient par tous considérés. Car en dehors des ressemblances évidentes de nos corps, il est d’autres éléments sur lesquels nous convenons, à savoir la Vérité, le Bien, la Justice et autres similaires, proprement indéfinissables mais parfaitement sus de chaque humain, indépendamment de sa culture, de son époque. Et c’est bien cela, Dieu  : l’In(dé)fini, l’Absolu, l’Universel.

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Mais comment se fait-il que Dieu, ou l’Objectif, soit nécessairement au moins connu de tous et que nos esprits soient pourtant colonisés de représentations de ce Dieu, c’est-à-dire de considérations particulières, fausses ? Autrement dit : comment le subjectif a-t-il pu prévaloir sur l’objectif ? Car si la Vérité, le Bien, la Justice et autres similaires sont sus de tous, l’Histoire humaine nous démontre que ce qu’un tel aura tenu pour bon pourra être vu par un autre comme mauvais, et inversement. C’est d’ailleurs ce qui conduisit tant et tant à dire que le Bien et le Mal ne sont que des relatifs, de même que la Vérité, et qu’il fallait voir en toute opinion l’égale d’une autre, quand bien même serait évidente leur fausseté.

Je ne m’égarerai point en constructions philosophiques comme le firent de nombreux philosophes, soit en excogitant divers sièges dans l’âme soit en imaginant l’homme tel qu’il aurait été sans toutefois disposer de preuves convaincantes à ce propos. Rousseau, par exemple, a admis l’existence d’un état de nature et du «bon sauvage». Ainsi, pour avancer prudemment dans l’étude de l’objet que je me suis proposé, il m’a paru plus efficace de simplement rappeler que le Tout n’a pu se produire que parce que, d’une façon ou d’une autre, Dieu l’a voulu ainsi. Mais alors, si Dieu a tout ordonnancé, n’y a-t-il pas problème ? Car, continuera-t-on, Il eût pu Se faire adéquatement connaître de tous et tant de maux auraient été évités.

Nous en venons donc à la question fondamentale de toute théodicée, à savoir comment concilier l’existence d’un Dieu Parfait-Omniscient et celle d’un Dieu Parfait-Bon ? Disait l’émir ‘Abd al-Qâdir al-Jazâïrî : une telle question ne saurait être élucidée par écrit. Sa réponse se transmet uniquement de bouche à oreille et de cœur à cœur.

En effet —et peu importe la formulation de la question—, nous trouverons toujours qu’elle contient l’affirmation selon laquelle Dieu est Parfait, Bon et Juste et, simultanément, l’affirmation selon laquelle Dieu est imparfait, mauvais et injuste.

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Les polythéistes diront sans se gêner : «Si Dieu l’avait voulu, ni nous ni nos ancêtres ne Lui aurions associé aucune divinité, et nous n’aurions rien déclaré interdit.» C’est là l’excuse qu’invoquaient les négateurs qui les ont précédés et qui leur a valu d’encourir Notre colère. Demande-leur : «Avez-vous un argument solide à produire? En vérité, vous ne suivez que des conjectures et ne faites que mentir.» (Cor. 6:148-149)

C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi ceux qui posent cette question leur vaut « d’encourir Notre colère » : ils insultent Dieu en admettant comme possible le fait qu’Il puisse être injuste alors qu’on sait que cela ne correspond pas à Dieu. Mais ils ne L’insultent pas volontairement. C’est du fait de la faiblesse de la pensée humaine, qui se caractérise par son amour de la binarité, que nous en venons à nier un des Attributs divins selon le sens par lequel nous prendrons le problème. Car en réalité, ce problème de la liberté humaine provient de ce que nous voulons faire entrer Dieu dans des catégories qu’Il transcende par nature : voilà pourquoi nous ne trouverons jamais de réponse convaincante. Lorsque la contradiction se trouve au cœur même de la question posée, écrivait Bergson, est-il étonnant que la contradiction se retrouve dans les solutions qu’on en donne ? Il faut donc reconnaître la limitation de la pensée humaine et l’impossibilité d’aboutir à une réponse par le moyen de la raison. C’est d’ailleurs la conclusion finale du verset précité : Dis : «C’est à Dieu seul qu’appartient l’argument décisif. Et s’Il l’avait voulu, Il vous aurait tous dirigés dans la bonne voie.»

De cela, nous tiendrons que nous sommes déterminés, car c’est la seule chose que nous pouvons en comprendre en tant que la notion de Bien peut parfois être altérée par le subjectivisme (c’est ainsi que beaucoup prient le Seigneur en espérant être exaucés car ils voient, en leur demande, le bien, sans toutefois qu’Il y réponde puisque leur demande n’est pas le Bien, c’est-à-dire Lui-Même) alors que la chose est bien plus difficile avec le déterminisme qui n’admet qu’une seule façon de diverger, à savoir la considération portée à une cause ou à une autre (qui elle-même, d’ailleurs, dépend d’une autre cause…).

Que je me penche sur quelques remarques que l’on pourrait émettre quant à ce que je viens de développer.

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Certains admettraient ce que je viens d’écrire ; toutefois, ils rétorqueront : « pourquoi donc Dieu a maintenu ce possible, sachant qu’il eût pu changer les causes de sorte que tous se comportassent convenablement ? » Je me contenterai ici de citer l’illustre Spinoza : « la matière n’a pas manqué ». Car ceux qui émettent cette remarque semblent tenir que Dieu eût mieux fait de l’employer à produire des êtres bons au lieu d’en faire à la fois des bons et des mauvais, comme si, au vu de la quantité de matière que l’on s’imagine limitée, c’était là l’usage le plus optimal. Et on ne voit pas, dans cette question, que l’on soumet Dieu à l’impératif économique tant nos esprits sont empreints du Capital en plus de n’avoir saisi la notion de Destin qu’il me paraît avoir correctement traitée.

Parmi les critiques, il en est qui tiendraient que, si nous sommes déterminés, il n’y a donc rien à faire ; ce qui, à mon sens, est une grande absurdité, car ceux-là mêmes qui tiennent ce discours oseraient-ils affirmer que sans cause, l’effet s’ensuivra malgré tout ? Car enfin, c’est bien cela le déterminisme : tout est selon une cause.

Une autre objection, moins inconséquente toutefois, consistera en l’existence de l’épreuve. Si Dieu nous éprouve, disent-ils, c’est bien pour que notre libre-arbitre fasse le bon choix, à savoir que nous en revenions à Lui. Mais ne voit-on pas qu’il y a en cette affirmation une cause (épreuve) qui aboutit ensuite à un effet (bon choix) ? Le déterminisme demeure toujours intact.

Prenons l’exemple des juifs. Une part parmi eux est sioniste, en ce sens qu’elle fédère des individus qui agiront pour que le sionisme passe de fiction à réalité ; il en est d’autres qui ne l’admettent guère parce qu’ils croient que seul le Messie, par la Sainte Volonté de HaShem, fera renaître le royaume de David et de Salomon, et que le sionisme, finalement, ne consiste qu’en une volonté de se prendre pour Dieu. En effet, ayant été expulsés de Jérusalem, les juifs se seraient vu promettre d’y revenir lors de la Rédemption. C’est donc que pour beaucoup une promesse de Dieu semble impliquer passivité. C’est comme si les musulmans, parce qu’ayant reçu de Dieu la promesse que le Bien triompherait, se mettent à se prélasser et à demeurer indolents car, «après tout, ça viendra, mais sûrement pas de notre fait puisque Dieu l’a promis ! Car si nous tendons à promouvoir le Bien, c’est donc que nous nous prenons pour Lui !» Ainsi s’opère par une volonté de plaire à Dieu une représentation (c’est-à-dire une conception, par suite une fausseté) de Dieu. Car en tenant que le sionisme serait se prendre pour Dieu, ils disent bien que Dieu Seul est Acteur. La chose est vraie : mais la conscience juive a aussi comme fondement que Dieu serait comme hors ce monde puisqu’Il l’a créé.

Ce qui prouve bien qu’elle est contradictoire car il est impossible de simultanément tenir que Dieu soit strictement hors de ce monde impur et qu’Il en soit aussi le seul Acteur. En réalité, de nombreux juifs ne se positionnent d’une part ou de l’autre de la contradiction que lorsqu’elle va en le sens qui leur convient : c’est ainsi que ceux ayant suivi le Christ doivent être qualifiés de polythéistes car Dieu ne saurait être en cet individu qui abolit l’enfermement tribal juif pour l’Universel, alors que leur Messie (donc l’Antéchrist des chrétiens et musulmans), en tant qu’il les maintient dans la séparation d’avec les autres humains, et alors qu’il est un Acteur, se voit bien évidemment admis, toléré et même être l’objet de ferventes prières pour son apparition prochaine.

Bref : du déterminisme, j’en dis qu’il nous faut tout simplement provoquer les causes aux effets espérés. Bien entendu, nous n’avons la capacité de faire tout ce que nous voudrions, puisqu’en plus des causes dont nous sommes l’origine, il en est tant d’autres sur lesquelles nous n’avons la moindre efficace et qui concourent, favorablement ou non, à nos desseins. Par suite, c’est bien, et très généralement, à une seule obligation de moyens que nous sommes tenus. Je dirais même que c’est en cela que réside l’épreuve, à savoir pâtir d’effets dont nous ne sommes cause adéquate, c’est-à-dire dont nous ne pouvons être cause exclusive. Il serait relaté que les Prophètes en subiraient le plus : et en cela, je vois seulement que, dans une Volonté de les rapprocher davantage encore de Lui, Dieu les soumet à des évènements toujours plus intenses afin qu’ils embrassent davantage l’Essence divine ; et c’est précisément par cette compréhension qualitativement supérieure de l’Essence divine que, dans un certain sens, ils deviennent cause adéquate des épreuves précédentes que désormais (donc a posteriori) ils embrassent. C’est ainsi que de passion, ils passent à l’action, que nous tiendrons comme étant la chose dont nous sommes cause adéquate.

Car le réel objectif du musulman est que sa volonté et celle du Seigneur soient uniques, de sorte qu’il ne se réjouisse ni ne se plaigne. Qu’il me soit permis de citer l’Illustre : «L’ignorant, en effet, outre que les causes extérieures l’agitent de bien des manières et que jamais il ne possède la vraie satisfaction de l’âme, vit en outre presque inconscient de soi, de Dieu et des choses, et dès qu’il cesse de pâtir, aussitôt il cesse aussi d’être. Alors que le sage, au contraire, considéré en tant que tel, a l’âme difficilement émue ; mais étant, par une certaine nécessité éternelle, conscient de soi, de Dieu et des choses, jamais il ne cesse d’être, mais c’est toujours qu’il possède la vraie satisfaction de l’âme. » Ne voit-on pas là l’exacte reformulation de la Parole : Faisons-Nous goûter à l’homme un bienfait de Notre part et l’en privons-Nous ensuite, il est alors livré au désespoir et plein d’ingratitude ! Lui faisons-Nous goûter un bienfait de Notre part, après qu’un malheur l’a frappé, alors aussitôt il s’écrie : « C’en est fini enfin de mes malheurs ! », plein de joie et de gloriole. Seuls ceux qui patientent et pratiquent de bonnes œuvres obtiendront pardon et belle récompense (Cor. 11:9-11) ?

Ne craignons pas de nous montrer contemporains. Un jour, alors que j’exposais assez maladroitement à l’oral ce que j’écris ici, je m’entendis dire : « si ce que tu dis était vrai, j’abjure immédiatement l’Islam car cela signifie que Dieu a fait Brazzers et tous les scénarios pornographiques ! » (un musulman plus âgé que moi a effectivement tenu ce discours). En cela, ce musulman tenait qu’il y avait, hormis Dieu, un autre Déterminateur : et ceci découle immédiatement et strictement du fait qu’il conçoit de Dieu ce qu’Il n’est pourtant pas puisque Dieu est bien par Qui tout s’explique ; et il n’est d’ailleurs pas à douter que prise indépendamment, il s’accorderait avec cette dernière affirmation ; mais ainsi que je l’exposai, il faut accorder plus de prix à laisser agir les humains qu’à directement leur demander quoi que ce soit pour se faire une idée de ce qu’ils pensent, c’est-à-dire ce qu’ils sont. Talleyrand ne disait-il pas que la parole a été donnée à l’homme pour dissimuler la pensée ?

Afin d’être mieux entendu, que je synthétise tout ce que je viens d’exposer.

Par «dieu», tous entendent «ce qu’on considère». Ainsi, il est un Dieu, ou plutôt un dieu objectif, Qui est ce que tous considèrent. En cela, nous y voyons les quelques valeurs et idées universelles partagées par tout humain. Il est toutefois une infinité de dieux subjectifs, c’est-à-dire ce que chaque humain en vient à considérer. Ces dieux subjectifs sont des représentations de Dieu en tant qu’elles conservent de Lui la qualité «ce qu’il y a à considérer» tout en en expurgeant l’Objectif, le Contenu. La différence entre Dieu et les représentations qu’on En fait est similaire à celle entre le modèle et son portrait peint : le différentiel qualitatif est radical et indubitable ; et on approximerait assez bien la situation de beaucoup à cet égard en disant qu’ils préféreraient embrasser non leur conjoint mais sa photographie. On pourrait encore illustrer cette différence en tant que les uns veulent savoir (Dieu) et les autres, seulement voir(représentation).

Il suffit de savoir ce qu’un tel considère, c’est-à-dire son dieu, pour adéquatement conclure à son propos. La plupart de l’Humanité vit dans la représentation du fait de nombreuses causes qui toutes procèdent de la volonté de Dieu en tant qu’Elle régente le Tout.

Poursuivons avec la seconde partie de notre examen en nous demandant si il est seulement possible d’accéder à Dieu.

Certains se demanderont la raison de cet écrit car si Dieu a déjà décidé que de nombreux humains n’auront, la plupart du temps, de Lui que des représentations, on ne voit ce que ce texte rédigé par un quidam y changera. Mais j’ai déjà répondu : le déterminisme n’est autre que reconnaître l’enchaînement obligé entre la cause et son effet. C’est ainsi que je suis, en tant que musulman et en règle générale, astreint à une obligation de moyens et non de résultat. Suis-je à blâmer si, en apportant un conseil adéquat à un pécheur, ce dernier refuse de s’y conformer ? Ici, ma seule obligation consiste à faire de ce conseil un bonne chose en plus, autant que possible, de le formuler respectueusement afin de ménager la susceptibilité du conseillé.

Je le répète donc : tout procède de la Volonté de Dieu et Elle est la cause de ce que tant d’humains ne L’adorent qu’à travers des représentations (Cor. 12:106). Il importe de préciser que je n’ai pas (ni ne puis) à répondre de ce que Dieu a voulu et fait. Toutefois, je puis dire que l’une des nécessaires causes à la représentation est la séparation entre objet et sujet. Si nous avons tant de représentations de Dieu, c’est notamment parce qu’Il nous paraît éloigné. La conscience juive, dont j’ai exposé un trait fondamental, a réalisé de profonds dégâts en la conscience de nombreux humains (d’ailleurs, n’est-il pas commun d’entendre de la bouche de musulmans même que Moïse était un juif ?) : c’est ainsi que la grande part des membres des religions abrahamiques professent un Dieu dans le Ciel en nous Le faisant paraître comme strictement extérieur au Monde. En cela, ils disent s’appuyer sur leurs Livres qui tiendraient que Dieu a créé le Monde. Or en l’ayant créé, il faut bien que cette chose créée n’ait tout d’abord existé ; qu’elle ne participe nullement de son Créateur. Cela vient de la même façon que le menuisier créé la table : nul ne tiendra que l’essence de la table et l’essence de l’ouvrier se confondent.

Mais on pourrait se demander si cette vision ne serait pas un excès d’orgueil bien qu’elle nous parût découler d’une véritable piété. Car considérer que Dieu serait extérieur au Monde parce qu’Il l’a créé n’est autre qu’un certain anthropomorphisme. De plus, tenir qu’il existerait en dehors de Dieu quelque chose, quand bien même cette chose aurait été créée par Lui, c’est affirmer que Dieu n’est pas le seul Étant. Davantage : cela vient permettre la division des choses de ce monde en sacré et en profane, de sorte que certaines choses serviront au culte et devront par conséquent être tenues en haut respect quand d’autres, ne l’étant pas, seraient disposées à notre guise. Or le profane a une tendance naturelle à s’étendre puisque la césure entre sacré et profane est arbitraire, c’est-à-dire injustifiée et nulle.

Cela se prouve aisément en s’intéressant aux travaux du crétinisme universitaire que l’on nomme sociologie, économie et assimilés : ils voient la société en sectionnements arbitraires, de sorte qu’il existe pour eux une multiplicité de classes (ceux gagnant 1000 à 2000 ; 2000 à 3000 ; et ainsi de suite) sans voir que parce qu’arbitraire, le procédé est vain, car les comportements divergent, qu’il est possible que la classe 2000-3000 compte un rentier et un salarié qui n’auront pas les mêmes intérêts, qu’il est loisible de créer une classe 1500-2500, 1530-2530, 1600-2600, et ainsi de suite à l’infini. J’ai par ailleurs eu vent de certains qui, en croyant s’appuyer sur le Coran (28:15), prétendent que la maturité se ferait à l’âge de quarante années, comme si à trente-neuf ans, onze mois et vingt-huit jours, nous étions débiles et que le jour prochain verrait naître en nous la graine du génie.

Bref, il est des divisions proprement aliénatoires ; et diviser les choses de ce monde en sacré et profane, c’est donc faire que le profane croisse ainsi que nous le constatons nous-mêmes chaque jour : il faut même dire que cette division induit l’athéisme puisqu’à terme, il ne sera plus de sacré, c’est-à-dire les fondements mêmes de la Religion ainsi qu’on nous la présente habituellement. Est-ce un hasard si l’avortement, le divorce, et tant d’autres, sont désormais profanes, autorisés, banaux ? D’après Guillemin, Gerson (un contemporain de Jeanne d’Arc) relate : « les cloîtres de nonnes sont aujourd’hui des loges de prostituées ; les monastères ressemblent à des boutiques et les cathédrales sont devenues des cavernes de voleurs. » Aujourd’hui, soit six siècles après cette profanation, ces mêmes édifices sont pour large part désaffectés et la pratique du culte catholique en France est clairement en voie d’extinction.

Mais qui donc en vient à interroger profondément cette croyance qui veut que Dieu soit strictement extérieur au Monde ? Le manque de logique, c’est-à-dire la perte de la possibilité de reconnaître instantanément ce qui est important et ce qui est mineur ou hors de la question ; ce qui est incompatible ou inversement pourrait bien être complémentaire ; tout ce qu’implique telle conséquence et ce que, du même coup, elle interdit ; cette maladie a été volontairement injectée à haute dose dans la population par les anesthésistes-réanimateurs du spectacle, nous dit Debord. Car j’ai connu bien plus de musulmans tenant que Dieu est strictement hors de ce monde qu’autre chose ; et si je leur tenais cet exposé, je ne doute qu’ils se raviseraient. Ainsi, je dis qu’une religion vraie se reconnaît au moins à deux aspects : elle est intrinsèque à l’Humain, c’est-à-dire qu’elle lui convient parfaitement, lui est adéquate, n’exige nul apprentissage ni effort sinon celui consistant à se défaire du Faux qui nous empêche de la voir ; elle ne connaît que du sacral, et c’est pour cela que l’Islam tient tant et tant d’actes de la vie quotidienne comme des adorations bien qu’il puisse nous paraître ne pas être le cas. Je préciserai néanmoins que Dieu ne Se limite pas à être Immanent : Il l’est tout en étant Transcendant et bien plus ce qu’un cerveau humain pourra jamais concevoir.

La seconde partie de mon examen étant de savoir si il est possible de croire en Dieu malgré ces représentations tenaces, et ayant démontré que la croyance en un Dieu strictement Transcendant était une erreur fondamentale qui entretenait ces représentations, il est temps que je quitte la théorie pour le champ pratique.

Je ne crois pas ennuyer le lecteur en exposant ce en quoi il se retrouvera aisément : en effet, j’ai connu des épisodes en ma courte vie que je qualifie volontiers de déplaisants et regrettables ; toutefois, j’ai beau vouloir m’en extirper en me disant que je ne pouvais ne pas les vivre, il n’en demeure pas moins que mon esprit s’y retourne encore et toujours. Je pris conseil auprès de quelques uns qui tous me dirent que je souffrais de ce que la passion et le désir me dominaient. C’était donc que j’excogitais de Dieu une tenace et féroce représentation ou, reformulé, que la divinité à laquelle j’étais présentement en adoration était tel ou tel fétiche et non Dieu. Je compris enfin que cette représentation était le produit d’une conscience en souffrance en tant qu’elle n’embrassait le Tout. 

Puis vint le jour où ton Seigneur dit aux anges : « Je vais installer un représentant [calife] sur la Terre. » Et les anges de repartir : « Vas-Tu établir quelqu’un qui y fera régner le mal et y répandra le sang, alors que nous chantons Ta gloire et célébrons Tes louanges ? » Le Seigneur leur répondit : « Ce que Je sais dépasse votre entendement. » Et Il apprit à Adam tous les noms ; puis les présenta aux anges en leur disant : « Faites- Moi connaître les noms de tous ces êtres, pour prouver que vous êtes plus méritants qu’Adam ! » Et les anges de dire : « Gloire à Toi ! Nous ne savons rien d’autre que ce que Tu nous as enseigné ; Tu es, en vérité, l’Omniscient, le Sage. » Dieu dit alors : « Ô Adam ! Fais-leur connaître les noms de ces choses ! » Et lorsque Adam en eut instruit les anges, Dieu ajouta : « Ne vous avais-Je pas avertis que Je connais le secret des Cieux et de la Terre, ainsi que les pensées que vous divulguez et celles que vous gardez dans votre for intérieur ? » (Cor. 2:30-33)

En effet, les Anges ont tenu ce discours parce qu’ils pressentaient en notre nature humaine une absence de Savoir et partant, une propension au Faux, au Mal —il faut dire qu’en cela, ils n’avaient pas tort, puisque Dieu a effectivement dû nous apprendre ces quelques Noms. Cet épisode nous indique que l’apparent puisse, de la Volonté de Dieu, diverger de la Réalité. C’est donc là le mal dont tous pâtissent, à savoir n’embrasser du Tout que trop peu.

Il est rare que dans mes écrits, je fonde ma pensée sur les seuls versets coraniques car il m’importe de me faire entendre et surtout de convaincre du bien-fondé de mes positions même celui qui voit en l’Islam une fausse religion. De plus, il faut que le musulman ne soit pris pour un gogo crédule, puisque de ce même verset que je cite, il y aurait vraisemblablement des interprétations. Ainsi, et afin de me conformer à cette double exigence, supposons que nous voyions un individu agir et que nous voulions comprendre ce qui le meut : «leur seule ressource est de se rabattre sur eux-mêmes et de réfléchir aux fins par lesquelles ils ont coutume d’être déterminés à des actions semblables, et ainsi jugent-ils nécessairement de la complexion d’autrui par la leur» (Spinoza). Il en est essentiellement de même ici : puisque Dieu m’est inconnu et parce que cela créé chez moi un vide —la nature a horreur du vide, dit-on—, il me vient naturellement que je doive excogiter de quoi combler ce vide ; toutefois, et ainsi que chacun de nos cours de vie médiocres le sussure quotidiennement, il n’est de remplacement adéquat à Dieu. Car si j’embrassais de mon savoir Dieu, il n’y aurait lieu d’excogiter quoique ce soit en remplacement.

Il faut préciser ce qui vient d’être exposé. J’appelle le lecteur à distinguer Savoir et Connaissance : par lui, j’entendrai une globalité, une totale appréhension des choses (au moins dans leurs principes —c’est d’ailleurs ce qui importe en réalité—) ; par elle, j’y verrai le synonyme de discipline, ou d’expertise. Par suite, nous avons tous des connaissances ; il se peut même que nous naissions avec certaines bien que la plupart proviennent de l’expérience. C’est pourquoi le dogme de la tabula rasa demeure vrai (Cor. 16:78) car est similaire à une tablette vide l’individu qui n’aura lié les connaissances pour en tirer la substance logique, charnelle, dialectique qui explique le Tout (et je n’ignore pas que cette affirmation appelle une redéfinition de l’Intelligence que nous entendrons comme étant l’échelle qualitative d’appréhension de Dieu). Si je reformule : il faut voir que nous ne savons pas et qu’au mieux, nous ne faisons que connaître qu’un nombre limité de choses. Notre grand’peine ici-bas, c’est que nous ne les lions pas entre elles pour faire émerger le Tout, le Vrai, la Rationalité organique, bref, Dieu. C’est ici que se manifeste très clairement cet aphorisme : « le Tout est supérieur à la somme de ses parties. » Ainsi, un grand nombre d’humains meurent comme ils naissent, c’est-à-dire n’ayant jamais saisi ce Tout quand bien même certains parviendraient à accumuler un grand nombre de connaissances. Mais malgré tout, nous percevons toujours ce manque, ce vide, cette part d’inexpliqué et c’est elle qui est douloureuse, c’est elle qui nous conduit à la représentation et c’est elle que prétendent traiter par de faux discours les psychologues, les prétendus oulémas, etc. Et en cela, l’on se tromperait lourdement si l’on s’imaginait que la chose ne concerne que des non-musulmans.

En effet, et relativement à notre sujet, nous poserons que l’Humanité se divise en quatre catégories : ceux étant avec Dieu intérieurement et extérieurement ; ceux l’étant seulement intérieurement ; ceux l’étant seulement extérieurement ; ceux ne l’étant ni intérieurement ni extérieurement. Ces deux premières sont élues et seuls les humains embrassant leur Seigneur s’y trouvent. Quant aux deux autres, elles sont très similaires puisque leur intérieur est vide. Notons toutefois que la catégorie des musulmans étant avec Dieu seulement extérieurement est peut-être plus néfaste que la dernière ; en effet, précise al-Dabbâgh : « ce sont des gens dont l’adoration ne fait qu’augmenter leur éloignement de Dieu. » Et ils sont aussi, en grande partie (selon al-Ghazâlî), la cause de l’impiété en tant qu’ils sont considérés comme pratiquants et donc des guides alors que, par leur éloignement de Dieu, c’est-à-dire du fait de la représentation qu’ils En ont, ils montrent trop souvent le mauvais exemple. C’est très à propos que Henri Guillemin notait qu’il était «(…) un athéisme salubre qui nie ce que Dieu n’est pas. Et Dieu n’est certainement pas ce despote qu’on nous a représenté : un despote barbu ; ce despote qui voudrait du sang pour s’apaiser ; ce despote qui est affamé d’hommages ; ce despote qui serait entouré d’une cour qui passe son temps à chanter des hymnes ; ce despote qui est si peu miséricordieux qu’il exige qu’il y ait une quantité de saints autour de Lui à gémir pour obtenir de Lui quelque miséricorde à l’égard des pécheurs… tout ça, c’est de l’imagination primitive, ENFANTINE ! Il serait temps que nous ayons, si nous voulons en avoir une, une religion d’adultes. Il y a tellement de choses qu’il nous faut réformer, ne serait-ce que dans le vocabulaire de l’Église. Quand l’on parle d’un Christ, d’un Seigneur qui serait au plus haut des CieuxVous vous rappelez que le Russe Gagarine, le premier cosmonaute, en redescendant, a dit : « Je suis monté mais je ne L’ai pas vu. » Réponse : « C’est que tu n’es pas monté assez haut. » Comprenez que c’est imbécile des choses comme ça ! Et ce mot gloirequ’on nous fait répéter à l’église tout le temps : mais c’est un mot du vocabulaire monarchique —comme si Dieu était un super Louis XIV ou un super Napoléon ! Alors il faut qu’il soit entouré d’une gloire ! Il y a tout ce vocabulaire qui serait à changer. (…)»

Et c’est ce dont pâtissent beaucoup de non-musulmans, colonisés qu’ils sont des représentations qu’en font ceux qui étaient supposés les prévenir. Ainsi, la différence réelle entre le non-musulman et le musulman d’apparence est que celui-ci a seulement reconnu par l’Attestation de foi qu’il y avait un Dieu unique. Malgré les préjugés, il n’y a d’autre critère car nous connaissons tous de nombreux non-musulmans agissant bien mieux que ces musulmans dont nous parlons, preuve que la bienfaisance n’est pas consubstantielle au simple fait de prononcer de l’Attestation de foi. Quant à la raison qui les fait agir mieux que Ses prétendus serviteurs, c’est parce qu’ils sont plus proches de Dieu qu’eux en tant que la représentation qu’ils En ont est plus proche de la Vérité (ce qui toutefois ne change pas sa fausseté). On illustrerait assez bien mon propos en se référant à la parabole qu’emploie Schopenhauer afin de distinguer le talent du génie : « le talent, c’est le tireur qui atteint un but que les autres ne peuvent toucher ; le génie, c’est celui qui atteint un but que les autres ne peuvent même pas voir. » Ainsi, il y aurait un individu qui serait tout simplement incapable non seulement de voir mais encore de tirer le moindre trait car n’ayant été initié à l’art du tir à l’arc : il s’agit ici de celui rejetant Dieu ; le non-musulman vertueux et le musulman pervers parviendraient à tirer sans réussir : la différence est que celui-ci est un fanfaron qui a juré pourtant y parvenir quand celui-là s’est tu ; le musulman vivant Dieu intérieurement est ce talent qui atteint la cible inatteignable pour les autres ; quant au musulman véritable, qui vit et manifeste la Divinité, la chose est bien autre : il est le génie qui atteint la cible invisible pour quiconque en tant qu’il se voit tireur, flèche et cible, sans toutefois s’y limiter.

L’on me rétorquera sûrement : « le Paradis n’est-il pas promis aux musulmans ? » À quoi je réponds : « je garantis seulement qu’il soit promis à ceux qui auront été admis par Dieu. » Et il me paraît acquis que ceux L’ayant au moins intérieurement en soient ; quant aux autres, et malgré le matraquage que l’on nous a fait subir en tenant que le dit musulman serait toujours supérieur au non-musulman alors que l’expérience démontre bien trop souvent l’inverse, je ne me prononcerai pas, contrairement à tant de téméraires.

Ainsi, il est donc question de briser définitivement ces représentations afin que la pureté de Dieu apparaisse enfin.

Il importe de se demander si il s’agit de faire un travail ou non. Je ferai noter que la solution souvent donnée par des insensés consiste à fréquenter assidûment les bibliothèques, à s’intéresser aux sciences, à apprendre le Coran et des milliers de hadiths : ce faisant, —et sans même s’en apercevoir (ce qui est le plus grave)— ils maintiennent l’Illusion générale en fermant la Voie de Dieu à la grande part des humains qui n’ont accès à ces moyens.

J’en dirai qu’il nous suffit ici d’identifier avec précision la représentation en laquelle nous sommes empêtrés : par nécessité, par définition même, il en sortira au moins une fausseté, une inconséquence, une noirceur qui, si nous sommes de bonne foi, nous poussera à l’abandonner. Il en est ici de même avec tous les artifices humains (un État, un bâtiment, une idéologie, etc.) : prenons-nous-en à leurs fondements qu’ils s’évanouiront. Ce n’est d’ailleurs pas en vain que les États disposent de forces de l’Ordre, d’armées et d’instances de justice ; ce n’est pas en vain non plus que les bâtiments soient l’objet de soins constants d’ingénieurs et de techniciens ni que les idéologies ne se maintiennent que par un lavage de cerveau permanent ; le constat est le même relativement à toute culture qui ne peut admettre des « étrangers » qu’à une certaine limite sans quoi elle se dissout. C’est parce que ces choses n’ont pas leur substance en elles-mêmes qu’elles requièrent, pour persister, un dispositif de sauvegarde. Ce n’est pas non plus un hasard si les humains pris en leur idéologie tribale ne se marient qu’entre eux —ici, les juifs en sont la meilleure illustration car ils disent, par leur interdiction écrite, que la tendance, la nature serait bien qu’ils s’ouvrissent à l’Humanité entière.

Et pour cette tâche, il n’est point nécessaire de recourir à un accompagnateur, un gourou, une confrérie, une méthode, des livres de développement personnel, des faux oulémas, des exercices de mortification, des drogues… Que l’on soit lettré ou non, arabisant ou non, femme ou homme, jeune ou âgé, riche ou pauvre, la capacité de l’accomplir nous a à tous été octroyée par le Seigneur Qui est accessible par tous si tant est que nous en fassions l’effort. Il suffit d’être de bonne foi, rien de plus ! En réalité, c’est déjà ici que se distingue le vrai du faux ouléma en tant que ce dernier aura la tendance obligatoire de maintenir l’autre en une sujétion quelconque quand le véritable ouléma a l’objectif sincère de le conduire autant que possible et le plus loin possible sur le chemin lui permettant d’embrasser Dieu, soi et les choses (il s’agit ici de pléonasmes).

 

Dans ces lignes, je n’ai prétendu à rien d’autre qu’à rappeler, qu’à reformuler, qu’à transcrire ce que chacun eût pu comprendre de lui-même. Ainsi, je me mets hors cet abominable chemin d’aliénation consistant à créer parmi les humains une différence entre « penseurs » (& assimilés) et les autres. Debord le notait fort bien : « Tous les experts sont médiatiques-étatiques et ne sont reconnus experts que par là. Tout expert sert son maître, car chacune des anciennes possibilités d’indépendance a été à peu près réduite à rien par les conditions d’organisation de la société présente. L’expert qui sert le mieux, c’est, bien sûr, l’expert qui ment. Ceux qui ont besoin de l’expert, ce sont, pour des motifs différents, lefalsificateur et l’ignorant. Là où l’individu n’y reconnaît plus rien par lui-même, il sera formellement rassuré par l’expert. »

Je ne doute point que l’on me demandera la raison qui fait persister cet état si la chose était si simple. À cela, je cite : maxima superbia vel abjectio est maxima sui ignorantia [le suprême orgueil, de même que la suprême abjection, est l’extrême ignorance de soi. —Spinoza]. Les dits « penseurs » étant du « bon côté du manche » tendront volontiers vers superbia (à savoir faire de soi plus de cas qu’il n’est juste) quand nous autres, c’est-à-dire les ignorants en tant que non-titulaires d’une ijâza, aurons tendance à faire de nous moins de cas qu’il n’est juste, ce qu’on exprime en latin par abjectio. Ceci se démontre aisément : lesdits savants conservent jalousement leur statut de référent en ayant érigé comme barrière la possession d’un diplôme qui nécessite plusieurs années d’investissement personnel, de sorte que seule une infime fraction des musulmans en soit capable ; le pendant dialectique n’est autre que ce qu’on entend de la bouche de nombreux musulmans : « il nous faut suivre les savants car nous ne savons rien », et ceci, quand bien même il est impossible de les suivre en tant qu’ils se contredisent presque tous, quasiment sur tous les sujets et même les plus graves. Et l’abjection chez eux est telle que l’idée même de voir les problèmes posés par cette organisation sociale est impossible. Ainsi ne faut-il s’étonner lorsque le musulman dans l’abjectio confronté à la multiplicité d’avis contradictoires y voie la Miséricorde divine et non un giga bordel à foutre à la poubelle, précisément parce que pressentant l’immense remise en question qu’il s’obstine à ne point effectuer. Mais comme je l’ai dit, les représentations de Dieu expriment adéquatement notre être réel, de sorte que l’on peut se poser de sincères questions quant à l’état mental de gens qui, face à des contradictions évidentes, n’y voient que Vérité.

Il résulte de ce qui précède que superbia et abjectio ont en réalité une racine identique, à savoir que l’on s’ignore profondément et que cette maladie est entretenue de façon nécessaire par cette division des tâches.

On peut le prouver autrement. En effet, que, de ma personne, je conçoive une sur-estimation ou une sous-estimation, il n’empêche qu’en ces deux cas je suis dans l’opinion et non dans la Vérité ; or Dieu est la Vérité, d’où il vient qu’il importe peu que l’on soit dans l’orgueil ou l’abjection : dans le fond, je m’ignore, et, par suite, j’ignore Dieu, c’est-à-dire la Vérité. Ici l’on me rappellera que plus haut ai-je tenu qu’embrasser Dieu, moi-même et les choses était une tournure pléonastique ; par là, certains penseraient qu’en ne pouvant discuter de la structure de la matière, des mouvements des astres, de la nature du temps et d’autres du même genre, il serait donc prouvé que je m’ignorasse. Or je dis tout simplement que ne plus s’ignorer est un préalable et qu’il y a des degrés, faisant que l’on parle toujours de la même chose sous des rapports différents, et que la Vérité sur notre être est le plus bas degré dans le cheminement vers Dieu, précisément car ne plus être étranger à soi-même est ce que tous doivent faire et ce que tous peuvent faire.

 

« Peut-être, mais vous avez bien dit que le Tout procédait strictement de Dieu ! »

En effet. Mais cette vérité n’a jamais prévenu quiconque de manger pour ne point dépérir, de se vêtir et de se loger pour ne point subir le climat, de copuler pour enfanter, et ainsi de suite. Ce que j’ai écrit ici vient dans le même esprit et sera une cause pour qui le veut, tout en rappelant que ce que nous voulons n’est autre que ce que nous considérons et que ce que nous considérons nous qualifie précisément en tant qu’exprimant exactement notre ego. Notre œuvre, notre seule œuvre, notre unique œuvre est de DÉTRUIRE CET EGO (ou, et c’est exactement la même chose, BRISER LES IDOLES QUI GISENT EN NOUS) afin que s’ouvre la porte de l’Impersonnel, de l’Universel, du Tout, bref : de Dieu, contre toutes les divinités subjectives, étriquées, particulières, narcissiques et égotistes d’où naissent le Faux, le Mal et la Discorde. C’est là, je le crois, ce que Muhammad (ص) a voulu nous inculquer quand il entra en la Kaaba qui représenterait l’individualité (ego/נפש/نفس) de chacun de nous et que les figures taillées s’y trouvant symboliseraient alors nos penchants, nos obsessions, nos travers que pourtant nous adulons ; alors Muhammad, ou l’Islam en acte, vient et purifie le tout : par suite, et tant que l’Islam que nous prétendons pratiquer n’aura eu les mêmes effets de purification de sorte que notre ego (נפש/نفس) soit redéfini, qui donc pourra se dire véritablement musulman, c’est-à-dire tourné vers le Dieu Unique ?

Synthèse et Conclusion.

Trop croient en un Dieu qu’ils tiennent comme strictement Transcendant, c’est-à-dire hors de ce Monde, avec le corollaire immédiat qui vient régenter la Matière en sacré et profane ; leur tort évident est de restreindre Dieu à cela en Lui attribuant une définition ; leur tort logique, que peu ont vu, consiste en ce qu’ils promeuvent contre leur gré l’athéisme puisque la division étant stérile et arbitraire, il faut bien que l’un des deux l’emporte sur l’autre et c’est bien évidemment le profane ainsi que le démontre le cours de l’Histoire ; et si les bases sacrées des Religions ne sont plus, elles n’ont plus qu’à disparaître (et ce n’est pas en vain que leur pratique s’affaisse, ou qu’elle prenne des formes caricaturales qui précèdent sa disparition). C’est pourquoi il convient de tenir que le Tout est Dieu sans toutefois dire que Dieu S’y limite.

En réalité, toute représentation naît d’une incompréhension. C’est ainsi que l’antidote n’est autre que le Savoir, que j’ai distingué des diverses Connaissances : celui-là implique celles-ci mais la réciproque n’est point vraie. Le Savoir (ar. علم) n’est l’apanage que du Sachant (ar. عالم) Qui embrasse le Tout (ar. عالمون; hé. עולם; arm. עלמא; syr.ܥܠܡ —les racines trilitères de ces trois concepts sont strictement identiques) : reformulé, cela donne que Dieu, par Dieu, va vers Dieu. Et malgré ce qu’il y paraît, ceux qui se réclament de Dieu n’accomplissent généralement pas ce qui est attendu d’eux. D’où il sort que la différence n’est pas tant selon l’Attestation de Foi puisqu’il en est tant et tant qui, sans jamais l’avoir prononcée, sont des bienfaisants évidents ; et cette différence entre humains réside en l’Intelligence, que j’ai dite être la mesure qualitative du Savoir, du Tout, de la Vérité, bref : de Dieu, dont nous sommes dépositaires : c’est donc que plus j’embrasse le Tout et plus je suis intelligent, et il n’y a de possibilité d’intelligence que si je cesse de m’ignorer. Ceux qui agissent de façon bienfaisante sont plus proches de Dieu en tant qu’ils voient en tout, sans même avoir l’idée de le verbaliser, la création de Dieu, c’est-à-dire eux-mêmes, quand le musulman pervers y verra tout autre chose. C’est donc que certains, même sans être musulmans, peuvent avoir une représentation qui se rapproche davantage du Vrai que d’autres (mais ils demeurent condamnables en tant que ladite représentation n’est toujours pas le Vrai). Ce Savoir est de forme actualisée chez les individus qui au moins ont leur intérieur tourné vers Dieu, c’est-à-dire ayant mis fin à l’existence de leur ego en cessant de s’ignorer. Malgré les spécialisations modernes et le mode d’organisation économico-social qui prédomine et nous voulant perpétuellement assujettis à d’autres, cette actualisation est susceptible de survenir chez tout humain, de lui-même et par lui-même, si tant est qu’il se penche de bonne foi sur ce qu’il a excogité comme représentation de Dieu afin de la détruire, ou, et c’est la même chose, qu’il détruise son ego. Pour me faire pardonner d’une éventuelle prolixité, je n’ai rien fait sinon développer ce verset : « Et n’invoque nulle autre divinité que Dieu ! Il n’est de divinité que Lui ! Tout est voué à périr, excepté la Face du Seigneur (Cor. 28:88). »

Marx prétendait que l’on pouvait expliquer le tout par des considérations économiques et sociales. Je dis plutôt : la représentation de Dieu que chacun excogite, en plus de la représentation qui prédomine dans la société, est suffisante et adéquate à la chose, et que la représentation que toute société ou tout individu fera lui correspond adéquatement. Et une fois détruites, parce que considérer purement Dieu nous préserve d’être en tort comme de porter tort, l’Humanité, peut-être, sera libérée de ses aliénations.

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37 commentaires

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  1. Que c’était long! Arrivé à la fin, j’ai oublié le début un peu comme quand on s’essaie à lire Marcel Proust, sauf l’enjeu. Très bien, Souaréba vous reconnaissez vous-mêmes qu’un vocable peut avoir plusieurs sens, si j’ai bien saisi les commentaires, faisant fond là-dessus, nous avons l’attribut divin le Alim, qui selon vous peut s’entendre comme le tout sachant et englobant le monde, et vous en déduisez si on vous suit bien au moins à un lien quelconque d’identité entre le monde et Dieu. Mettons que ce soit une opinion permise en Islam enfin, je vous laisse vous débrouiller avec vos contradicteurs pour le démontrer, ou bien c’est la vérité, ou bien une opinion admissible, ça ne me dérange pas pour l’instant.

    Mais je veux en venir à autre chose, vous me voyez arriver de loin n’est-ce pas? Pourquoi est-ce que le vocable ribâ n’aurait que le sens auquel tient Souaréba? Il suffirait qu’il ait un autre sens recevable, par exemple le sens qu’en allègue Al-Ajamî pour fonder d’autres opinions Islamiquement permises sur ce sujet, différentes de la vôtre, vous comprenez? Si c’est ainsi, vos longues philippiques sur le moindre prêt bancaire sont discutables. Et votre manuscrit sur la question est attaquable ou recevable juste comme une opinion majoritaire mais pas indiscutable. L’intérêt de votre manuscrit et son prix s’en trouve déprécié, à la rigueur, un manuscrit en souffrance, s on découvre déconcerté que ce n’est pas comme on croyait la vérité absolue, un manuscrit peut toujours servir. Publiez-le, ou bien ça peut servir de coussin, ou pour caller une table bancale, ou comme allume-feu dans une cheminée où on brûle l’hiver un bois récalcitrant. Et alors, que faites-vous de ma table, table en bois qu’on peut câler avec votre manuscrit si elle bouge trop, ou bien la table de multiplication, la table des corps simples, etc? Vous vouliez des exemples, voici la table en Français, sans me fatiguer. Personne ne confondra la table de ma cuisine avec la table de neuf, non? Enfin je sais pa, je pose juste la question, l’air de rien. Vous demandiez un seul exemple, votre assurance ne m’a pas impressionné, j’objecte la table, et qui sait, la ribâ, qu’en dites-vous, je vous donne de la tablature, pas vrai?

    Croissant de lune.

    • C’est plutôt mon contradicteur qui dit qu’un même racine peut avoir des sens sans rapport. Je tiens l’exact inverse. Donc oui, vous avez plutôt mal lu.

      Quant à la riba, ne perdez pas votre temps à relativiser mais dites plutôt –si vous en êtes capable– en quoi j’ai tort. Ou alors, si vous êtes un homme, ma demande de débat public non anonyme tient toujours ! Mais il faut être un homme, un vrai, qui assume son éventuelle médiocrité.
      Et précisément parce que vous ne le ferez pas, on tiendra que j’ai eu raison de dire ce que j’ai dit sur la riba car contrairement à l’eunuque que vous êtes, j’ai développé avec arguments et avec mon nom, moi. En rappelant que en islam, les auteurs mettaient toujours leur nom pour que leurs propos leur soient imputables mais aussi pour éviter les comportements de lâche et de traître auxquels vous et tant d’autres nous avez habitués.

      Adios !

  2. @Cemwé, bonjour.
    Le ”tout est relatif” d’Einstein est argumenté, soutenu, prouvé en laboratoire et en le cosmos. De plus, il a donné lieu à d’innombrables applications et technologies (g.p.s. par ex.). Le croyant qui répondrait ”oui tout est relatif, sauf dieu qui est absolu” ne dit absolument rien ! Car il pourrait tout aussi bien déclarer :”oui, tout est relatif, sauf le (inconnu-indéfinissable-mystérieux-caché-invisible-premier-dernier…. etc.) qui est absolu.
    D’ailleurs au fameux du même Einstein ”Dieu ne joue pas aux dés’ !’ (prononcé contre la nouvelle vision du monde, le nouveau paradigme qu’est la physique quantique -ou cantique ?) il lui fut répondu (par un des fondateurs de ce paradigme) : ”Peut-être… mais ce n’est pas à toi de le dire”. Ou selon une autre version : ”Qu’est-ce que tu en sais ?”.

  3. Il y a plus de 3000 ans un grand homme, un juif a dit :” Tout est la loi”
    Plus de 1000 ans plus tard, un autre grand homme juif a dit :” Tout est amour”
    Presque 2000 ans après un autre grand homme juif a dit :”Tout est argent”
    Et un autre grand homme, aussi un juif, a dit :”Tout est sexe”
    Enfin, il y a un siècle, un grand homme, également juif a dit :”Tout est relatif”…
    Et, à peu près, au milieu de cette chronologie, un grand homme, non juif, a dit :” Tout est inconnaissable, infini, illimité et autre”

    Bien sûr, chacun aura reconnu Moïse, Jésus, Marx, Freud et Einstein… lesquels ont, semble-t-il, proposé une représentation de Dieu qui est Tout. Et Mohamed qui met tout le monde d’accord et dans le tort en même temps.

    Et moi, et moi et moi…. chantait le poète. Et bien moi (ego ? qu’en sais-je ? Ignorant, certes. Croyant ? Peut-être.) Et bien moi, je n’en sais rien ; si ce Tout est intelligible (certainement seulement depuis homo-sapiens… avant, il y avait les dinosaures) l’homme doit posséder l’outil adéquat à cette intellection… et si on s’appuie sur la science, cet outil doit avoir au moins une base d’ordre biologique : une glande spécifique ? Une hormone ? Une structure cérébrale ?Un gène ? Quelque chose qui n’a pas encore été découverte ? Le prochain grand homme (juif ?) nous le dira peut-être.

    Quant au texte ci-dessus, l’auteur expose, quoique de façon assez complexe, une idée qui se tient et peut-être reflète le mieux l’attestation de foi musulmane :” aucune représentation d’Allah n’est vraie, excepté Allah de Lui-même”

    • @Tahar Bonjour
      Au ”Tout est relatif” d’Einstein, un croyant devrait répondre « sauf Dieu qui lui est absolu ». Ce à quoi réagiront certains soufis en disant « Mais dans ce cas tout est absolu puisqu’il n’existe rien d’autre que Dieu » et la dernière parole reviendra au dadais des mohicans qui conclura que “Ah mais oui mais non, si tout est absolu, alors rien n’est relatif…” 😉

    • Salam Tahar
      Je n’ai pas du répondre à l’entièreté de vos remarques que vous m’adressiez par courriel mais je crois que c’est parce que vous êtes déjà cheminant et que finalement, vous n’apprenez rien avec moi !

      Attention ⚠️
      Jesus et Moise n’étaient pas juifs !

      • Salam Souaréba…
        Je reprends ici un commentaire ; la physique quantique affirme avec arguments et preuves qu’il est impossible de connaître simultanément et la position et la vitesse d’une particule ; le hasard dicte ses lois et nul déterminisme n’est réel. Einstein y a réagi en affirmant : ”Dieu ne joue pas aux dés !” Il lui fut répondu :”Qu’en sais-tu ?” ou, pour jouer avec les mots :” T’as eu des révélations, de là, mec ?”

        C.à.d. : qui sait quoi que ce soit de Dieu ? Sinon SON ressenti, absolument relatif, car par nature subjectif. Si l’on s’interdit de reprendre ce que, de Dieu, disent les textes sacrés, du genre Il est absolu (et similaires)… ou il n’est pas un tyran (et similaires), au moins 99 qualités selon le coran… donc, si l’on s’interdit de reprendre ce listing, que peut-on dire ?
        À mon sens rien, et l’histoire le confirme ; redondances et lieux communs.
        Sinon le vécu d’une expérience intime… et si révélée, alors terriblement punie comme les Jésus, Halladj, Rashad Khalifa auxquels, en effet, il fut demandé ”T’as des révélations, là, mec ?” Et pan ! Zigouillé le blasphémateur. Qui sais vraiment…, se tait… peut-être.

        • salam Tahar
          je suis en total accord avec vous : nous ne devrions dire de Dieu que ce qu’Il dit de Lui-Même.
          Et oui, ceux qui ont eu une « révélation » quelques fois feraient mieux de se taire … je dis : « quelques fois » car j’estime que cacher la Vérité toujours est un problème.

          • Salam….
            copié/collé ” ceux qui ont eu une « révélation » quelques fois feraient mieux de se taire … je dis : « quelques fois » car j’estime que cacher la Vérité toujours est un problème.”
            ”révélation” = Vérité ???, ce genre de raccourci est ce qui a posé et pose toujours et encore problème, car dès lors que tel procédé est admis, il va de soi que certains seront adulés (tel Ibn Arabi) et d’autres rejetés (tel Halladj), selon des critères mystérieux.

            Pour tenter d’être plus clair ; comment se fait la découverte d’une vérité, d’une réalité ?
            1- un scientifique ou un philosophe est assis à son bureau, réfléchit, suppose, développe, déduit, conclut écrit ou formule des phrases.
            2- une personne a une révélation… et écrit ou formule des phrases.

            Ces phrases sont dans les 2 cas produites par les mouvements du poignet qui fait dessiner des formes précises, les lettres, au crayon-stylo-calame tenu par les doigts, ou par l’air expulsé des poumons et modulé par les lèvres, la langue et la glotte pour former des sons intelligibles.
            Du cerveau partent des impulsions électrochimiques qui contrôlent les micro-muscles des doigts et du poignet, du pharynx et du larynx. En amont la réflexion génèrent les interactions entres neurones qui produisent ces impulsions électrochimiques (ce processus est prouvé par l’IRM fonctionnelle).

            Question : à quel stade de ce processus intervient la ”révélation” (et/ou l’inspiration) ? Et comment ? Car les idées étant générées par le cerveau humain, il y a forcément identité dans leur production.
            Cette ”révélation” est d’origine exogène ? Comment et sous quelle forme se transmet-elle aux neurones pour ensuite -nécessairement- à travers le processus décrit ci-dessus arriver à produire une idée ?

            Dans les 2 cas du philosophe et du scientifique, y a pas photo, comme on dit aujourd’hui. Dans l’autre cas, je me questionne constamment, car si c’est de la réflexion à l’origine, alors le religieux n’est plus mystérieux ; il est accessible à l’intelligence humaine.
            Autrement, il est et doit être et demeurer mystérieux : cela profite à qui ?

          • shalom

            le vrai problème me paraît ne pas être le rapport entre révélation et vérité mais plutôt que des gens, en entendant la vérité, la rejettent. d’ailleurs, ibn Arabi aussi est rejeté et encore de nos jours, par de nombreux musulmans. il y a eu des Prophètes qui ont eu des révélations et le résultat a été que de nombreux humains les ont refusées. vraiment, je pense plutôt que la vérité agissant tel un miroir, c’est donc lorsqu’elle nous est présentée et selon notre réaction que l’on voit et conclura adéquatement sur notre compte.

            je ne sais pas si les idées sont réellement et toutes générées par le cerveau humain.
            si je me prends en exemple, il m’est arrivé quelque fois de penser une chose et de totalement l’embrasser de mon savoir bien qu’elle m’ait initialement été inconnue. de même, il survient que parfois l’on puisse rêver de choses que nous n’avons jamais vues et qui pourtant, après vérification, s’avèrent existantes et bien réelles.

            à mon sens, donc, la vraie question se situe ailleurs et serait : comment reconnaître le Vrai ?
            si nous adorons réellement Dieu, alors oui, nous Le reconnaîtrons. sinon, on cherchera («ta révélation, j’y crois pas car tu n’es pas Prophète…» etc. etc.).

            et Dieu sait !

  4. Bonsoir Souareba. Vous avez écrit votre article comme promis. Vos questions ainsi que les réponses que vous apportez sont très intéressantes. Merci.

    Je vais essayer de développer un premier commentaire en essayant de rester concis, quitte à reprendre plus tard.

    Oui vous avez raison. Ce qui interpelle c’est la manière dont les croyants se représentent Dieu. Comme une personne dont les qualités sont démultipliées. Ce qui est commun à tous les monothéismes je pense et que vous appelez principes si j’ai bien compris, c’est que Dieu est parfait et que sa perfection s’exprime essentiellement à travers 2 qualités : l’intelligence et la bonté à un degré absolu. C’est la base de leurs représentations, du concept de Dieu. Mais en ce qui me concerne vous ne considérez qu’un côté de l’équation même si votre recours à Spinoza me paraît fort éclairant. Les croyants construisent en effet aussi en opposition une représentation de l’Homme et plus généralement de la Création qui est « l’abjection ». Ils raisonnent au final sur une base très platonicienne : la divinité incorruptible et sa création corruptible, voire corrompue. C’est de cette opposition que naissent toutes les contradictions que vous évoquez. Dieu parfait aurait donc conçu un monde imparfait et au sommet de sa création, un homme partagé entre le bien et le mal, doté d’un libre arbitre qui s’exerce dans l’épreuve. C’est à se faire des noeuds au cerveau. Pourquoi tant de haine ?😃 Il faut donc doter Dieu d’autres attributs, notamment d’une volonté que l’on ne peut questionner : « les voies du Seigneur sont impénétrables ». L’idée de Dieu et même le sens de sa perfection sont alors irrémédiablement perdus. Là s’arrête la raison. Là est exigée la foi qui repose aussi sur la confiance en une révélation. Cependant les contradictions ne s’arrêtent pas pour autant car la révélation est matière à interprétation … La raison n’est finalement jamais au repos. Elle cherche à déceler la vérité dans les mots de la révélation. A l’œuvre, la quête du sens, de la connaissance ultime, la même que celle des scientifiques qui cherchent à décrypter l’univers : une quête infinie qui se déploie dans les plis et replis du raisonnement plus ou moins délié …

    Je cite souvent le bouddhisme parce qu’il aborde différemment ces questions. Il n’est pas exempt de contradictions mais il me parle plus. Le point de départ est plus frontal. Il cherche à s’attaquer à la souffrance inhérente à l’existence humaine. Il propose un chemin entrepris par le prince Gautama pour s’en affranchir par l’expérience, celle de l’Eveil qui nous fait accéder à notre vraie nature, la nature de l’Esprit qui est dit « vide ». Là on réalise que sujet et objet ne sont pas dissociés car l’ego est une illusion, que transcendance et immanence se confondent, que samsara et nirvâna sont une seule et même chose. Les enseignements décrivent avec des mots la nature paradoxale de la réalité mais surtout donnent les moyens de la vérifier : discipline du corps par le yoga et de l’esprit par la méditation. On doit apprendre à tenir la posture qui favorise la méditation avec support puis sans support, à l’état d’éveil puis à l’état de rêve. Discipline « morale » également mais sans un dieu qui vous châtie ou vous récompense. Vous n’êtes soumis qu’à une seule loi, la loi de rétribution ou karma, aussi impersonnelle et inflexible que la gravité. Mais vous devez en revanche être guidé par un maître spirituel pour ne pas vous fourvoyer dans votre pratique de la méditation. En revanche, si la confiance est requise au début du chemin, la foi aveugle n’est pas requise. Vous devez pratiquer pour accéder à la connaissance. Une appréhension sans parole, sans concept, directe et immédiate de la réalité. Le raisonnement sans fin est découragé.

    Le bouddhisme apporte ainsi des réponses originales à vos questions mais plus encore ne vous demande pas de prendre les choses pour argent comptant. Tout doit découler de votre pratique. C’est difficile de s’y tenir. Par ailleurs, l’acculturation m’a posé question.

    Mais la pratique de la méditation, au delà de la finalité transcendantale de l’Eveil, peut apporter des bienfaits qui retentissent sur les émotions, les comportements et les schémas de pensée défaillants. Voilà pourquoi se développent les applications de la « pleine conscience ». De toute façon, il faut savoir renoncer en quelque sorte au but pour l’atteindre. Donc je m’y remettrai un jour. Je pense également qu’il faut arrêter de diviser l’homme en opposant son corps et son esprit. Dans les philosophies extrême orientales qui ne sont pas dans la binarité, ils vont de pair. Les arts martiaux peuvent être ainsi conçus comme une méditation dans l’action où corps et esprit travaillent en pleine harmonie. Voir à ce propos Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc ou les Mystères de la sagesse immobile. Les monothéismes en revanche ont consacré le divorce ente Dieu et l’Homme, entre l’esprit et la matière, entre immanence et transcendance.

    Ce qui est clair, c’est qu’aucune des religions abrahamiques n’est pour moi. Trop incohérentes, trop anthropomorphiques et donc trop puériles à mon goût. Quant à l’islam, il ressemble beaucoup tantôt à un questionnement stérile, parfois bien plus « politique » que philosophique (beaucoup de déclarations qui ne correspondent à aucune réalité dans les comportements, beaucoup de conduites de prestance qui démontrent un orgueil mal placé et ce, à des fins de prendre l’ascendant sur l’autre), tantôt à une orthopraxie mécanique et vide de sens. Je n’ai jamais rencontré un musulman, un chrétien ou un juif qui détenaient une véritable dimension spirituelle comme j’ai pu le ressentir avec des maîtres bouddhistes, drôles, subtils, dotés d’une énergie incroyables pour leur grand âge, en un mot inspirants. Les monothéistes n’ont tout simplement pas le sens de l’harmonie mais plutôt celui de la division, j’en ai bien peur.

    • @zarahoustra, le bouddhisme est la religion majoritaire en Birmanie, je dois vous rappeler le nettoyage ethnique en cours en Birmanie contre les Rohingyas fait par … des “gentils” bouddhistes.

      Aussi je me demande comment la junte birmane est resté au pouvoir si longtemps si l’armée birmane a été élevé dans le “bouddhisme”. Cette religion de “spiritualité” qui massacre et brûle des Rohingyas.

      Source wiki bouddhisme : “L’éveil est une base à l’action altruiste.” –> bon on va dire que les birmans ne sont pas réveillés alors.

      • Karim. Je ne suis pas ici pour prétendre que le bouddhisme est la meilleure des religions comme d’autres le prétendent ici pour l’islam. Je trouve ça profondément puéril. J’essaie de comprendre votre religion et ses différentes dimensions, notamment la dimension spirituelle. Elle existe je le pense mais la plupart des croyants s’en foutent. Ils pensent pratiquer une religion mais ils pratiquent une idéologie et font de la politique. Le but c’est de dominer.

        Je suis aussi le premier à reconnaître que ceux qui sont croyants peuvent tuer au nom de leur religion qu’ils soient bouddhistes, musulmans, chrétiens ou juifs. Je suis très à l’aise avec ça. Mais ici qui dit que les jihadistes sont des musulmans ? Moi les conclusions je les ai tirées : le fanatisme religieux est une plaie pour l’humanité d’où qu’ils viennent. Alors allez vous reconnaître que les jihadistes sont vos coreligionnaires et s’appuient sur le coran pour agir ? Ou allez vous encore vous leurrer ? Réveillez vous !

    • Aslim : VERBE
      Taslim : VERBE
      c’est juste qu’ils sont à différentes personnes….

      salam : NOM

      salim : NOM

      TOUT CELA SIGNIFIE LA MËME CHOSE….

      si j’aslim, j’appelle à la paix ou plutôt je suis en paix ;
      si tu te taslim, tu es en paix ;
      si je te dis salam, je te ‘souhaite’ la paix ;
      si tu t’appelles salim, tu es la paix

      franchement, Karim…
      un hébreu, un araméen, un arabe, un syriaque : tous voient ici que ce que je vous dis est parfaitement exact….

      mais si vous ne me croyez pas, je vous prie de me sortir un exemple AUTRE QUE relatif à ‘a-l-m et vous verrez…
      et quand je dis exemple, c’est bien EN ARABE (ou même en langues rattachées, donc syriaque, hébreu, etc.)
      BON COURAGE
      salut et veuillez accepter mes excuses, j’étais juste en semi-mort lente ces derniers jours lol (mais j’avais bien lu)

      en effet, ce que vous dites de la divinité incorruptible et de la création imparfaite est un problème qui perturbe beaucoup mais il me paraît déjà découler soit qu’on considère Dieu comme strictement Transcendant (donc les cieux sont la pureté et la Terre, le domaine du dégueulasse) soit de ce que nous parlons de Sujet de d’Objet (donc nous quittons le fait d’embrasser le Tout, que j’identifie comme étant Dieu ; et comme vous le voyez dans ma discussion avec Karim, cette idée dérange fort alors qu’elle résout nombre de contradictions que vous évoquez -je tiens d’ailleurs à dire que mon esprit est plus efficace, que je suis plus en accord avec moi-même et peux produire de la réflexion réellement efficace depuis que j’ai cessé de croire ces insensés qui me montraient Dieu là-bas).

      Comme vous le savez, j’ai eu des contacts avec le bouddhisme, notamment via Schopenhauer. D’ailleurs, il m’est arrivé un épisode assez drôle : en marchant dans la rue il y a deux semaines, je suis tombé sur un moine bouddhiste habillé en orange. C’était un Anglais. On croise nos regards et il s’approche de moi en me tendant le Bhagavad-gita. Il me demande une compensation. Je lui dis n’avoir rien sur moi et il se rétracte pour enfin me donner un livre sur le yoga. Je ne l’ai pas encore ouvert mais je l’ai pris comme un signe donc je vais le lire et je vous dirai ce que j’en pense.
      En tout cas, et en tout système, toute religion, toute idéologie, il faut qu’il y ait du Vrai sans quoi le maintien, la persistance dans l’exister serait impossible. Par suite, le bouddhisme a nécessairement du Vrai en lui. Dans ce que vous me dites (rejet de la division corps-esprit, immanence-trnascendance, sujet-objet, etc.), je retrouve beaucoup de ce que disent de VRAIS musulmans (à tort qualifiés de soufis). Comme quoi, le Vrai renvoie au Vrai.

      Je regrette quand même que vous disiez que l’Islam n’est pas religion faite pour vous ! Mais comme le disait al-Ghazali, l’impiété est pour moitié imputable aux méfaits des musulmans eux-mêmes. Car je vous garantis que ce que vous dites du bouddhisme (sauf en quelques aspects que je ne connais pas encore comme le yoga, etc.) est déjà islamique. C’est juste que les musulmans sont en masse atteints, pollués et contaminés par une conscience juive paranoiaque qui divise le Tout en sujet-objet, sacré-profane, juif-goy, etc.
      mais sûrement que j’en parlerai ultérieurement !

      J’aimerais que vous me disiez les quelques contradictions que vous avez trouvées en le bouddhisme et si vous pourriez m’indiquer un (je dis bien : UN) ouvrage objectif et clair sur la chose.

      Encore désolé pour le délai, je vous avais bien lu !

      • @Souareba.

        Merci pour votre réponse que j’attendais effectivement 😉

        Petite remarque. La bhagavad-gîta se rapporte à l’hindouisme. Il s’agit du récit d’une initiation mystique sur un mode allégorique : le guerrier Arjuna hésite à livrer bataille contre le camp ennemi qui rassemble aussi des parents et des amis. Krishna va l’aider à surmonter ses doutes en l’instruisant sur la doctrine védique. La bhagavad-gîta fait partie d’une épopée plus vaste, le Mahabharata. Si le pseudo du commentateur Vishnu ici se réfère à sa foi, il pourra vous en dire plus. Krishna est en effet l’un des avatars du dieu Vishnu 😉

        Le bouddhisme est issu de l’Inde et on retrouve des concepts très similaires à ceux de l’hindouisme. Il présente cependant des différences.

        On considère qu’il y a plusieurs « voies » ou « véhicules » dans le bouddhisme. La différence entre eux, c’est le niveau de complétude de la pratique et ainsi la vitesse à laquelle on atteint l’Eveil, c’est à dire l’état de Bouddha. Pour faire simple, on a le petit véhicule ou Hinayana pratiqué dans le sud-est asiatique (comme en Birmanie), le Mahāyāna ou grand véhicule auquel se rattachent le bouddhisme chinois (chan) et le bouddhisme japonais (zen), le Vajrayana ou véhicule du diamant que représente le bouddhisme tibétain. On considère que le Vajrayana est l’extension du Mahāyāna. Je ne ne connais que le Vajrayana. Les livres que je peux vous recommander sont ceux de Kalou Rinpoche sur le sujet : « Instructions fondamentales », sinon « Le Dharma ».

        Ce qui m’a fait arrêter le bouddhisme, c’est moins les contradictions dans l’enseignement que la difficulté dans la pratique de la méditation. Pour progresser, il faut être supervisé par un maître ou lama à qui vous pouvez rapporter vos expériences spirituelles pour ainsi corriger vos erreurs. Vous pouvez accéder à plusieurs lamas dans les centres bouddhistes mais seul votre lama-racine peut vous superviser dans la durée, du fait du lien dit karmique que vous entretenez avec lui. Encore faut-il le trouver. Sinon il ne vous reste qu’à tout plaquer pour faire la retraite de 3 ans 3 mois 3 jours où vous allez pouvoir vous dédier à la pratique. Vous pouvez aussi faire des « stages » dans des centres bouddhistes. J’en ai fait 2. Le premier a été une révélation, sincèrement. Il doit y avoir des enseignements gratuits le week-end pour faire connaissance avec le bouddhisme à la grande pagode de Vincennes si vous êtes en région parisienne, je pense.

        La principale contradiction vient pour moi du fait que l’Esprit est l’Un et que l’éveil signifie que l’esprit retrouve sa vraie nature, vide, pure, lumineuse, délivrée des voiles de l’ignorance. Dans ce cas pourquoi considère-t-on encore des individus qui doivent chacun à leur tour atteindre l’eveil ? Pourquoi y a-t-il eu plusieurs bouddhas et y aura-t-il plusieurs bouddhas ? Un seul devrait suffire pour dissiper l’illusion de l’ego et du monde phénoménal. C’est donc comme si l’esprit se divisait … Je n’ai jamais posé ces questions alors que les lamas ont sûrement la réponse. Je l’ai en fait laissé de côté car seule importe la pratique de la méditation pour trouver toutes les réponses. On ne trouve aucune réponse définitive par la raison …

        Non l’islam n’est pas pour moi car ce que je recherchais c’est la Connaissance et cette connaissance ne peut être embrassée par la raison limitée. Il faut des pratiques spirituelles qui vous transforment. Et pour moi il n’y en a pas dans l’islam. Ni les prières ni la réflexion intellectuelle ni le jeûne ne suffisent. Je crois au contraire que la réflexion est une entrave à la réalisation spirituelle comme le disent le taoïsme ou le bouddhisme. Vous l’avez très bien dit il me semble en distinguant connaissance et savoir(s) ou dit autrement sagesse et érudition. Il faut donc une autre pratique comme la méditation qui passe par la maîtrise de ses pensées ou encore comme le yoga qui passe par la maîtrise du corps pour libérer l’esprit.

        Vous comprenez maintenant pourquoi je rebondis inlassablement ici sur l’existence d’une dimension spirituelle dans l’islam. Et vous voyez aussi à quel point je suis athée tout en ayant été pleinement dans une quête spirituelle que j’ai en moi depuis l’enfance alors que je n’ai été élevé dans aucune foi. Voilà aussi pourquoi certains musulmans ici m’amusent (je ne parle pas de vous) quand ils affirment que leur religion est la meilleure des spiritualités alors qu’ils en ignorent le sens. C’est d’ailleurs là dessus que vous achoppez à mon avis avec eux. Vous questionnez, ce qu’ils ne font pas et en questionnant vous êtes en chemin alors qu’ils font du sur place. Et ils ont peut être raison. Vous n’êtes pas seulement un musulman. Vous avez plutôt un tempérament mystique comme moi et vous comblez ainsi peut être les trous dans votre religion …

        • Que Dieu me préserve de vivre en région parisienne mdr
          (je suis un provincial et j’y demeurerai le plus possible!)

          merci pour vos précisions sur ces voies spirituelles d’Extrême-Orient. Mais comme je disais, la Connaissance à laquelle vous aspirez et à laquelle j’aspire est précisément en Islam. D’ailleurs, mon travail sur les prénoms était une propédeutique et vous avez vu l’opposition parfois virulente dont j’ai fait l’objet ! Donc peut-etre pâtissez-vous d’une image de l’Islam véhiculée précisément par mes adversaires idéologiques qui n’ont pas leur cœur tourné seulement vers l’Essence mais surtout vers des considérations adventices (tribu, etc.). car je pense que Adam parlait une langue qui véhiculait le sens des choses, qui était adéquate au signifié. Nous ne l’avons certes plus, ce qui explique que toutes nos langues soient désormais conventionnelles. Et cette langue peut être apprise, j’en ai moi-même un léger aperçu même si elle ne peut être parlée que par volonté divine.
          Et en Islam, même si il existe de ces pratiques similaires, l’on dit bien que l’Éveil ne surviendra QUE du fait de Dieu. Al-Dabbâgh, un sage marocain, avait tenu que la mort de l’égo était nécessaire pour accéder enfin à Dieu. À quoi on lui demanda : « comment donc faire afin d’y parvenir ? » et lui de répondre qu’il fallait que la montagne de savoir s’abatte sur nous (et quand je dis « savoir », je parle bien d’un savoir TOTALISANT en tant que Dieu est le TOUT -et vous pouvez voir de vous-même que cette idée d’un Dieu TOUT fait effraction à l’esprit de nombreux musulmans, surement parce que le caca, ça pue).

          En bref, je vous comprends vraiment et je me dis même plus proche de vous que de nombreux de mes supposés coreligionnaires.
          Comme je le disais, il y a un athéisme salubre QUI NIE CE QUE DIEU N’EST PAS. Et en cela, je vous trouve cohérent, même bien plus que des musulmans qui voient ne Dieu ce qu’Il NE PEUT PAS ETRE et qui, sans même se poser des questions sur la chose, l’acceptent alors que la thèse à laquelle ils sont attachés ne peut que resserrer leur cœur.
          Mon œuvre est de tenter de les sortir de cela et peut-être réussirai-je !

          Je suis encore désolé, je mets du temps ces derniers temps mais je serai plus libre.

          Sinon : [email protected] lol

          • Je clôturerai cet échange par ce que disait le dalaï-lama à propos de la conversion des occidentaux au bouddhisme : « Ils ont leur propres traditions, les religions judéo-chrétiennes. Ils devraient être de bons et sincère chrétiens, car c’est alors que les enseignements deviennent une vraie part de la vie. C’est toujours mieux de garder vos propres religions. Changer de religion n’est pas facile”. Il a aussi rappelé récemment qu’il fallait être prudent sur l’immigration car l’Europe ne devait devenir ni musulmane ni africaine.

            Le jour où vos coreligionnaires feront preuve d’autant de sagesse, je me dirai qu’ils sont inspirés par une religion qui contient du « vrai » et pas par une idéologie politique. Pour l’heure, j’entends plutôt : l’islam est la seule, la vraie, l’unique religion. Des mots qui ne valent que pour eux. Un mantra en définitive. On n’est pas « vrai » parce qu’on le dit mais parce que l’univers vous agrée …

            L’islam n’est pas une religion faite pour moi. De même que le bouddhisme n’est pas une religion faite pour vous. Pourquoi ? Le dalaï-lama l’a dit à demi-mot : se convertir à une religion revient à s’acculturer. Et je vous l’ai confirmé en parlant du bouddhisme tibétain : il acculture. De même que l’islam arabise.

            Donc je vous comprends mais ne pensez pas que je loupe quelque chose avec l’islam. La croyance en Dieu je l’ai écartée dès l’adolescence. Et à chaque fois que j’ai discuté avec des monothéistes (chrétiens, juifs ou musulmans), j’ai été conforté 😉. Si l’islam avait cette dimension spirituelle dont je parle, je le saurais déjà. Croyez moi j’ai un parcours spirituel précoce et dense qui ne se résume pas au bouddhisme. Et toutes les spiritualités se ressemblent. J’ai donc quelques points de repères 😉

          • En cela, je pense que le dalaï-lama a eu tort.
            Il n’y a qu’une vérité et je vois les cultures comme des facteurs de division. Difficile d’appeler à l’Un en ces conditions !
            Après, quand vous dites de l’Islam qu’il arabise, ce n’est que parce que vous avez des délirants qui font un lien indissoluble entre ces deux alors que le bon musulman, sachant que David (et tant d’autres, car la part des Prophètes arabes est très mince en réalité) était un musulman, voient bien que l’arabe n’a rien à faire ici.

            Mais comme je disais, l’Islam pâtit surtout de ce que nombre de ses prétendus adeptes ont altéré ce qu’il était réellement !

            On en reparlera sûrement

  5. C’est un mélange de vrai et de faux ! trop long, et compliqué, pas clair, malgré la bonne intention et de bonnes intuitions ! soyez plus clair, plus concis, plus humble !

    • Pour la longueur, je reconnais

      Mais quant au mélange de vrai et de faux, vous pensez pouvoir citer un exemple ? Si il est véridique, je ferai amende honorable.

    • Comme quoi, les vrais orgueilleux pourraient ne pas être ceux qu’on accuse mais plutôt les accusateurs…

      Voici ce que devient un forum où peuvent s’exprimer des musulmans : pratique intensive de l’anathème et du discrédit sans argument

  6. @souraeba,
    Vous dites “le Tout est Dieu” : Est ce possible d’avoir des sources islamiques (Coran & hadiths) de cela ?

    Vous dites également “C’est là, je le crois, ce que Muhammad (ص) a voulu nous inculquer quand il entra en la Kaaba qui représenterait l’individualité (ego/נפש/نفس) de chacun de nous et que les figures taillées s’y trouvant symboliseraient alors nos penchants, nos obsessions, nos travers que pourtant nous adulons”
    vous croyez que la kaaba représente l’individualité ?
    –> C’est bien de “croire”, mais apportez vos preuves islamiques si vous voulez appuyer votre propos.

    Sans animosité, j’aimerais simplement que vous appuyez vos propos par des sources islamiques svp.

    Merci.

    • La bonne question est plutôt de savoir si nous faisons de l’Islam et de la Raison deux plutôt qu’un.
      Si ils ne se confondent, vous faites bien de me poser la question.
      Mais si il s’agit dans le fond de la même chose —et c’est ma position—, ce que j’ai écrit et argumenté, à savoir que Dieu est le Tout et que ne pas le tenir induira à terme l’impiété, fait qu’il n’est pas nécessaire de poser la question.
      Donc je n’irai pas vous suggérer de lire des auteurs « soufis » (je ne suis pas soufi même si je suis plus proche d’eux que des « salafie »).
      Tout ce que j’ai, c’est ce que j’ai mis. Vous savez qu’un Nom de Dieu est العليم ; or pour dire Univers ou Tout, on emploie la même racine (ع–ل–م) dans quatre langues « sémitiques ». Cela m’a paru suffisant et je l’ai bien cité dans mon texte. Ne dit-on pas : رب العالمين ؟

      Sur l’autre point, je dis seulement que l’on peut prendre ce qu’à fait Muhammad comme une parabole pour nous.
      Quand il entre à la Mecque, il la purifie du Faux.
      Vous êtes d’accord avec moi pour dire que Muhammad est l’Islam en acte.
      Par suite, si nous nous disons véritablement suiveurs de Muhammad, il faut que nous fassions de même, à savoir : détruire les idoles en nous (argent, gourmandise, sexe, tribu, etc.).
      Simple PARABOLE, je n’ai rien voulu dire de plus.
      Et pour être franc, je ne sais pas si je suis le seul à avoir compris ainsi. Peut-être que oui; peut-être que non. Peut-être ai-je tort. Mais comme je disais, la vraie question est de savoir si Foi et Raison sont strictement opposes. Pour moi, non, donc si le raisonnement paraît incorrect, dites. Mais je n’ai pas de hadith ou de verset ici, je reconnais.

      Merci

      • Souraeba,

        Vous dites: العليم (Al-‘Alīm) qui peut être traduit par le Connaisseur ou l’Omniscient (Celui à qui rien ne peut se cacher, car Il connait tout et est conscient de tout.) ce qui est différent d’être “le Tout”.
        Idem pour “رب العالمين” que l’on traduit par le Seigneur des Univers”, ce qui marque à mon avis une distinction entre le Seigneur et sa Création.

        Aussi dans votre article vous indiquez une partie du verset suivant (Sourate 28, verset 88) : « Et n’invoque nulle autre divinité que Dieu ! Il n’est de divinité que Lui ! Tout est voué à périr, excepté la Face du Seigneur (Cor. 28:88). ».

        Pour moi cela marque également une distinction entre le Créateur (Dieu) et sa création (Tout le reste, qui est voué à périr).

        Bien qu’on a le hadith qui indique cela: “Selon Anas , le Prophète a dit parmi ce qu’il a raconté au sujet de son Seigneur Puissant et Glorieux : « Lorsque mon serviteur se rapproche de Moi d’un empan, Je Me rapproche de lui d’une coudée. Lorsqu’il se rapproche de Moi d’une coudée, Je Me rapproche de lui d’une envergure (de bras). S’il vient à Moi en marchant, Je viens à lui avec empressement ». [Bukhari]”
        qui peut être une métaphore.

        On aura quand même l’impression que DIEU est au dessus des Cieux , la sourate faisant référence au voyage nocturne, les 7 cieux, le lotus de la limite . Et les différents hadiths “semblent montrer” que le Trône de Dieu est au dessus des Cieux (sourate 2 verset 255).

        Même si il peut se manifester sur Terre comme cela a été le cas dans le récit de Moussa.

        Mais j’ai l’impression qu’il y a bien une distinction entre Dieu (le créateur) et sa création.

        D’ailleurs le verset du Trône (Sourate 2 , verset 255) va dans le même sens avec l’attribut de Dieu : Al-Qayyum (celui qui ne subsiste que par lui-même alors que tout dépend de Lui).

        Dans plusieurs versets et hadiths je pense, il est indiqué que Dieu peut se passer de sa création et de l’adoration des hommes. (Sourate 3, verset 97).

        Je dirais que “Le comportement du Messager d’Allah était le Coran.” comme rapporté dans un hadith.
        Et donc aussi de ce fait, notre base est le Coran et la tradition (sunna) du prophète Mohammed (sws).

        Pour l’entrée du prophète dans la Kaaba et la destruction des idoles, je le prendrais simplement comme l’acte qu’il a fait: à savoir détruire des idoles qui était vénérées/adorées en Arabie.

        Adorer une idole est un acte différent que celui d’aimer l’argent, la gourmandise, ou le sexe, même à outrance.

        Adorer une idole c’est attribuer un pouvoir à une statue ou un esprit qui n’a aucun pouvoir sur une personne ou sur les choses.

        Mais aimer l’argent et le sexe même à outrance est un péché (défaut) mais ce n’est pas du shirk (associer à Dieu des divinités), d’ailleurs si l’argent est gagné de manière licite (même des milliards, on n’a rien à dire, si la personne paie la zakat), idem pour le sexe s’il est fait par une personne avec sa femme ou ses femmes.

        D’après Abou Barza Al Aslami (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Certes parmi ce que je crains pour vous après moi: vos ventres, vos sexes et les passions qui égarent ».

        ce qui je pense, permet de comprendre que le prophète n’a pas peur pour ses compagnons du shirk (associer à Dieu des divinités) mais des grands péchés qui couvrent le coeur de l’homme et l’égarent.

        Dieu peut pardonner tous les péchés excepté qu’on LUI donne des associés (sourate 4, verset 116):
        “Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Quiconque donne des associés à Allah s’égare, très loin dans l’égarement.”

        Donc l’argent illicite et le sexe illicite sont certes des péchés, mais que Dieu peut pardonner contrairement au shirk et à l’adoration des idoles.

        Ma connaissance de Dieu est limité à ce que je connais du Coran et des hadiths, et je pense que cela me permet d’agir déjà en conséquence (faire de bonnes actions et éviter les péchés pour plaire à Dieu et par crainte de Dieu).

        Il est souvent conseillé de ne pas s’imaginer Dieu (car trop souvent les gens se sont perdus), mais plutôt d’agir pour LE rencontrer.

        Et Dieu est le plus savant.

        • Si je vous dis islam (إسلام) signifie « soumission » (traduction bien pauvre mais passons) pour ensuite vous dire que le musulman (مسلم) est celui qui se soumet, vous serez d’accord, parce que en arabe, ces deux termes ont la même racine (س–ل–م). De même, si je vous dis que l’Islam signifie paix en tant qu’on dit السلام , vous direz aussi que le musulman est celui en paix. Encore une fois, du fait de la même racine. En gros, la différence n’est que portant sur la fonction et sûrement pas sur un sens totalement différent.
          Mais étrangement, et alors que Omniscience et Univers ont les mêmes racines, vous ne voyez de même. Pourtant, c’est très facile de voir qu’il n’y a rien d’autre à connaître sinon le Tout, l’Univers et que donc le véritable عالم embrasse le Tout et qu’il s’agit là de Dieu ainsi qu’il s’est nommé. Il vous faut donc ne regarder que la racine et non les déclinaisons. C’est Dieu lui-même qui se nomme Univers ou Tout, pas moi dans mon esprit subjectif qui le sors ! Donc vous avez certes raison quand vous dites de ne rien imaginer à son sujet. Mais vous ne parlez pas de moi ce faisant.

          Bref, ce que je vous dis ici est exact. D’ailleurs, ce n’est pas en vain que les juifs disent שלום et que pour Islam, ils emploient autre chose (אסלאם), précisément car sans cela, le juif lettré qui lit verra bien la proximité des radicaux et pourrait se convertir …. c’est une vieille arnaque de rabbins malins…
          c’est comme si je vous écrivais en arabe islam ainsi : إصلام. Où est le rapport avec la Paix (سلام) ? Bref, voyez la racine InchaAllah comme on dit !

          Quant au reste, il confirme ce que j’en disais car je n’ai jamais ni donné de définition de Dieu (notamment en disant qu’il serait Transcendant, point) ni tenu qu’il était strictement Immanent.
          Ce que vous donnez ici accrédite donc ce que je disais et ne le contredit nullement, SAUF si vous posez une définition en disant que Dieu est Transcendant, point.

          J’ai une question. Quand vous commettez un péché, considérez-vous Dieu et seulement Dieu ou bien avez-vous d’autres déterminants en tête ?

          Bref, bien entendu, Dieu sait. Et toute vérité émanant d’un humain provient en réalité de ce qu’il est avec Dieu au moins lorsqu’elle émane de lui, et toute fausseté émanant d’un humain provient en réalité de ce qu’il est éloigné de Dieu au moins lorsqu’elle émane de lui.

          • Souraeba, ce que j’essaie de dire c’est que même si 2 mots ont une racine commune, cela ne signifie pas forcément que leur sens est le même.

            on le vois également dans le cas que vous avez cité : “رب العالمين” (Seigneur des mondes ou Seigneurs des univers) on ne peut donc pas à mon avis dire que لعالمين (l’univers) est Dieu car Dieu se définit lui même comme “رب العالمين” (Seigneur des univers).

            Je ne vois pas où ce que vous citez (Dieu lui-même qui se nomme Univers ou Tout) se trouve dans le Coran.

            Concernant votre question sur les péchés, pour ma part je ne commet pas de grands péchés car je crains Dieu et sa punition.

            Mais dire que certains de ces péchés (femmes, argent entre autre, vin ou alcool pour d’autres personnes) ne m’attirent pas serait un mensonge, et il y a un effort à faire sur soi-même (Jihad nafs) pour ne pas tomber dans certains grand péchés.

            Par contre comme tout être humain, il peut m’arriver de commettre des péchés moins grave (dire de mauvaise choses, m’énerver au volant etc …) sous la colère (ou sous la faiblesse). Mais à ce moment là on ne se maîtrise pas vraiment et on ne pense pas forcément à Dieu quand on est en colère.

            Le prophète Mohammed (sws) a reçu la révélation et nous a montré comment nous comporter. Notre base est donc le Coran et la Sunna.

            Mais ce qui m’embête c’est que je ne vois pas forcément des traces de ce que vous dites, ni dans le Coran ni dans la sunna du prophète Mohammed (sws).

            Et donc on est en droit de se poser la question de savoir si cela correspond réellement à la réalité de Dieu et/ou à la compréhension que l’on doit en avoir.

          • « Souraeba, ce que j’essaie de dire c’est que même si 2 mots ont une racine commune, cela ne signifie pas forcément que leur sens est le même »

            Auriez-vous un exemple à me proposer en arabe, svp ?
            Qu’on traite d’abord ce sujet, puisque je pense que c’est là notre désaccord essentiel.

          • Et bien il y a déjà l’exemple que l’on vient de citer sur l’univers. et l’omniscient qui ont 2 significations différentes même si les mots ont la même racine.

            Et il y a plein d’autres exemples : entre autre l’expression “Aslim taslam” (je t’appelle à l’Islam (à la soumission à Dieu) et tu seras en paix) que le prophète a utilisé dans ses courriers aux différents rois de l’époque.

            Aslim et taslam ont la même racine mais évoquent bien 2 choses différentes dans ce contexte. Le prophète ne les appelle pas à faire la paix et à rester neutre entre les musulmans et les byzantins (par exemple) mais les appellent bien à embrasser l’Islam afin qu’ils (le roi et les habitants de ses régions) soient en paix (Avec Dieu).

            Idem pour assalam aleikoum (que l’on traduit par “Que la paix soit sur vous”), on ne peut pas dire que cela a la même signification que la soumission à Dieu (Islam). Quand on dit cela à son interlocuteur c’est pour lui signifier que l’on vient en paix.

            Et encore Salim (qui a aussi la même racine) : qui veut dire “Sain” , en “bonne santé”, (d’autres significations existent de ce mot), on ne peut pas dire que c’est la même chose que “la paix” (salam) même si ils ont la même racine.

            Et même en français, un même mot peut avoir différentes significations.

            Mais comme déjà dit, j’aimerais trouver dans le Coran ou dans les paroles du prophète ce que vous dites, à savoir: le “Tout” est Dieu.
            Et comme on l’a déjà cité plus haut, le verset qui dit que le “Tout” doit périr excepté le visage Dieu.

          • Aslim : VERBE
            Taslim : VERBE
            c’est juste qu’ils sont à différentes personnes….

            salam : NOM

            salim : NOM

            TOUT CELA SIGNIFIE LA MËME CHOSE….

            si j’aslim, j’appelle à la paix ou plutôt je suis en paix ;
            si tu te taslim, tu es en paix ;
            si je te dis salam, je te ‘souhaite’ la paix ;
            si tu t’appelles salim, tu es la paix
            si tu es dans la religion islam, tu es dans la religion paix

            franchement, Karim…
            un hébreu, un araméen, un arabe, un syriaque : tous voient ici que ce que je vous dis est parfaitement exact….

            mais si vous ne me croyez pas, je vous prie de me sortir un exemple AUTRE QUE relatif à ‘a-l-m et vous verrez…
            et quand je dis exemple, c’est bien EN ARABE (ou même en langues rattachées, donc syriaque, hébreu, etc.)
            BON COURAGE

        • @souraeba, donc quand le prophète a écrit :

          “Aslim et taslam” aux différents rois vous pensez qu’il a utilisé votre définition plutôt que celle que j’ai indiqué ?

          Il les a appelé à embrasser l’Islam (Aslim), les 5 piliers de l’Islam afin d’être en paix (taslam).

          La formulation est claire sauf si vous me trouvez plusieurs savants musulmans qui disent le contraire.

          “Salim” (Sain) (idem pour salam) peut être utilisé pour signifier des choses légèrement différentes dans différents contextes, alors même que le même mot est utilisé.

          Le mot “Salut” peut signifier “bonjour”, “hello”, mais le salut peut également signifier « délivrance , libération, paix” (obtenir son salut) qui ont des sens différents selon le contexte. Quand un jeune l’utilise dans un collège ou un lycée il n’a pas en tête la notion de “paix sur son interlocuteur “qu le salut soit sur toi”.

          Pour Karim également il peut signifier “généreux” mais également “noble” selon le contexte. Ces sens sont différents selon le contexte.

          Dommage que, comme demandé, vous n’appuyez pas vos propos par différents versets (et tafsirs (explications de grand savants musulmans)), ni de hadiths pour la notion du “Tout”.

          Car notre religion repose là-dessus (Coran et hadiths) pour la compréhension.
          On ne peut pas pas inventer des raisonnements que le prophète Mohammed (sws) n’a pas eu.

          Bonne continuation dans votre cheminement en espérant que vous prendrez pour exemple notre prophète Mohammed (sws) afin de vous guider et donc de ne pas vous perdre.

          • Quand le Prophète a écrit aslim et taslam, je ne pense pas qu’il voulait dire ce que j’écrivais : je le sais. Et même si il appelait à la « soumission » (traduction foireuse, mais passons), c’était là la paix en tant que qui se « soumet à Dieu » est dans la « paix ».

            Pour « salim », on a le même en hébreu. On peut l’employer pour dire « shalom leisrael » (=paix à Israel, dans le sens d’au revoir) ; on est aussi en paix quand on est sain.

            Pour « salut », je n’en parle pas car j’ai bien explicitement demandé un exemple en arabe ou approché qui ne vient pas.

            Pour « karim », ne savez-vous pas que la générosité fait partie de la noblesse du caractère ? Il n’y a donc rien de changé ici.

            En bref, vous n’avez aucun exemple, précisément parce que les langues dont je parle (arabe, hébreu, syriaque, etc.), étant fondées sur une construction trilitère, font que les concepts sortis d’une même racine sont OBLIGATOIREMENT et NECESSAIREMENT rattachés, QUE VOUS LE VOULIEZ OU NON.

            En l’occurrence, c’est plutôt à vous de suivre le Coran car je n’ai rien fait sinon exploiter les termes que Dieu lui-même emploie et que des spécialistes en tafsir font aussi pour comprendre un concept.
            Mais j’arrête ici car je pense avoir largement rempli mon obligation de moyens envers un musulman.

          • @Souraeba,

            La générosité est un trait de caractère de la noblesse : mais n’est pas le synonyme de noblesse.

            Idem pour l’omniscient “(Celui à qui rien ne peut se cacher, car Il connait tout et est conscient de tout.)” ne peut pas être synonyme de “celui qui est Tout”.

            Et il n’y a pas à ma connaissance un verset dans le Coran dont le sens est “Dieu est le Tout”

            Et donc ces mots ont bien des sens différents.

            Aussi et comme je le dis, je n’ai rien trouvé ni dans le Coran, ni dans les paroles du prophète , ni dans les explications (tafsir) des grands savants musulmans, des explications qui rejoignent ce que vous dites. Mais j’avoue ne pas connaitre tous les hadiths, ni explications (tafsir) des grands savants musulmans.

            Moi ce que j’attendais de votre part ce sont des versets du Coran (et des tafsir) qui rejoignent votre thèse du “Tout” et idem des paroles du prophète Mohammed (sws) qui rejoignent votre thèse.

            et même si il y avait quelques philosophes musulmans qui seraient adeptes de cette thèse (que je ne connais pas), il faudrait voir si cet avis est majoritaire chez les savants musulmans.

            Question : si Dieu est le “Tout”, le soleil faisant partie du “Tout”, est ce que Dieu est le soleil ? ou “dans le soleil” ?

            Car j’avoue toujours ne pas comprendre ce que vous voulez signifier par Dieu est le “Tout”, est ce une métaphore, une image ? si oui il faut développer ou être plus claire.

          • Est généreux le noble ; est noble le généreux.
            Pour un Arabe, c’est ainsi car c’est la même racine employée.

            Mais je comprends que je ne parle ni à un Arabe employant l’arabe ni même à quelqu’un qui me paraît n’avoir étudié les langues auxquelles je fais référence.
            En réalité, vous ne me comprenez pas parce que votre tête est française.

            Débarrassez-vous de cette conscience calquée sur ce langage abominable (bien qu’élégant) et vous comprendrez ce que je signifiais ! Mais si vous pensez en français, il est tout simplement impossible que vous compreniez ce que je veux dire et partant, je vois bien que mes efforts sont vains ! Car comme je vous le disais, un Arabe, un Hébreu, un Syriaque, un Araméen : tous seront d’accord avec ce que j’ai dit puisque leurs langages sont fondés sur des racines triliteres ! Et si vous persistez à tenir qu’il peut y avoir pour une racine des significations absolument sans rapport, je vous dis de donner un exemple ou plutôt de vous faire grammairien car vous avez beaucoup à apprendre à ces idiots que nous sommes !

            Mais si vous préférez penser que j’ai excogité tout cela de Dieu, libre à vous.

            Pour votre question : Dieu est le Soleil sans S’y limiter ; le Soleil est Dieu totalement.
            Rien n’existe sinon Dieu.

            Maintenant, je présume que ce que je viens de dire conduira à une autre question : « donc on peut adorer le Soleil? »
            Moi j’ai seulement dit que le Soleil était Dieu sans s’y limiter ou, si je reformule, que le Soleil est une part, une manifestation de Dieu. Je suis aussi une manifestation, comme vous. Ce que je vois en moi, je dois le voir partout ailleurs.
            Bref, je ne vois rien qui permette de poser la question que j’écrivis, sauf pour un esprit malade, hélas ! Mais je ne vous y inclus sincèrement pas, Karim.

          • @souraeba, dire que “Dieu est le Soleil sans S’y limiter ; le Soleil est Dieu totalement.Rien n’existe sinon Dieu.” est islamique-ment FAUX.

            Le soleil est une création de Dieu. Et Dieu pourrait aisément s’en passer.
            Tout comme Dieu pourrait aisément se passer de ses créatures qu’il a créé.

            Et “tout” disparaîtra sinon Dieu (Sourate 28, verset 88).
            –> Donc le “Tout” n’est pas Dieu, sinon le “Tout” ne disparaîtra pas comme mentionné dans le Coran.

            Associer le Créateur et ses créatures, sans aller dire que c’est du shirk, ça y ressemble en tout cas.

            Dire ensuite que “Dieu est le Soleil sans S’y limiter ; le Soleil est Dieu totalement.Rien n’existe sinon Dieu.” est simplement une métaphore, c’est vouloir induire des gens dans l’erreur.

            Si pour vous un animal est aussi Dieu, tuer un animal c’est tué Dieu ???
            ça n’a pas de sens.

            D’autre part les versets suivants de la sourate 6 (AL-AN˒AM (Les bestiaux)) contredisent le fait que “le soleil est Dieu”:

            74. (Rappelle le moment) où Abraham dit à ˒Azar, son père: «Prends-tu des idoles comme divinités? Je te vois, toi et ton peuple, dans un égarement évident!»
            75. Ainsi avons-Nous montré à Abraham le royaume des cieux et de la terre, afin qu’il fût de ceux qui croient avec conviction.
            76. Quand la nuit l’enveloppa, il observa une étoile, et dit: «Voilà mon Seigneur!» Puis, lorsqu’elle disparut, il dit: «Je n’aime pas les choses qui disparaissent».
            77. Lorsqu’ensuite il observa la lune se levant, il dit: «Voilà mon Seigneur!» Puis, lorsqu’elle disparut, il dit: «Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés».
            78. Lorsqu’ensuite il observa le soleil levant, il dit: «Voilà mon Seigneur! Celui-ci est plus grand» Puis lorsque le soleil disparut, il dit: «Ô mon peuple, je désavoue tout ce que vous associez à Allah.
            79. Je tourne mon visage exclusivement vers Celui qui a créé (à partir du néant) les cieux et la terre; et je ne suis point de ceux qui Lui donnent des associés.»
            80. Son peuple disputa avec lui; mais il dit: «Allez-vous disputer avec moi au sujet d’Allah, alors qu’Il m’a guidé? Je n’ai pas peur des associés que vous Lui donnez. Je ne crains que ce que veut mon Seigneur. Mon Seigneur embrasse tout dans Sa science. Ne vous rappelez-vous donc pas?
            81. Et comment aurais-je peur des associés que vous Lui donnez, alors que vous n’avez pas eu peur d’associer à Allah des choses pour lesquelles Il ne vous a fait descendre aucune preuve? Lequel donc des deux partis a le plus droit à la sécurité? (Dites-le) si vous savez.
            82. Ceux qui ont cru et n’ont point troublé la pureté de leur foi par quelqu’inéquité (association), ceux-là ont la sécurité; et ce sont eux les bien-guidés».
            83. Tel est l’argument que Nous inspirâmes à Abraham contre son peuple. Nous élevons en haut rang qui Nous voulons. Ton Seigneur est Sage et Omniscient.
            84. Et Nous lui avons donné Isaac et Jacob et Nous les avons guidés tous les deux. Et Noé, Nous l’avons guidé auparavant, et parmi la descendance (d’Abraham) (ou de Noé), David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. Et c’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants.

            Comme déjà demandé vous n’avez pas appuyé votre théorie du “Tout est Dieu” par des arguments coraniques ou hadiths.
            Or notre religion (l’Islam) repose sur ses bases (Coran et Sunna du prophète Mohammed (sws).

          • « Si pour vous un animal est aussi Dieu, tuer un animal c’est tué Dieu ???
            ça n’a pas de sens. »

            C’était l’autre possibilité d’argumentation !
            Or si je dis que le Soleil est Dieu sans tenir qu’il faille adorer le Soleil car il n’y a pas de rapport de cause à effet absolu et immédiat, pourquoi me poser cette question, sauf à démontrer que vous n’avez compris ce dont je parlais ?
            Car j’ai bien tué des insectes et je n’ai jamais prétendu que Dieu était mort et que par suite, le culte (islamique ou autre) devenait par là caduc. Je n’ai jamais non plus dit ou fait croire que la mort d’un humain consistait essentiellement en la mort de Dieu.
            Bref, dans votre question, je ne vois pas l’inférence, le rapport avec ce que je disais.

            En tout cas, je vois que vous n’avez toujours pas proposé d’exemple de racine « sémitique » avec des sens totalement autres. Pas facile, n’est-il pas ?
            Car moi, je me suis appuyé sur le Coran et strictement sur le Coran car toutes les racines que j’ai employées sont dans le Coran et la langue du Coran étant un langage pur, je sais que Dieu a employé ce langage précisément pour quelque chose de précis. Donc quand Dieu emploie la même racine pour dire UNIVERS ; OMNISCIENCE ; SAVANT : je vois que le vrai savoir n’est qu’un savoir du Tout en tant que le Tout n’est autre que le Savant, à savoir Dieu l’Unique. Il n’y a rien de sorcier, d’impie ou d’associationniste, ici. Mais si vous voulez le croire, je vous en prie !

  7. Pourquoi Allah a créé l’homme.
    Pourquoi l’homme est intelligent.
    Pourquoi l’homme est un être moral.
    Pourquoi l’homme doit passer par des épreuves, dans sa vie sur terre.
    Pourquoi l’homme doit mourir.
    Quel est le rôle donné aux anges en ce qui concerne l’homme.
    Pourquoi Allah donne tout à l’homme sur terre, sauf son amour qui reste réservée au croyants.

    Les réponses rationnelles se trouve dans le coran et nul part ailleurs.

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