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Citoyens musulmans en France et au Royaume-Uni : quelle place dans les cimetières ?

La crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19 ainsi que les débats autour de la loi sur le séparatisme désormais intitulée « conforter les principes républicains » posent de façon encore plus aiguë la question des lieux d’inhumation des populations musulmanes françaises sur le sol national.

La France n’est pas le seul pays qui doit faire face à un taux de mortalité élevé notamment parmi les populations « issues de l’immigration ».

Au Royaume-Uni le taux de mortalité est également plus élevé parmi les minorités ethniques. L’utilisation des statistiques ethniques dans les organismes publics britanniques, dont le secteur de la santé, a permis d’identifier un taux de mortalité 2,5 fois plus élevé dans la catégorie des personnes d’origines pakistanaises dont la majorité se déclare musulmane.

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Ainsi il est incontestable que la crise de la mortalité liée à la pandémie, couplée à la fermeture des espaces aériens (qui met un terme aux rapatriements des corps) ont un impact particulier sur les populations musulmanes et surtout sur le choix des lieux d’inhumations.

Mes recherches ont montré que, de Paris à Londres ces lieux témoignent, en filigrane, d’autres pratiques du vivre ensemble, ou plutôt du « mourir ensemble ».

Les cimetières sont le reflet matériel des vivants et de leurs modes d’organisation. Les marquages sociaux et culturels des sociétés qui les abritent y sont reproduits. Ainsi la place réservée à l’« autre » dans les cimetières est souvent tributaire des modalités d’organisation de la pluralité culturelle et cultuelle dans chaque pays.

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L’expression multiculturelle du deuil

Il est vrai que les lois régissant le funéraire, édictées au début du siècle, s’adressaient à des sociétés religieusement homogènes et où le pluralisme religieux restait cantonné aux diverses branches du christianisme.

Or, la France et la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, riches de leurs héritages post-coloniaux, sont également composées de familles issues des anciennes colonies qui ne sont pas nécessairement chrétiennes et qui sont désormais durablement installées sur le sol national. Ils sont, pour la grande majorité, citoyens français ou britanniques. Les changements démographiques et le vieillissement des populations issues de l’immigration viennent interpeller les législations funéraires nationales.

Ainsi, le rituel du deuil n’échappe pas à la pluralité de la société et acquiert de fait une expression multiculturelle car l’expression du culturel est consubstantielle au deuil, donc anthropologiquement impossible à masquer.

Pour les populations musulmanes issues de l’immigration, le lieu d’inhumation est un « choix » entre une inhumation locale ou un rapatriement vers une terre dite d’origine. Néanmoins ce choix est contraint par plusieurs variables structurelles, législatives, juridiques et politiques. Il est également tributaire des offres liées au secteur des professionnels du funéraire.

L’offre des cimetières ouverte aux musulmans à Paris et à Londres

Le cadre législatif relatif aux cimetières en France et en Grande-Bretagne est sensiblement différent, même si la gestion des cimetières est sortie de la tutelle du pouvoir ecclésiastique au début du XIXe siècle dans les deux pays.

Depuis l’évolution des cadres législatifs aussi bien que politiques renvoie à deux paysages contrastés : là, où en France le cimetière communal est le seul horizon possible, la Grande-Bretagne offre une variété de choix.

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Le cadre français républicain et laïc essentiellement construit dans un rapport de force avec la religion catholique dominante au XIXe, siècle consacrant les cimetières comme domaines publics, a essayé, dès les années 1970, de répondre aux premières demandes de familles musulmanes.

La législation française ne reconnaît pas le droit des groupes mais le droit des individus. Cela se traduit dans la gestion pratique des cimetières par l’impossibilité d’avoir de séparation physique visible par exemple un mur ou un muret entre des groupements de tombes.

En fait, la législation, en matière de carrés confessionnels, est somme toute assez réduite pour une question aussi sensible. La législation se limite à trois circulaires du ministre de l’Intérieur : celles du 28 novembre 1975, du 14 février 1991 et, la dernière en date, du 19 février 2008. Cette dernière souligne le lien entre le carré confessionnel musulman et l’intégration.

Les chiffres concernant la région parisienne restent approximatifs : 23 carrés musulmans parmi lesquelles certains cimetières sont plus présents dans la pratique des entrepreneurs funéraires rencontrés : le cimetière de Meaux (77), le cimetière de Versailles (78), le cimetière de Rosny (93), le cimetière intercommunal de la Courneuve (93 : Aubervilliers, Drancy et Bobigny).

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Un commentaire

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  1. Le point de vue de l’islam, selon ce que j’ai appris.
    les vivants ne sont pas tous des croyants.
    Les morts sont tous des croyants.
    La loi républicaine ne s’applique pas aux morts.

    On a commencé par séparer les morts, puis ensuite mettre un nom sur la tombe.

    Quand une personne meurt, la première chose qui tombe , est son prénom,
    Pour l’enterrer, on dit ramener le mort, on ne cite pas son nom.
    Aprés, peut être, cinq années, la tombe doit être considérée vide.

    Dans l’islam, on visite les cimetières, pour ne pas oublier sa fin, et non pas pour visiter un proche.
    Le proche n’est plus. On visite un proche vivant.

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