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Boston : une grande campagne d’affichage incite à agir et à réagir face à l’islamophobie

Depuis lundi 17 juillet, elles ont fleuri sur les murs de Boston, recouvrant les panneaux publicitaires de leurs conseils, simples et néanmoins efficaces, incitant à agir et à ne pas se complaire dans l’inertie ou l’indifférence coupables, 50 affiches luttant contre l’islamophobie s’exposent aux yeux de la population locale, à différents endroits stratégiques de la cité phare du Massachusetts.

Pendant six mois, cette grande campagne d’utilité publique tiendra le haut de l’affiche dans l’une des plus anciennes villes des Etats-Unis, mettant en exergue les bons réflexes à adopter face à un fléau du racisme ordinaire, puisés dans la BD à caractère pédagogique qui a été pensée et conçue l’année dernière par Maeril, une illustratrice parisienne.

La méthode illustrée, pacifique, humaine, presque légère, mais bien plus désarçonnante qu’il n’y paraît, proposée par la jeune graphiste française, riche de ses racines franco-iraniennes du côté maternel, et arméniennes du côté paternel, a traversé l’Atlantique et s’exporte avec succès dans l’Amérique de Trump, en proie à une flambée d’actes anti-musulmans alarmante.

« Ces affiches sont un outil, grâce auquel nous voulons délivrer un message essentiel : tout le monde est bienvenu à Boston ! », s’est exclamé leur ambassadeur de poids, le maire Marty Walsh. « L’éducation est la clé de la lutte contre l’intolérance, et ces affiches offrent une stratégie simple pour s’engager auprès de ceux qui vous entourent », a-t-il insisté, en songeant particulièrement aux victimes toutes désignées de l’islamophobie désinhibée et déterminée à nuire, verbalement comme physiquement : les femmes voilées.

Pour Yusufi Vali, le directeur de la Société islamique de Boston, cette initiative, ô combien salutaire, arrive à point nommé. « Depuis l’accession au pouvoir de Trump, le climat ambiant, à travers tout le pays, est délétère, bien plus qu’auparavant. La communauté musulmane américaine ressent la même chose que le reste de la nation : des incertitudes quant à l’avenir et un sentiment d’insécurité grandissant », déplore-t-il grandement.

De son côté, Suzan El-Rayess, chargée de l’engagement civique au sein du Centre culturel islamique local, loue une méthode non seulement simple à appliquer, et non simpliste ou gentillette, mais aussi applicable en toutes circonstances et à toutes les proies de prédilection du racisme primaire et sauvage, qu’elles soient arabo-musulmanes, hispaniques, noires ou autres…

Alors que cette campagne de sensibilisation, prônant la tolérance zéro à la fois contre l’islamophobie et la non-assistance à personne en danger, devrait prochainement habiller les carrefours névralgiques de San Francisco, Lisa Creamer, la responsable des stations de radio publiques de l’Etat du Massachusetts (WBUR), a révélé qu’elle s’est imposée comme une évidence aux autorités de Boston, après l’indignation soulevée par l’agression de trop commise dans le métro contre une femme voilée de 61 ans, sans défense et terrifiée par la fureur de son assaillant.

15 commentaires

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  1. Dévoiler une femme de 61 ans, ça n’a aucun sens. Le voile est censé etre pour une femme en plein fertilité.
    Le voile se dévoile seul avec l’age, on cache ses cheveux par pudeur, pas besoin d’un disjoncté pour le faire.
    Le voile pendant la jeunesse est un livre d’assurance vieillesse.
    Je ne sais pas.

  2. A Leroy, selon vous, critiquer l’islam, c’est renier l’autre dans sa différence. Alors, vous légitimez la violence verbale et physique. C’est une façon aussi de critiquer l’islam ? Le mot “critique” n’est pas synonyme d’ “intolérance”.

  3. Le voile m’énerve, mais comme la plupart des occidentaux, je ne vais pas aller attaquer une femme voilée.
    Par contre, si je lui dis que je ne comprends pas l’utilité de ce voile et que je le considère comme un obstacle au vivre-ensemble, je ne suis pas islamophobe. Mais je sais que beaucoup de musulmans me traiteront d’islamophobe. Parce que je n’accepte pas tout d’une religion étrangère à mon territoire.

    • annamir
      Si le foulard islamique vous “enerve”, c’est votre probleme, pas celui de la musulmane pratiquante qui ne vous a pas demande votre avis. Ensuite, et pour que les choses soient bien claires: l’islam n’est pas une religion “etrangere a votre territoire”. Ces musulmanes sont: 1) des citoyennes francaises, 2) leurs ancetres n’ont pas demande a etre colonises par la France. Enfin, au cas ou vous n’auriez pas une vision solide de vos principes, vous etes en effet un islamophobe, le genre qui veut se donner bonne conscience en jonglant avec des concepts vides de leur substance, du genre “vivre ensemble” et “laicite”.

      • disons que le foulard islamique version “hijab”, qui enserre le cou , heurte l’esthétique de beaucoup d’occidentaux, qui n’auraient rien à objecter à un foulard de type, par exemple, iranien, plus joli (avec tout ce que ce terme suppose de subjectivité).
        J’encouragerais les musulmanes à porter des foulards plutôt acculturés qui permettent à la fois de satisfaire leur foi et de s’insérer dans un paysage composite.C’est une question de respect, et celui ci est à double sens.

        • babar
          Les soi-disant “joli foulard a l’iranienne” vous plait parce que justement ce n’est pas un hijab. C’est du n’importe quoi qui se prend pour de la fashion orientale… Ensuite, une musulmane pratiquante porte le voile/hijab (en verite, en arabe c’est le [khimar]) pour plaire a Dieu, et a Lui seul, pas pour satisfaire a des desirs obscurs ou pour exciter les beaufs. Quant a votre idee du “respect”, ne devrait-elle pas d’abord s’appliquer a ces femmes qui vivent leur vie sans avoir a tenir compte de votre crise de diversite culturelle?

          • dans l’idée de “plaire à Dieu” sans tenir compte des autres autour, il y a qqch qui me gêne, M. de Tlemcen.
            Personne n’ jamais vu ce “Dieu”, qui se décline en millions de divinités au cours des siècles, tandis que vous et moi, nous nous cotoyons tous les jours.
            Cet individualisme qui pousse à dire, “c’est pour plaire à mon Dieu”, sans prendre en compte la sensibilité du prochain, est un narcissisme qui s’ignore.
            Le respect implique de comprendre la sensibilité du prochain et d’en tenir compte au quotidien.

          • disons que ce qui est difficilement audible c’est le double standard.
            On ne peut d’un côté demander à tous le respect de son Prophète, de son Dieu, appeler urbi et orbi à “ne pas caricaturer” pour ne pas “provoquer”, et de l’autre rester sourd et insensible à la sensibilité des autres. N’est ce pas?

        • babar
          Bravo, vous rajoutez la mauvaise foi a l’ignorance.
          Le sujet n’est pas le blaspheme a l’endroit du Prophete (saw); par ailleurs “son Dieu” est le meme que celui des trois monotheismes abrahamiques. Mais bon passons. Le sujet porte sur le respect des citoyennes francaises de confession musulmane. Qui etes-vous pour leur dire comment elles doivent vivre leur vie? Votre idee de la “sensibilite” porte dangereusement vers l’autoritarisme, nonobstant votre ton faussement conciliant…

  4. Annamir, tu as trop de préjugés qui t’empêchent d’avoir une vue d’esprit a 360 degrés. Débarasse toi de ces fardeaux en t’ouvrant aux autres et en cherchant à les connaître sinon, tu resteras pauvre d’esprit.

  5. Bonjour,
    j’ai observé la réaction de certains français, en France et à l’étranger, vis à vis des femmes (et même des hommes) qui portent des habits de type musulman (foulard dit “islamique”, jellaba, …). Même les plus tolérants parmi eux trouvent choquant une femme qui porte un foulard. Je pense que c’est culturel : cet habit est nouveau en France (il date des années 1980 dans les rues françaises) et je pense que beaucoup ont du mal à assumer que les musulmans n’ont pas renié les précèptes de leur religion malgré les difficultés alors que les juifs et les chrétiens ont tout abandonné avec le sécularisme, mis à part quelques paratiques superficielles. Dans les pays arabes, les personnes habillées à l’occidental ne choquent pas les personnes s’habillant de manière traditionnelle, sauf peut-être les personnes radicalisées. Je pense vraiment que dans les pays arabes les gens sont beaucoup plus tolérants qu’en France.

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