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Au boulevard des amalgames… place de la République (partie 2)

Pourquoi cette volonté en France de contrôler le corps de la femme ? La France fait désormais partie de ces pays qui légifèrent sur la tenue vestimentaire, certes de façon très subtile contrairement à l’Afghanistan, l’Arabie saoudite ou l’Iran, mais au moins ces pays tant critiqués ont le mérite d’être moins hypocrites. Chacun doit être disposé à se vêtir comme bon lui semble. Sauf, qu’aujourd’hui, on rêve d’un Français unique, avec une seule identité et une tenue vestimentaire normée.

Un foulard est devenu politique, une jupe longue un signe ostentatoire. A quand une police vestimentaire ? On se fâche que des filles cachent leurs cheveux et on s’habitue sans problème à ce que d’autres portent des pantalons en dessous de la raie des fesses, montrant ostensiblement la couleur, la texture de leurs dessous. Le spectacle est pourtant fort indécent. À cause des pressions sociales, médiatiques et politiques, la femme est donc contrainte à ne pas se voiler. Ces détracteurs aimeraient tous lui maintenir la tête sous l’eau, au point où ils s’emparent d’un bout de chiffon pour écarter ces femmes du monde du travail, de l’école, de l’instruction, de certains loisirs… mais condamne-t-on cela ?

Où se situent ces féministes supposées défendre et promouvoir l’égalité des femmes ? Les musulmanes n’auraient-elles pas droit à leur solidarité, ne mériteraient-elles pas leur soutien, bien au contraire, on assiste à une condamnation des musulmanes de la part de certaines féministes qui ne manifestent aucune humanité envers elles. Pire, elles les enferment au sein d’une identité religieuse : on ne voit plus le talent de la chanteuse ou le combat de cette représentante des étudiantes, ou la pertinence d’une journaliste, ni les idées défendues par une candidate du MPA…On voit un bout de tissu, un objet symboliquement masculin, un appareil idéologique qui signifie l’oppression des femmes par les hommes.

Cela ne fait que confirmer la supercherie de ce mouvement, car avouons-le, le féminisme dans sa forme actuelle ne recherche pas l’égalité mais se bat pour la modification des rapports hommes-femmes.

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Cette idéologie prétend protéger les femmes, alors qu’ en réalité elle est une prison dans laquelle la société tout entière est en train d’être consignée. Une idéologie de l’égalité entre les sexes exacerbée par la théorie du genre qui aimerait instaurer la confusion entre le masculin et le féminin pour en faire une seule identité. On veut stériliser le sexe biologique au profit d’un sexe dit social pour qu’un garçon et une fille soient «  deux identités identiques »? Soyons honnêtes, leur combat s’oriente plutot vers la recherche d’un système de privilèges pour les femmes que la défense de leurs droits. Tout ce mouvement, dénué de tout fondement philosophique, ne sert finalement que les intérêts de la société libérale-libertaire.

Défendre la liberté et la dignité des femmes, Oui et plutôt deux fois qu’une ! Or, on assiste à une guerre des sexes qui occulte la lutte des droits des femmes. En effet, ces féministes évaluent leur valeur,  la comparent par rapport aux hommes, au point où tout ce qui est féminin serait, par définition, « inférieur ». La «norme» serait ainsi d’être dans l’imitation de l’homme : elles veulent des cheveux courts comme les hommes, s’habiller comme les hommes, s’engager dans l’armée comme les hommes, travailler dans les secteurs d’activités jusque là occupés par les hommes etc. Pourtant, l’homme n’est supérieur en aucune façon parce qu’il est différent de la  femme, et inversement. Ces femmes se battent pour trouver leur valeur par rapport à un homme alors qu’une musulmane trouve sa valeur par rapport à Dieu.

Ce mouvement refuse d’admettre que Dieu a honoré les hommes et les femmes dans leur caractère distinctif, et non dans leur similitude, une distinction qui relève pourtant du bon sens.  Une distinction assez évidente, est que seule une femme peut être mère, Dieu serait-il alors sexiste car l’homme ne peut porter la vie ? Les différences biologiques et statutaires féminines ne doivent pas être considérées et vécues par les hommes et les femmes comme un signe d’infériorité, car c’est exactement ce qui provoque la mise à l’écart des femmes.

Cette distinction doit se tourner à l’avantage des unes ou des autres selon les circonstances et qui, dans les degrés de la spiritualité, bénéficient aux femmes. En effet, le Coran et la Sunna invitent à une véritable éthique de la conduite de l’homme envers les femmes. Le musulman agit en tant que mari et père avec affection, respect, concertation et c’est ce qu’a enseigné le Prophète :

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« Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur avec son épouse »[1].

Le malaise, de nos jours, est qu’il semble difficile d’accepter qu’être sous l’autorité de quelqu’un confère un statut hiérarchique différent, mais pas une infériorité d’essence et de nature. La fonction de chef de famille de l’homme ne correspond pas à une supériorité, mais à  un rôle, tout comme il ne  révèle pas une infériorité de la femme.

Pourquoi vouloir être ce que je ne suis pas ? Être sensible est une insulte, devenir mère est une dégradation, rester chez soi avec son enfant serait injuste. Le vrai combat du féminisme est de pousser à la « dé-fiminisation » de la femme. Or, la femme ne pourra atteindre la véritable libération tant qu’elle recherchera à imiter les hommes et tant qu’elle ne valorisera pas suffisamment la beauté de son propre caractère distinctif donné par Dieu.

Ainsi, pour répondre au discours féministe, le port du foulard n’exprime pas la nécessité de se prémunir de la menace des hommes prédateurs et potentiellement agresseurs, il protège la féminité et il l’encadre. Il n’est pas au service de la domination masculine mais au service de la féminité. En effet, les femmes développent très tôt une conscience d’elles-mêmes et de leur capacité à plaire. A l’heure où les magazines de mode, de «beauté» et même de bien-être, ont distillé une image stéréotypée de ce que devrait être une femme: belle, mince et apprêtée, le capitalisme s’est engouffré dans le culte du corps au point où certaines femmes vont en faire une dimension centrale de leur vie. Les musulmanes n’y échappent pas, puisque le voile n’est pas un frein à la mise en valeur de la beauté des femmes. Or, dans le jeu de séduction qui s’instaure entre l’homme et la femme, on ne peut nier que la femme n’est pas victime du regard de l’homme, mais qu’elle est actrice dans cette dualité.

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Là est l’enjeu du voile, lorsqu’il est porté avec la conscience de ses finalités sociales et spirituelles. Sans être une manière d’éloigner les prédateurs que seraient les hommes, il encadre la féminité de la femme qui aime mettre en avant sa beauté et se réjouit de pouvoir plaire. Une attitude qui, poussée à l’extrême comme c’est le cas à notre époque, est sans doute le véritable vecteur de l’aliénation des femmes.

En effet, ce potentiel de séduction féminine devient un instrument de corruption alors qu’il devrait être exploité au service de l’équilibre marital. On assiste alors à l’étalement indécent de ce qui relève du domaine de l’intime et à l’exacerbation de la dimension superficielle. Obnubilées par ces codes esthétiques, les femmes tombent facilement dans le piège de la quête du paraître. Le port du foulard permet, dans une certaine mesure, de faire barrage à ce penchant de l’âme humaine qui aime à se satisfaire d’elle-même et aime trouver la satisfaction d’autrui.

Cessons donc de fondre dans les clichés féministes en justifiant le port du foulard comme étant l’expression d’une indépendance, d’un pouvoir et d’une liberté. Le port du voile n’est pas un moyen pour gagner en liberté. Pourquoi remettre en cause sa liberté, son choix puisque de toute évidence c’est un choix personnel. Pourquoi se soucier de prouver qu’on se fond dans leurs revendications ?

Non, je porte le foulard pour plaire à Dieu, parce que c’est une sagesse et une prescription de mon Seigneur. Je respecte le hijab, qui n’est pas un voile, qui n’est pas un tissu ou un simple foulard mais plutôt un code vestimentaire qui prône la pudeur telle que mon Créateur l’a ordonnée :

 « Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer que l’extérieur de leurs atours, de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines, de ne montrer leurs atours qu’à leur époux… » (S 24, v31).

Le port du voile n’est ni un refus d’intégration, ni une marque de l’intégrisme religieux et ni le signe de l’oppression des femmes. Je me couvre pour la seule raison de rechercher la satisfaction de Mon Seigneur par le respect et la reconnaissance de Son autorité à mon égard. Demande t-on à un enfant pourquoi il recherche la satisfaction de ses parents ?  Plutôt que la liberté, j’assume la servitude volontaire à l’égard de mon Créateur. Plutôt que par choix, j’opte pour le respect du commandement divin. Plutôt que l’émancipation, je recherche la satisfaction de Mon Seigneur.

Il ne s’agit ni d’angéliser le port du voile, ni de le réduire à un choix esthétique ou féministe, mais plutôt de rappeler qu’on ne peut dissocier le voile de son attribut religieux en le considérant comme n’importe quel autre vêtement. La décence, la Crainte révérencielle de Dieu justifient mes motivations. C’est en ce sens que mon foulard représente un cheminement spirituel et personnel, sans qu’il ne soit un danger pour les valeurs de la République et encore moins un danger pour la laïcité.

En France, le voile interpelle, polarise, préoccupe, mais surtout il incarne des problématiques qui dépassent de loin son mètre carré. Et, soyons clairs le symbole n’est jamais que le bouc émissaire. Un véritable regard historique sur la question pourrait représenter une piste pour désamorcer ces conflits stériles.

En effet, quand il s’agit d’évoquer la question du voile en France, les thèmes de l’immigration, des banlieues et de l’islam resurgissent. Comme en témoigne la modification du code de la nationalité, la question de l’immigration prouve un véritable malaise. Il s’avère qu’aujourd’hui, le terme immigration apparaît toutefois inapproprié puisqu’il ne s’agit plus, (et c’est bien là le problème), de jeunes immigrés musulmans, mais de jeunes français musulmans, nés en France de parents immigrés dont il est souvent question quand on évoque l’Islam en France.

La République a lié son histoire à celle de l’immigration et aujourd’hui, elle refuse d’assumer cette mémoire.  Elle a souhaité l’immigration, une main d’œuvre bon marché qu’elle a parquée dans des cités populaires vouées au repli communautaire et à la précarité. Tandis que certains «  intégristes républicains » cherchent à débarrasser les religions de la sphère publique au nom de la neutralité, d’autres instrumentalisent la religion comme un outil de diversion politique. C’est ainsi que, face aux problemes des banlieues, on cherche des coupables en pointant du doigt  l’Islam.  Mais si l’Islam était tant présent dans les banlieues, on aurait des cités contraires à la description de ces « sas » où les violences sociales, physiques et symboliques s’accumulent. En effet, ces banlieues nous sont toujours représentées comme l’épicentre des problèmes urbains, un espace où se focalisent tous les maux de notre société.

Si  l’islam était aussi imprégné dans ces cités populaires, on aurait plutôt un exemple du vivre ensemble, de paix et de cohésion. Sauf que tout au long des débats, on ne cesse de présenter  un islam qui pousse le croyant musulman à rejeter l’autre ne partageant pas ses croyances, un islam qui oppresserait les femmes. Toutes ces dérives fustigent les musulmans alors que tout l’inverse régnait à l’époque prophétique.

En effet, à cette époque, juifs et musulmans cohabitaient en respectant les règles instaurées par le Prophète. A Médine, les tribus arabes et juives formaient une communauté pluriculturelle et pluri religieuse. Dans une logique d’intégration et de volonté de coexistence, le Prophète instaura le Pacte de Médine[2], lequel regroupait les clauses dictant un rapport fraternel avec les tribus juives, les immigrés dont le principe fondamental était de respecter leurs droits et de garantir leur liberté de culte où leurs droits et leur liberté de culte. Cette charte édictée dans une société autrefois déchirée par les guerres tribales fût un acte révolutionnaire, d’autant plus qu’elle mettait en avant l’importance de la citoyenneté et du vivre ensemble.

En étant aussi novatrice, elle fut considérée comme la première « vraie » constitution de l’histoire. A cette charte, nous pouvons également mentionner le Pacte Sainte-Catherine au Sinaï en 628, ainsi que le Pacte de Najran en 631[3],  lesquels ont protégé les droits universels des chrétiens et notamment des moines non assujettis à la dîme. Le compagnon Omar ibn al-Khattâb suivit ainsi l’exemple du Prophète  lors de la prise de Jérusalem en garantissant aux chrétiens[4] « la sécurité de leurs personnes, de leurs biens, de leurs églises et de leurs croix »[5]. Autant d’histoires qui illustrent comment l’islam  nous a ainsi dressé un exemple du vivre ensemble à travers ces pactes qui prônent l’idée d’une société inclusive et plurielle.

La France est aujourd’hui une société diverse, une diversité liée à une histoire inscrite en Outre-mer et en Outre-méditerranée. Si l’histoire ne sert pas à prédire l’avenir, un enseignement peut être tiré de la brève rétrospective de l’Algérie française.

En effet, l’Algérie, territoire français colonisé  de 1830 à 1962, a attiré des Français de métropole, des étrangers venus d’Espagne, d’Italie, de Malte ou d’Allemagne. Les étrangers européens ainsi que leurs enfants ont été naturalisés français par la loi de 1889[6]. Restaient à l’écart de ce processus d’intégration, les « indigènes musulmans », tels qu’étaient appelés les Algériens autochtones[7]. Ces indigènes avaient un statut de « sujets français », privés de la citoyenneté à part entière puisqu’ils « ne jouissent ni des droits civils, ni des droits politiques » (Weil, 2005 : 95). Ils ne dépendaient pas de la loi française, mais du « code de l’indigénat »[8].

Pourtant, la France s’était engagée solennellement  « à ne pas porter atteinte à la liberté des habitants et à leur religion». Contrairement aux « indigènes » musulmans et malgré l’emploi du terme « indigène », qui connote une humiliation, les juifs n’étaient pas soumis au régime pénal de l’indigénat[9]. En octobre 1870, à la grande surprise des Algériens, le décret Crémieux confèra la nationalité française aux 35 000 juifs d’Algérie[10], laissant ainsi à l’écart les « indigènes musulmans », qui constituaient pourtant la majorité de la population de l’Algérie. En effet, bien que le territoire ait été déclaré français, tous les habitants ne jouissaient pas des droits attachés à la citoyenneté. La plénitude de ces droits était donc le privilège d’une minorité, les Européens et les Juifs, considérés comme ” Français d’ Algérie “, tandis que les ” indigènes” en étaient exclus.

Au fil des années, face aux contestations et pressions, devenir citoyen français pour un indigène musulman pouvait être envisageable, s’il acceptait de remettre en question son appartenance religieuse[11] (religion qui relève portant du domaine du privé). Sauf que même en renonçant à sa religion, cela ne suffisait pas pour acquérir la pleine nationalité française, les procédures étant bien plus longues que pour les autres.

« A partir de 1919, différentes lois avaient permis à certains “indigènes” de devenir, sous certaines conditions, citoyens français, mais il s’agissait de mesures concernant toujours une petite minorité. Pour la masse des Algériens, il n’y a jamais eu égalité de statut, puisque ceux-ci, bien qu’ayant la nationalité française, étaient distingués du reste de la population, l’appellation de “Français musulmans” remplaçant celle d'”indigènes”, mais conservant exactement le même sens »[12].

Cette application d’un faux modèle de la République provoqua l’essor d’un mouvement indépendantiste, à base religieuse/communautaire, et la guerre avec le dénouement que l’on connaît. Dans ce contexte colonial de domination, l’islamophobie était donc déjà bien présente. Pour résumer et populariser leur opposition intransigeante à l’Islam, les colons brandissaient le voile, le haïk blanc, qui cachait le visage des femmes: « Vous voterez quand vos femmes seront dévoilées… ».

On assistait alors à des scènes impitoyables et très violentes de dévoilement publiques de femmes[13], pour que l’homme français puisse prendre possession visuellement de la femme arabe. Le maréchal Bugeaud pensait que les Arabes leur échappaient, car leurs femmes étaient dissimulées de leur regard. Dans le même état d’esprit islamophobe, Ernest Renan affirmait que « l’islam est le fanatisme, le dédain de la science, la suppression de la société civile [14]». 150 ans après, on retombe dans le même discours xénophobe où le musulman est jugé rétif au progrès, présenté comme un danger qui menace la sécurité des biens, des personnes, l’avenir de la nation et de la civilisation occidentale. Ce passé affecte toujours notre présent et alimente les obsessions islamophobes de beaucoup de nos politiciens et journalistes.

A l’heure où le religieux dérange, et que l’oppression masculine ne se manifeste pas là où on aimerait la voir, apprenons à lire les codes que véhiculent les choix vestimentaires de chacun pour en comprendre le mystère. L’affaire du voile est révélateur d’une identité républicaine en crise, où il est plus facile d’avoir recours à la diabolisation et à la répression des signes de divergence ou de différence que de faire preuve de tolérance.

 « Douce France, Cher pays de mon enfance, Bercée de tendre insouciance… ».

 

 

BIBLIOGRAPHIE

Textes saints

Le Saint Coran Sourate 29, verset 46

Ancien Testament, Chapitre 11, versets 4 et 6

Textes de lois

Le décret pris le 24 octobre 1870 par le ministre de la Justice français Adolphe Crémieux :

Principaux textes de lois : https://www.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-des-dossiers/2017-Dossiers/La-laicite/Les-principaux-textes-francais

https://www.retronews.fr/journal/gazette-nationale-ou-le-moniteur-universel/30-octobre-1870/149/1378601/1

Ouvrages

Lucie Choffey, L’Effroyable imposture du féminisme, Kontre Kulture (2014)

Gilles Manceron et Hassan Remaoun – D’une rive à l’autre – Syros 1993

Dominique Perrin, Palestine : une terre, deux peuples – Villeneuve-d’Asq : Presses universitaires du Septentrion, 2000 – (Histoire et civilisations), pp45.

Benjamin Stora – Le transfert d’une mémoire – la Découverte 1999

Patrick Weil, Qu’est-ce qu’un Français ?, Grasset 2002

Revues

Lalami, Feriel. « L’enjeu du statut des femmes durant la période coloniale en Algérie », Nouvelles Questions Féministes, vol. vol. 27, no. 3, 2008, pp. 16-27.

M’hamed Oualdi et Noureddine Amara, La nationalité dans le monde arabe des années 1830 aux années 1960, in revue des mondes musulmans et de la Méditerrannée, n°137 mai 2015

Prélot, Pierre-Henri. « Les signes religieux et la loi de 1905. Essai d’interprétation de la loi portant interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public à la lumière du droit français des activités religieuses », Société, droit et religion, vol. numéro 2, no. 1, 2012, pp. 25-46

Schilling Robert. Vestales et vierges chrétiennes dans la Rome antique. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 35, fascicule 2, 1961. pp. 113-129

Patrick Weil, La Justice en Algérie 1830-1962, La Documentation française, Collection Histoire de la Justice, Paris, 2005, pp.95-109

Henry Laurens, Renan en son temps : la place de l’Islam dans son oeuvre. In: Cahiers de l’Association internationale des études francaises, 2010, n°62. pp. 73-92

Zappi, Sylvia. « Cachez ce voile que la république ne saurait voir… », Mouvements, vol. 31, no. 1, 2004, pp. 86-89.

Enquêtes et rapport

Ifop (Institut français d’opinion publique), 2011, Les Pratiques religieuses chez les musulmans

Ined (Institut national d’études démographiques), 2010. TeO : Enquête sur la diversité des populations en France.

Rapport d’étape du CCIF sur l’Islamophobie en France : http://www.islamophobie.net/wp-content/uploads/2019/01/ccif_rapport_2012.pdf

Sitographie

https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/questions-dislam

https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/rapport-un-islam-francais-est_-possible.pdf

[1] Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°3895 qui l’a authentifié

[2] https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/questions-dislam

[3] Dieu dit Sourate 29, verset 46 « Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre ( Juifs et Chrétiens ).

[4] Aujourd’hui encore les clés de l’église du saint sépulcre sont entre les mains d’une famille musulmane qui en assure l’entretien. Ce pacte est gravé dans le marbre sur l’un des murs de la mosquée qui se trouve en face de l’église.

[5] Dominique Perrin, Palestine : une terre, deux peuples – Villeneuve-d’Asq : Presses universitaires du Septentrion, 2000 – (Histoire et civilisations), pp45.

[6] Patrick Weil, “Qu’est-ce qu’un Français ?” Grasset 2002

[7] La Justice en Algérie 1830-1962, La Documentation française, Collection Histoire de la Justice, Paris, 2005, pp.95-109

[8] La nationalité dans le monde arabe des années 1830 aux années 1960, n°137 mai 2015

[9] Idem

[10] https://www.retronews.fr/journal/gazette-nationale-ou-le-moniteur-universel/30-octobre-1870/149/1378601/1

[11] Benjamin Stora – Le transfert d’une mémoire – la Découverte 1999

[12] Gilles Manceron et Hassan Remaoun – D’une rive à l’autre – Syros 1993

[13] Lalami, Feriel. « L’enjeu du statut des femmes durant la période coloniale en Algérie », Nouvelles Questions Féministes, vol. vol. 27, no. 3, 2008, pp. 16-27.

[14] Laurens. Renan en son temps : la place de l’Islam dans son oeuvre. In: Cahiers de l’Association internationale des études francaises, 2010, n°62. pp. 73-92

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7 commentaires

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  1. Finalement, nous sommes d’accord. L’islam n’est rien d’autre que l’expression du christianisme originel qui a été prêché par Jésus ou Issa as. Il peut également être vu comme l’expression d’un christianisme dont la Grande Réforme tant attendue a abouti. Ainsi, les bonnes soeurs musulmanes sont comme les bonnes soeurs chrétiennes à ceci prêt qu’elles ne font partie d’aucun clergé, ont le droit divin de se marier et fonder une famille au sein de la société et ainsi vivre leur pleine citoyenneté. Elles sont agissantes pour le bien commun de notre société et fleurissent de projets tant professionnels qu’associatifs ou caritatifs.
    Ceci dit, j’ai toujours été étonné de voir les satyres et autres chèvre-pieds réduire un projet de vie ainsi que la spiritualité à la sexualité. Alors que la sexualité est complexe et revêt une dimension amoureuse, affectueuse, psychologique, sociologique, etc, ils la réduisent à la pratique dans un objectif de performance qui finalement finit toujours par une addiction voire une affliction. C’est sûr que le romantisme n’est pas naît en occident tout comme la religion d’ailleurs.
    Est-ce qu’un couple est réductible à ce qu’il y a de plus intime et ne regarde personne en dehors d’eux? C’est sûr qu’à notre époque de voyeurisme et vulgarité, la pudeur a définitivement pris la poudre d’escampette. C’est comme l’histoire de la PMA, tout le monde pense que c’est un simple droit à la consommation alors que dans la réalité, il s’agit d’un traitement médicamenteux hormonal et invasif avec des risques réels tous azimuts toujours pour la femme bien évidemment. Mais consommons tout ce qui est consommable : sexe, PMA, IVG, GPA etc etc, où vous l’avez bien compris, il faut que la femme soit libre pour mieux être sous l’emprise des satyres et soumise à cette société de consommation et du veau d’or. De l’utilité essentielle dans des cas bien précis, on a fait de ces avancées (pma, ivg etc) une catastrophe humanitaire de l’ordre de la problématique écologique face à la société de consommation. Face à cela, les musulmans doivent être des consommateurs responsables.
    L’islam libère la femme de cette tentative de soumission ultra-libérale où le corps de la femme devient une simple marchandise jetable et échangeable car objet de consommation. Certains choisissent simplement la voie naturelle sans chercher à modifer artificiellement ce qui marche très bien grâce à La Miséricorde et La Bienfaisance de Notre Créateur. Chacun est libre de ses choix, nous avons la lourde responsabilité de notre libre arbitre. Dieu jugera.

  2. @Mistigris.

    Oui il y a bien d’autres contradictions. Surtout, vu de ma fenêtre, il y a mélange entre ce qui relève de la moralité (au sens des mœurs régulant la société) et de la spiritualité (fournissant un sens transcendantal à l’existence humaine), mélange en somme entre ce qui relève du temporel et de l’intemporel. Il y a ainsi ici une forme d’insistance sur le rapport au corps, à la sexualité qui me met mal à l’aise. Cela rejoint ce que l’on appelle pudibonderie ou puritanisme chez les chrétiens par exemple. On en connaît les méfaits d’ailleurs : la frustration sexuelle et les déviances qui en découlent, au sens d’atteintes à l’intégrité de l’autre plutôt que de pratiques sexuelles spécifiques. Le voile ne fait ainsi pas plus de la femme un être spirituel mais toujours un objet sexuel qu’il convient en l’occurrence ici de dissimuler. Il la renvoie de manière permanente à la sexualité (en parlant de  « féminité »), elle-même ramenée à un instinct obscur et dangereux pour la société, quand il n’est pas mis au service de la procréation. C’est assez transparent quand il est dit que la femme sait très tôt jouer de la séduction. C’est assez hypocrite quand on sait qu’un homme peut ne pas viser la procréation mais son plaisir dans l’acte sexuel. Dans les religions, on dénie souvent à la femme ce même plaisir pour en faire un réceptacle passif au pire, la matrice de l’espèce au mieux, sous le contrôle des hommes dans tous les cas. C’est fondamentalement ça la domination patriarcale. Le plaisir est pourtant la condition de la procréation. Et chez les humains, le plaisir n’est pas l’apanage de l’homme. Quand l’homme et la femme cherchent le plaisir de leur partenaire et trouvent le leur, c’est là que la sexualité peut devenir sublime. Souvent, elle n’est que triviale néanmoins.

    Dans d’autres approches spirituelles, on peut chercher également à réguler la sexualité mais en lui donnant un sens plus profond, non pas à la rendant sacrilège mais au contraire sacrée. On en passe par la métaphore et le symbolisme. On y parle de polarités qui coexistent au sein de chaque individu, d’énergie créatrice, d’union mystique en vue d’atteindre une sagesse émancipatrice. La sexualité n’est pas simplement réduite à la reproduction comme chez les animaux. Elle relève d’un certain niveau de conscience.

    Bref mettre en avant ce qui, sans autre explication, s’apparente plutôt à de la morale, des mœurs pour parler de spiritualité c’est en méconnaître le sens au final. La spiritualité a toujours trait à l’esprit par définition et à son élévation, qu’elle se traduise par une quête personnelle de vérité ou un rapport singulier à l’autre, dans le cadre d’une sexualité que l’on partage, que l’on sublime pour aborder enfin le domaine de l’altruisme, voire de la compassion. Ce n’est en aucun cas pour moi une vision étroite qui se réduit à la famille ou au clan. La spiritualité est toujours ouverture, jamais repli, crainte, peur. Et la spiritualité n’oppose pas non plus le corps et l’esprit, ne clive pas l’être humain. La spiritualité relève toujours d’une union.

  3. Un petit rappel du piège tendu : on essaye de nous faire devenir des laïcs (= corps christique hors du clergé où on deviendrait une composante de ce corps) ou laïques (= athées de culture judéo-chrétienne avec une petite composante musulmane). Ceci est bien évidemment contraire à la laïcité en tant que droit. Le sujet qui s’est imposé de fait est : l’islam et les musulmans en tant que religion et racines françaises à côté des autres. Et croyez-moi ils ont énormément du mal à l’avaler après tous les efforts d’endoctrinement (école laïque, imposition de la religion laïc/laïque aux mineurs, histoire romancée et trafiquottée, soi-disant le judaïsme comme plus ancienne religion à la place de l’islam qui serait la dernière (ils mélangent ainsi une pure croyance sans aucune preuve à de la connaissance scientifique et démontrent ainsi que l’école laïque n’est pas dénuée de croyance religieuse), la primauté des grecs de ronce supérieure totalement chimèrique etc, l’énorme pression médiatique et les énormes moyens), des êtres innocents dont les parents avaient finalement peu de connaissances et faisaient entièrement confiance à l’école de la république prête à endoctriner et laïciser les ont mis échec et mat. Ils ont appris que le savoir et la connaissance sont sous le pouvoir d’Allah swt et qu’Il les donne à qui Il veut malgré leur interdiction de l’arabe, leur trafic de l’histoire et l’intégration sournoise de croyances dans les cours dits laïques. C’est cet échec de conversion des musulmans qui les met devant une nouvelle équation, une nouvelle composante bien Française désormais et même profondément Française.

    La France a en réalité une tradition d’agrégation. Leur politique n’est allée seulement contre l’islam et les musulmans mais également contre la France elle-même. La France s’est construite en agrégeant des communautés qui perdurent encore de nos jours. Changer de département voire de région donne l’impression parfois de changer de pays. C’est cela la force de la France. La composante arabomusulmane a pris donc place naturellement et définitivement dans ce paysage riche en couleurs et en histoire. Beaucoup se braquent car ils n’acceptent pas la richesse et la tradition françaises d’agrégation et d’inclusion. Ils souhaitent revenir aux vieux démons de l’assimilation-conversion par pur racisme et islamophobie mais ces démons font partie des passages lugubres et obscurantistes de la France. S’ils ont le droit de critiquer, ils ont également le devoir de respecter l’autre qui a choisi cette religion, surtout dans la France contemporaine.

    La mode athée n’a évidemment pas à s’imposer à la mode religieuse. Sur ce point les pays Maghrébins de tradition andalouse font respecter cette liberté et c’est un avantage certain qu’apportent les Français de confession musulmane en tant que nouvelle richesse et nouvelle liberté à la France.

    Concernant le féminisme, vous pointez du doigt un problème bien connu et partagé par un grand nombre de femmes. Le féminisme est vaste et il est regrettable que l’idéologie qui s’impose soit celle qui souhaite gommer les différences réelles entre femmes et hommes. De nos jours, beaucoup se plaignent que nous ne faisons pas suffisamment d’enfants tout en étant incapables d’en faire. Pire, la femme devient un ventre porteur transformé en marchandise et objet ultime de tous les désirs et fantasmes. Bizarrement, le féminisme régnant n’en parle pas. Il ne dénonce même pas le fait que plus de 80% des femmes de nos jours sont obligés de travailler, de s’occuper du foyer, des enfants pendant que monsieur joue à la playstation et se saoule à la bière avec les collègues. La charge qui pèse sur les femmes est énorme. Combien de femmes célibataires, avec ses enfants, galèrent seules et abondonnées, préférant le célibat que de se taper un homme plongé dans le désespoir car il ne sait plus quel rôle jouer et où les couples s’échangent et se trompent pour passer le cap et perdurer car il n’existe plus aucun ciment ni orientation entre eux.
    Il y a les beaux discours idéologiques et la réalité crue. 45% des couples divorcent avec comme première cause l’infidélité, l’égoïsme et mauvais caractère ou comportement pour 84% des divorces. 70% des divorces sont initiés par les femmes, ce qui indique le profond malaise des femmes contemporaines.

    Face à cette déchéance morale, à cette catastrophe, que dire? Chaque homme et chaque femme musulmans sont devant leur responsabilité et Dieu protège ses serviteurs. Mais qu’on ne vienne pas nous exliquer que le modèle dominant véhiculé est porteur de bien être pour les couples. Parce que n’oublions pas que l’objectif principal est de construire un foyer durable et stable, ce qui à notre époque (qui ne pardonne pas) nécessite de bien choisir et de se mettre en conformité en fonction de la situation spécifique de chacun ainsi que de ses possibilités sous la Bienveillance d’Allah swt et pour Lui uniquement en le servant ensemble.

    Tout le monde sait qu’un musulman pratiquant a le devoir naturel et spirituel qui coule de source d’aimer sa femme, de la soutenir, de la chérir. Tout se partage, jusqu’aux tâches, et dans les boulots difficiles et de classes sociales ouvrières c’est à l’homme de trimer le plus car il est plus endurant et gagnera plus encore dans notre société soi-disant égalitaire où on sait pertinemment que le salaire de la femme est minoré par rapport à celui de l’homme. Les métiers pénibles sont très douleureux pour les femmes et il est normal que l’homme souhaite éviter cela à son épouse par amour naturel et commandement divin. Bien évidemment, il en va différemment des métiers qualifiés non pénibles.

    J’ai une amie ingénieure depuis des années, déjà pendant ses études, elle disait : direct après, je me marie et j’enfante pour ne pas perdre de temps. J’étudie pour être à la hauteur de l’éducation de mes enfants et les pousser aussi loin sinon plus que mes parents l’ont fait. Sa vision du futur et son inquiétude n’étaient pas matérialistes ni égoïstes mais humanistes. Elle voulait construire un foyer dont elle se voyait le principal pilier. Et elle commençait déjà à chercher le bon partenaire en énonçant sa problématique sans aucune gène. C’était une chrétienne de coeur qui faisait de délicieux repas quand elle nous invitait avec une attention particulière pour les musulmans invités. Elle s’est depuis mariée avec un musulman pratiquant et tient un commerce de gâteaux avec lui dont elle avait eu l’idée. Ils gagnent très bien leur vie et ont 3 enfants et peut-être bientôt un 4ème qui sait.

    Tout ça pour dire, que musulmans et musulmanes ne se soumettent qu’à Dieu et que tout être véritablement spirituel nous comprendra. L’optique d’une véritable croyante n’est pas matérialiste ni égoïste mais réellement féministe et humaniste car elle sait le rôle et le devoir naturels qu’elle doit remplir et ne cherche qu’un bon musulman, un véritable homme de foi capable également de remplir le rôle et le devoir assignés par Notre Créateur.

    Que des gens, à côté de cela, veuillent faire des enfants avec un partenaire de même sexe en pensant être dans leurs droits malgré la réalité de la nature et des conséquences encore inconnues. Que des gens croient que c’est en forniquant pendant leur adolescence et au-delà qu’ils découvriront le bon partenaire en pensant qu’ils prendront ainsi l’habitude de la fidélité, de l’attention humaine sans arrière pensée malsaine et de mauvais comportement. Que des gens croient que le couple libre s’autorise tous les droits d’échangisme et autre en pensant ainsi cimenter leur couple. On s’en fout. Cela ne nous regarde pas, nous ne cautionnons pas, nous ne souhaitons en aucun cas y participer et nous avons bien évidemment le droit de critiquer également sans être cautionnés d’extrêmistes surtout quand le vote musulman est plus situé entre le centre droit et la gauche.

    Chacun vit sa vie comme il l’entend mais il semble que la mode religieuse ainsi que son mode de vie soient beaucoup plus stables et beaucoup plus sains et protecteurs. Quant à ceux ou celles qui diront nul besoin d’être religieux pour cela, sachez qu’effectivement, nous n’êtes pas très loin de l’être si ce n’est que vous l’êtes de fait car la religion n’est rien d’autre que le rappel du naturel.

    Et Allah swt pardonne, Il est le Très Miséricordieux, Le Très Grand accueillant au repentir sincère.

  4. @Mouhib. Il était surtout temps qu’une femme qui porte le hidjab aborde le fond du sujet. Même si elle ne peut en aucun cas prétendre représenter d’autres femmes, son point de vue ne fait que conforter le mien. Je suis donc aussi ravi que vous et lui dis aussi merci au passage.

  5. Très intéressant. Un article qui déroule tous les arguments en faveur du voile et ce faisant, empile les contradictions.

    Commençons.

    « Chacun doit être disposé à se vêtir comme bon lui semble. Sauf, qu’aujourd’hui, on rêve d’un Français unique, avec une seule identité et une tenue vestimentaire normée. »
    Il n’y a pas de liberté qui ne soit encadrée en France, y compris la liberté vestimentaire. Oui nous avons des codes qui norment la tenue vestimentaire en fonction de situations (par exemple le deuil) et de contextes (le travail par exemple). Il n’y a pas pour autant de français unique de ce point de vue car justement on change de vêtements en fonction des situations et des contextes. Sortez dans la rue et vous verrez si les français sont tous habillés pareils. Les femmes comme les hommes portent des couvre chefs variés d’ailleurs. Aucun vêtement n’est imposé en permanence, même pas les sous vêtements. Au contraire, c’est le voile qui se présente comme une norme absolue, permanente quelque soit le contexte et la situation.

    « Pire, elles les enferment au sein d’une identité religieuse : on ne voit plus le talent de la chanteuse ou le combat de cette représentante des étudiantes, ou la pertinence d’une journaliste, ni les idées défendues par une candidate du MPA…On voit un bout de tissu, un objet symboliquement masculin, un appareil idéologique qui signifie l’oppression des femmes par les hommes. »
    versus :
    « Je respecte le hijab, qui n’est pas un voile, qui n’est pas un tissu ou un simple foulard mais plutôt un code vestimentaire qui prône la pudeur telle que mon Créateur l’a ordonnée ». « Il ne s’agit ni d’angéliser le port du voile, ni de le réduire à un choix esthétique ou féministe, mais plutôt de rappeler qu’on ne peut dissocier le voile de son attribut religieux en le considérant comme n’importe quel autre vêtement. »
    Par consequent, vous affirmez que le voile (hidjab ne signifie pas foulard et renvoie au fait de voiler et séparer il me semble) n’est pas qu’un bout de tissu, qu’il est un code et qu’il a une fonction religieuse renvoyant à une certaine vision de la pudeur. Vous en revendiquez son port pour ces raisons. Je ne vois donc pas pourquoi alors vous demandez à ceux qui le critiquent d’oublier cette signification, cette fonction et ce code qui justement les dérangent parce qu’ils ont d’autres codes, d’autres vues sur la pudeur.

    Vous menez également une attaque en règle contre le neo-féminisme, voire le féminisme. J’ai toujours dit que les femmes n’étaient pas nécessairement féministes. C’est leur droit. On retrouve chez vous en revanche des arguments utilisés par les réactionnaires de tout poil, voire l’extrême droite : la critique de la théorie du genre, le recours à la réalité biologique de la sexualité, de la reproduction. J’aime beaucoup plus pour ma part ce que disait M Yourcenar sur la condition féminine (merci à Reedouane pour le lien qu’il a posté) : femmes et hommes sont avant tout des êtres humains. C’est cette condition fondamentale, qui met justement l’accent sur la similitude et non les différences, qui leur permet de fraterniser pour reprendre l’expression de Yourcenar. On évite aussi par là la domination patriarcale comme la guerre des sexes, il me semble. M. Yourcenar pose également cette question : combien de fois une femme se sent femme au quotidien ? Sa réponse : c’est beaucoup moins fréquent qu’on ne l’imagine. C’est pourquoi vous ramenez peut-être la condition féminine à la maternité. Mais une femme qui ne veut pas d’enfant ou qui n’en a pas ne serait donc pas vraiment une femme ? Être une femme renvoie à une réalité biologique certes mais aussi à différentes réalités sociales qui varient selon les cultures. Et je vais vous avouer un secret : moi qui suis un homme, je ne me sens pas homme la plupart du temps mais surtout un être humain. Je ne me réduis pas à mon sexe en somme. Vous exprimez donc au final une certaine vision de la féminité en y intégrant des codes culturels que je ne partage pas. Inutile de se stigmatiser l’un l’autre. Ce n’est pas le fait que je sois un homme et vous une femme qui explique nos divergences mais le fait que nous nous rattachions chacun à une vision culturelle différente.

    Ceci étant dit, n’invoquez pas alors le féminisme, ne demandez pas le soutien des féministes pour défendre non pas les musulmanes mais les musulmanes qui portent le voile. Car ce n’est pas la même chose. D’ailleurs, vous dites : « Cessons donc de fondre dans les clichés féministes en justifiant le port du foulard comme étant l’expression d’une indépendance, d’un pouvoir et d’une liberté. Le port du voile n’est pas un moyen pour gagner en liberté. » De la même manière, n’invoquez pas non plus la liberté de s’habiller comme on veut ou même la liberté tout court, puisque que vous affirmez : « Plutôt que la liberté, j’assume la servitude volontaire à l’égard de mon Créateur. » En somme pourquoi faire appel à des valeurs auxquelles vous n’adhérerez pas, mieux qui s’opposent aux vôtres pour défendre le port du voile ?

    Un dernier mot. J’ai un parcours spirituel. Je n’ai jamais considéré que spiritualité rimait avec « servitude volontaire », « crainte révérencielle » mais plutôt avec ouverture, émancipation, voire joie. Chacun voit midi à sa porte néanmoins.

    • @ Zarathoustra
      J’apprécie que vous ayez pris le temps de relever quelques unes des contradictions. Il y en a d’autres. J’ai été sidéré du nombre d’ … amalgames commis par cette auteure dans les 2 articles. Sa sincérité, sa bonne foi la rendent sympathique mais, pour une publication, n’effacent en rien les failles du raisonnement.

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