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Angleterre : une famille musulmane découvre quatre têtes de porc dans son jardin

Ce n’est pas un trésor que la famille Ditta, installée à Bradford depuis plusieurs générations, a trouvé au fond de son jardin mais quatre têtes de porc disséminées de part et d’autre, dont deux se trouvaient dans un sac jeté dans un buisson.

Bien qu’ébranlés par cette découverte effrayante dont le racisme caractérisé est signé, les membres de cette famille musulmane ont toutefois décidé de ne rien laisser transparaître de leur traumatisme afin de ne pas céder à la terreur de l’extrême-droite. Face à cette adversité-là, semeuse de haine et de chaos, ils ont choisi de montrer le visage de la combativité et non celui de l’effroi ou de la résignation, à travers la fille de la maison, Solna Ditta.

Après avoir condamné l’acte odieux avec fermeté et fait le lien avec le meurtre du soldat Lee Rigby et les représailles islamophobes qui s'ensuivent depuis, la jeune femme de 34 ans a traité avec le plus grand mépris son ou ses auteurs, résolue à ne pas offrir le spectacle jubilatoire de la victime terrifiée et éplorée. "Ma famille réside à Bradford depuis plus de 60 ans, et nous n'avons jamais vu de telles agressions racistes auparavant. Cette attaque est clairement raciste et elle s’est faite en réaction à l'assassinat terrible du soldat à Woolwich", a-t-elle déclaré, renchérissant : "Quelqu'un a pensé que nous serions choqués par quelques têtes de porc parce que les musulmans ne mangent pas de porc", a-t-elle lancé, avant l'humiliation suprême : traiter la mentalité des agresseurs de l’ombre de "stupide", les reléguant au rôle de sombres idiots du village…

Derrière cette réaction pleine de panache qui refuse de capituler publiquement devant les pyromanes aux crânes rasés et leurs passages à l’acte incendiaires, Solna Ditta et les siens confient en privé qu’ils n’ont pas encore réussi à vaincre leur peur, celle qui paralyse à la perspective de faire une mauvaise rencontre au coin de la rue, celle qui fait trembler au moindre bruit dans la maison, ou qui peuple la nuit de cauchemars en imaginant que le pire reste à venir.

Dans son malheur, la famille Ditta s’est sentie un peu moins isolée en apprenant que, ce soir-là, elle n’a pas été la seule cible des ultras du nationalisme britannique, des voisins asiatiques ayant eu la même vision d’épouvante en trouvant une tête de porc accrochée sur leur porte d’entrée.

Ce sentiment de soulagement fut de courte durée, car l’inquiétude a vite regagné du terrain, la famille Ditta comptant à présent sur les forces de l’ordre pour sécuriser sa demeure et le quartier, notamment en plaçant des caméras de surveillance autour de sa propriété. Ce que les policiers du West Yorkshire se sont engagés à faire promptement, après avoir précisé en conférence de presse qu’une enquête a été diligentée contre un crime motivé par la haine raciste.

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