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Abdelhamid El Kaoutari : « Avant les matchs, je lis souvent le Coran »

Abdelhamid El Kaoutari, étoile montante de la Ligue 1 et du Maroc a accepté de se confier pour Oumma.com. Professionnel avant même ses 18 ans au sein du Montpellier Hérault, Abdelhamid a été titularisé pour sa première convocation avec la sélection Chérifienne. Auteur d’une prestation convaincante, il a solidement tenu son poste au sein de la défense Marocaine avec son compère Mehdi Benatia lors de la déroute infligée aux Algériens le 4 Juin dernier (4-0).

Fervent croyant et personnage attachant, « Abdé » revient notamment sur son choix récent pour le maillot du Maroc, en plein débat sur les quotas et les joueurs binationaux. Au menu : sa passion, sa sélection, sa religion. Entretien vérité.

Abdelhamid El Kaoutari, peux-tu te présenter aux lecteurs d’Oumma.com ?

Je suis né à Montpellier. J’ai débuté le foot dans le club de mon quartier à Paul Valéry grâce à Foued Brizini (NDLR : Un proche de Zinedine Zidane). Ensuite, à l’âge de 10 ans, il m’a emmené au Montpellier Hérault. J’ai alors fait toutes les catégories de jeunes à Montpellier. Il y a quatre ans, alors que j’avais 17/18 ans, j’ai signé mon premier contrat professionnel. Mais j’ai complètement intégré celui-ci il n’y a que 2 ans, en étant régulièrement aligné ».

Est-ce que tu as la sensation que les regards sur toi ont changé depuis que tu es professionnel ?

Oui, forcément. Dès lors que tu joues en pro et que les matchs sont télévisés, les gens te reconnaissent. Il m’arrive que les gens m’arrêtent dans la rue, surtout cette année. Ils demandent des autographes, des photos. C’est un plaisir que d’échanger avec eux.

Te sens-tu “investi d’une mission” vis-à-vis de l’image que tu dois donner aux jeunes de cités qui te regardent et qui te prennent pour exemple ?

Dans ma nature, je suis quelqu’un de calme, de souriant. Je reste donc le même, je ne vois pas pourquoi je changerai. Cela dit, je suis conscient que j’ai une image à véhiculer. Je me dois d’avoir un bon comportement.

En tant que croyant, ton altercation avec Loïc Rémy a dû te peiner (1) ?

Oui, un peu. Ça fait partie du football. Je n’ai pas eu un bon comportement. Le Shaytan sait où me saisir !(Rires) Je suis plus en colère du fait qu’il y avait faute pour moi au départ. Incha ALLAH il faut que je travaille sur moi pour effacer ces petits défauts.

Comment allies-tu ta vie de footballeur professionnel et ta vie spirituelle ?

Même si ce sont deux choses différentes, j’essaye au maximum de concilier les deux. Si ça ne tenait qu’à moi, je ferais passer ma vie de musulman avant tout. Ma priorité, c’est la religion. Maintenant, comme on n’est pas dans un pays Musulman, c’est difficile de pratiquer ma religion. Pour le Ramadan, on fait comme on peut. On le fait au maximum. La salat (=la prière), el hamdoulillah, je la fais. En ce qui concerne les sorties, de nature, je ne sors pas. La religion me maintient, m’aide, me guide, car le football est un monde où on peut très vite dévier. Avant les matchs, je lis souvent le Coran. Même chez moi, j’essaie de lire ne serait-ce qu’une page par jour. On essaie également d’aller à la mosquée le plus possible. Il nous arrive de temps en temps de nous faire des rappels entre nous, notamment avec Souleymane Camara (NDLR : Joueur sénégalais de Montpellier).

Quel regard portes-tu sur la sélection des Lions de l’Atlas ? Tu dois en parler souvent avec Younès Belhanda, ton coéquipier à Montpellier et international Marocain également ?

Il y a un groupe soudé, avec de bons joueurs. C’est bien pour l’équipe et pour tout le Maroc. J’ai entendu, grâce à Younes, qu’il y avait une très bonne ambiance. On a aussi un très bon entraîneur, Eric Gerets, qui aime la gagne. Avec tous les clubs qu’il a fait, c’est vrai que c’est un bon entraîneur.

Que penses-tu de cette affaire des quotas et des binationaux qui éclabousse le foot français aujourd’hui ?

Je n’ai pas trop suivi cette affaire. Mais c’est vrai que l’on m’a déjà posé cette question. [Concernant mon choix du Maroc], je me suis concerté avec ma famille, mon entourage. C’est un choix de cœur. J’ai choisi le Maroc et j’en suis fier.

Es-tu peiné par ceux qui disent que certains binationaux sont des mercenaires ?

Je ne fais pas attention à ce genre de déclarations.

Tu es resté plusieurs années à Montpellier qui possède l’un des meilleurs centres de formation de France. As-tu déjà été confronté à des discriminations durant ces années de formation ?

Dans ma génération, non. Quand je suis rentré au club (NDLR : il avait alors une dizaine d’années), on m’avait dit que c’était un club de racistes. Mais en fait non. Je m’entends très bien avec le président, le staff. Avec tous les coachs, ça se passait bien.

Un dernier mot ?

J’avoue que je ne connaissais pas votre site avant que vous ne me contactiez. J’ai commencé alors à m’y intéresser. Je trouve que votre site Oumma.com est très bon. C’est bien d’avoir les opinions de Musulmans de divers horizons. Ça peut être un site qui permette de mieux connaître la communauté et notamment, pour nous joueurs, de prendre des nouvelles d’autres footballeurs. Incha ALLAH je vous souhaite de la réussite et … de la patience, car ALLAH aime les patients.

Propos recueillis par Fateh Mezner

Note :

(1) Lors de la 31ème journée du championnat de Ligue 1, une semaine avant de s’affronter en finale de la Coupe de la Ligue, Montpellier recevait l’OM. Durant le match, A. El Kaoutari et L. Rémy sont expulsés suite à une échauffourée entre les deux hommes, ce qui leur vaudra de ne pouvoir disputer ? la finale du 23 Avril au Stade de France)

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