Tandis que la France, sans gouvernement mais grisée par l’insouciance, continue de vibrer au rythme des festivités olympiques, et que Paris, la Ville Lumière, s’évertue à éblouir le monde d’un éclat bien illusoire, les jours s’écoulent lentement, douloureusement, arbitrairement pour Abdourahmane Ridouane, derrière les grilles du centre de rétention de Mesnil-Amelot.
Interpellé subitement à son domicile par la police, le 8 août dernier, et privé de liberté depuis lors, après que l’expulsion prévue le jour même vers le Niger a avorté sous la houle d’indignation qu’elle a soulevée, le président de la Mosquée de Pessac compte à présent, non sans anxiété, les heures qui le séparent de son ultime recours face à l’injustice qui le frappe : sa comparution devant le Conseil d’Etat, le 6 septembre prochain.
Dans le centre de rétention où il croupit, victime d’un véritable acharnement politique, à proximité de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, ce qui n’est pas de nature à le rassurer, l’épée de Damoclès de l’expulsion pèse plus que jamais sur lui.
Son « expulsion est toujours possible », alerte son avocat, Me Sefen Guez Guez, dans un communiqué où il précise en substance : « Après l’ordonnance rendue par le Tribunal administratif de Paris, le 9 août 2024, il a été décidé de saisir le Conseil d’Etat pour contester la procédure d’expulsion le visant, essentiellement parce qu’il dénonce – à raison – le traitement fait aux Palestiniens par Israël ».
Et d’appuyer là où le bât blesse : « Rappelons qu’avant l’arrêté du ministre de l’Intérieur, le président de la Mosquée de Pessac justifie de 4 décisions judiciaires rendues en sa faveur », concluant de manière cinglante à l’adresse du ministre démissionnaire Darmanin : « Nous attendons du Conseil d’Etat qu’il replace ce dossier tel qu’il est pour le ministre de l’Intérieur : un ultime trophée sur le compte de la composante musulmane de notre pays. La France mérite mieux ».
En attendant la décision cruciale du Conseil d’Etat, l’élan de solidarité avec Abdourahmane Ridouane se poursuit ce Samedi 31 août, Place de la Nation, à Paris.
Une autre forme concrète de soutien : la Pétition pour Abdourahmane Ridouane




GIPHY App Key not set. Please check settings