Voile intégral : le gouvernement peaufine une loi d’interdiction générale

Voile intégral, burqa, même combat, ou comment la décision politique du gouvernement s’est fondue dans le

mercredi 21 avril 2010

Voile intégral, burqa, même combat, ou comment la décision politique du gouvernement s’est fondue dans le moule de l’obstination farouche d’un homme : Jean-François Copé, l’ambitieux quadra de l’UMP, l’homme orchestre de la politique à l’influence notoirement grandissante.

Un an d’un âpre acharnement contre une poignée de femmes affublées des pires représentations, jetées en pâture sous la lumière aveuglante des projecteurs, sans sas de décompression. Un an d’une campagne féroce et sans répit, qui avait choisi ses victimes expiatrices, sa cadence infernale, ses petites phrases à l’emporte-pièce, émaillées de certaines gauloiseries ravageuses, sur fond d’un piètre bilan socio-économique du réformateur en chef de la France.

Un an d’une stratégie pernicieuse de la stigmatisation d’une religion qui n’a pas dit son nom, s’emballant avec emphase pour la défense de la dignité de la femme, un noble argument qui a étrangement bifurqué vers le tout sécuritaire. Douze longs mois qui voient aujourd’hui se profiler un projet de loi d’interdiction générale, y compris dans la rue, faisant fi de l’arbitrage du Conseil d’Etat la jugeant en tout point inapplicable.

Belle photo de famille que celle qui a réuni Nicolas Sarkozy, les présidents de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et du Sénat, Gérard Larcher, le président du groupe UMP de l’Assemblée, Jean-François Copé, et le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, faisant bloc pour présenter la deuxième grande réalisation de l’ère Sarkozyste - soumise au conseil des ministres le 12 mai et peut-être adoptée d’ici à l’été - juste après le bouclier fiscal : le projet de loi qui, à défaut d’améliorer la vie des français, ternira son blason de pays des droits de l’Homme.

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