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Mardi 16 Mars 2010
Articles
Un séisme prévisible
lundi 5 juin 2006 - par Pierre Tévanian

À l’heure où Ségolène Royal, candidate annoncée à l’élection présidentielle de 2007, reprend à la droite la plus dure ses thèmes de campagne (l’insécurité comme priorité nationale) et son programme (la répression, l’encadrement militaire des jeunes dès leur première "déviance", la stigmatisation et l’humiliation de leurs parents), tandis que le porte-parole du FN Carl Lang salue à juste titre les progrès de la "lepénisation des esprits", tandis que Nicolas Sarkozy applaudit et se frotte les mains, il nous a semblé opportun de republier le court texte qui suit, écrit "à chaud" le soir du 21 avril 2002.

Il revient sur les raisons qui rendaient ce séisme prévisible : une campagne très droitière de Jacques Chirac, focalisée sur "l’insécurité" dans "les banlieues", mais aussi le soutien tacite apporté à ce discours par son adversaire Lionel Jospin et le challenger Jean-Pierre Chevènement [1]. Cinq ans plus tard, alors que la droite est au plus bas et que des revendications sociales se sont exprimées avec force, tant dans les sondages que dans les urnes et dans la rue [2], Ségolène Royal prend la responsabilité, en commettant exactement la même faute que Lionel Jospin, de propulser à nouveau Le Pen au second tour - ou en tout cas de faire élire Sarkozy.

Nous sommes quelques uns, dans le monde militant, à ne pas être tellement surpris par le ’’séisme’’ qui vient de se produire. Ce séisme, nous le redoutions et l’annoncions depuis plusieurs années, à l’heure où politiques et grands médias, quasi-unanimes, célébraient ’’l’effet Coupe du Monde’’, la fin du racisme et le déclin de l’extrême droite. Nous constations alors (c’était en 1999) que Lionel Jospin, en droitisant à outrance ses positions sur l’immigration et l’insécurité, faisait le choix de perdre son honneur plutôt que les élections, et nous ajoutions que le calcul était mauvais à tous points de vue : perdre son honneur ne fait pas gagner les élections [3]

Le mieux, pour comprendre le ’’séisme’’ du 21 avril 2002, est sans doute de remonter aux origines du phénomène Le Pen. Il y a plus de vingt ans, le maire communiste de Vitry relançait le débat sur l’immigration en faisant détruire par un bulldozzer un foyer de travailleurs immigrés en construction dans sa commune. Soutenu par la direction de son parti, il justifiait son acte au nom du « seuil de tolérance ». Il est bon de le rappeler : ce n’est pas l’extrême droite qui a relancé ce débat empoisonné. Quasi-inexistant au moment de l’affaire de Vitry, le Front national n’a fait que profiter d’un terrain que d’autres lui avaient préparé - et parmi eux, des hommes de gauche. Il est bon aussi de rappeler les lignes prophétiques que l’écrivain camerounais Mongo Béti écrivit à cette occasion :

’’À mon avis, c’est se bercer d’une très dangereuse illusion que de prêter aux Français quelque capacité ou inclination à accepter le statut de peuple multiracial ou multiculturel. Tout dans l’histoire, les croyances et les moeurs des Français dément une telle espérance. Machiavélisme des dirigeants, abjection des médias, pusillanimité de la bourgeoisie, égoïsme des maîtres à penser depuis la disparition de Sartre, perversion persistante des mythes esclavagistes, et, naturellement, effets de la crise économique, tout se conjugue au contraire pour faire de l’immigration le problème explosif et en quelque sorte providentiel pour les aventuriers. L’évolution récente des communistes français permet de prédire qu’un petit Mussolini mâtiné de Poujade sera tenté tôt ou tard d’y trouver la chance de sa vie’’.

La suite est connue : la prédiction s’est réalisée, avec Le Pen, ancien député poujadiste, dans le rôle du ’’petit Mussolini’’. Mais personne, dans la classe politique, ne s’est souvenu de Mongo Béti. Personne n’a retenu la leçon : le racisme et le fascisme ne viennent pas de nulle part, ils ne deviennent des options politiques possibles que si un certain climat idéologique le leur permet - un climat créé et entretenu en grande partie par le discours des élus, des grands médias et des intellectuels. La quasi-totalité des responsables politiques a préféré suivre le FN sur le terrain des ’’problèmes d’immigration’’, espérant ’’couper l’herbe sous le pied’’ de l’extrême droite, alors qu’on ne faisait ainsi que banaliser et légitimer les thèses de cette extrême droite, et finalement assurer leur succès. Les électeurs, comme Le Pen lui même l’annonçait, ont préféré l’original à la copie.

Ce que le PCF a fait en 1981 avec le ’’seuil de tolérance’’, le PS l’a fait depuis cinq ans sur ’’l’insécurité’’. Car il ne faut pas se mentir : quoique disent aujourd’hui les responsables socialistes, ce n’est Jacques Chirac qui, à lui seul, a eu le pouvoir d’imposer ’’l’insécurité’’ comme thème unique de la campagne. La gauche se l’est imposé elle même : en juillet 1997, le Parti socialiste remportait les élections sur la base d’un programme énonçant « trois priorités : l’emploi, la santé et l’éducation » , mais quelques semaines plus tard, le premier ministre Lionel Jospin, dans son discours d’orientation générale, annonçait finalement « deux priorités : l’emploi et la sécurité ».

La délinquance n’arrivait alors qu’au cinquième rang des ’’préoccupations des Français’’, derrière le chômage, la pauvreté, la maladie ou les accidents de la route. Elle n’est devenue la première qu’après plusieurs années d’un intense matraquage médiatique initié par le gouvernement Jospin, depuis le colloque de Villepinte en octobre 1997 jusqu’à l’instrumentalisation du mouvement Stop la violence, en passant par la médiatisation des rapports Dray-Mélenchon, Lazerges-Balduyck, Bauer et Body-Gendrot, sans oublier les multiples ’’Conseils de sécurité intérieure’’ et le vote de la lamentable ’’loi sécurité quotidienne’’ (qui interdit de fait les rassemblements dans les halls d’immeuble et rend passible de prison la fraude dans les transports en commun).

Dès lors, les grands médias ont pu entrer dans la ronde et alimenter la psychose, et cela sans pouvoir être accusés de dérive partisane droitière, puisqu’il était désormais entendu (tous le répétaient, de Lionel Jospin à Jean-Pierre Chevènement, en passant par Julien Dray) que ’’la sécurité est aussi une valeur de gauche’’. C’est ainsi qu’est né un redoutable consensus, consistant à dramatiser à outrance les violences qu’exercent quelques uns des jeunes issus de l’immigration et des classes populaires, tout en occultant les innombrables violences que cette jeunesse subit : chômage, précarité, discrimination, brutalités policières ?

Lionel Jospin n’est donc pas la victime du ’’séisme’’, il en est l’un des principaux responsables : la frange la plus apeurée de l’opinion a préféré l’original à la copie, et les autres, ne se sentant plus représentés, se sont massivement abstenus (d’autres, enfin, n’ont pas le droit de vote). Les véritables victimes de ce scrutin, mais aussi de cinq années de surenchère sécuritaire, ce sont avant tout les immigrés et leurs enfants. Personne ou presque, dans la classe politique, n’a eu pour eux la moindre pensée et la moindre parole après l’annonce de la présence du FN au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Cette parole, c’est donc à la société civile de la porter. Face à un fort courant raciste et xénophobe qui, lui, a su se rassembler et se faire entendre, et face à une classe politique, gauche plurielle incluse, qui semble ne savoir lui opposer que ’’l’image de la France à l’étranger’’, il est urgent que la rue fasse entendre clairement, distinctement et massivement, une parole forte de solidarité avec les immigrés et leurs enfants. Il faut surtout, si l’on veut rompre le cercle vicieux de la haine et du mépris, que les jeunes des banlieues se manifestent, qu’ils parlent au lieu de laisser les autres parler d’eux, et qu’on les entende. Mais ils ne pourront le faire que s’ils se sentent respectés et soutenus, et pas seulement craints ou méprisés. Là est l’enjeu immense des prochains jours.

Ce texte a été rédigé et publié sur le site www.lmsi.net le 21 avril 2002

Notes :

[1] Sans oublier le rôle décisif des grands médias.

[2] Référendum du 29 mai 2005, émeutes de novembre 2005, Mouvement étudiant anti-CPE, Mobilisations des sans-papiers...

[3] Cette formule est la conclusion d’une tribune que nous avons publié dans Libération au lendemain des élections européennes de 1999.

Mots clés

Pierre Tévanian

Enseignant, auteur de plusieurs ouvrages dont "Le voile médiatique : Un faux débat " aux éditions Raisons d’agir.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

15 novembre 2006
ab78 a dit :
le rascisme c’est la peur de l’autre, l’inconnu, la jalousie...en fait ce qui creé le rascisme c’est la situation economique dans laquelle on vie !!!! y trop de chomagé, trop de peure de l’avenir, des peures qui nouriise la xenophonie et la haine de l’etrangé.donc pour iradié cela il faut s’attaque aux rascine.....du rascisme.si demain les gent on un travail, ont des revenus correctes... il auront pas de le temps d’etre xenophobe, il vivrant !!!. bien sur je parle pas des "dure", qui sont xenophobe pas maladie, c’est a dire que leur haine est contruite...structuré (les extremistes !!) cela il faut les combattrent comme ont a combattu les nazis, les fascistes.
2 septembre 2006
slasa a dit :
le racisme d’ aujourd’hui date de faits historiques qui ne sont pas encore completement resolus ,si l’ on peut penser que le fait de mettre fin à des evenements qui trouble l’ ordre public peut apporter une solution à toutes les souffrances engendrées par ces evenements et leurs consequences qu’ on ne répare qu’avec des bequilles ,et comme tout le monde transporte ses bagages emotionnels qui contiennent leurs frustrations ,leurs souffrances ,les deuils qui restent vivaces .Alors si chacun d’ entre nous avait un regard plus compassionnel sur les miseres d’ autrui qu’ elles psychologiques ou materilles nous parviendrons peut etre à vivre ensemble sans trop de compromission ou de bagarres verbales que relayent avec delectation des poltiques sans imagination et tapent trop facilement sur des communautes en difficulte qui tentent de trouver un equilibre certes pas toujours facile à admettre au pays de Marianne ,mais comme toute les sociétés chaque civilisation à ses regles de bonne cohabitation ,et lorsque qu’ on arrive de pays à culture tres differrente he bien on tente tout d’ abord de sauver son equilibre mental et ses acquis sociaux ,ensuite on voit ce que l’ on peut faire pour faire sa place dans une societe hierarchisee, cloisonnée , de religion differente mais qui à mon avis se complete et marque les differences humaines ,aucune de ses societes ne pouvant realiser à elle seule tout le potentiel humain ,il me semble bon de laisser chacun trouver sa voie ne pouvant dans le respect des individualites et l’ organisation collective .Je ne suis ni pro si ni pro cela et je regarde la vie comme un film que je realise avec des connus ,des inconnus et à chaque instant peut se presenter un moment de bonheur mais pour cela il faut savoir quitter ses costumes d apparat et saisir l’ instant present .Bonne journee
19 août 2006
abstract a dit :

Essalam alyakoum,

Est-ce que le problème c’est le FN ? Je ne crois pas.

Je ne crois pas au discours des causes sociales ...

Il est clair que, de gauche ou de droite, les "élites" de ce pays n’ont jamais voulu voir des noirs ou des maghrébins avoir un poids politique. Aujourd’hui il le revendique haut et fort, rien d’autre parce qu’acculé notamment par le problème des retraites qu’ils auraient pû anticiper. Mais ils ont préférés jouer la montre ou plutôt se couper un bras que de voir des africains prendre la relève.

D’autant que la chute de l’empire communiste permet de lorgner vers la main d’oeuvre bon marché mais "un peu plus comme nous" (dont même rapport à la natalité et même pyramide des âges. jeter un oeil sur les données démographique des pays de l’est qui ont été admis à rejoindre l’Europe et les autres).

Alors que l’on essaie d’expliquer l’échec scolaire ou la délinquence par la condition sociale, je rigole. On a voulu faire des incultes et on a fait des incultes (et là sans distinction de race pour une fois).

A la lumière d’évements qui ont marqué cet été 2006, je constate que la propagande islamophobe que l’on nous sert quotidiennement sert les intérêts d’authentiques communautaristes mais dont les moyens de pressions notamment externes sont hallucinants.

12 juin 2006
leslie a dit :
quel manque de précision dans cet article... jugement subjectif sans arguments. critiques faciles mais sans solutions... dommage.
5 juin 2006
Nader a dit :

Je remercie Pierre Tevanian de la profondeur de ses analyses. Je voudrais, en outre, signaler que la force populaire qui cherche à contrer l’hypocrisie et le Machiévélisme de la sphère politique en France est capable de remporter la bataille. N’est-ce pas un NON populaire à la nouvelle constitution européenne totalement Néolibérale a gagné contre un OUI quasi unanime des politiciens de notre ère ?. Lesquels politiciens, servent les intérêts d’une poignée de néolibéraux cherchant à accaparer les richesses de la nation et abrutir, par la même occasion, le Peuple, pauvre peuple désinformé par l’information régnante.

La bataille est longue, pour la gagner, je pense qu’il faut être créatif quant aux modes de résistance. Tout scénario doit miser sur l’unité des résistants. Plus on est nombreux et ensemble, plus on peut aller encore plus loin

5 juin 2006
Albert a dit :

L’article dresse un constat mais ne pose pas les bonnes queStions. Le racisme n’est pas une question d’honneur ou de respect, bref une question de moralité. Le racisme est une stratégie globale, elle vise aussi bien à soumettre l’immigré que le natif !

En effet, le racisme vise à dresser les souches pauvres contre plus pauvres qu’eux, les immigrés, L’Autre,dans une situation de crise locale, nationale ou internationale, ou le travail vient à manquer.

Si bien que des politiciens peuvent tenir un langage raciste sans être personnelllemnt raciste. C’est une stratégie, une manoeuvre de division des pauvres, jugée comme un mal nécessaire à la préservation des intérêts des classes oligarchiques.

Quelle que soit la couleur du gouvernement dans une économie capitaliste, il est le conseil d’adminstration des classes oligarchiques. Par conséquent, les seuls changements, réformes que le gouvernement puisse engager, ont pour but de tirer une plus- value, plus importante des classes laborieuses. Ce qui provoque inexorablement des tensions endogènes, dont la petite délinquance est la principale manifestion visible.

Toutefois, il existe un risque que ces tensions s’exarcèbent, ne deviennent exogènes et remettent en cause, l’appropriation quasi-totale des richesses par les classes riches.

Face à ce danger permanent, les partis des oligarques, en concurrence, font de la petite délinquance le principale problème, de manière à confiner les tensions sociales qu’ils ont eux-mêmes créées, dans le cadre endogène de l’habitat des classes travailleuses et pauvres. Le racisme n’est qu’un vernis.

Ceux-là même qui ont détruit grand partie des organes d’après guerre (1945) necessaires à la garantie d’une sécurité collective minimale (sécurité de l’emploi, sécurité maladie, vieillese) sans quoi la sécurité individuelle est un mythe, sont les mêmes qui se présentent comme les champions de la sécurité personnelles des classes pauvres.

Ce sont les tartuffes des temps modernes. Leur position de serviteurs zélés des classes riches les condamnent à reprendre à leur compte les violences moralistes (de classes) et racistes, présentées comme des questions sécuritaires.

L’oligarchie nationale est, elle-même, en concrurence acharnée au sein du capitalisme mondiale. Il n’est pas avéré que sa politique de repliement nostalgique lui fasse gagner des parts de marché. Les thèmes sécuritaires sont les symboles mêmes de la "France des perdants". Leur horizon politique est borné à leur propre existence, à leur propre sécurité, au-délà...rien, le néant de la pensée et de l’imagination.

Le racisme et le sécuritaire sont aux capitalistes ce que l’interdiction de l’imprimerie était aux ploutocrates de l’empire ottoman.

5 juin 2006
adapa a dit :

Le Pen est sur certaines questions liées à l’islam beaucoup plus « modéré » que Charlie Hebdo et toute sa petite bande pour qui les "islamistes "sont devenus l’ennemi qui menace la France. La question qu’il faut se poser : qui dans ce pays est d’extrême droite ?

trés simple est d’extrême droite celui qui s’oppose à l’islam juste parce que ils n’appartiennent pas à la même communauté, n’est pas d’extrême droite ceux qui bouffeurs de curés, d’imams ou autres rabbins depuis toujours gardent le même discours quelque soit la religion en cause, et non comme certains acceptent de musulmans ce qu’ils n’accepteraient pas d’une boutin ou d’un monseigneur lefevre.

5 juin 2006
mohamed h a dit :
Je pense que le problème n’est pas simplement le fait des politiques, c’est un problème global qui concerne l’ensemble de la population en France (même si politiques et médias font leur fond de commerce de "l’insécurité"). On doit se battre pour que la notion de respect gagne, respect envers les uns et les autres.
5 juin 2006
amlou a dit :

Il est évident que le racisme est le fait d’hommes politiques et médias peu scrupuleux, qui n’ont vu que l’intérêt de la "Une" au lieu d’un sondage en profondeur. Il faut voir dans tout ca, une peur panique, exarcébée de l’Autre, l’envie de se cacher dans ce qui nous rassure. mais aujourd’hui en France ou ailleurs dans le monde, existe t-il encore qq chose qui rassure. tout est appat du gain, violence, egoisme, mesquineries.

Les états les plus puissants pourraient insufler une nouvelle forme de solidarité et d’entente entre les peuples. mais aucun n’est assez fort pour initier le grand changement que nous devons tout de même appréhender à un moment ou un autre. Si celui-ci n’intervenait pas de manière intelligente. il viendra par la force. et - nous l’avons vu, encore récemment avec les banlieues qui brûlent et le CPE- la France n’est pas à l’abri d’un nouveau tolé civil.

Enfin, concernant l’Islam, C’est une puissance à part entière. L’islam a une organisation sociale propre à lui même, une intelligence qui lui est relative, une statégie et des objectifs. Même si certains en font une religions méprisable, l’Islam reste et demeure, un enseignement riche, varié et prometteur à tout niveaux. c’est finalement ce qui doit faire peur...

5 juin 2006
Mohamedx a dit :
Depuis plusieurs années, nous assistons à la fabrication d’un "ennemi intérieur" -le jeune des banlieues, autrement dit le jeune bazané des banlieues peuplées d’immigrés- dont le traitement médiatique ressemble à s’y méprendre à celui réservé aux "lanceurs de pierres" de Palestine. Entre la droite et la gauche, le consensus existe depuis longtemps sur le traitement à réserver à cette "racaille". Alors, inutile de se bercer d’illusions quant au poids des élections sur le changement de politique. Il faut investir l’espace public et redonner à la politique ses titres de noblesses en constituant des communautés solidaires là où c’est nécessaire (urbaines ou villageoises), des communautés qui auront forcément voix au chapitre, du fait de leur capacité à intervenir concrètement sur la question sociale. Wa salam Mohamed X e-mail : mohamedx@numericable.fr
5 juin 2006
Michel J. a dit :

Je viens de lire tous ces commentaires où chacun accuse l’autre où la faute vient toujours des autres, où chacun est dans son bon droit !

Mais il y a des siècles que l’homme et le plus grand ennemi de l’homme. 99,99 % des gens pensent que la soultion ne passe que par des lois, encore des lois. Que la politique et même la religion vont tout résoudre et qu’il faut des dirigeants nationaux ou mondiaux même pour que nous arrivions à un modeste mais heureux consensus vivable en société.

Seulement nous oublions que pour régner, il faut diviser, que la violence et les violence des hommes sont du pain blanc pour tous les gouvernements et toutes les religions qui peuvent ainsi légitimer la place et les pouvoirs illimités qu’ils détiennent au détriment de la masse rendue peureuse, qui attent la becquée comme disait Péguy.

La première réforme à faire est de regarder en soi, en chacun ce qui ne va pas, ne plus se laisser dominer par cette peur artificiellement entretenue dans tous les discours, pour devenir responsable de soi comme des autres. D’avoir le courage d’aller vers l’autre, la volonté de construire au lieu de détruire, d’occuper chacun à cultiver le Bien pour lui, comme pour toute la société.

Arrêter de se plaindre, sortir de son cerveau l’idée qu’il faut en alternance, des forces politiques de gauche, de droite pour obliger ces deux blocs à avoir le courage, la dignité de mener ensemble une gestion de notre pays où chaque habitant cessera d’attendre tout des autres, d’être un mouton pour devenir un homme actif, digne, indispensable et enfin pour que les religion du tronc Abrahamique cessent de croire que Dieu préfère celle-ci ou celle-là. IL est Père de chacun de nous et attend de nous ce que j’ai essayé humblement d’exprimer et que je mets avec bonheur en pratique chaque jour. Pour que naisse enfin des cités ou la personnalité, l’individualité, la diversité et l’immense créativité de chacun soient l’essence inépuisable du monde à venir. Que La France devienne cet ultime modèle, que toute les nations voudront rejoindre, avant que la barbarie ne nous anéantisse définitivement.

Alors, Monsieur Lepen, Madame Royale, Monsieur Sarkozy, Monsieur Jospin ou tant d’autre prétendant au poste, ne valent pas plus que vous ou moi, ce ne sont que des hommes qu’il faut aimer, comme nous devons nous aimer chacun, car si nous, individu quidam changeons, ils changeront naturellement, car ne sont-ils pas simplement le reflet de ce que nous sommes ? Merci

5 juin 2006
<< Une esthétique du pouvoir a remplacé l’exercice du pouvoir concédé à des entourages mondains, des experts technocratiques, des analystes financiers, des éminences lovées dans des cabinets ministériels plus habiles à flatter qu’à trancher. Peu à peu, des clans parisianistes ont pris le contrôle des leviers de commande de l’État, réduisant toute initiative à un effet d’annonce, la soumettant à l’appréciation des sondages, voire de la mode. D’où une dictature sournoise de l’émotion, dans une atmosphère de cour ou de Bas-Empire, aggravée par une dérive monarchique dans le fonctionnement des institutions. >> vous devinerez jamais qui a dit cela ... c’est notre chers président Chirac comme quoi ils sont conscient de ce qu’ils font !! " une dictature sournoise de l’émotion "
5 juin 2006
Maél a dit :
Aujourd’hui il n’existe aucun état totalement souverain ,libre de pratiquer la politique dont veulent les citoyens.C’est pour cela qu’aucun des candidats n’a de vrai programme.Sa campagne consiste à séduire les véritables décideurs qui habitent loin de la France,et à faire peur aux citoyens ordinaires en mettant la loupe sur l’immigration ou les banlieues.C’est pour cela,que ,la peur et la haine aux entrailles,le citoyen ordinaire vote pour la droite êxtréme,persuadé que son malheur c’est l’étranger,et non les bureaucrates des G8 et la bourse de Wall-Street
5 juin 2006
Omar a dit :

Tout le monde a encore en souvenir les propos de Georges Frêche sur les harkis, il a été modestement sanctionné par le PS. Relisons les propos de Frêche, dirigeant du PS. Et le PS ose se dire à gauche.

"Vous êtes vraiment d’une incurie incroyable. Vous ne connaissez pas l’histoire. Moi qui vous ai donné votre boulot de pompier, gardez-le et fermez votre gueule ! Je vous ai trouvé un toit et je suis bien remercié. Arrêtez-vous ! Arrêtez-vous ! Allez avec les gaullistes ! Allez avec les gaullistes à Palavas. Vous y serez très bien ! Ils ont massacré les vôtres en Algérie et vous allez leur lécher les bottes ! Mais vous n’avez rien du tout ! Vous êtes des sous-hommes ! Rien du tout ! Il faut que quelqu’un vous le dise ! Vous êtes sans honneur. Vous n’êtes pas capables de défendre les vôtres ! Voilà, voilà...Allez, dégagez ! »

Déclaration de Georges Frêche le samedi 11 février 2006 à Montpellier lors de la cérémonie en l’hommage de Jacques Roseau.

5 juin 2006
Etienne a dit :
Cessons l’angélisme, il est souhaitable que le PS aborde les thèmes sécuritaire sans en laisser le monopole à la droite ou à Le Pen. Etre socialiste, c’est également donner la possibilité à tous d’étudier dans les mêmes conditions. Quand des élèves empêchent les autres d’étudier, il faut intervenir. Mais la "répression" ne suffit pas, une politique préventive s’impose également.
5 juin 2006
Abdessalem BOUCHADEKH a dit :
Je pense que faute de programme véritable pour les problèmes de société, la Droite et la Gauche confondus se cherche un bouc émissaire qui est l’étranger qui n’a pas de droits politiques, il n’a que des devoirs de subir les sentiments d’insécurités des uns et des autres pour se défouler sur eux comme si ils ont les causes de tous les problèmes économiques et sociaux. Les jeunes des banlieues sont le produit même de la politique d éducation civique inexistante et d absence de politique de logement et de perte de repères et d identité.
5 juin 2006
Mohamed O Ali a dit :

Il semble que ce monsieur semble oublier que l’insécurité est une préoccupation majeure des français, non pas parce qu’elle est sur-médiatisée, mais parce qu’elle est ressentie et vécue au quotidien par les couches populaires. Nier l’évidence ce n’est pas rendre service aux couches populaires : Voici un constat qu’il convient de partager : -la délinquance progresse -les jeunes d’origine maghrébine et africaine sont sureprésentés dans la petite et moyenne délinquance. -la violence envers les personnes s’est accru de manière exponentielle. Il suffit de se souvenir des manifestation anti-CPE ou une partie des manifestants se faisaient dépouiller et agresser par des bandes de voyous venues des banlieues.

Le risque aujourd’hui est que la fracture sociale (si chère à J. Chirac) épouse de plus en plus une fracture ethnico-culturelle et c’est là un vrai danger. Les immigrés et leur descendants français sont cantonnés dans les couches populaires les plus défavorisées, comment s’étonner alors de leur sureprésentation dans la délinquance. Malheureusement la classe politico-médiatique (de gauche comme de droite) refuse d’accepter cette première évidence et invoque, pour expliquer cette sureprésentation des prétendus raisons ethnico-religieuses, niant les causes sociales du malaise.

La crise économique associée à la faillite de l’éducation nationale dans les banlieues a créé une situation explosive, les jeunes sont déscolarisés très tôt 12-13 ans, sans aucun bagage intellectuel, moral ou civique. Les bandes deviennent alors le seul refuge de cette jeunesse. Comment s’étonner que ces échoués de notre système d’éducation ne suivent les appels de la délinquance ? comment s’étonner que le phénomène de bandes ne prennent de l’ampleur ? La vraie solution au problème est à long terme une refonte totale de l’éducation nationale. Mais tant que les syndicats enseignants feront opposition à toute évolution du gros « mamouth », il sera difficile d’envisager sortir de la crise sociale. A court terme les solutions proposées par S. Royal sont des solutions qu’il convient cependant d’expérimenter. Mais vouloir combattre la délinquance en niant les discriminations sociales et raciales c’est mener une politique vouée à l’échec.

5 juin 2006
Salah a dit :
Dans cette société française, toutes les "dérives" sont permises quand elles concernent les musulmans, et les noirs. Il faudrait inventer une autre formule que "le deux poids deux mesures" pour décrire cette terrible injustice ! Bravo à Pierre Tévanian pour son texte et à oumma.com pour la qualité des articles !
5 juin 2006
Véronique a dit :

Je vous invite à lire les déclarations ci-dessous d’hommes politiques et d’intellectuels au français au sujet des musulmans et du voile. En tant que femme de gauche, j’ai honte !!!! Nous comprenons pourquoi Le Pen a été et sera au second tour des élections présidentielles

Deux millions de musulmans en France, ce sont deux millions d’intégristes potentiels. » Pierre-André Taguieff (chercheur au CNRS), France Inter, 1997

« Avoir des Polonais, des Italiens, des Portugais, pose moins de problèmes qu’avoir des Noirs ou des musulmans. » Jacques Chirac, Le Monde, 21/06/1991

«  Au lieu de contribuer au progrès de l’humanité, [les fils d’Allah] passent leur temps avec le derrière en l’air à prier cinq fois par jour [...] Ils se multiplient comme des rats [...] Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût. » Oriana Fallaci , (écrivain),La rage et l’orgueil, Plon, 2003

« Oriana Fallaci a l’insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s’efforce de regarder la réalité en face. » Alain Finkielkraut, (philosophe), Le Point, 24 mai 2002

« Fallaci vise juste, même si elle peut choquer par certaines formules. » Pierre-André Taguieff, Actualité juive, 20 juin 2002.

« Oriana Fallaci fait preuve de courage intellectuel. [...] Elle ne proteste pas seulement contre l’islamisme assassin. [...] Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l’opinion européenne, qu’elle soit italienne ou française par exemple. On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c’est l’islam qui part en croisade contre l’Occident et non pas l’inverse. » Robert Misrahi, (philosophe), Charlie Hebdo, nov. 2002

« Il n’y a pas d’assimilation des musulmans, ça n’existe pas, sauf en quantité infinitésimale. » Yves Guna (RPR), Le choc du mois, mars 1992

« Le voile est une opération terroriste. [...] En France, les lycéennes savent que leur voile est tâché de sang. [...] Dans nos écoles, question d’honneur, on n’enseigne pas à des élèves en uniforme. Sauf au temps du nazisme. » André Glucksmann, (philosophe), L’Express, 17/11/1994

« La démission devant le foulard islamique est une démission devant l’obscurantisme islamiste. [...] L’horreur algérienne témoigne, s’il en était besoin, que la barbarie au nom de Dieu constitue l’autre menace contre la République. Un fascisme peut en cacher un autre. » Jacques Tarnero, (CNRS), Hommes et migrations, mai 1997

« Inversez les deux voyelles, et dans voile, vous trouverez viol. En dissimulant ostensiblement le sexe au regard, fût-ce sous la forme symbolique de la chevelure, vous le désignez à l’attention ; en enfermant le corps féminin, vous le condamnez à subir l’effraction. [...] Toutes les coquettes le savent bien aussi, qui font de la comédie de la dissimulation la forme la plus raffinée de l’exhibitionnisme. »Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur, 16/09/2003

«  Ce que la France doit à ses hôtes immigrés, ce sont les bienfaits de la culture française. » Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur,16/09/2003

« Le foulard est aussi une manière de dire aux professeurs : il y a quelque chose pour nous qui compte davantage que la culture que vous nous enseignez. Il y a, dans le foulard, un mélange de soumission des femmes et d’arrogance qui est une insulte à l’enseignement. Mais l’école est aussi un espace sacré. Devant la culture, on s’incline, on baisse la tête. » Alain Finkielkraut, L’Arche, juin-juillet 2003

« Le débat surréaliste actuel sur le foulard, véritable étendard de l’islamisme politique, la mise en cause de la laïcité française ne doivent pas faire perdre de vue qu’il s’agit là pour la France et les Français de refuser et de résister à l’implantation sur notre territoire d’une idéologie dangereuse, perverse et surtout mortelle pour la République. » Collectif de « l’appel de mai », Marianne, 05/05/03

« On connaît l’histoire vraie, devenue blague, où une Française se fait draguer par un Arabe, atmosphère plutôt sympa, mais au dernier moment elle ne veut plus coucher avec, elle n’est pas amoureuse ; et il lui lance : “tu es raciste !” [...] Or, ce qui s’est passé entre la France et l’islam, c’est qu’ “ elle” a accepté de coucher avec “lui”, qu’au fond ce n’était pas si désagréable, mais qu’après il l’a mise enceinte, puis l’a forcée à l’épouser, il la serre de près... Et, à un moment, elle veut dire stop et même revenir un peu sur ce qu’elle a donné. C’est le sens de cette “fermeté sur le voile” soudain revenue. » Daniel Sibony, psychanalyste, Marianne, 05/05/03

« L’affaire du voile est un symptôme parmi d’autres de la grande confusion qui règne sur les esprits [...] La régression a lieu sous l’effet conjugué d’un individualisme mal compris : chacun est libre dans notre système libéralo-libertaire. Libre tout seul ? Toutes ces libertés additionnées, ça donne quoi ? La grande chienlit ? » Anne Vigerie et Anne Zelensky, Le Monde, 29/05/2003

« Nous voici sommés de faire une place au foulard islamique dans l’école républicaine, de nous arranger des mariages arrangés et de plaider en guise d’idylle multicolore pour la banlieue universelle où tous les jeunes porteront leur casquette à l’envers et parleront une langue dévastée. » Alain Finkielkraut, Le Point, 24/05/02

5 juin 2006
Hassan a dit :

Je ne fais plus la différence entre le discours d’un de Villiers et certains « intellectuels » dits de gauche, ou de leurs « médias » comme Charlie Hebdo qui chaque semaine crient au danger islamiste !

Le Pen est sur certaines questions liées à l’islam beaucoup plus « modéré » que Charlie Hebdo et toute sa petite bande pour qui les "islamistes "sont devenus l’ennemi qui menace la France. La question qu’il faut se poser : qui dans ce pays est d’extrême droite ?

Les discours et les thèmes sont pratiquement devenus communs à tous les partis politiques : résultat, on a Le Pen au second tour. Faut-il donc s’en étonner ?

5 juin 2006
Jean-Pierre a dit :

J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises d’apprécier la justesse et la valeur des écrits de Pierre Tévanian sur le site oumma.com. Des écrits qui sont la preuve d’une grande intégrité intellectuelle. Je tenais à le souligner par l’envoi de ce message.

Que dire de plus à ce que vient de souligner Pierre Tévanian, si ce n’est que dans lorsque que dans notre douce France un président en l’occurrence Chirac, peut gracier son ami Guy Drut, on peut concevoir que des électeurs puissent voter pour un Le Pen dont le sloguan la « Ripoublique » peut se justifier eu égard aux pratiques de la classe politique française.

5 juin 2006
Luc a dit :
Cet article est pertinent ! La gauche n’est plus la gauche, mais un assemblage de petits politiciens et politiciennes obnibulé-e-es par la course à la présidence de la République. Une gauche prête à tout, y compris à chasser sur les terres de l’extrême droite. Il y a bien longtemps que je ne vote plus pour cette gauche et espère que José Bové pourra se présenter face à cette gauche caviero-sécuritaire incarnée entre autres par Séglène Royal qui ne doit sa médiatisation actuelle non pas à ses compétences de femme d’Etat, mais à des sondages fabriqués à la demande par une classe politico-médiatique à la solde des puissants de ce monde !
5 juin 2006
Djibril a dit :
Les responsables de la montée du FN se situent à gauche comme à droite de l’échiquier politique. La classe politique française a fait la preuve de son impuissance à résoudre les pbs qui agitent notre pays. Et c’est pourtant la gauche et la droite qui après avoir contribué à l’éléction de Le Pen au second tour en 2002, nous ont fait le coup de la République en danger en nous demandant de manifester entre les deux tours pour faire barrage au FN. On risque de nous refaire le même coup en 2007, mais cette fois je resterai chez moi.
5 juin 2006
gueldon a dit :
L’état de la France décrit dans cet article fort interessant est identique à celui du monde .La grave erreur est de considérer que la France ou toutes autres pays est isolé du reste .La France ,puissance de ce monde et surtout en Afrique,par son role internationale durant ces 2 denières décenies , a largement contribu à l’état actuel de l’humanité dans le monde ! L’Etat Français et ce ,depuis toujours reste colonialiste et guidé par sa seule puissance des armes !
5 juin 2006
Richard a dit :
Bravo, M.Pierre Tévanian. En tant que militant de gauche, je constate comme vous en effet qu’ il est manifeste que la "lepénisation des esprits", est une réalité de gauche comme de droite. Même Royal s’ y met. Ce qui n’est pas surprenant, puisque parmi ses "conseillers" on retrouve Julien Dray dont on connaît les opinions musclées en matière de sécurité, ainsi que son faire valoir Malek Boutih qui avait comparé certains jeunes de banlieues à des : « barbares des cités ». Tout cela est pitoyable est renforce Le Pen !
5 juin 2006

Hannah Harendt dans son remarquable livre, "Heichman à Jérusalem : rapport sur la banalité", expliquait que là où la résistance a fait défaut les nazis ont progressé, par contre, là où la résistance s’est manifetsée les nazis ont reculé.

Pour contrer aujourd’hui, en France et ailleurs en Europe, la réthorique immonde de l’extrême-droite, la gauche doit à tout prix se repositionner, et produire à nouveau une politique libératrice. Dire haut et fort à tous les dominé-e-s de la terre : "Femmes, travailleurs (avec ou sans emplois), indigènes de la république,... de tous les pays unissez-vous."

5 juin 2006
Bonsoir. Moi meme suivant le parti de droite, trouve cet article fort interessant, mais quel est le but de cet article monsieur Tévanian ?

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