Un maire condamné en appel pour avoir appelé au boycott des jus de fruits israéliens

Le MRAP solidaire de Jean Claude Willem, maire de Seclin, condamné en appel pour une action de pression sur I

jeudi 10 décembre 2009

Le MRAP solidaire de Jean Claude Willem, maire de Seclin, condamné en appel pour une action de pression sur Israël en vue d’obtenir une paix juste et durable au Moyen Orient

Le MRAP tient à exprimer sa solidarité à Jean-Claude Willem, maire de Seclin, dans son combat pour le droit du peuple palestinien. En 2002, au lendemain de l’opération militaire israélienne contre Jénine, en Cisjordanie, Jean-Claude Willem, avait prôné le boycott des jus de fruits israéliens dans les cantines de sa ville. Son propos était purement symbolique : les écoles de Seclin n’en servaient pas. Jean-Claude Willem, relaxé devant le TGI de Lille, avait été condamné à Douai en 2005. Dans la « Voix du Nord » du 30 novembre, le maire prône toujours le boycott des jus de fruits israéliens dans les cantines de sa commune. Il a confié son dossier à un avocat parisien et compte saisir la grande chambre de la CEDH.

A l’avant-garde et même précédant la mise en œuvre d’un moyen d’action aujourd’hui adopté par de nombreux citoyens de par le monde que cherche à développer le MRAP et d’autres associations du collectif national « pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens » dans le cadre de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), l’action menée par JC Willem ne peut que susciter notre adhésion. Le MRAP rappelle que cette campagne est lancée pour protester contre la colonisation et l’occupation illégales des Territoires palestiniens et le refus israélien de traçabilité des produits en provenance des colonies.

Dans une contexte marqué par l’inaction de la « communauté internationale » – alors que les pays occidentaux bloquent toute mesure à l’encontre d’Israël-, le recours pacifique au boycott devient l’une des seules armes à disposition des citoyens pour faire entendre leur voix et contraindre Israël à se conformer à ses obligations les plus élémentaires et à respecter le droit international, en particulier le droit des Palestiniens à établir un Etat souverain.

Pour le MRAP , la condamnation en appel , suite à son acquittement ,de Jean-Claude Willem pour entrave à « l’exercice normal de l’activité économique des producteurs israéliens » si elle s’appuie sur des arguments relevant du respect de la libre concurrence économique n’en repose pas moins sur un fondement d’ordre purement politique. En l’occurrence, c’est bien parce que le gouvernement français n’a accordé aucune légitimité au boycott qu’un tel prétexte « économique » a pu être invoqué.

Aujourd’hui donc , parallèlement au soutien sans faille que le MRAP apporte à Jean-Claude Willem, notamment dans le recours qu’il vient de présenter devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, il est nécessaire d’obtenir la reconnaissance par le gouvernement français de la légitimité du boycott des produits israéliens, afin qu’à la légitimité populaire ne puissent plus être opposées de sombres arguties juridiques.

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