Un diplôme de finance islamique à l’Ecole de management de Strasbourg

L’Ecole de management de Strasbourg innove. Pour la première fois en France, elle lance, ce mois-ci, un dip

lundi 19 janvier 2009

L’Ecole de management de Strasbourg innove. Pour la première fois en France, elle lance, ce mois-ci, un diplôme universitaire de "finance islamique" de niveau bac + 5. En Europe, une telle formation n’existe pour l’heure qu’au Royaume-Uni. La naissance de ce diplôme "atypique sur le plan culturel" - même si l’université de Strasbourg dispose déjà de facultés de théologie catholique et protestante - est "le fruit d’un raisonnement après analyse de marché en termes d’opportunités de développement", explique Michel Kalika, directeur de l’EMS : "C’est un sujet qui monte, il y a une attente des entreprises dans ce domaine et c’est aussi un moyen de véhiculer la diversité culturelle dans l’institution, puisque l’on va faire le lien entre des techniques de management et une éthique religieuse".

Conforme aux préceptes du Coran, la finance islamique se distingue de la finance classique par "quatre ou cinq grands principes", détaille Ibrahim Cekici, enseignant-chercheur à l’EMS et coresponsable du programme : "Le plus connu est l’interdiction de l’intérêt. On ne peut pas contracter des prêts à intérêts et investir dans un secteur de l’économie où l’intérêt régule les activités. La spéculation est aussi interdite. Un autre grand principe est que chaque transaction bancaire ou financière doit être adossée à un actif réel tangible. C’est l’un des piliers de la finance islamique, qui prohibe par ailleurs les investissements dans l’industrie porcine, les industries liées à l’alcool et au tabac et à la pornographie. L’un des instruments de la finance islamique qui a le vent en poupe est le "sukuk", que l’on peut assimiler à des obligations, mais sans intérêts et adossées à des actifs. Que l’on soit musulman ou non n’a pas d’importance pour accéder à ces produits. 80 % des souscripteurs de sukuks sont d’ailleurs des non-musulmans".

Source : http://libestrasbourg.blogs.liberation.fr

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