Sunday 27 July 2008

Troupeaux et croyances. Le mythe suisse du mouton noir

Par Réda Benkirane
lundi 29 octobre 2007

De bonnes et braves bêtes boutant un mouton noir hors de la prairie nationale. L’affiche de campagne du premier parti politique suisse, l’Union Démocratique du Centre (UDC), aura été décidemment le thème majeur des élections fédérales du 21 octobre 2007. Jamais une carte postale d’Helvétie n’aura fait si vite le tour du monde.

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Initiative populaire fédérale « Pour le renvoi des étrangers criminels »

Fédératrice des inquiétudes et des certitudes, l’image n’est pas vraiment une représentation raciale d’une Suisse de souche mais bien plutôt un instantané ethnographique. Même si, pour certains, elle soulève le coeur, l’image révèlerait une carte mentale, un motif, un pattern enfoui de la Psyché helvétique. Un peu partout le fondamentalisme l’emporte, mais ici comme ailleurs en Europe c’est le populisme qui ravit les masses anxieuses face à la complexité du monde.

Reconnaissons donc à ces responsables politiques, à défaut de raisonnements fins sur la Suisse et le monde, le mérite de communiquer par ces métaphores de la bonhomie et du bon sens pour faire remonter de la psychologie des profondeurs des expressions autrement indicibles. Les dirigeants du Schweizerischer Volkspartei suscitent au sujet de leur politique migratoire des éloges remarqués de Le Pen et font désormais de l’ethnologie comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

Certes beaucoup dénoncent l’aspect nauséabond des messages véhiculés, mais la vérité est sans odeur quand il s’agit d’images mentales et de croyances profondément inscrites dans l’imaginaire collectif. Une ethnopsychiatrie dévoilerait combien ce paysage mental esquisse une certaine Suisse sublimant l’ordre et la discipline, qui se voit comme un troupeau où les individus, pour avoir le droit de jouir de la prospérité nationale, ont le devoir de rester neutres et discrets, précis et ponctuels, propres et en ordre.

Le mythe du mouton noir exprime dans sa quintescence la haine d’une certaine Suisse vis-à.vis d’une autre Suisse, plus petite, élective et cosmopolite, repérable dans l’écart à l’équilibre, la sortie de rang, les têtes qui dépassent. Le personnel politique dans son ensemble, celui qui se targue d’avoir du bon goût et des hautes vues, fustige la représentation des étrangers que l’affiche de campagne stigmatise et expulse du paysage suisse.

Mais ce n’est pas là seulement ce que dit la carte postale-mentale de l’UDC, aujourd’hui plebiscitée par les urnes ; c’est à la fois beaucoup plus large et plus profond, beaucoup plus anodin et plus grave qu’une expression plus ou moins consciente de racisme ordinaire. La carte mentale ne dit pas tout à fait que « n’est pas Suisse celui qui est étranger ou n’est pas de souche blanche » mais putôt « n’est plus Suisse mais mouton noir celui qui génère désordre et dissonance au sein du troupeau ».

On ne naît pas forcémment mouton noir, on peut donc le devenir. Même le mouton blanc – de cette race alpine où culminent blondeur et yeux bleus – peut devenir la bête noire que l’on cherchera à expulser du consensus et de l’identité nationale. C’est là exactement ce que pointe l’affiche de campagne de l’UDC et c’est ce qu’elle cherche à prévenir au sein des citoyens de souche ou naturalisés.

Comment ne pas voir que le mythe du mouton noir est opératif à différents niveaux de la réalité culturelle, sociale et politique de ce pays ? Qui peut nier par exemple qu’à maints égards l’instruction publique, tant sur le fond que sur la forme, censée préparer le plus grand nombre aux métiers et aux savoirs d’avenir, pratique l’élevage et la « sélection culturelle naturelle » pour écrémer le plus petit nombre ? Et que les moutons noirs, briseurs de consensus, êtres doués de talent voire de génie, mais aussi individus trop actifs, fragiles ou sensibles, n’ont pas leur place dans la partition nationale.

Depuis la fin du monde bipolaire, une partie notable de la population helvétique souffre d’une crise de la représentation, déchirée entre d’une part son intériorité qui bat le rythme du temps chronométrique, nourrie de précision, de stabilité, de certitudes et d’autre part la réalité d’un monde instable, imprévisible, rugueux et bigarré. Et comme partout ailleurs, le même mécanisme à complication anthropologique se déclenche ; à un moment donné de l’histoire locale des troupeaux, des meneurs en viennent à « bouc-émissairiser » la minorité silencieuse – religieuse ou éthnique – perçue comme un troupeau – émergeant et donc irréductible – de moutons noirs.

Pour dire par exemple sa peur métaphysique des mahométans (ces êtres de croyance doublement inquiétants parce qu’étant des « soumis » insoumis), l’UDC lance l’initiative anti-minarets et dessine encore une autre carte mentale, signature caractéristique de la droite dure et du langage de l’extrême : l’affiche politique représente cette fois-ci l’érection d’une pointe phallique à plusieurs étages déchirant l’hymen représenté par la croix blanche nationale.

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Initiative populaire fédérale « Contre la construction de minarets »

Au-delà de la dimension libidinale et l’expression pathologique de l’identité nationale, entendez le désespoir, la crainte, ni plus ni moins, de disparaître : « parce que le corps de l’islam est tellement fort et brutal et la Suisse si petite, parce qu’il est si dangereux et nous si tranquilles... »

L’externalisation des impensés et autres mythes de la caverne suisse dans laquelle semble s’être lancé systématiquement le plus grand parti suisse risque à terme de devenir source de désordre et d’effets secondaires. Un de ses paradoxes est qu’elle suscite des vocations croissantes de moutons noirs – ces égaux indomptables – qui dépassent le cercle des Suisses émigrés et des immigrés naturalisés pour toucher les milieux tout aussi créateurs de sens qui s’activent dans les arts et les lettres, les sciences et les affaires, l’humanitaire et la diplomatie.

Ces hommes et femmes, libres d’appartenances partisanes, voient poindre le danger que les autres – têtes baissées du troupeau – ne voient pas ; qu’instrumentalisées, mécanisées et répétitives, les initiatives populaires et la démocratie directe perdent leur transcendance quand elles fonctionnent plus sur le mode du sondage que de l’élection, qu’elles n’expriment pas toute la liberté des individus et que celles-ci imposent souvent aussi l’autorité et l’ordre au détriment de l’autonomie et de l’égalité du plus grand nombre.

L’ordre grégaire est premier, l’inégalité sociale sera seconde, et la prospérité impose le consensus sur tout ce qui reste non négociable parce que consubtantiel à la stabilité et à l’identité nationales – comme par exemple la sanctuarisation du secret bancaire. Telle pourrait être la légende de la prochaine carte postale mentale de l’UDC, maintenant qu’il ressort des urnes plus fort que jamais. Et pour tous les citoyens suisses qui ne vibrent plus de la mystique des troupeaux et des croyances ancestrales de l’alpage, le procès en accusation de mouton noir relève de la plus haute des élections.

Réda Benkirane

Réda Benkirane est sociologue et consultant international à Genève. Page personnelle sur internet : www.archipress.org/reda. Auteur du livre "Le Désarroi identitaire : Jeunesse, islamité et arabité contemporaines" aux éditions Cerf.

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par VousHadits ? - le 31 octobre 2007

@Sonja

A Voushadits. Et que faire des nationaux qui sont violents et violent les lois du pays ? Les mettre dans des goulags ? Les gens ne sont pas des marchandises que l’on jette...Quant au fait qu’il coutent des millions pour les reinsérés, combien vous ont -ils rapportés avant qu’ils ne tombent dans la délinquance ?

Il y en a beaucoup qui sont déjà dedans avant d’arriver, pourquoi le nier ? Mafias de la drogue, mafias de l’intégrisme, les mafias profitent grandement et des migrants et des pays d’accueil. Sans parler des mafias de l’immigration qui profitent, encaissent, et tuent. Je suis petits-fils d’émigrants espagnols ayant fuit gentillement une dictature, et en même temps petit-fils de paysans suisses, je crois qu’avec un mélange comme ça on mesure bien les différences culturelles, mais on sait aussi reconnaître les veleurs de nos grands-parents. Ils ont travaillé dur comme beaucoup, et n’ont pas cherché à enfreindre la Loi, honnête et voilà tout. Et je trouve que le renvoi ou l’emprisonnement dans le pays d’origine s’impose, je crois que c’est juste pour un meurtrier ou un violeur, on l’extrade voilà tout. Dans les cas les plus graves comme les viols, les crimes de sang, les vols avec efraction et/ou menaces... je n’inclus pas une passe d’ado qui vole des fringues chez H&M, qu’on s’entende... je ne suis pas non plus pour systématiquement renvoyer la famille, mais je préfère qu’on investisse le fric de leur réinsertion dans le bien-être de nos Vieux, eux ont plus besoin d’être protégés, et ils sont l’âme de notre terre... Et puis Quel soulagement pour une femme violée de savoir qu’elle ne recroisera plus jamais son violeur. C’est tout ce que je souhaiterais à ma fille ou à ma femme si ça leur arrivait. Mais dans l’application de toute façon on ne peut pas refouler facilement même le pire criminel. Pour un Suisse violeur, ma fois, on ne peut l’ extrader nulle part, donc il reste, c’est pas forcément juste mais c’est le code de la nationalité. Et puis n’oubliez pas que la Suisse est le Petit Village Gaulois de l’Europe ! Des fortes têtes et fiers de leur sang de montagnards... Mais parmi eux, beaucoup de braves gens... La Suisse n’est pas le Néant ou le Mini Reich de l’Europe, c’est une Démocratie magnifique, je ne voudrais vivre nulle part ailleurs !

Par amazone - le 30 octobre 2007
Je crois samir que le problème est malheureusement plus complexe que vous ne le pensez. Changer nos compatriotes ne dépend pas de nous mais aussi de l’Etat qui durant des decennies, a fait croire à ces jeunes qu’ils étaient français à part entière, à ces jeunes à qui ont a renvoyé une image négative de leur culture et de leur religion, à ces jeunes à qui on a renvoyé une image erronée de leur histoire et surtout qu’on a poussés à dévoloriser leurs parents. Vaste problème crée, entretenu et alimenté malheureusement par les differentes politiques de ces dernières decennies.
Par sonia - le 30 octobre 2007
A Voushadits. Et que faire des nationaux qui sont violents et violent les lois du pays ? Les mettre dans des goulags ? Les gens ne sont pas des marchandises que l’on jette...Quant au fait qu’il coutent des millions pour les reinsérés, combien vous ont -ils rapportés avant qu’ils ne tombent dans la délinquance ?
Par VousHadits ? - le 30 octobre 2007

« n’est plus Suisse mais mouton noir celui qui génère désordre et dissonance au sein du troupeau ».

Vous restaurez là parfaitement le message de fond de cette affiche et l’origine de l’expression qui y est associée : le mouton noir est un individu nuidible au groupe. Maintenant, au lieu de développer ces loghorées antiracistes qui font chaques jours le beurre et l’argent du beurre de l’UDC, il conviendrait de disserter sur la question de fond : doit-on oui ou non expulser les criminels étrangers ? Compte tenu de l’extrême plasticité des mouvements migratoires, personnellement je suis pour une immigration choisie dans le sens ou un immigrant se montrant violent ou violant les lois du pays peut facilement être remplacé par quelqu’un d’autre, donc devrait être expulsé. Je ne vois pas pourquoi un pays d’accueil devrait investir des milliers de francs dans la réinsertions de gens qui n’ont poas su saisir leur chance. Nous sommes tous sujet à un licenciement au sein des entreprises qui nous emploient, de même un immigré devrait être informné de ses droits ou de ses devoirs : Un requérents d’asile transformé après deux semaines en dealer devrait voir sa demande d’asile annulée, à partir du moment où il est averti des règles, ne pas y souscrire est de sa propre responsabilité. En celà l’UDC, malgré certaines dérives de ses idées, insiste sur un point qui me semble valable : pourquoi acueillir et tolérer des criminels étrangers ? Aucune raison à mon sens...

Par Samir - le 30 octobre 2007
Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait une crainte de l’islam en France, mais plutôt une peur, sans doute infondée, de voir la laïcité affectée par des manifestations qui apparaissent comme ostentatoires aux yeux de nos compatriotes européens. Je ne pense pas que la population construit son opinion à partir de propos d’un philosophe aigri comme Finkielkraut dont l’émission fait peu d’audience le samedi matin. Quand aux médias de masse, comme la télévision, cela fait bien longtemps qu’ils ne sont plus crédibles aux yeux des Français. Non, l’image que renvoie les français arabo-musulman aux yeux de leurs compatriotes européens, se construit au quotidien dans la rue, dans les transports en commun, à l’école... Et elle n’est pas belle à voir, c’est la triste réalité, je suis désolé de le redire. Il y a bien un déficit d’éducation citoyenne chez les jeunes maghrébins. Je lis que la religion musulmane serait une force ? Oui ce serait le cas si sa pratique, en France, maintenant, nous aider à avancer socialement comme ce fut le cas au moyen âge pour les arabes. Car finalement à quoi servirait la religion si elle ne permettrait pas à ses fidèles de se transcender dans et pour la société où ils vivent ? Je ne pense pas que nos politiciens aient les moyens et surtout la volonté de transformer d’un coup de baguette magique le triste environnement des banlieues. Sarkozy a dépensé le peu de marge dans son paquet fiscal aux classes moyennes. Faut-il pour autant ne rien faire, sacrifier notre jeunesse et attendre des jours meilleurs. Le salut ne viendra pas d’en haut mais sur le terrain, au quotidien, par un changement de nos comportement et en particulier des plus jeunes. Je ne veux pas pour notre « communauté » le triste destin des afro-américains qui ont vu d’autres minorités, fraîchement débarquées, les « dépasser » socialement.
Par Ideal - le 30 octobre 2007

Samir. IL est bon effectivement de ne pas tenir le language de bois mais être franc ne signifie pas dire tout et n’importe quoi.

L’image que nous véhiculons dites vous est de plus en plus désastreuse. Elle l’est effectivement, mais elle l’est proportionnellement à la misère morale, matérielle et culturelle grandissante dans laquelle nous évoluons ni plus ni moins.

A lépoque de nos parents, dans les années 70-80, nous ne véhiculions pas cette image désastreuse et pourtant votre père était traité de sale arabe ainsi que votre mère et vous, vous étiez victime de préjugés et de racisme tous les jours. Elle était où la différence entre le traitement qu’était réservé à nos parents et celle réservé à nos compatriotes aujourd"hui ? Le Front national n’avait t-il pas percé alors que nos parents étaient discrets, travailleurs et respectueux des lois françaises ? L’islam a cette époque ne se faisait pas entendre, votre père prié chez lui dans la discretion la plus totale et pourtant on le stigmatisait quand même n’est ce pas ? Comment expliquez vous cela ?

Par amazone - le 30 octobre 2007

Samir :

Je crois que vous vous mepprenez en croyant qu’il suffit de pouvoir pratiquer sa religion pour que cela signifie qu’il n’y a pas d’islamophobie.

L’islamophobie est un fait sournois, distillé tel un poison sous couvert parfois de bonne intention. L’islamophobie consiste à dire "je n’ai rien contre l’islam mais ..." c’est un peu comme le raciste qui vous dit "je n’ai rien contre les arabes, les noirs ou les chinois mais..." En France il y a des lois qui vous protegent contre le racisme, ces lois vous empêchent t-elles d’être victime de racisme ? Ces lois empêchent elles des Finkenkrault, des Sevrans et même des Présidents (les bruits et les odeurs, les moutons egorgés dans les baignoires etc )de tenir des propos racistes ?

Quant au parrallèle que vous faites entre la France et certains pays du Maghreb ceci n’a pas lieu d’être, la France est une puissance, le pays de la culture par excellence avec une grande tradition des lettres. Le manque d’écrits sur l’islam ou sur le christianisme dans les pays du Maghreb n’est pas le reflet d’un rejet de ces religions.

Concernant le respect des règles religieuses au détriment des règles citoyennes que vous imputez aux Maghébins français, j’avoue ne pas comprendre en quoi ces gens, ne respectent pas les règles citoyennes. Il serait interessant que vous nous donniez des exemples précis.

Quant aux généralités que vous véhiculez sur les Maghrébins, je ne peux y adhèrer. Je peux concevoir qu’il y ait des problème dans certains endroits où l’on a parqué les Maghrèbins, au point d’en faire des bidonvilles, où le chômage atteint des proportions telles que tout avenir est bouché, où quand tu t’appelles Mohamed tu as 100 fois moins de chance de décrocher un emploi, qu’un Patrick.

Ces endroits qui font que le désoeuvrement est tel que la seule chose à faire et de tourner en rond. Où la violence est telle que ces jeunes ne connaissent rien d’autres. Où la stigmatisation de cette population devient une religion. Où ces français sont considérés comme des citoyens de secondes zones. Où la pauvreté est endimique.

Oui dans ces endroits il y a effectivement du trafic de droque, des voitures incendiées, des écoles brûlées... Mais cela ne vient pas du fait que leurs auteurs soient maghébins-musulmans mais c’est le fait de la misère. Pourquoi le Maghèbin musulman vivant dans le XVI ème arrondissement ne brûle pas de voiture ?

Je crois que pour sortir de ces bidonvilles, il faut une force incroyable que malheureusement nous n’avons pas tous, mais ce que je crois surtout c’est que l’islam n’est pas un handicap pour certains, mais une force quand on est issu de ce quart monde.

Par oumma.com-uk-fan - le 30 octobre 2007

A Samir :

Vous avez raison : Nier l’existence d’un deficit d’image positive de la communaute maghrebine en France aura des consequences desastreuses pour son avenir.

Il est urgent que les musulmans fassent leur auto-critique au lieu de se positionner comme victimes car ils ont un role a jouer dans la perception que les francais ont de l’Islam. Il est vrai que la communaute musulmane de France se trouve dans une situation surrealiste ou l’islamophobie est exploitee par le gagnant des elections presidentielles et les agents d’actes criminels anti-musulmans sont sanctionnes par la justice.

Malheureusement, par leur manque de discernement vos ecrits participent a la stigmatisation de cette communaute. Ne doutant pas de la veracite de votre temoignage, je compatis aux difficultes que votre famille a du faire face, mais comment pouvez vous generaliser a partir d’ experiences vecues dans votre univers quotidien ?. J’ai l’impression qu’il y a un manque de recul manifeste dans votre raisonnement.

Vous ecrivez : Il faut etre aveugle ...pour ne pas reconnaitre que la religion tient une place grandissante chez les maghrebins francais. Il y a une tendance a respecter scrupuleusement les pratiques religieuse (Ramadan, manger halal...) au detriment du respect des regles elementaires du savoir vivre.

Meme si vos observations s’appliquent a certains individus mal intentionnes, l’ amalgame systematique entre comportement anti-social et l’ adhesion a des preceptes religieux tels que le Ramadan et les aliments hallal est grave .En effet la generalisation de ces critiques a l’ensemble des maghrebins francais est abusive

En vous lisant il semblerait que la supposee intensification de la pratique religieuse dans la population franco-maghrebine n’est pas compatible avec le respect d’autrui.

Vous avez le merite d’aborder des themes qu’il est important de ne pas ignorer mais le traitement que vous en faite dessert la cause que vous pretendez defendre.

Par samir - le 29 octobre 2007

Réponse à Amazone de Samir

« Quel rapport entre la culture et l’islamophobie ? »

Selon moi, l’islam, comme toutes les religions de France, peut être abordée d’un point de vue purement religieux, purement culturel ou les deux ensemble. Dans notre société laïque, chacun peut pratiquer son culte en privé, l’islamophobie ne s’applique donc pas dans cet espace puisque les libertés individuelles sont garanties. D’un point de vue culturel, chacun en France, musulman ou pas, peut accéder à la culture arabo-musulmane puisque l’offre est abondante au regard de pays comme la Tunisie, l’Algérie ou le Maroc. Il n’y a donc pas de rejet de l’islam en France.

« Quel est le rapport entre la religion et le comportement social dont vous avez si honte ? »

Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre que la religion tient une place grandissante chez les maghrébins français (Tunisie, Maroc, Algerie). Il y a une tendance à respecter scrupuleusement les pratiques religieuses (ramadan, manger halal…) au détriment du respect des règles élémentaires du savoir vivre. C’est comme si « être un bon musulman » exonére d’être « un bon citoyen ». Il serait tant d’inverser les priorités.

« Je ne comprends pas très bien le but de votre intervention, si ce n’est de véhiculer des préjugés sur vos compatriotes... »

Le but de mon intervention n’est de véhiculer des préjugés puisque j’en ai moi-même souffert étant plus jeune. L’excellent site « Oumma.com » est le bon endroit pour échanger sans langue de bois. L’image que nous véhiculons est de plus en plus désastreuse et risque d’handicaper fortement l’avenir des plus jeunes. Je ne les blâme pas car la situation sociale s’est considérablement dégradée mais elle n’explique pas tout puisque nos parents n’étaient pas riches non plus. Dans la ville du nord est de la France où je suis né, « les jeunes » ont brulé le collège où j’ai étudié, la MJC où je prenais des cours d’arabe, l’entreprise où travaillait mon père et saccagé le centre sociale où travaillait ma mère comme femme de ménage.

Je t’invite Amazone à « descendre sur le terrain » pour te rendre compte de l’urgence à débattre sans tabou sur les origines du malaise que alimente les droites « extrêmes » européennes.

Par Ideal - le 29 octobre 2007
Tarmaillac : non non aucun rapport entre l’UMP actuel et UDC si ce n’est bien sur le fait d’avoir surfé sur la vague xénophobe pour être élu... c’est tout mais ça c’est ...un détail.
Par amazone - le 29 octobre 2007
A Tarmaillac : Merci de votre interprétation concernant l’intervention de Samir,mais cela ne repond pas à mes questions. Le rapport entre le fait religieux et le fait de parler le français correctement ? Le rapport qu’il fait entre ces deux choses et d’une telle débilité...
Par Jérôme V. - le 29 octobre 2007
A vous lire, vous donnez l’impression qu’il y un seul et unique racisme : l’islamphobie que je ne consteste pas. Mais je pense quand on prétend à l’universalité, il est bon de dénoncer tous les racismes, je en dis pas que vous ne le faîtes pas, mais sachez avoir cela dans vos consciences et mémoires.
Par Taremaillac - le 29 octobre 2007

Ideal, le vote Français me surprend-il ? De quel vote parlez vous ? Si vous faites reference a l’identite Francaise au coeur de la campagne, le resultat du vote ne me surprend pas du tout, mais la France n’est pas la Suisse et l’UMP n’est pas l’UDC.

Amazone fait semblant de ne pas comprendre ce que Samir ecrit : simplement que la religion dans le domaine de la sphere privee apporte moins de probleme que la visibilite et la revendication religieuse a outrance. Le point de vue de Samir n’est pas depourvu de verite, meme s’il ne repond pas a la question de la "droitisation" de l’Europe quant au sujet de l’identite nationale, car c’est de cela que les Suisses debattent.

Fany me tutoie, me taxe de ridicule, d’etre le chantre de la "pensee unique" (un lieu commun sans contenu ni contenant), et qualifie mes propos de betises et d’aneries... Fany fait preuve d’une grande tolerance et d’un engouement remarquable pour l’argumentation effective. Fany contribue, au fil de ses interventions, a la comprehension mutuelle empreinte de respect et de courtoisie.

Omar Mazri fait souvent de bonnes interventions mais devrait s’essayer a la synthese : son propos en serait plus abordable. Ceci est une critique amicale et, je l’espere, constructive.

Salut.

Taremaillac.

Par Espoir - le 29 octobre 2007

Pourquoi le mouton noir sur l’affiche n’est pas totalement noir ? il est même plus gris que noir ...

Sinon, l’affiche est choquante, mais si les suisses se laissent assimilés à un troupeau de moutons, tant pis pour eux.

Par Ideal - le 29 octobre 2007
A Tarmaillac : Et le vote Français vous surprend-il ?
Par amazone - le 29 octobre 2007

Réponse à Samir :

Votre intervention me sidére. En effet, quel rapport entre le fait religieux et le fait de ne pas parler le français correctement ?

Quel rapport entre la culture et l’islamophobie ?

Quel rapport entre la France et des pays comme le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie ?

Quel est le rapport entre la religion et le comportement social dont vous avez si honte ?

Je ne comprends pas trés bien le but de votre intervention, si ce n’est de véhiculer des préjugés sur vos compatriotes... on est loin de votre espoir de voir justement les préjugés tomber.

Par Fany - le 29 octobre 2007
Taremaillac à force de chercher à être originale en devient ridicule. Taremaillac croit qu’il est en rupture avec la pensée unique, alors qu’il est en plein dedans. Tu nous fait rire par ta bêtises et tes âneries que tu débites à grande vitesse.
Par samir - le 29 octobre 2007

Dans les années 60/70, les parents maghrébins de France, comme les miens tunisiens, avaient de l’ambition sociale pour leurs enfants et surtout le respect de l’école laïque, pilier de notre République. Ils ont travaillé durs, essuyé les plâtres pour nous laisser une société plus « habituée » à nos origines et traditions. Mais qu’avons-nous fait de cet héritage. Plutôt que de l’enrichir nous l’avons dilapidé avec des comportements sociaux et religieux malvenus

A l’époque, la religion tenait déjà une grande place dans les cœurs, mais elle ne dépassait pas le cadre privé à l’instar des catholiques, des juifs... Maintenant, j’entends des parents, des enfants jurer à tout va sur la Coran, raconter des histoires loufoques de Paradis et d’Enfer entendues à la mosquée alors que la plupart de ces personnes sont incapables de s’exprimer convenablement en français. Quand au comportement social, il me fait franchement honte.

Comme partout, il y a en France des esprits étroits qui n’accepteront jamais nos origines arabo-musulmanes mais notre beau pays offre toujours des outils solides, remarquables et accessibles pour réussir socialement : école, services publics, assurance maladie… Et SVP évitons de parler d’islamophobie alors qu’il suffit de franchir n’importe quelle librairie de France pour avoir accès à la prestigieuse culture de nos ancêtres. Avez –vous déjà essayé de trouver un livre sur le sujet en Tunisie, en Algérie ou au Maroc ? Ces pays sont de véritables déserts culturels à la limite de… l’islamophobie.

Ayons un peu plus d’ambition sociale pour nos enfants, remettons la religion à sa place, changeons nos comportements, et les préjugés tomberont.

Par MALLA - le 29 octobre 2007
Le racisme qu’il faut combattre et condamner peut être le fait de chacun d’entre nous musulman ou pas. Nous devons en avoir conscience et éviter de donner des leçons ici et là.
Par Latora - le 29 octobre 2007
Merci pour cette analyse pertinente qui éclaire ces élections suisses sous un jour que j’ignorais. Merci également à l’internaute Romain de nous avoir donner les déclarations d’intellectuels, de journalistes et hommes politiques. Ces déclarations sont tout simplement incroyables !!!!!!!!!!
Par Omar Mazri - le 29 octobre 2007

« Troupeaux et croyances. Le mythe suisse du mouton noir » de Réda Benkirane répond avec brio à beaucoup de préoccupations morales, déontologiques, politiques que chacun peut et doit ressentir depuis quelques années. Je me permets d’appuyer son argumentation en mettant de l’eau dans son moulin qui m’a entrainé dans un relecture de la question posée par Ian Hamel "Alors, pourquoi un tel déchaînement de haine ?" dans son article « La droite xénophobe remporte les élections en Suisse »

Réda Benkirane en disant « L’image révèlerait une carte mentale, un motif, un pattern enfoui de la Psyché helvétique. Un peu partout le fondamentalisme l’emporte, mais ici comme ailleurs en Europe c’est le populisme qui ravit les masses anxieuses face à la complexité du monde. » apporte une réponse synthétique qui traduit une vérité psycho sociologique qui s’est manifestée dans le mental des grecs de l’antiquité, des européens du moyen-âge et des occidentaux de la modernité avant de se manifester dans leurs cités. L’histoire, la philosophie et la mythologie en sont le témoignage le plus éloquent.

L’anthropologue René Girard démonte tous les mécanismes de la diabolisation de l’autre dans « le bouc émissaire ». L’herméneute Mircea Eliade dans « Le Sacré et le Profane » et « Mythes, rêves et mystères » montre comment l’homme devient un volcan de violence quand il transgresse le sacré indiscutable qui ne joue plus le rôle d’arbitre pour réguler les divergences sur le profane discutable.

La modernité agonisante et la post modernité avortée en démystifiant le totalitarisme ont laissé dans la conscience sociale une représentation tronquée du monde et de l’homme. Une existence sans totalité significative, sans unicité qui donne l’harmonie, la concorde et la communion avec les diversités. Le sacré a été dévoyé, la pluralité a été occultée, Dieu a été renié. D’autres valeurs sont nées, d’autres croyances et d’autres divinités aussi. Rupture avec le judaïsme et le Christianisme. Refus de reconnaître l’islam. L’homme devient selon la formule de Hobbes un loup pour l’homme ce qui signifie qu’il y a d’un côté les loups et de l’autre les moutons blanc et noirs. Par l’artifice des jeux de lumière on fait voir, selon l’expression de Brecht, ceux qui sont dans la lumière et on occulte ceux qui sont dans le noir. Sur un écran de télévision l’éclairage des phénomènes et des hommes prend une dimension plus grande et une dramatique plus tragique ou plus loufoque que dans une pièce de théâtre.

Dans ces temps d’incertitude, de nihilisme et de cynisme, est commis chaque jour au nom de l’antisémitisme, de la lutte contre l’émigration clandestine, des croisades en Irak, de la lutte contre l’islam, de la lutte contre le vêtement de la pudeur. Il est de moins en moins savamment mis en scène car la politique ressemble davantage à du vaudeville. L’homme est devenu un cochon pour l’homme comme le souligne le commentaire de TF1 à 13h sur le nouveau film « SA MAJESTE MINOR » de Jean-Jacques Annaud réalisateur de « le nom de la rose ». Dans cette décadence morale et esthétique faut-il s’étonner que le minaret soit perçu comme un phallus et la présence musulmane en europe comme un viol ? Abbas Aroua a fait un excellent article sur le minaret et ses significations spirituelles, sémantiques et historiques. Le narcissisme ethnocentrisme n’écoute que la voie de ses mythes antiques et post modernes. L’homme cochon est le modèle de vertu, ce n’est pas le sens du film mais le sens du commentaire médiatique. Nous sommes bien loin sur le plan de l’esthétique, de la sémiologie et du sens de l’auteur du « le nom de la rose » Umberto Eco et de son dernier livre sur l’histoire de la beauté. Il met en jeu toutes les symboliques de l’Occident dans la construction et la représentation de la beauté c’est-à-dire tous les mythes, les idées, les modes, les philosophies,les mécènes, les interêts, qui donnent « le sens du beau » par lequel on conçoit la beauté de l’antiquité à nos jours. Malgré son talent et son intelligence qui ont disséqué le mode de représentation occidentale sur la beauté il est resté confiné dans son aire civilisationnelle : l’Occident. Aucune référence à l’Orient bien que le monde hellénique appartenait avant la domination romaine à l’Orient. Pour comprendre l’Occident il faut "caresser" ses mythes pour les voir s’offrir comme la boite de Pandore. Umberto Eco zappe sur le monde musulman alors qu’il est d’une sensibilité rare dans ce monde d’absurdité. C’est pourtant lui qui a exprimé son inquiétude il y a déjà longtemps sur les dérives de sens de l’image comme objet esthétique, iconographique, politique, symbolique : « La démocratie est en péril si on fait de l’image une invitation à l’hypnose au lieu d’être une provocation à la réflexion ».

Réda Benkirane répond intelligemment à la question posée en poursuivant : « la vérité est sans odeur quand il s’agit d’images mentales et de croyances profondément inscrites dans l’imaginaire collectif. » L’imaginaire est le domaine d’exploration et d’expression de l’imagination. Quand l’imaginaire se focalise sur un stéréotype, une page de l’histoire, un mythe toute l’imagination est contaminée. Quand l’imagination est aliénée par la peur entretenue, la routine, l’ignorance des autres alors le seul imaginaire qui va s’offrir comme champ de labour, de semences et de semailles ne peut être que confiné dans l’étroitesse du monde, dans la haine des autres et dans la défense de ses acquis sociaux ou politiques sans grandeur d’âme, sans poésie, sans élévation spirituelle, sans amour. Dans ce mouvement entre l’imagination et l’imaginaire, le regard visuel et le regard mental la vérité peut émerger ou au contraire s’enfouir en cherchant une image de confort moral qui ne se trouve pas dans l’inconscient collectif. Le psychanalyste et sémiologue Serge Tisseron , a montré, dans l’émission arrêt sur image comment le fait de montrer à la télévision les images des "vache folle" conduites à l’incinérateur est traumatisant car elles rappellent à la conscience collective les buchers de l’inquisition. Le moyen-âge avec ses croisades et son image du sarazin, du maure sont inscrites dans l’imaginaire de l’Occidental qui n’a pas réglé ses contentieux avec la civilisation musulmane et avec la foi du musulman. L’homme est ainsi fait : dans le regard (visuel ou mental) plongé dans un champ imagique (objet ou humain) la rétine et le cerveau ont cette capacité de garder en mémoire les formes et les couleurs qui s’estompent après une superposition involontaire d’images contrastées. Pour donner repos à l’esprit il faut accepter ce contraste qui naît de la fixation sur un objet. Sinon pour se libérer de ce phénomène de rémanence il ne pas faut fermer les yeux mais continuer à bien voir plus loin et plus profondément. La vérité est à ce prix. Les yeux de l’œil comme de l’esprit ont des stratégies. Le regard s’éduque. Le véritable problème est l’absence de plus en plus grande d’éducateurs civilisés qui s’estompent médiatiquement, socialement et politiquement devant l’invasion de civilisateurs mal éduqués.

Réda Benkirane dit : « le procès en accusation de mouton noir relève de la plus haute des élections. » et il a raison. L’imaginaire des élites suisses, françaises, anglaises et américaines est en regression. Faute de projet fédérateurs et civilisateurs les partis politiques et leurs idéologies s’indifférencient dans le sens où elles se banalisent, s’inscrivent dans mondialisation dont les effets pervers sont la globalisation des marchés, la dérégulation au niveau macroéconomique et la fragmentation des indigènes qui résistent en s’agrégeant sur des mythes d’ailleurs savamment entretenus par les médias. Tous les mythes fondateurs de l’Occident sont essentiellement orientés contre l’autre. Le procès en accusation des moutons noirs et blancs (il y a vraiment mépris pour l’humanitude, ce mépris est seulement rendu visible contre certains moutons) relève de la casuistique des élites politiques sans projet social qui ne sont plus tenus à une éthique, à une esthétique mais à une audience comme à TF1. La rhétorique logique n’est plus de mise car il ne s’agit plus de chercher des adhésions libres mais des embrigadements par la manipulation et la guerre psychologique. Le « panem circus » des romains est le spectacle politique dominant. Il s’agit de créer et de gérer l’émotion de la plèbe par la mise en spectacle de l’esclave tuant l’esclave pour la grandeur de Rome et à la fin distribuer des miettes de pain pour faire baisser la tension et faire régner l’ordre romain « épargnez ceux qui se soumettent et domptez les superbes ». La « haute élection » est de la haute intelligence dans la démocratie athénienne qui a une profonde aversion pour les étrangers et les femmes. Les grecs ont su faire cohabiter la politique et la poétique car relevant de la même tragédie et des mêmes lois pour gérer le lieu, le temps et le chœur par un phénomène magistrale : la Métis ou la ruse intelligente qui crée le suspense, qui manipule et qui parvient à ses fins en jouant sur l’intelligence naïve des citoyens et des spectateurs.

Il y a à dire et à redire sur les élections dites démocratiques. Dans les pays où règne la dictature il n’y a ni masque ni subtilité pour dire car on voit clairement le beni ouiouisme et le khobzisme (collaborations de classes en jargon savant). Un jour j’espère me trouver du temps et oumma.com m’offrir l’espace pour parler des moutons noirs dans la plus grande démocratie blanche à travers « la dialectique de l’oppression et de la libération » d’Angela Davis. Il faut du temps au temps pour dévoiler la vérité comme il en fallu entre la demande l’Emir Abdelkader « comprenez ma religion » et la réponse du général de Gaule « je vous ai compris ». Entre temps la tragédie a fait son œuvre destructrice et ceux qui ont souffert de cette tragédie ont pardonné et oublié mais ceux qui l’ont provoqué ne veulent toujours pas comprendre, par leur arrogance, leur ethnocentrisme que la solution à leurs problèmes et aux nôtres est une seule et même solution ainsi qu’un même salut car nous sommes embarqués sur la même terre qui ressemble davantage à l’ arche de Noé. La culture messianique, celle qui consiste à attendre le sauveur, l’homme providence, est révolue. La question n’est plus pourquoi cette haine mais comment l’éteindre ou s’en préserver. Plus l’incendie est grand plus "belle est la patience" et plus les bonnes volontés doivent être impliquées pour se libérer de cet enfermement et proposer un projet non seulement fédérateur mais surtout civilisateur. La gauche et la droite sont hors jeu, les partisans de l’ouverture et les partisans de la fermeture sont trop partisans pour que les uns s’ouvrent réellement et que les autres s’éclipsent. Il faut des militants réunis autour d’un pacte qui consacrent l’humanitude et lui donne un contenu concret : vouloir vivre ensemble non seulement pacifiquement mais avec amour et solidarité comme une fratrie humaine : O hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez

Se connaître mutuellement n’est pas promouvoir du tourisme exotique ou gérer sur le plan sécuritaire l’émigration. Il s’agit de se reconnaître cette qualité d’Ins (sociabilité, bonté, charité, miséricorde, solidarité, union, harmonie) que nous avons tous en nous et de lutter contre cette partie obscure qui est en nous et qui s’oppose à notre humanitude al Wahch (l’isolement, l’égoisme, la cruauté, la négation de l’autre, l’asociabilité, la méchanceté, la séparation, la rupture, la dissonance et la disharmonie). Se connaître pour vivre ensemble c’est-à-dire pour être en interaction positive sur le plan idéique, social, politique, culturel, économique. La communauté humaine n’est pas seulement être ensemble mais partager ensemble. Se connaître passe par la connaissance des blocages historiques, psychologiques, sociaux, idéologiques, culturels qui interdisent ou faussent la communication. Nous devons avoir aucun complexe à aller sur un terrain d’échange avec la volonté d’en faire un facteur de synergie et de libération de l’imagination créatrice. C’est ce que propose Réda Benkirane dans ses écrits bien structurés, avec son style clair, ses idées modernes tant sur oumma.comm que son site que je parcours avec grand intérêt. C’est ce que Romain a montré et dénoncé en citant les présupposés islmophobes des élites. C’est ce que tente le dialogue inachevé en Suisse entre les élites chrétiennes, laïques et musulmanes qui se sont réunis la semaine dernière pour constater une fois de plus le devoir de dialoguer sans trouver pourtant le dénominateur commun pour faire de ce dialogue une praxis sociale. Les européens sont otages de leurs élites en panne de projet. C’est le même combat libérateur qui doit unir les musulmans et les non musulmans pour que les mythes et les mystification prennent fin. Dieu est certes plus savant.

Par Taremaillac - le 29 octobre 2007

Romain nous balance cet assortiement de phrases hors contexte. Il faudrait debattre de ces phrases avec leurs auteur. Difficile d’ailleur car certains sont morts...

En ce qui concerne la Suisse, j’ai deja dis ce que j’en pensais dans mon intervention sur l’article consacre a l’UDC.

Reda Benkirane se livre a un exercice simpliste d’onanisme intellectuel en dissertant sur les aspects sociaux-culturels Suisses et le rapport emprunt de crainte au monde actuel en mutation constante. Dans tout cela, il jette de l’anticonformisme et du racisme, du communautarisme helvetique et de l’anti islam.

Je suis desole : les Suisses sont egaux a eux-meme, et leur vote ne me surprend pas, tout comme ne me surprend pas le vote Autrichien.

Ne trouvez-vous pas pour le moins arrogant de vouloir changer la mentalite des Suisses, leur mode de vie et leurs habitudes, aussi excecrables nous puissent-elles paraitre ?

Je dis "bon vent les Suisses", et que les "genies moutons noirs" la quittent s’ils s’y sentent mal : ils seront les bienvenus en Europe.

Salut.

Taremaillac.

le 29 octobre 2007

Bonjour, Salam,

La première figure est liée à l’immigration. De 1974 à 2005 on a fonctionné en France avec le systeme de double peine pour les etrangers. Apres une période d’emprisonnement l’etranger en France pouvait se voir affliger une interdiction de territoire ou une expulsion vers son pays d’origine. Ce qui offusque en Suisse aurait du nous offusquer aussi en France ... Le drapeau suisse est le symbole de la cohésion des cantons suisses, les suisses se serent les coudes pour chasser l’allochtone criminel, l’immigration est lié au probleme de sécurité. (On a une une utilisation détournée du drapeau suisse il me semble que c’est protégé par la loi hélvétique ...)

Il m’a semblé qu’en Suisse les partisans de ce parti d’extreme droite appellent déjà à renvoyer la famille entière si un des enfants commis un délit punis par la loi ... Ce parti surfe sur les craintes des suisses décérébrés par une propagande médiatique anti-immigration et islamophobe le tout lié au sécuritaire... L’Islam est percue comme un élément exogene menaçant d’ou le minaret qui transperse la suisse petit pays gentil et fragile. C’est le chaperon rouge et le grand méchant loup ..

En Suisse le parti Socialiste n’a récolté que 19%, On peut donc comme dans beaucoup de pays européens se poser des questions sur les partis socialistes qui brillent par leur abscences d’alternative sur le theme de l’immigration et de la sécurité ... et par consequent ne représente qu’une faible force d’opposition et de proposition. C’est la le véritable drame que vit la Suisse.

Par Akram - le 29 octobre 2007
Il y aure toujours des individus pour nous dire que nous n’arrêtons pas de nous plaindre, que l’on doit cesser de jouer les victimes. Et pourtant les fait son là et bien là. Les musulmans suisses doivent se sentir bien seuls et bien démunis.
Par Romain - le 29 octobre 2007

On se moque de la Suisse, mais en France ce n’est pas mieux, lisez attentivement en dessous des citations totalement véridiques. J’ai eu du mal à y croire et pourtant ces citations sont authentiques.ça fait terriblement froid dans le dos !!!!!!

« Deux millions de musulmans en France, ce sont deux millions d’intégristes potentiels. » Pierre-André Taguieff (chercheur au CNRS), France Inter, 1997

« Avoir des Polonais, des Italiens, des Portugais, pose moins de problèmes qu’avoir des Noirs ou des musulmans. » Jacques Chirac, Le Monde, 21/06/1991

« Au lieu de contribuer au progrès de l’humanité, [les fils d’Allah] passent leur temps avec le derrière en l’air à prier cinq fois par jour [...] Ils se multiplient comme des rats [...] Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût. » Oriana Fallaci , (écrivain), La rage et l’orgueil, Plon, 2003

« Oriana Fallaci a l’insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s’efforce de regarder la réalité en face. » Alain Finkielkraut, (philosophe), Le Point, 24 mai 2002

« Fallaci vise juste, même si elle peut choquer par certaines formules. » Pierre-André Taguieff, Actualité juive, 20 juin 2002.

« Oriana Fallaci fait preuve de courage intellectuel. [...] Elle ne proteste pas seulement contre l’islamisme assassin. [...] Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l’opinion européenne, qu’elle soit italienne ou française par exemple. On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c’est l’islam qui part en croisade contre l’Occident et non pas l’inverse. » Robert Misrahi, (philosophe), Charlie Hebdo, nov. 2002

« Il n’y a pas d’assimilation des musulmans, ça n’existe pas, sauf en quantité infinitésimale. » Yves Guna (RPR), Le choc du mois, mars 1992

« Le voile est une opération terroriste. [...] En France, les lycéennes savent que leur voile est tâché de sang. [...] Dans nos écoles, question d’honneur, on n’enseigne pas à des élèves en uniforme. Sauf au temps du nazisme. » André Glucksmann, (philosophe), L’Express, 17/11/1994

« La démission devant le foulard islamique est une démission devant l’obscurantisme islamiste. [...] L’horreur algérienne témoigne, s’il en était besoin, que la barbarie au nom de Dieu constitue l’autre menace contre la République. Un fascisme peut en cacher un autre. » Jacques Tarnero, (CNRS), Hommes et migrations, mai 1997.

« Inversez les deux voyelles, et dans voile, vous trouverez viol. En dissimulant ostensiblement le sexe au regard, fût-ce sous la forme symbolique de la chevelure, vous le désignez à l’attention ; en enfermant le corps féminin, vous le condamnez à subir l’effraction. [...] Toutes les coquettes le savent bien aussi, qui font de la comédie de la dissimulation la forme la plus raffinée de l’exhibitionnisme. » Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur, 16/09/2003

« On ne peut guère contester que le foulard islamique soit devenu en France l’emblème et le drapeau du système qui sévit actuellement à Téhéran et dans les maquis islamistes d’Algérie et d’Égypte [...]. En bonne logique républicaine, ce système devrait inspirer le même degré de répulsion qu’inspiraient aux meilleurs éléments de notre peuple il y a un demi-siècle les variétés diverses du fascisme. » Maurice Agulhon, professeur au Collège de France

« Ce que la France doit à ses hôtes immigrés, ce sont les bienfaits de la culture française. » Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur,16/09/2003

« Le foulard est aussi une manière de dire aux professeurs : il y a quelque chose pour nous qui compte davantage que la culture que vous nous enseignez. Il y a, dans le foulard, un mélange de soumission des femmes et d’arrogance qui est une insulte à l’enseignement. Mais l’école est aussi un espace sacré. Devant la culture, on s’incline, on baisse la tête. » Alain Finkielkraut, L’Arche, juin-juillet 2003

« Le débat surréaliste actuel sur le foulard, véritable étendard de l’islamisme politique, la mise en cause de la laïcité française ne doivent pas faire perdre de vue qu’il s’agit là pour la France et les Français de refuser et de résister à l’implantation sur notre territoire d’une idéologie dangereuse, perverse et surtout mortelle pour la République. » Collectif de « l’appel de mai », Marianne, 05/05/03

« On connaît l’histoire vraie, devenue blague, où une Française se fait draguer par un Arabe, atmosphère plutôt sympa, mais au dernier moment elle ne veut plus coucher avec, elle n’est pas amoureuse ; et il lui lance : “tu es raciste !” [...] Or, ce qui s’est passé entre la France et l’islam, c’est qu’ “ elle” a accepté de coucher avec “lui”, qu’au fond ce n’était pas si désagréable, mais qu’après il l’a mise enceinte, puis l’a forcée à l’épouser, il la serre de près... Et, à un moment, elle veut dire stop et même revenir un peu sur ce qu’elle a donné. C’est le sens de cette “fermeté sur le voile” soudain revenue. » Daniel Sibony, psychanalyste, Marianne, 05/05/03

« L’affaire du voile est un symptôme parmi d’autres de la grande confusion qui règne sur les esprits [...] La régression a lieu sous l’effet conjugué d’un individualisme mal compris : chacun est libre dans notre système libéralo-libertaire. Libre tout seul ? Toutes ces libertés additionnées, ça donne quoi ? La grande chienlit ? » Anne Vigerie et Anne Zelensky, Le Monde, 29/05/2003

« Nous voici sommés de faire une place au foulard islamique dans l’école républicaine, de nous arranger des mariages arrangés et de plaider en guise d’idylle multicolore pour la banlieue universelle où tous les jeunes porteront leur casquette à l’envers et parleront une langue dévastée. » Alain Finkielkraut, Le Point, 24/05/02

Par Rouiched - le 29 octobre 2007

Ce qui se passe en Suisse confirme le rapport de l’ONU qui disait : "Dans le contexte actuel, l’islamophobie représente la forme la plus courante de discrimination religieuse", a déclaré ce juriste sénégalais dans son rapport au Conseil des droits de l’homme de l’Onu. "De plus en plus de dirigeants politiques, de médias et d’intellectuels assimilent l’islam à la violence et au terrorisme, et certains cherchent à réduire au silence ses pratiques religieuses en interdisant la construction de mosquées", a-t-il souligné.

"Des partis politiques dotés de programmes ouvertement anti-islamiques ont intégré des coalitions gouvernementales dans plusieurs pays et commencé à mettre en oeuvre leurs programmes. En résumé, l’islamophobie est en train d’imprégner tous les aspects de la vie sociale."

Par Kadour - le 29 octobre 2007
Je ne connais pas la législation suisse, mais comment de telles affiches ont pu être tolérées dans une campagne électotale. Ces affiches sont-elles légales ? Y a-t-il eu des protestations ? Ces "dérives" sont tout siplment honteuses pour un Etat démocratique. Si la démocratie permet l’exlusion et la stigmatisation, peut-on encore se dire en démocratie ?
Par Léonard - le 29 octobre 2007
Texte très intéressant qui permet de mieux comprendre les raisons pour lequelles ce vote vers l’UDC a eu lieu. Il n’en reste pas moins que tout ceci est inquiétant.

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