Mes chers amis, le deuil est de circonstance : la laïcité à la française est bel et bien morte et ce sont les élus de la République qui l’ont tuée. Que la multiplication de ses usages et des acteurs s’en revendiquant ne trompent plus personne. Le ciment s’est liquéfié et les murs constitutionnels se sont fissurés, chacun semblant guetter le moment funeste où la façade publique s’effondrera
Les républicains devraient se réjouir. Nous n’avons jamais autant parlé de laïcité en France que ces dix dernières années. Pas un trimestre, pas un mois, ni même une semaine où nos intellectuels médiatiques, nos politiciens et nos journalistes n’ouvrent un débat sur ce thème si cher à la doxa républicaine et aux gardiens du temple des Lumières. Le ciment idéologique de la Nation française est abondamment célébré et fêté dans cet enthousiasme spécifique qui caractérise les rares moments de communion dans la vie d’un peuple. Communion ? Hélas, non. Le temps des illusions n’a plus droit de cité car, à présent, plus personne ne l’ignore : nous sommes confrontés, depuis plusieurs années, à un discours dont la teneur politique s’inscrit clairement dans le registre de l’incantation mystificatrice.
Mes chers amis, le deuil est de circonstance : la laïcité à la française est bel et bien morte et ce sont les élus de la République qui l’ont tuée. Que la multiplication de ses usages et des acteurs s’en revendiquant ne trompent plus personne. Le ciment s’est liquéfié et les murs constitutionnels se sont fissurés, chacun semblant guetter le moment funeste où la façade publique s’effondrera. Mais les idées ne s’effondrent jamais, pas plus qu’elles ne volent en éclats. Elles meurent en silence, loin du cadavre symbolique arboré longtemps encore par leurs meurtriers.
1905, du combat à l’apaisement
Jusqu’à un proche passé, quatre éléments déterminaient et structuraient la notion de laïcité française, tous liés à la loi de 1905. Le premier élément figure dans l’intitulé même de cette loi-cadre : la séparation des Églises et de l’État. La France n’a plus de religion officielle. Elle connaît les cultes sans les reconnaître. Elle assure et garantit le droit des religions mais ne les financent pas. Les religions ne gouvernent pas en France et l’État ne se mêle pas des affaires religieuses. La loi commune est égalitaire et fondée sur la raison.
Le second élément fondamental est mentionné dans le premier article de la loi. « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. » La liberté de conscience qui inclut la liberté religieuse est effectivement une liberté fondamentale en France. Qu’il faille le rappeler est déjà, en soi, un indice inquiétant de la régression juridique à l’œuvre dans ce pays.
La conséquence naturelle et légale de ces principes s’est formalisé dans la notion de neutralité religieuse de l’État, garante de la liberté religieuse des citoyens.
Le dernier élément constituant l’héritage direct de 1905 pourra surprendre davantage. Il s’agit de l’apaisement. Oui, la laïcité ne fut pas seulement une réalité de combat mais a débouché également sur un consensus social, un compromis moral implicite venant circonscrire quatre siècles de tensions religieuses plus ou moins latentes. La France de 1905 soldait les comptes avec son passé, apaisait difficilement mais progressivement son présent et jetait les bases d’un autre avenir plus pacifique.
L’abolition des privilèges
Aujourd’hui, tous ces éléments constitutifs de la laïcité sur les plans politique, juridique, philosophique et moral sont littéralement passés de vie à trépas, dissouts par deux mandats de la droite « républicaine », avec la participation active de la gauche. Les choses sont entendues. Il n’est plus question de séparation de la religion et de l’État quand un président en exercice se signe de manière ostentatoire et vante les racines chrétiennes de la France, et que son Premier ministre assiste à la béatification d’un pape, tout en stigmatisant la visibilité religieuse de leurs « compatriotes » musulmans. Plus de séparation, quand la principale instance représentative du culte musulman (CFCM) est la créature du même président/candidat et ex-ministre de l’Intérieur, qu’il ne cesse de maintenir sous son contrôle avec la complicité obséquieuse de représentants qui ont tout à voir avec la politique consulaire algéro-marocaine et peu de chose à voir avec la religion.
Que reste-t-il de la neutralité religieuse de l’État et de l’égalité de traitement face à la loi quand certaines communautés religieuses se voient continuellement adressés des passes-droits et des privilèges (subventions massives par la Mairie de Paris, attributions de créneaux privés pour la piscine qui ne choquent pas, dérogation de passage d’examen pour cause de fêtes religieuses...)
au moment même où s’ouvrait le
procès
de la seconde religion de France, au nom de....la laïcité ! Ne parlons pas des nombreuses sorties médiatiques des ministres sarkozystes (Hortefeux, Guéant) dont la fuite en avant dans le racisme le plus primaire n’a été qu’un ultime coup de grâce porté aux principes régissant la Constitution française que ces messieurs sont censés défendre.
Une révolution conservatrice contre la laïcité
Mais la liquidation de la laïcité française par la classe politicienne, droite et gauche confondues, soutenue par des intellectuels trop heureux de régler leurs comptes idéologiques avec l’islam au nom du laïcisme, du nationalisme le plus radical, d’un certain féminisme libertaire ou d’un néo-conservatisme huntingtonnien de plus en plus décomplexé, et rendue possible par la participation d’une classe médiatique en mal de déontologie, a véritablement commencé en 2004 par le vote de la loi interdisant le port du voile à l’école, en violation de l’article premier de la loi de 1905. Sous ce rapport, la loi du 15 mars 2004 peut être considérée comme une première inflexion majeure dans le dispositif laïc de la France, équivalent à une forme d’abrogation de facto de la loi cadre de 1905.
Cette loi, préparée par deux années de matraquages médiatiques sur le mode de la menace islamique et de l’invasion religieuse d’une horde de fanatiques, campagne aux accents nettement paranoïaques et où peu de musulmanes auront eu l’occasion d’exprimer le sens spirituel de leur pratique dès lors que les prêtresses de Ni Putes Ni Soumises avaient prononcé leurs sentences d’excommunication républicaine, cette loi disions-nous ouvrait la voie d’une nouvelle ère laïque. Une ère inaugurée sous le signe de la révolution conservatrice , théorisée par le sociologue Pierre Tévanian, signifiant la remise en cause profonde et durable de la conception traditionnelle de la laïcité française et sa métamorphose idéologique d’une notion égalitaire en une arme identitaire.
Les musulmans ayant intégré la laïcité et revendiquant pleinement son application égalitaire, il fallait tout changer pour que rien ne change. Dans le florilège des lois d’exceptions, celle du 15 mars 2004 aura ouvert le bal d’une transgression laïque prolongée par la toute fraîche loi contre le niqab et les mesures présentées par Copé pour interdire, entre autres, aux mères voilées d’accompagner leurs enfants à des sorties scolaires.
Vers une guerre laïque des religions ?
Dans ce contexte belliqueux, la nouvelle laïcité française s’est métamorphosée en une forme inédite et exacerbée du culte républicain, avatar religieux, dans sa version la plus grotesque. Cette religion laïque a soif de prosélytisme et entend bien accomplir sa destinée politique en réaménageant la « chose » publique (res publica) sur la base de son crédo. Ses experts, prédicateurs des temps modernes, nous le répètent à l’envi : une nouvelle guerre de religions semblent menacer l’horizon crépusculaire de la France. Les missionnaires de l’Assemblée nationale veulent déjà aller plus loin. On murmure qu’une journée de célébration (de commémoration ?) de la laïcité pourrait-être décrétée le 9 décembre, sans doute à titre posthume. Finalement, l’espace des libertés religieuses, à l’image des libertés civiles, s’est réduit comme peau de chagrin, au prix d’une dénaturation de l’outil législatif travesti en moyen de domination politique tombé entre les mains d’une pathétique oligarchie à l’abri de toutes obligations légales et morales.
Face à cette volonté politicienne d’encourager à tout prix un esprit revanchard et de produire un communautarisme musulman intégral cristallisant objectivement tous les fantasmes de la sécession, pour ne pas dire la sédition, et devant cette stratégie de provocations et d’agressions outrancières, de nombreux français de tous horizons philosophiques, ont su exprimé leur indignation. Comme beaucoup d’autres citoyens dans ce pays, ils refusent catégoriquement ce « communautarisme républicain » imposé par une élite irresponsable et obsédée par les moyens de son maintien au pouvoir. Tous appellent de leurs vœux une autre révolution, laïque celle-ci, qui dépassionnerait et replacerait la diversité religieuse et le « vouloir » vivre-ensemble au cœur du moribond projet républicain, rebâtissant avec autant d’allégresse et d’espoir ce que tant d’autres ont su détruire.
Commentaires
Bravo et un merci à M. Bahri. Jean Baubérot, un grand spécialiste a étudié le sujet et va dans ce sens, et écrit l’ouvrage "Laïcités sans frontières" ed Seuil très intéressant. Deux fichiers audios figurent encore de son entretien sur la laïcité sur le site RFI. Merci pour Oumma de la publication de ce thème important.
« guerre laïque des religions » … ??
La laïcité élevée au rand de dogme !
Pourriez-vous m’indiquer les lieux de culte de cette nouvelle religion ? Existe-il une association pour lutter contre la laïquophobie ?
La loi de 2004 est tranquillement entrée dans les moeurs, au grand dam des Tévanian, Bahri et autres Indigénes . L’extrémisme en l’espèce ne concerne que ceux qui la contestent - une poignée de gens qui ne comprendront jamais rien à la laïcité. Et qui ne pèsent rien dans la société Francaise, Dieu merci ! Bon, j’imagine qu’ Oumma.com les relaie par souci de la liberté d’expression....Noble pensée, qui va aussi permettre à ce message de ne pas être censuré, n’est-ce-pas ?
C’est dommage que la laïcité meure comme ça, bêtement. Pourtant, dans les pays arabo-musulmans, elle aurait permis d’apporter des progrès. Combien de morts en ce moment .. ?
La laïcité ? Ce débat en orient est surréaliste !
Que va-t-on faire pour que les chrétiens du moyen-orient, ceux qui vivaient là avant l’invasion bédouine, puissent encore habiter dans leur pays ?
Depuis dix ou quinze ans, l’émigration des chrétiens s’accentuent, en raison de menaces, de meurtres de prêtres ou d’évêques, ou d’attaques dans la rue...
Oumma.com réagira sans doute. Derrière ce problème : il y a de nombreux morts.
Il n’est plus question de séparation de la religion et de l’État quand un président en exercice se signe de manière ostentatoire et vante les racines chrétiennes de la France, et que son Premier ministre assiste à la béatification d’un pape...
... et quand des étudiants juifs passent leurs examens à des dates spéciales pour des raisons religieuses comme l’a révélé ce site très récemment. Deux poids, deux mesures. C’est vrai, la messe est dite pour filer la métaphore du titre.
Salam,
La laïcité, au sens où elle se définit elle même, n’a jamais existé, c’est une pure fiction. La laïcité n’est pas un contenant ou une coquille vide, c’est un ensemble de principes, d’obligations et d’interdictions, et qui a aussi des espaces sacrés (public) et profanes (privé). En ce sens, elle est une religion en compétition avec toutes les religions en contradiction avec ses principes. Le Christianisme et le Judaïsme ont abdiqué, l’Islam résiste encore. Et ce que les musulmans subissent est tout à fait normal.
La Laïcité a cru en finir avec les religions dès 1905, mais elle ne s’attendait pas à l’Islam. C’est normal qu’elle tâtonne de la sorte, puisqu’elle n’est pas universelle. Elle est le fruit d’un "accident de l’histoire" astucieusement et longuement préparé. Elle n’a pas vocation à s’appliquer à toutes les religions. Certainement pas à l’Islam.
Salam
Pr. Al-’Arabi
La laïcité nous permet a tous devant la loi, d’être égaux. C’est ce qui permet de vivre ensemble sans le dictat d’une autres pensée ou courant. La laïcité c’est comme une naissance, chaque enfant a droit ce qui lui est dû, mais dans le cadre de la loi. Un écart a gauche ou a droite et c’est la fin.
C’est vrai Judith ! Que de morts, en Egypte,en Irak, en Afghanistan, en Tchetchenie , en Libye, alors en Palestine n’en parlons pas !! Sont-ce les "bédouins" les responsables ? C’est ce que j’ai cru comprendre en lisant votre post. Me suis-je trompée ?
Rassurez-moi parce que ces "bédouins" dont je suis une des descendantes ne sont pas aussi nombreux pour s’insinuer comme le sable de leurs déserts : partout !
Vous avez de la boue à la place du cerveau pour soutenir une pareille ineptie ! Est-ce que sur un autre site vous auriez pris cette liberté ?
Salam
nous avons déjà enterré la laicité il y a déjà quelques années lorsque madame Nicole Guedj secrétaire d’Etat d’aide aux victimes dans le gouvernement de Chirac qui a affirmé aux journalistes venus l’interviewer qu’elle a eu du mal à imposer la nourriture CASHER mais qu’elle y est arrivée et elle a même fait mieux dit elle , elle a aussi imposé la VAISSELLE CASHER ,et aucun laicard n’en a dit mot , bravo la France Laïque
La Laïcité à la lumière de l’Islam
Ce papier est le fruit de recherches, lectures et traductions d’écrits théologiques, et plusieurs discussions avec nos frères et sœurs en Islam. Le thème de la recherche est la laïcité au regard de l’Islam. Cette recherche a commencé par un paradoxe : alors que les théologiens respectables montrent une ferme opposition à la laïcité, de nombreux musulmans vivant en Occident croient que la laïcité est parfaitement compatible avec l’Islam, et ce bien entendu sous l’égide de quelques penseurs musulmans. Ici et là, en effet, on prétend que le Coran fait l’éloge de la laïcité, l’Islam des lumières, etc. Il ne s’agit pas ici d’expliquer les raisons de ce paradoxe qui s’explique facilement par la pression que subit la communauté musulmane occidentale, mais plutôt de questionner à nouveau le concept de laïcité. La méthode suivie est simple : il s’agit de faire abstraction des prétentions des adeptes de la laïcité quant à sa définition et de voir concrètement comment ce concept de laïcité est mis en œuvre dans notre société.
Quel sens a posteriori lui donne-t-on dans notre société française en particulier ? Que dit vraiment le Coran à propos de la laïcité ? Est-elle vraiment compatible avec l’Islam ? L’Islam est-il condamné à devenir le clone de la laïcité ?
Nous verrons d’abord dans une première partie ce qu’on entend concrètement par l’idéologie laïque et ses conditions socio-historiques, ensuite nous l’analyserons à la lumière de l’Islam, le Coran en particulier, enfin nous tenterons d’éclaircir quelques idées reçues sur l’Islam et son rapport au politique.
La Laïcité…
L’idéologie laïque…
La laïcité est, selon le sens commun, « la séparation des Eglises et de l’Etat ». C’est un concept philosophique, politique et sociologique qui se représente le monde comme se suffisant à lui-même, et régi par des causes qui lui sont intrinsèques. Le monde réel est la source explicative du fonctionnement des sociétés humaines, des Etats et de la vie. Dans cette perspective, ces trois dimensions n’ont aucunement besoin d’une intervention extérieure au monde réel, d’une intervention méta-physique, au-delà de la nature physique ; et la religion ne fait pas exception à ces disqualifications. L’être humain se suffit donc à lui-même, peut penser et organiser ses affaires et créer ses principes par le biais de sa raison et de ses propres expériences, et n’a donc nullement besoin d’une voie préalablement définie pour conduire ses affaires. Tel est l’arrière fond idéologique du concept de laïcité.
…Et les conditions qui l’ont rendue possible
Bien que le concept de laïcité soit linguistiquement beaucoup plus antérieur, cette laïcité ainsi définie a pris forme intellectuellement en Europe, dans le sillage de la révolution française et sous l’ombre de la philosophie des « lumières » et positiviste. Cette doctrine avait pour objectif entre autre de faire face au pouvoir de l’Eglise catholique ; cette dernière avait en effet dépassé les limites assignées par le Christianisme lui-même : le salut de l’âme, le pouvoir n’appartient qu’à Dieu, il faut rendre à César ce qui est à César, etc. Dans le cadre de cette laïcité européenne, deux idéologies ont émergé : le courant matérialiste et athée préconisant la libération de la vie de « l’assujettissement » divin et de la foi ; le marxisme illustre cette idéologie. La deuxième idéologie est « croyante » en l’existence du Créateur de l’univers et de l’Homme, mais s’arrête là en préconisant tout de même l’émancipation de l’Etat et la politique du pouvoir de la religion ; Locke, Leibniz et Rousseau notamment illustrent cette idéologie. Ce sont donc des circonstances politiques et idéologiques (la remise en cause du pouvoir de l’Eglise catholique et la philosophie des lumières et positiviste) spécifiques à l’Europe qui ont conduit à la laïcité. Circonstances qui, à beaucoup d’égards, n’ont pas d’égal dans les pays officiellement islamiques. Principalement, la législation divine ne provient pas de l’Eglise ou bien d’un groupe religieux. Le législateur est Dieu, exalté Soit-Il, l’Unique. Et cette fonction n’appartient pas à une communauté religieuse, à l’image d’une Eglise absente dans les pays officiellement islamiques.
…Est dangereuse pour l’Islam et les musulmans…
Le Coran nous met en garde…
La séparation de la religion et du politique, normativement établie par l’idéologie laïque, et non sans conflits en France en 1905, est à notre sens non conforme aux enseignements du Coran. La laïcité nous dit que la religion ne doit avoir de domaine d’intervention que dans l’adoration et le culte, notions qui n’auraient de sens que dans la sphère strictement privée, voire même dans le for intérieur de chacun ; alors que la science et les scientifiques devraient guider la civilisation et le politique. Dans cette perspective le pouvoir législatif ne légiférera pas au nom de principes en l’occurrence islamiques, le judiciaire ne jugera pas non plus dans cette voie, ni même l’exécutif, c’est même le droit positif, droit en vigueur à un moment donné, qui devrait prévaloir, et non une législation qui trouve sa source « de l’extérieur ».
Or le Coran, n’ayant bien entendu strictement aucun problème avec la science , nous dit les choses suivantes : « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants », et il dit aussi que « ceux-là sont des injustes », et que « ceux-là sont les pervers » ; en effet, « qu’y a-t-il de meilleur qu’Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme ? » (Al-Mâ-ida, 44, 45, 47 et 50). Voilà pour ce qui est de la législation et du jugement. S’agissant de l’adoration, le Coran semble lui donner un tout autre sens : l’adoration ne se limite pas au culte, à la prière, par exemple ; sinon on devrait uniquement prier conformément à l’objectif en vue duquel le Créateur nous a crées : l’adorer. A vrai dire, l’adoration est beaucoup plus large que cela, recommander le bien et blâmer le blâmable – qualifiée d’ailleurs de « prosélytisme » -, se marier au nom de Dieu et de son messager (ç), aider les gens, bref prendre des positions islamiques en société sont autant d’adorations. De même que le « Dhikr », l’ « évocation », n’est pas seulement une évocation de Dieu dans le for intérieur ou des paroles répétées au bout des lèvres, mais aussi et surtout, lorsque nous sommes invités à commettre des turpitudes par quelque circonstance, nous prenons néanmoins des positions islamiques, fermes et courageuses, en se rappelant de Dieu.
Enfin, la Sharî’a n’est pas venue pour accabler l’être humain, mais est « miséricorde pour l’univers ». Le Créateur, exalté Soit-Il, Est mieux à même de savoir ce qui est bien et mal pour sa créature. La voie divine est destinée à notre faiblesse qui caractérise l’Homme, afin d’alléger notre fardeau passionnel : « Et Allah veut accueillir votre repentir. Mais ceux qui suivent les passions veulent que vous vous incliniez grandement (vers l’erreur comme ils le font). Allah veut vous alléger car l’homme a été crée faible » (An-Nisâ, 27, 28). Orgueilleux celui qui croit que sa petite raison, si « raison » il y a, pourrait lui suffire pour conduire ses propres affaires.
…Contre les agissements de la laïcité
Et il n’échappe pas aux esprits avertis qu’au travers de ces injonctions laïques, naturellement, des conséquences négatives peuvent porter atteinte aux sentiments religieux, en les diminuant voire en les sclérosant, et en favorisant d’autres idéologies relatives à la vision du monde et de la vie qui incitent au matérialisme et l’égarement dans les appétits instinctifs et frénétiques. Dans ce cadre, on constate déjà l’absence relative des principes spirituels et une certaine dislocation des valeurs au nom du progrès de la science et de la technologie. Pour quel résultat ? L’avilissement de l’homme. Véridique, en effet, celui qui a dit : « celui qui cherche la gloire auprès de quelqu’un autre qu’Allah sera humilié ».
Plus concrètement, la laïcité, ce Tâghût, contrairement à ce qu’on croit, n’est pas « neutre ». Elle fonctionne exactement comme une religion : elle a une morale contre l’ordre moral. Elle est exactement aussi normative que n’importe quelle autre religion. Elle possède son propre système de valeurs, ses permissions et ses interdits, elle a, elle aussi, une stricte séparation entre le profane et le sacré. Elle considère par exemple qu’il y a deux sphères « séparées », le public et le privé, dans la première nul prosélytisme et ostentation ne sont autorisés, l’expression religieuse n’est permise que dans la seconde sphère. Toutefois il faut remarquer que la frontière entre ces deux sphères n’est jamais très bien définie : hier, le voile a été interdit dans l’école publique, aujourd’hui on nous dit que le Niqâb est strictement interdit dans les rues, et peut être demain on nous dira que dans l’entreprise, étant une affaire d’intérêt économique de la Nation, on ne devra plus exprimer par quelque manière notre foi, ou bien pis encore !
L’Islam est fondamentalement incompatible avec cette façon de voir les choses. En Islam il n’y a pas de foi à deux vitesses, ou des endroits où l’on peut être musulman et d’autres pas : « Dis : "En vérité, ma Salat, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’Univers. A Lui nul associé ! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre." Dis : "Chercherais-je un autre Seigneur qu’Allah, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? » (Al-An’âm, 162-164).
Quelles sont les stratégies que la laïcité met en œuvre pour lutter contre l’Islam ? On peut, sans être exhaustif, dévoiler brièvement trois canaux par lesquels la laïcité exerce ses stratégies :
• Le savoir : nous avons à faire à une laïcisation du savoir transmis à nos enfants qui, dès le jeune âge, doivent subir un processus de socialisation où sont inculquées des valeurs, des normes, des manières d’être, de sentir et d’agir, fondamentalement laïques. Certes, ce processus de laïcisation ne date pas d’aujourd’hui, mais est de plus en plus exacerbé. Par exemple, le contenu du savoir est pensé de telle sorte à ce qu’on ne sensibilise pas les enfants à la question morale (réduite uniquement à sa dimension disciplinaire). On encourage aussi la mixité entre les sexes, comme si les enfants étaient asexués. A vrai dire, il faut bien que l’organisation des enseignements corresponde au contenu amoral. Quant à nos universités et nos résidences universitaires, des « soirées » et des mixités déconcertantes y sont organisées pour « s’épanouir » et « décompresser après les cours », drôles d’euphémismes pour ne pas dire débauche, dépravation ou débâcle !
• Les médias : les médias ont pour objectif entre autre de propager, tous azimuts, des perceptions décomplexées qui suscitent chez la jeunesse l’appétit de la turpitude à travers l’audiovisuel, comme les affiches publicitaires et films immoraux.
• Le droit : le droit, quant à lui, vise la législation et les sanctions normalisatrices. La législation doit impérativement, selon les laïcards, relever du droit positif, droit en vigueur à un moment donné, mais qui en vérité trouve ses sources dans les passions des individus. Dans ce cadre, toute tentative d’aspirer à une législation d’ordre religieux ou moral - de s’écarter de la « norme » - est d’emblée disqualifiée, à cet effet, toute porte est verrouillée.
Et malheur à celui qui oserait s’opposer à ce processus de laïcisation, car, du moins, s’il n’apparaît pas aux yeux des laïcards comme étant « ringard », on lui rétorquera volontiers qu’ « ici c’est la laïcité ». Comme si la laïcité était non seulement amorale mais aussi anti-morale. Par exemple, le fait de venir au lycée avec une jupe ou une poitrine à moitié nue, est toléré mais pas le voile. La morale laïque est effectivement contre l’ordre moral.
…Mais quelques questions demeurent en suspens
Lors des échanges que nous avions eus avec nos frères et sœurs en Islam, quelques remarques récurrentes et intéressantes nous ont été adressées. Voici leurs points de vue résumés :
« La laïcité est mieux à même de permettre une juste « coexistence pacifique » entre les religions, chose qu’une religion, si elle est au pouvoir, ne peut faire sans écraser les autres religions, voire même les courants minoritaires intra-religieux. Ce fut le cas lors de la fermeture de la porte de l’Ijtihâd, et la corruption des religieux par le pouvoir en place ».
Ce qu’il faut bien comprendre c’est que la laïcité est une religion qui est elle-même en compétition avec les autres religions. Elle n’est pas au dessus des religions, c’est juste une fiction qui lui permet de se maintenir au pouvoir. Et seules les religions qui agréent et suivent les fondements laïques peuvent s’entendre avec la religion laïque. En outre, l’Islam a posé les règles et lois qui garantissent les droits civils de tous dans un cadre islamique, l’Islam ne privilégie aucune « race », « religion » ni aucun « courant » devant la loi. Dans ce cadre islamique, tout le monde a droit à un égal traitement devant la loi. Quant aux injustices qui ont été commises par des hommes au pouvoir, il convient de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain : Il y a de nombreux théologiens classiques, comme As-Suyûtî, qui se sont opposés fermement à cette tentative de fermeture de l’Ijtihâd, et des théologiens contemporains font des efforts considérables pour servir l’Islam. Et après tout, « Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu’ils faisaient. » (Al-Baqara, 134).
« La laïcité ne pose pas les problèmes politiques d’un point de vue religieux, mais veille à l’intérêt général, le politique en effet vise l’intérêt des gens dans le bas monde, d’où la nécessité d’un pouvoir séculier, tandis que la religion le fait pour l’au-delà »
Ce point de vue ignore que l’Islam n’est pas seulement un ensemble de croyances, dogmes spirituels ou rites. Ce point de vue est généralement avancé par ceux qui luttent contre l’emprise des valeurs de l’Islam et du pouvoir religieux en jouant sur des fausses dichotomies : Religion / Etat, la vie / l’au-delà, pouvoir religieux / pouvoir politique. Et se proposent par la suite comme des réformateurs de ce que les religieux auraient corrompu. Il faut savoir que l’Islam est aussi une civilisation, qui veille au bonheur de l’être humain sur terre et dans l’au-delà. Le Législateur – exalté-Soit-Il - n’a pas laissé un seul domaine du bas monde, pas un seul moment de la vie, sans qu’Il ne Légifère là-dessus. Ainsi, toute la jurisprudence qui a été structurée et classifiée par nos juristes au fil des siècles visait cette fin : la famille, le droit civil, le mariage, la vente, droit de succession, le voisinage, le droit public, les relations internationales, le droit pénal, etc. Il n’y a pas un seul acte sans qu’il ne soit obligatoire, interdit, permis ou détestable…
« Pour nous musulmans français, la laïcité profite à nous temporairement, car si une religion était au pouvoir elle risquerait de nous asphyxier »
Ce point de vue est inexact, car islamiquement parlant, il est antinomique de croire qu’un ordre anti-islamique pourrait concourir au bien être des musulmans, et ce quelle que soit la durée d’exercice de ce pouvoir, a fortiori quand nous voyons que ce système n’est absolument pas prêt de se retirer ou de répondre aux aspirations des croyants. On peut même se poser une question : le Christianisme n’est-t-il pas plus proche de l’Islam que l’actuel ordre immoral ? N’avons nous pas avec les « gens du livre » une « parole » en commun ? Les pays qui ont tenté plus ou moins directement d’instituer une laïcité à l’occidentale l’ont fait avec oppression : En Egypte, le martyre Sayyid Qutb a été condamné à la pendaison car il estimait que le pouvoir Nassairien était anti-islamique. En Iraq, pour les mêmes raisons, le martyr Muhammed Bâqir Assadr a été exécuté par le pouvoir de Saddam. En Turquie, depuis que la majeure partie de la population a changé sa conviction en faveur de l’Islam et a délaissé l’idéologie laïque, on remarque que la laïcité, relativement désarmée, est désormais plus franchement un simple courant parmi d’autres. Enfin, nous devons tirer des leçons de ce qui arrive au Christianisme en France : des églises aux architectures historiques sont en train de se vendre à des vils prix, si elles ne sont pas démolies, les uns en font des hôtels et des habitations, d’autres en font des endroits incompatibles avec les valeurs de cette religion. Demain les églises n’auront peut être d’écho que dans le patrimoine de l’Unesco ! C’est ce que vous voulez pour les mosquées ?
Salam
Pr. Al’Arabi
Bahri m’étonne, or, l’étonnement est un moteur de réflexion. Son requiem est pourtant difficile à comprendre.
Que voudrait dire la mort de la laïcité ?
Ce concept est certes polisémique mais l’accord des esprits se fait sur l’idée qu’aucune religion ne pourra prendre le pouvoir dans un État pluriconfessionnel.
Reste encore à reconnaître leur pluralité et l’égalité des religions. Mieux encore à distinguer des rites religieux et des habitudes venues d’ailleurs. La burqa est un costume féminin qui ne rend pas compte de l’unité de la communauté musulmane, à la différence du sacrifice de l’aîd al-kebir.
Sans vouloir innocenter l’État français, n’est-il pas nécessaire de distinguer l’essentiel et l’accessoire si nous voulons rejeter toute guerre des religions pour des motifs dérisoires ? voire même éviter tout excès, facile à mesurer ?
Il faut allez jusqu’au bout de votre résonnement Pr. Al-’Arabi. Ce que vous appelez un "accident de l’histoire" est inscrit dans la constitution française, article premier.
Ce que vous appelez l’"abdication" du Judaïsme et du Christianisme n’est autre que la démonstration de la faculté d’adaptation et d’évolution de ces religions.
Vous apportez, vous, la démonstration inverse à savoir l’incompatibilité de l’islam avec les principes républicains. Si ces principes n’ont pas vocations, comme vous dite, à s’appliquer à toutes les religions il vous faut en tirer toutes les conséquences et appeler vos coreligionnaires à envisager d’autre cieux pour qu’ils puissent vivre leur foi loin de toute cette laïcité tant honnie.
Maintenant si vous préférez l’appel a « une guerre laïque des religions » c’est a vous de voir, mais cette guerre, c’est vous qui en porterez la responsabilité, du déclanchement et de ses conséquences.
1. Il est certain que la laïcité est en crise, parce que la formation d’un Etat neutre présupposait l’existence d’une communauté nationale prenant le relais de la communauté religieuse (en France : l’église catholique), comme l’a fort bien dit Pierre Manent (La raison des nations). Communauté nationale qui, en réalité, vivait sur le vieux fonds de valeurs chrétiennes.
2. Deux mutations capitales sont venues faire voler ce fondement de la société laïque :
3.L’Etat laïque fragilisé dans ses fondements à la fois par un effondrement de son socle national et par la contestation ethno-religieuse de l’islam, étranger à la culture française (il faut être farouchement anti-catho et démago comme Chirac pour trouver à la France des racines islamiques...tout en lui déniant des racines chrétiennes) est ainsi contraint de se maintenir au prix d’une "jactance" et de rappels au règlement (insignes religieux et port du voile) dont l’effet de stignmatisation envers la communauté musulmane est suffisamment dénoncé sur oumma.com pour qu’il soit nécessaire d’y revenir.
Mais on aurait tort d’enterrer trop vite la laïcité. La situation présente a en effet pour conséquence de doper dans l’opinion une sorte d’intolérance viscérale à tout phénomène religieux suspecté de mettre en danger la paix civile et dont les musulmans feront principalement les frais mais pas seulement eux. On n’est plus très loin du stade où l’on va demander aux catholiques de cesser les sonneries de cloches et les processions en ville pour faire bonne mesure avec l’interdiction faite aux musulmans de prier dans la rue. Il n’y aura plus que les homos qui pourront célébrer leur "religion" dans la rue (je crois en moi).
4.Certes, M. Sarkozy se donne du mal pour flatter l’électorat catholique qui sociologiquement vote plutôt à droite. Mais il ne faut pas s’arrêter à cet épiphénomène : l’UMP, comme le PS et la gauche, a viré à l’idéologie libertaire. Ce qui distingue la droite de la gauche, c’est que la gauche met plus nettement la pédale douce sur l’islam pour ne pas effaroucher son électorat beur alors que l’UMP est en pleine danse des sept voiles pour charmer l’électorat FN (débats sur l’identité, sur la laïcité et autres signaux républicains forts...). D’où un certain nombre de concessions que certains leaders de gauche ont pu faire à l’islam en dépit de la contradiction avec la laïcité comme par exemple des horaires spéciaux de piscine pour les femmes à Lille (Martine Aubry).
5. Ma conclusion est simple.
La laïcité est un concept républicain qui, comme les autres, ne peut fonctionner correctement et paisiblement que sur fond de culture chrétienne. L’éclipse du christianisme rend la laïcité incompréhensible aux Français de souche et plus encore aux musulmans qui n’ont pas les références pour en décrypter le sens (le logiciel islamique étant incompatible avec toute idée d’autonomie du politique par rapport au religieux).
Tout cela ne nous promet pas un requiem pour la laïcité mais de belles crises d’hystérie avec poussées islamophobes (du genre apéro-saucisson à la goutte d’or). Une société sans référence religieuse, hyper-libérale et hyper-amorale, loin d’être une société paisible, est une société où les affrontements sont radicalisés à outrance car tout devient cause de scandale. On le voit bien avec la multiplication des procès publics d’ordre moral comme à propos de cette affaire de quotas dans le foot.
Il est donc recommandé de garder la tête froide et de continuer de se parler au lieu de s’invectiver, en partant du principe que les gens de bonne volonté doivent veiller à la paix civile. Les pères de famille chrétiens doivent compter sur les pères de famille musulmans pour veiller à ce que les jeunes ne s’emballent pas. Et réciproquement. A la maison, on a depuis longtemps décrypté le FN.
Enfin, il doit bien y avoir quelque chose d’équivalent dans le Coran à ce qui est dit dans la Bible : tu dois être le gardien de ton frère. Non pas pour le fliquer, mais pour veiller sur lui, ce qui n’est pas la même chose. Je précise que le musulman est aussi un frère pour un chrétien, en humanité. Voir Charles de Foucauld. De quoi réfléchir à la signification du mot "fraternité" au fronton de nos monuments républicains...Si déjà on bannit la haine de notre vocabulaire politique, on aura fait un grand pas dans la compréhension d’une saine laïcité qui ne nie pas les droits de chacun à croire ce qu’il veut et à l’exprimer, mais aussi qui ne nie pas les droits de Dieu. Finalement nous vivons une époque fantastique : il va falloir rivaliser de sagesse...
Salam,
La laïcité, au sens où elle se définit elle même, n’a jamais existé, c’est une pure fiction. La laïcité n’est pas un contenant ou une coquille vide, c’est un ensemble de principes, d’obligations et d’interdictions, et qui a aussi des espaces sacrés (public) et profanes (privé). En ce sens, elle est une religion en compétition avec toutes les religions en contradiction avec ses principes. Le Christianisme et le Judaïsme ont abdiqué, l’Islam résiste encore. Et ce que les musulmans subissent est tout à fait normal.
La Laïcité a cru en finir avec les religions dès 1905, mais elle ne s’attendait pas à l’Islam. C’est normal qu’elle tâtonne de la sorte, puisqu’elle n’est pas universelle. Elle est le fruit d’un "accident de l’histoire" astucieusement et longuement préparé. Elle n’a pas vocation à s’appliquer à toutes les religions. Certainement pas à l’Islam.Salam
Pr. Al-’Arabi
Ne vous étonnez plus dès lors que les Français montrent quelques réticences envers une religion qui ne comprend pas les fondements immatériels sur lesquels se fondent leur société.
L’apprentissage de la laïcité vous est donc indispensable. A votre décharge il faut reconnaître qu’aucun des pays dont est originaire l’islam n’en connait la pratique on peut donc comprendre votre ignorance sur le sujet.
La laïcité permet à des citoyens de confessions différentes de vivre ensemble en se soumettant à une même loi qui n’est pas religieuse.
Dès qu’une communauté exige des lois différentes en vertu de sa religion, alors elle est anti-laïque.
L’islamiste revendiquant l’application des lois coraniques n’a rien à faire dans un pays laïque, et ils sont nombreux les pays dans lesquelles il peut vivre sa foi selon ses exigences.
Il lui faut donc quitter la France car sinon, et c’est ce qu’il fait, il y provoque la guerre.
C’est d’ailleurs souvent son but et il doit, en tant qu’être raisonnable, s’attendre à être battu s’il n’est pas majoritaire et/ou supérieur militairement.
Les pays à majorité musulmane ayant opté pour la laïcité l’ont ainsi toujours fait par la violence et la dictature.
Salam ’alaykoum wa rahmatoullahi,
Je suis étonné quand je lis certains commentaires, non seulement certains disant, je cite : "C’est dommage que la laïcité meure comme ça, bêtement. Pourtant, dans les pays arabo-musulmans, elle aurait permis d’apporter des progrès".
On marche sur la tête !
Combien de temps encore certains musulmans désireront un autre modèle que celui de l’islam et d’une société islamique ?
Combien faudra t’il d’humiliations supplémentaires, d’envahisseurs, de morts, pour qu’enfin tout musulman comprendra que le seul modèle viable est le modèle de la société islamique.
A l’image de ce que le Prophète(saw) avait pu mettre en place à Madina.
Il faut se réveiller !
Les soit-disant révolutions arabes, ne sont le fruit que de jeunes se révoltant contre la monarchie corrompue au pouvoir depuis des décennies ; mais qui malheureusement se trompe dans leurs espérances. Ils veulent la démocratie à l’occidental, où tous les interdits sont banalisés, où il n’y a plus aucune morale, où l’argent et la consommation sont les nouvelles idoles.
Il n’y a qu’à voir en Tunisie, après avoir "dégagé" Ben Ali, les laiquards de tout bord veulent imposer leur vision des choses, car ils ont peur de voir émerger une politique islamique juste et sincère. En Egypte l’armée a toujours le contrôle(on prend les mêmes et on recommence). Et en Libye, c’est la guerre civil. La Syrie prend la même voie que la Libye...
La laicité, c’est une religion, une religion qui veut écraser les autres religions(et particulièrement "la religion" qu’est l’islam). La laicité c’est la religion des athées.
Une fois les gens sont chrétiens quand sa les arrangent et une autre fois quand c’est pour contrer l’islam, ils deviennent négateurs.
Et c’est ce modèle de gens perdus et égarés que certains voudraient faire appliquer à tout musulman ?
Oeuvrez autant que vous pouvez, nous nous attendons, et nous sommes tous dans l’expectative !
Remarque citoyenne ...
En lisant les commentaires ci dessus , je vois que les musulmans ne peuvent pas s’adapter à la laïcité occidentale, d’ailleurs à part la Chine, je n’en vois pas d’autres ...
Requiem de la laïcité ? non la laïcité ne mourra pas ...
Tous ces musulmans qui ne se sentent pas bien en occident à cause de la laïcité, entre autres , se doivent de repartir en terre d’islam ...
Allez du courage ..les musulmans , vous voyez bien que l’europe n’est pas faite pour vous et ne sera jamais terre d’islam ...à part que vous cherchiez la confrontation ...
Bon vent ...
« Abdelmajid a dit :
Salam ’alaykoum wa rahmatoullahi,
Je suis étonné quand je lis certains commentaires, non seulement certains disant, je cite : "C’est dommage que la laïcité meure comme ça, bêtement. Pourtant, dans les pays arabo-musulmans, elle aurait permis d’apporter des progrès".
On marche sur la tête ! Combien de temps encore certains musulmans désireront un autre modèle que celui de l’islam et d’une société islamique ? Combien faudra t’il d’humiliations supplémentaires, d’envahisseurs, de morts, pour qu’enfin tout musulman comprendra que le seul modèle viable est le modèle de la société islamique. A l’image de ce que le Prophète(saw) avait pu mettre en place à Madina. »
Moi, j’ai franchement peur quand je lis ce type de message.
Djamel
Je suis assez d’accord avec Abdelmadjid sauf sur un point : la société islamique idéale de Médine.
Non seulement nous ne pouvons pas revenir en arrière mais le faire croire est faux, illusoire et même dangereux pour les musulmans pour la simple raison qu’il n’existe pas sur la Terre de 2ème Prophète Mohammed !.
A lui la Perfection et les Nobles Vertus, à nous les efforts pour s’en rapprocher ou du moins tout faire pour ne pas trop s’en éloigner.
Bernard LAIRE
"Si ces principes n’ont pas vocations, comme vous dite, à s’appliquer à toutes les religions il vous faut en tirer toutes les conséquences et appeler vos coreligionnaires à envisager d’autre cieux pour qu’ils puissent vivre leur foi loin de toute cette laïcité tant honnie."
Ce que vous dites est inexacte. Je n’ai pas de problème avec le vivre ensemble. En revanche la religion laïque a un problème fanatique avec l’Islam. Ce n’est pas aux musulmans de chercher d’autres cieux. Nous avons entendu l’appel à la foi et nous avons obéi.
Il faut oser dire ceci aux laïacrds : "si vous avez un problème avec la présence des musulmans dans ce pays, alors quittez-le". La France tolérante on l’aime ou on la quitte.
Je trouve honteux que vous posiez la question de changer de cieux uniquement du côté des musulmans. Mais qu’est ce donc que ce fanatisme et ce racisme banalisés ?!
Salam
Pr. Al-’Arabi.
Musulmane a dit :
"il n’existe pas sur la Terre de 2ème Prophète Mohammed !."
Oui, en effet, mais il est un modèle un suivre (ç).
Salam
Pr. Al-’Arabi
A Nanny
C’est pas correct de répondre de la sorte
a Judith.Elle évoque la situation des Chrétiens dans les pays Musulmans qui étaient là avant l’invasion Arabe et aujourd’hui sont menacés en Egypte,en Irak
etc.. Soyez honnête dans vos réponses,quand a la liberté d’écriture sur le site ,il n’est pas de votre fait.
Prenez encore une cuillère de pois chiche
c’est bon pour les nerfs.
@pseudo calife,
Judith est assez grande pour répondre elle-même et si elle ne répond pas c’est qu’elle est allée se cacher dans un coin parce qu’elle a honte de ce qu’elle a écrit.C’est tout à son honneur cela prouve qu’elle a une conscience.
Ce qui n’est jamais votre cas malgré les inepties ( qui se comptent en tonnes, pas en cuillers)que vous débitez.
D’où êtes vous allé chercher que les pois chiches étaient le remède souverain contre les nerfs ? C’est un remeède de votre grand-mère ? En tout cas félicitations elle avait beaucoup de science !
Salam, Pr. Al’Arabi
Une question.
Que nous proposez-vous ?
Merci.
Sous couvert d’un vernis juridique, votre analyse témoigne d’une profonde méconnaisance de ce qu’est la France.
Elle est, en cela, très inquiétante, sur la rupture qui s’opère entre les français de confession musulmane et les français qui ne ne le sont pas.
Lorsque vous prétendez qu’il ’n’est plus question de séparation de la religion et de l’État quand un président en exercice se signe de manière ostentatoire et vante les racines chrétiennes de la France, et que son Premier ministre assiste à la béatification d’un pape"
vous occultez et niez tout simplement, ce qu’est la France dans ses tréfonds identitaires, historiques.
Quant au CFCM, pensez-vous êtes crédible dans les reproches que vous adressez aux pouvoirs publics ?
Est-ce la faute des pouvoirs publics si les musulmans ne disposenet pas d’organe unitaire légitime, représentatif, type consistoire pour les juifs ou église(s) catholique et protestante pour les chrétiens ?
Cessez de vous victimiser.
Acceptez la réalité telle quelle est ; celle de la France et des français en particulier et de l’Europe et des sociétés non musulmanes en règle générale.
Salve
Anonyme a dit :
"Que nous proposez-vous ?"
Recommander le bien et blâmer le blâmable. N’adorer qu’un Seul Dieu, Allah, l’Unique et ne point Lui associer des Tâghût, ne point lui associer des divinités adorées en dehors de Lui, exalté-Soit-Il.
Ni plus ni moins.
Salam
Pr. Al-’Arabi
Pr. Al-’Arabi, votre discours est l’illustration parfaite et concoure grandement à ce que certains intellectuels nomment le concept Huntingtonnien avec tous les clichés qui l’accompagne :
L’Islam, religion parfaite dans tous les domaines, donc non perfectible sous peine « d’innovation ».
L’occident et la laïcité à la française « qui incitent au matérialisme et l’égarement dans les appétits instinctifs et frénétiques » ; les médias « qui suscitent chez la jeunesse l’appétit de la turpitude »
Non, décidément, ni la France ni l’Europe ni l’Occident qui reconnait la prédominance des lois, toujours perfectives, sur les prescriptions divines, ne sont fait pour vous. Le mode de vie ne vous convient pas, soit ; tirez-en les conséquences au plus vite.
Au nom de quoi voudriez-vous que le fanatique que je suis à vos yeux quitte la France ? Son mode de vie est le mien, je reconnais les lois de la république, la laïcité ne me pose pas de problème, mes croyances ne regardent que moi, j’exprime mes opinions librement. Si pour vous c’est du fanatisme prenez garde car vous êtes cerné de toute part par le fanatisme.
Bernard LAIRE ironisant :
"L’Islam, religion parfaite dans tous les domaines, donc non perfectible sous peine « d’innovation »."
L’Islam est une religion parachevée . Et n’accepte aucun ajout ni aucune omission dans sa législation.
Par exemple, toute Bid’a est une innovation mais toute innovation n’est pas une Bid’a. Un micro pour faire l’appel à la prière est une innovation, mais pas une bid’a. L’outil astronomique permettant de fixer la date du début du mois de Ramadan est une innovation, mais pas une Bid’a. Revoyez vos sources.
"Le mode de vie ne vous convient pas, soit ; tirez-en les conséquences au plus vite."
J’en ai tiré les conséquences. Je dois le réformer et sortir de mon statut de girouette dans mon pays. Je n’ai pas attendu la publication de l’article du frère Fouad pour écrire mon papier (il est écrit depuis plus d’une semaine).
Je suis déjà entrain de recommander le bien et blâmer le blâmable.
Je suis profondément conscient de l’existence d’une guerre massive contre l’Islam.
C’est une guerre beaucoup plus subtile, elle repose essentiellement sur l’information, l’idéologie et le langage ( sans oublier par ailleurs la barbarie bien sûr). Nous sommes en effet entrés dans l’ère de la "société programmée".
Et je rappelle que ce que les musulmans subissent est tout à fait naturel. Ils disent par leurs comportements qu’ils ont la foi alors ils doivent être éprouvés. Vous ne trouverez pas de changement dans la loi d’Allah. Ils choisissent de se purifier, soit ; Mais il doivent tirer conséquences au plus vite. Et ce n’est pas fini, il viendra peut être un jour où l’on nous demandera de quitter notre pays...à suivre.
Et si ma façon de tirer les conséquences ne vous plait pas, alors il ne me reste plus qu’à vous dire : vous avez votre religion laïque et j’ai la mienne.
Paix
Pr. Al-’Arabi
Je viens de me rendre compte que j’ai fait l’erreur d’écrire "Bernard" au lieu de Dominique. C’est un réflexe inconscient d’une lecture personnelle très récente de Bernard Lahire "La Raison scolaire. École et pratiques d’écriture, entre savoir et pouvoir".
Je m’en excuse.
Pr. Al-’Arabi
Pr. Al-’Arabi a dit.
Ni plus ni moins.
Un chouia léger, non ?
Si toutefois l’envie vous venait de nous en dire un peu plus, sur la manière de venir à bout de ce Tâghût, ensemble avec nos frères en humanités(croyants et mécréants), elle sera la bienvenue. Merci
Salam
Anonyme a dit :
"Que nous proposez-vous ?"
Recommander le bien et blâmer le blâmable. N’adorer qu’un Seul Dieu, Allah, l’Unique et ne point Lui associer des Tâghût, ne point lui associer des divinités adorées en dehors de Lui, exalté-Soit-Il.
Ni plus ni moins.
Salam
Pr. Al-’Arabi
En France on peut adorer les dieux que l’on veut et des idoles si cela vous chante.
Une religion n’est acceptable, dans le contexte de la laïcité, que si elle admet que toutes les religions se valent et que toutes sont également respectables. Il ne peut y avoir de hiérarchie, simplement un choix tout personnel.
L’humain a le droit de croire ou de mécroire et l’homme qui ne croit pas est l’égal en droit dans nos sociétés à celui qui ne croit pas.
Ce n’est que dans ces conditions qu’une religion entre dans le contrat social implicite de la laïcité à la française.
Par vos sentences comminatoires vous vous en excluez de façon tout à fait explicite. A vous d’en tirer les conséquences et ne demandez pas à la société française de changer. Elle ne le fera pas tant qu’une majorité ne le voudra pas.
Et puis qu’elle prétention de s’attribuer ici le qualificatif de prof !
Seriez-vous le pape que votre parole ne serait ici en rien supérieure à la mienne ? Vous êtes dans le prêche religieux et je suis mécréant.
Je vous laisser imaginer l’effet que cela peut avoir sur ma perception des choses.
Anonyme,
A question générale, réponse générale.
Voilà quelques précisions :
Ne pas empêcher les musulmans de construire leurs mosquées dans leur pays, n’interdire ni le voile ni la burqa des musulmanes dans leur pays, écouter les projets de réforme des français croyants (sans qu’on leur réponde "ici c’est la laïcité") ; sanctionner fermement tous ceux qui portent à la liberté religieuse.
Si la laïcité se définit elle même comme "coexistence pacifique des religions" alors je ne demande qu’à exister comme je suis et non pas tel qu’ils veulent que je sois.
En gros mon frère, ou bien ma sœur devrais-je dire : laisser les musulmans vivre en Paix !
Salam
Pr. Al’Arabi
Pr. Al-’Arabi ;
Vous convenez que votre objectif est de réformer mon mode de vie et vous choisissez l’appel à la guerre pour parvenir à vos fins. Continuez comme cela et vous finirez bien par l’avoir votre guerre. Souffrez cependant que votre appel ne soit pas entendu par tout le monde. Dans toute guerre il y a des résistants.
Je sais bien qu’il vous est enjoint d’appeler le monde entier à embrasser votre religion sous peine de faillite personnelle devant l’Eternel, c’est ce que pensent les bigots.
Pour le vivre ensemble que vous évoquiez, vous avez déjà précisé à qui il s’adresse : « avec nos frères et sœurs en Islam ». « Nous avons entendu l’appel à la foi et nous avons obéi ». Alors vivez ensemble.
« vous avez votre religion laïque et j’ai la mienne » dite-vous « Professeur » un peu court a mon gout. Quelqu’un comme moi, qui n’a même pas un baccalauréat était en droit d’attente de la part d’un « Professeur » une argumentation un peu plus intéressante. Je repose ma question :
Pourriez-vous m’indiquer les lieux de culte de cette nouvelle religion ? Existe-il une association pour lutter contre la laïquophobie ?
Pr El Arabi, vous avez déclenché un tir de barrage, vous avez rameuté tous les extrémistes de la laïcité. Heureusement qu’ils n’ont qu’un clavier entre les mains. Quelle violence, quelle haine contre quelqu’un dont le tort est de condamner ce qui est blamable.
Et cela se dit tolérant !
Je viens de me rendre compte que j’ai fait l’erreur d’écrire "Bernard" au lieu de Dominique. C’est un réflexe inconscient d’une lecture personnelle très récente de Bernard Lahire "La Raison scolaire. École et pratiques d’écriture, entre savoir et pouvoir".
Je m’en excuse.
Pr. Al-’Arabi
Professeur( ?), sachez qu’il est préférable de demander d’être excusé par l’interlocuteur que l’on craint d’avoir gêné, plutôt que de s’excuser soi-même.
Mais, étant donné votre nombrilisme, cette formule, toute tournée vers une certaine suffisance de soi, correspond mieux à votre sens inné du dialogue.
Je vous laisser imaginer l’effet que cela peut avoir sur ma perception des choses.
Le moins qu´on puisse remarquer c´est qu´il ne vous indiffère pas et que vous ne pouvez vous retenir de lui répondre. Et ne dites surtout pas que vous le faites par politesse. J´imagine que le site Oumma vous permet de vous défouler et c´est mieux ainsi, surtout si cela peut vous éviter la prise des antidépresseurs, des anxiolytiques ou autres joyeusetés. N´est-ce pas professeur Pancole. Comme je ne suis pas prof, je me permets de répondre à sa place et lui permettre d´éviter le troll que vous êtes.
En Allemagne, le titre de docteur ou de professeur précède systématiquement le nom de son propriétaire et c´est un droit reconnu par toutes les administrations publiques et privées. Ils ont de très bonnes raisons à cela, d´autant qu´ils sont le moteur fondamental et essentiel de toute l´Europe réunie. En France, je ne le sais pas mais le fait est que ce titre soit mérité et non objet d´un plagiat comme ce fut le cas pour l´ex-ministre de la défense allemand qui a du démissionner le mois passé.
(...)et l’homme qui ne croit pas est l’égal en droit dans nos sociétés à celui qui ne croit pas.
Comme vous devez être un prof qui nous la joue modeste, vous formulez une espèce de lapalissade (même pas drôle d´ailleurs) sans en donner l´air ou de prendre la peine de vous en excuser, occupé que vous êtes à regarder la bosse des autres. Un petit voyage au Sahel vous comblera et vous sortira du vide cosmique dans lequel vous végétez.
Pardon : je signe mais pas comme F. Fillon
djamel
Pr. Al-’Arabi a dit,
Si la laïcité se définit elle même comme "coexistence pacifique des religions" alors je ne demande qu’à exister comme je suis et non pas tel qu’ils veulent que je sois.
D’une part vous demandez à coexister pacifiquement dans un système laïque(sous condition égalitaire).
Et de l’autre vous faites appel à ne pas la respecter, parce qu’elle est Tâghût par essence ?
Donc, un mal pour l’humanité.
J’avoue que là, j’ai du mal à vous suivre Pr !
Ma question est celle-ci.
Comment pourrait-on ensemble abolir la laïcité ?
Un frère en islam qui cherche à comprendre. Merci
Salam
Dominique LAIRE,
Franchement je vous trouve un manque de sérieux. Vous connaissez bien ma position, et vous faites exprès de me faire passer pour un bourreau qui contraint les gens à adopter des croyances qui ont pour fondement la raison et la conviction.
Le mode de vie régnant dans mon pays n’est pas exogène, il est voulu. Des personnes et des institutions luttent en effet tous les jours pour instituer et imposer ce mode de vie que les croyants n’ont pas forcément choisi.
Tout ce que je souhaite c’est me donner le droit à la parole en tant que croyant, le droit de proposer des projets comme les laïcards le font par ailleurs. Je voudrais que les croyants puissent trouver leur place dans la société où ils vivent, qu’ils puissent s’épanouir sans être pourchassés sur les places publiques, que l’environnement soit plus propice à leur foi.
Par exemple, je souhaiterais qu’on laisse les musulmanes porter le voile, le Niqab, sans discrimination à l’emploi, qu’on ne raccroche pas le téléphone au nez d’une femme qui souhaite se faire accoucher par une femme, etc. Qu’on ne stigmatise pas les musulmans au travail quand ils veulent concilier foi et travail salarié, etc. Qu’on cesse ces vulgaires "lois de circonstance" émanant de la "religion civile", qu’on cesse ce tâtonnement laïcard qui fait obstacle à chaque fois que les musulmans s’épanouissent dans leur pays.
Vous avez votre vision du monde, dominante pour l’instant, et j’ai la mienne et je souhaite la promouvoir car j’y crois comme vous croyez à la vôtre. Vous œuvrez tous les jours au minimum avec complaisance à l’égard de ce système, et moi j’œuvre tant bien que mal pour le mien.
Voilà ce à quoi mène un débat avec des gens qui ne veulent pas discuter les idées : des apories : Vous avez votre religion et j’ai la mienne. Frustrant et regrettable.
Bref, excusez mois d’écourter. Je dois m’en aller.
Salam
Pr. Al-’Arabi
Pour tenter de contribuer utilement à la controverse engagée entre Dominique Laire et Pr. Al’Arabi, je voudrais vous donner ici la conception catholique de la laïcité telle qu’elle est rappelée en 2002 par le cardinal Ratzinger- futur Pape Benoît XVI : "Pour la doctrine morale catholique, la laïcité est comprise comme une autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique (ndr. "rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" dit Jésus) MAIS PAS PAR RAPPORT A LA SPHERE MORALE" (c’est le cardinal qui souligne lui-même).
Cette définition rejette donc, et les systèmes cléricaux ou théocratiques qui tiennent la société politique sous l’emprise exclusive du religieux, en déniant la liberté politique, la liberté d’expression et de conscience, et les systèmes politiques qui propagent ouvertement ou subrepticement (laïcisme)une idéologie tendant à exclure du débat public les croyants et les familles religieuses ou à disqualifier les citoyens sous prétexte que leurs idées seraient inspérées par leurs convictions religieuses (ce qui fut le cas des sociétés communistes).
Je rejoins donc dans ce forum les musulmans qui expriment une très forte réticence envers une société laïciste déniant le droit du croyant de s’exprimer et de vivre en accord avec ses convictions religieuses - pourvu que ce soit compatible avec les lois de la cité : et c’est là que l’islam, qui est prescriptif et juridique, peut poser des problèmes d’adaptation qui sont en réalité moins insurmontables qu’on veut le dire ou le faire croire -. J’ai la conviction qu’un(e) musulman(e) fidèle à l’intégralité de sa religion et homme/femme de sagesse peut vivre en paix dans cette société et y apporter une contribution féconde. Parce que si Dieu est Dieu, l’homme est rendu capable de participer à la Sagesse incréée du Créateur de toutes choses. Mais je rejoins les non-musulmans pour mettre en garde les musulmans sur le rejet du principe de laïcité, qui, dans une société où règne le pluralisme des convictions, est seul en mesure d’ assurer une certaine régulation de la vie politique. Nous ne devons jamais oublier que les fidèles (musulmans ou chrétiens ou autres) n’ont pas le monopole de la sagesse que Dieu dispense où il veut. Et malheureusement, les croyants de toutes religions ont aussi pu donner le témoignage de la folie et du fanatisme. Donc la laïcité n’est pas une valeur mais un principe "prudentiel" d’organisation politique.
Tout comme les musulmans, je trouve que la laïcité est moins paisible qu’on le souhaiterait. Cela est dû au fait qu’aujourd’hui même des principes qui tombent sous le sens naturel (protection de la vie de la conception à la mort, couple homme-femme...) sont remis en cause, la société ayant perdu tout repère permanent et transcendant. Ceci est un scandale, pas seulement pour les musulmans.De plus le libertarisme (idéologie prônant le relativisme éthique et la liberté individuelle absolue) est très intolérant et agressif envers les religions. Mais n’est-ce pas parce que Dieu fait peur à nos contemporains qui y voient une atteinte à leur liberté ? Ne nous appartient-il pas de montrer que c’est faux, chacun à partir de notre communauté respective qui ne doit pas être un ghetto ? Si en effet Dieu ne nous rend pas hommes et femmes amicaux, sages et raisonnables, alors nous sommes bien présomptueux de vouloir imposer notre religion aux autres !
Enfin, les musulmans se plaignent d’une stigmatisation mais ne se rendent pas compte des agressions quotidiennes subies par les chrétiens : la dernière en date étant l’exposition, comme "oeuvre d’art" d’un crucifix dans de l’urine humaine. Si l’islam était affronté au 10ème de ce que subit dans ce pays le christianisme, il y a belle lurette que, par exemple, la Maison de Radio France devrait être transformée en camp retranché par peur des attentats...
Je renouvelle mon appel...Pas facile la laïcité à la française, mais restons calmes ! Ce n’est pas la violence qui peut avoir le mot final. Ce qui l’ont soutenu comme Ben Laden entraînent le monde à sa perte. Je l’ai dit à propos de la Turquie (voir article en ligne):je crois que malheureusement une société islamique ne peut pas se remettre en cause au point d’admettre la laïcité. Du moins à court terme. Nous savons combien cette évolution a été longue et douloureuse en France. En revanche, les pays européens dont la France offrent aux musulmans un espace d’acclimatation de l’islam à la laïcité. Il serait très dommageable de rater ce qui est une chance d’évolution.
Je ferai enfin observer qu’au Liban, il y a eu récemment une manifestation pour la déconfessionnalisation de la politique. Très minoritaire, certes. Mais c’est un signe qu’il y a une aspiration à sortir de cloisonnements stériles. Car l’alternative est là : ou la laïcité, ou le confessionnalisme et le communautarisme. Avec tous ces défauts, la laïcité est la moins mauvaise des solutions. Non, l’heure n’est pas au requiem...
Anonyme,
Faites un effort alors. J’ai été clair : la laïcité n’est pas neutre ou une coquille vide, elle n’est pas la "coexistence pacifique" comme elle le prétend, sinon elle ne mettrait pas autant d’obstacles aux croyants.
Commençons par faire comprendre à la communauté des croyants que la laïcité est anti-islamique. Ce serait déjà un grand pas en avant pour la lutte contre un ennemi qui n’est pas perçu comme tel : la laïcité. Beaucoup de musulmans croient que ce système est neutre, beaucoup croient que le Coran fait l’éologe de la laïcité, etc...
Salam
Al-’Arabi
Al-’Arabi,
En somme vos revendications portent, pour les femmes, sur le port de voile et du Niquab en tout lieux, la réservation de personnel féminin dans le domaine médical ; pour les hommes, l’aménagement d’horaire dans les entreprises pour les prières et les fêtes. Le etc concerne, je le suppose, la fourniture de repas spéciaux dans la restauration collective, la construction d’une mosquée à moins de cinq-cents mètres de toute famille musulmane et une stricte observation de la non mixité. Dite moi si je me trompe.
C’est donc cela votre projet de société pour votre pays. Si la République vous répond NON, conformément à sa constitution (indivisible, laïque, démocratique et sociale), c’est pour vous une déclaration de guerre et vous vous sentez pourchassé sur la place publique. En somme vous exigez une adaptation du mode de vie à la française pour votre confort personnel sans jamais rien vous imposez ; sinon c’est une « capitulation » devant la laïcité comme l’on fait les autres religions.
Pour plus de facilité dans la victimisation vous assimilez le mode de vie, la constitution et les lois de la République à une « religion », qui de plus est manipulée par des « laicards fanatiques ». Car pour vous tout se résume à La religion qui doit avoir primauté sur tout le reste.
Il est permis, à mon sens, d’émettre quelque réserve sur votre projet car il est la négation d’une société égalitaire et laïque qui reconnaît la liberté de tous devant la loi à condition qu’elle n’empiète pas sur celle des autres. Il est également permis de s’interroger sur le sens réel de la spiritualité d’une religion dont les revendications portent essentiellement sur le paraître.
Pr. Al-’Arabi,
Mouais ! Merci quand même.
Salam
@Pr. Al-’Arabi
Il faut oser dire ceci aux laïacrds : "si vous avez un problème avec la présence des musulmans dans ce pays, alors quittez-le". La France tolérante on l’aime ou on la quitte.
Celui qui a un problème avec la France tolérante, c’est bien toi, puisque tu es contre la loi qui organise la tolérance et al liberté liée à la religion en France.
Donc la France laïque et tolérante, tu l’aimes ou tu la quittes. je te répondrais.
La tolérance ce n’est pas être laxiste avec des gens qui se montrent agressifs sociétalement avec leur religion, ou qui essayent d’imposer leurs normes religieuses intolérantes à la société française.
Le laxisme vous l’aimez bien quand il est à votre avantage, mais surtout pas vis à vis des autres.
Comme tous les ennemis de la laïcité, vous êtes des ennemis des libertés. Les libertés pour tous les français ne vous intéressent pas, vous ne cherchez qu’à pratiquer de façon privilégiée vos rites religieux sans tenir compte de la liberté, de l’égalité et de la fraternité des autres français.
La laïcité met tout le monde à égalité quelle que soit son opinion religieuse, et ça vous ne pouvez pas le supporter car vous importer une culture de domination de l’islam sur les autres opinons religieuses, culture pratiquée depuis 1400 ans par les empires musulmans. Donc c’est bien pour ça que vous dénoncez la laïcité , et vous essayez de vous victimiser, mais ce qui ne marche pas vis à vis de gens rationalistes,car la laïcité va à l’encontre du processus de domination islamique.
La laïcité posant des limites à la pratiques religieuse, pour protéger la liberté de ceux qui ne pratiquent pas et pour préserver la paix sociale (et donc in fine la liberté vis à vis des conflits religieux), ne vous permet pas aussi facilement que dans d’autres pays plus laxistes, de pouvoir imposer aussi facilement votre domination sociétale.
Donc je comprends que vous ayez une dent contre la laïcité, vu qu’elle contre vos buts intolérants. Mais je ne l’approuve pas.
Fouad Bahri a dit :
Les républicains devraient se réjouir. Nous n’avons jamais autant parlé de laïcité en France que ces dix dernières années.
Je suis républicain et je ne me réjouis pas.
C’est grave, docteur Bahri ?
Cordialement
la laicite telle que nous la connaissons sert surtout à permettre la destruction des valeurs sacrées quelles que soit nos confessions d’origine ; la laicité est donc devenue la religion de la mondialisation cabaliste, sans foi en Jésus-Christ, ni Loi selon les lois provenant du pure judaïsme ; quand on assiste à certaines émissions télévisées, on a droit seulement à l’intervention des psychologues sans avoir plus le droit de citer des passages de la bible, du coran ou autres.