Racisme : la petite musique française choque l’ONU

La postérité a fait de la France la patrie des droits de l’Homme. Un humanisme mythique dont on ne s’att

vendredi 13 août 2010

La postérité a fait de la France la patrie des droits de l’Homme. Un humanisme mythique dont on ne s’attendait pas, un jour, à ce qu’il renie ses valeurs intrinsèques pour faire retentir une petite musique lancinante, crissant comme un vieux crincrin exhumé d’un sombre passé.

Et pourtant, cette petite musique déroutante aux accords racistes sonores provient bien de la Ville lumière, et notamment du palais présidentiel où elle est savamment orchestrée. Une musique grinçante qui n’est pas du goût du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (CEDR), devant lequel la France devait rendre des comptes les 11 et 12 août derniers à Genève.

Déconcerté et pour le moins inquiet, l’aréopage d’experts, missionné pour passer au crible les cent soixante-treize Etats qui ont ratifié la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, ne l’entend pas de cette oreille et soumet la France à la question, celle du respect de sa Constitution, un fait suffisamment rare pour être souligné.

Vilipendée et épinglée, la partition bassement populiste de Nicolas Sarkozy heurte, choque et provoque l’ire des experts internationaux, qui réprouvent avec virulence la "recrudescence notable du racisme et de la xénophobie" dans le pays, désapprouvant tout aussi vivement le débat sur l’identité nationale, la déchéance de la nationalité, ainsi que la politique du gouvernement envers les Roms et les Français d’origine étrangère.

Loin d’un accueil en fanfare, la discordante petite musique française a donné lieu à un concert de critiques, mêlant à l’unisson les experts onusiens qui ont éreinté comme jamais les calculs à courte vue de Nicolas Sarkozy, et de nombreuses associations hexagonales.

Le CEDR rendra sa copie sur la "très préoccupante situation" de la France dans une dizaine de jours. Le Sarkozysme peut s’attendre à entendre une autre musique, celle des cloches que des experts en colère risquent de lui sonner...

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