Vendredi 31 October 2014
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Plaidoyer pour une éthique islamique en écologie (1/2)

Plaidoyer pour une éthique islamique en écologie (1/2)
fr
http://oumma.com/

Une réponse planétaire doit donc être apportée au danger du réchauffement climatique. Comme pour les autres traditions philosophiques ou religieuses, l’islam se doit d’être à la hauteur de ce défi d’un genre nouveau. L’objet de cette contribution est de proposer des pistes pour placer la question de l’écologie au centre de la pensée islamique d’aujourd’hui et d’engager les musulmans dans une prise en compte accrue des préoccupations de l’environnement dans leur vie quotidienne.

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Le changement
climatique constitue certainement le plus grand défi que l’humanité devra
relever au cours du XXIe siècle. L’espèce humaine dispose aujourd’hui de très
peu de temps pour renverser le cours d’une tendance qui menace son existence.
Les signes manifestes d’une planète malade ne manquent pas, et tout porte à
croire que les dysfonctionnements du climat généreront des catastrophes de plus
en plus brutales. La manière dont le monde gère aujourd’hui cette crise aura
des conséquences directes sur la vie des générations futures.

Une réponse
planétaire doit donc être apportée au danger du réchauffement climatique. Comme
pour les autres traditions philosophiques ou religieuses, l’islam se doit
d’être à la hauteur de ce défi d’un genre nouveau. L’objet de cette
contribution est de proposer des pistes pour placer la question de l’écologie
au centre de la pensée islamique d’aujourd’hui et d’engager les musulmans dans
une prise en compte accrue des préoccupations de l’environnement dans leur vie
quotidienne.

I – Un constat alarmant

A part quelques
personnalités ou groupuscules aux motivations obscures name="_ftnref1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1],
plus personne ne nie la réalité du dérèglement climatique et que c’est bien
l’activité de l’homme qui en est à l’origine. Le Rapport mondial sur le
développement humain 2007-2008
consacré à la lutte contre le changement
climatique et rédigé par les experts du Programme des Nations Unies pour le
Développement (PNUD) class=MsoFootnoteReference> style=';'>[2]
aboutit à des conclusions alarmantes : « il reste à l’humanité
moins de dix ans pour retourner la situation »
. Si rien n’est fait
dans les plus brefs délais, le monde entrera dans une ère d’incertitudes où les
foudres du climat auront pour les 40% de la population mondiale la plus pauvre
– soit environ 2,6 milliards de personnes – des conséquences apocalyptiques href="#_ftn3" name="_ftnref3" title=""> class=MsoFootnoteReference>[3].
A terme, c’est l’ensemble de l’humanité qui en subira les effets néfastes et
destructeurs.

Lors de l’une des ses
dernières réunions, le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur
l’évolution du climat qui regroupe 2500 chercheurs provenant de 130 pays et
dont l’ensemble des publications est soumis au consensus), auteur d’un rapport
détaillé sur la question en 2007, mettait en évidence que c’est, parmi les scénarios
qu’il avait élaborés, « le plus noir » qui se profile
désormais class=MsoFootnoteReference> style=';'>[4].
Entre 1990 et 2006, le monde a connu les treize années les plus chaudes depuis
1880, date qui marque le début de l’ère industrielle. Quasiment tous les
scientifiques reconnus du monde sont formels : le rejet et l’accumulation
des gaz à effets de serre, responsables du réchauffement de la planète, sont
beaucoup trop importants et sans la mise en œuvre de mesures draconiennes de
réduction, les températures moyennes mondiales risquent d’augmenter de plus de
5°C. Pour situer les choses, le rapport du PNUD indique qu’un tel différentiel
de 5°C correspond aux « changements de températures observées depuis la
dernière ère glaciaire, une ère où une grande partie de l’Europe et de
l’Amérique du Nord se trouvait sous plus d’un km de glace »

Face à ce péril, le
monde a commencé à prendre conscience de l’urgence d’une mobilisation.
Seulement, en dépit de tous les rapports et autres mobilisations, l’échec du
sommet de Copenhague censé prendre le relais du Protocole de Kyoto démontre
tristement que les responsables politiques actuels sont dans l’incapacité
d’étendre leur vision au-delà des échéances électorales. Pire, on assiste
aujourd’hui à une forme de régression en la matière du fait de la combinaison
d’une crise économique, qui relègue au second plan l’impératif écologique, avec
une offensive de groupuscules “climato-sceptiques“ aux pratiques peu
scrupuleuses class=MsoFootnoteReference> style=';'>[5].

Alors que le changement
climatique nécessite plus que jamais des actions d’envergure tant au niveau
local que national et mondial, la déception d’avoir échoué à Copenhague,
doublée d’un manque de volontarisme politique qu’illustre, en France,
l’annulation de la taxe carbone, sont des motifs suffisants de préoccupation.
Chaque jour qui passe complique davantage la tâche et considérant l’inertie et
le manque de courage des responsables politiques, il revient à la société
civile mondiale d’agir dans ce domaine. La gravité de la crise environnementale
nécessite, en effet, la mise en mouvement de toutes les composantes de la
société, dont les communautés religieuses. C’est dans ce cadre que les
musulmans ont le devoir d’apporter leur contribution à la sauvegarde d’une
planète à la santé si fragile.

II – L’écologie,
une préoccupation première de l’islam

Cette contribution
doit d’abord se faire à partir d’une relecture des sources premières de
l’islam. En effet, il n’est pas souhaitable que les musulmans soient à l’écart
de ce mouvement global destiné à sauver la planète d’une détérioration annoncée.
Depuis quelques années, certains penseurs ont ainsi mis en évidence l’urgence
d’une acceptation plus profonde de la dimension écologique dans les objectifs
supérieurs de la Législation (Mâqasid Ash Shari’a). Cette nouvelle
tendance, même timide, mérite d’être débattue, approfondie et diffusée le plus
largement possible.

Dans ce cadre, il
faut d’abord rappeler que la préoccupation de l’environnement et le respect de
la Nature sont au cœur des principes islamiques. Les exemples sont légion où le
Prophète Mohamed (Saw) interpellait ses compagnons quant au caractère sacré de
la Nature qui les entoure. Dans un célèbre hadîth, le Prophète, passant
près de Sa’d ibn Abi Waqqâs qui faisait ses ablutions, l’interpella au sujet du
gaspillage que ce dernier faisait de l’eau. Surpris, celui-ci demanda
alors : « Y a-t-il gaspillage même dans les
ablutions » ?
Et le Prophète de répondre : « Oui
et ce, même en utilisant l’eau courante d’une rivière » name="_ftnref6" title=""> class=MsoFootnoteReference>[6]
.
Ce refus du gaspillage, comme, en d’autres endroits de sa Sîra, son
intérêt pour la préservation des arbres, des animaux, des récoltes et de tous
les autres éléments de la Nature – même en temps de guerre – donnent la mesure
du respect de l’environnement dans la tradition islamique qui devient ainsi un
principe premier devant réguler les comportements humains. L’universitaire
Tariq Ramadan relève, à juste titre, qu’ « il ne s’agit pas d’une
écologie née du pressentiment des catastrophes (qui sont engendrées par les
actions des hommes) mais d’une sorte d’“écologie en amont“, qui fait reposer
les rapports de l’homme avec la nature sur un socle éthique associé à la
compréhension des enseignements les plus profonds » name="_ftnref7" title=""> class=MsoFootnoteReference>[7]
.
Au bout du compte, les préoccupations des deux écologies finissent par se
rejoindre même si leurs sources diffèrent.

De même, rappelons
que la Révélation est parsemée d’occurrences invitant à la contemplation et à la
méditation des signes. Le Coran est articulé autour d’une pluie de références
enseignant que tous les éléments de la Terre se prosternent, l’homme et la
nature communiant dans cette dévotion : « Et c’est devant Dieu que
se prosternent, bon gré mal gré, tous ceux qui sont dans les Cieux et sur la
Terre, ainsi que leurs ombres qui s’inclinent devant Lui matin et soir href="#_ftn8" name="_ftnref8" title=""> class=MsoFootnoteReference>[8] ».
Signe révélateur de l’importance des éléments de la Nature au sein de la
philosophie islamique, le titre de nombreuses sourates (chapitres) du Coran
renvoient à l’écosystème qui entoure l’humanité : La « Vache »,
les « Bestiaux », « L’éléphant » pour les animaux ; le
« Soleil », « L’étoile », la « Lune » pour ce dont
regorge le cosmos. La rivière de « Kawthar », le mont « Tour »,
le « Tonnerre », le « Tremblement de terre », la
« Caverne » comme éléments naturels, l’« Argile », le
« Fer » comme matières premières, etc.

La Terre est ainsi
considérée comme un dépôt (amana) dont l’homme à la responsabilité de
gérer dans le cadre d’une interdépendance harmonieuse. En définitive, on
constate que le rapport du croyant avec la Nature ne peut être fondé que sur la
contemplation et le respect : « Dans la création des Cieux et de
la Terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans les vaisseaux qui
sillonnent la mer, chargés de tout ce qui peut être utile aux hommes ; dans
l’eau que Dieu précipite du ciel pour vivifier la terre, après sa mort, et dans
laquelle tant d’êtres vivants foisonnent ; dans le régime des vents et dans les
nuages astreints à évoluer entre ciel et terre ; dans tout cela n’y a-t-il pas
autant de signes éclatants pour ceux qui savent réfléchir ? name="_ftnref9" title=""> class=MsoFootnoteReference>[9] »



name="_ftn1" title="">[1] 
L’heure du choix, Hervé Kempf, Le Monde, 21 février 2010. Auteur de
plusieurs ouvrages qui traitent du réchauffement climatique, l’auteur est
journaliste au Monde chargé des questions d’écologie. Cf. également, Plus
de 600 scientifiques, s’estimant dénigrés, réclament l’organisation d’un
vrai débat sur le climat
, Le Monde, 9 avril 2010.

name="_ftn2" title="">[2] 
Rapport mondial sur le développement humain 2007-2008 édité pour le
Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), 2007, 1 UN Plaza New
York, 10017, USA.

name="_ftn3" title="">[3] 
Alors que les nations riches sont responsables de la grande majorité des gaz à
effet de serre, ce sont les pauvres de la planète qui devront payer le prix le
plus élevé du changement climatique. C’est cette situation inique qui fait dire
à l’archevêque Sud-africain Desmond Tutu que nous nous dirigeons vers un “Apartheid“
en matière de crise écologique. Parmi ceux qui subiront de plein fouet ces
répercussions, on trouve beaucoup de pays à la population majoritairement
musulmane. Les cas les plus aiguës se concentreront dans des pays comme le
Bangladesh ou l’Indonésie où les cyclones, couplés avec les effets de la
déforestation, risquent d’engendrer des difficultés insurmontables. Cf. Au
Bangladesh, les premiers réfugiés climatiques
, Le Monde Diplomatique, Avril
2007.

name="_ftn4" title="">[4] 
Le plus noir des scenarios climatiques se profile, Le Monde, 13 mars
2009.

name="_ftn5" title="">[5] 
Rappelons qu’un équilibre est possible entre croissance économique et respect
de l’environnement. Ainsi, les pays de l’OCDE ont, à travers l’Agence
internationale de l’énergie (AIE), adopté la devise des « trois
E »
, c’est-à-dire la sécurité d’approvisionnement (Energy
security of supply
), l’efficacité économique (Economic efficiency)
et la protection de l’environnement (Environment protection) « sans
sacrifier un objectif aux autres »
. Cf. “Les grandes batailles de
l’énergie“
, Jean Marie Chevalier, Editions Gallimard, 2004.

style='font-size:10.0pt;'>[6] 
Hadîth rapporté par Ahmad et Ibn Majah.

name="_ftn7" title="">[7] 
“La réforme radicale : Ethique et libération“, Tariq Ramadan,
Presses du Châtelet, Paris, 2008.

name="_ftn8" title="">[8] 
Sourate Ar Ra’d, (Le Tonnerre), Verset 15.

name="_ftn9" title="">[9] 
Sourate Al Baqara (La Vache), Verset 164.

A suivre...

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Commentaires

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0 points

Comme beaucoup , Nabil Ennasri tombe dans cette erreur invraisemblable de confondre l’Islam comme religion divine , et de ce que font les musulmans ! Comment un intellectuel musulman puisse dire cette énormité ( l’islam se doit d’être à la hauteur de ce défi ) Si cette phrase à été dite par un non musulman on peut le comprendre et lui pardonner son ignorance , mais par un musulman , c’est impardonnable ! C’est aux musulmans d’être à la hauteur de relever les défis pour sauver et préserver la planète comme l’Islam nous le recommande ! Reporter sur l’Islam tout ce qui est fait par les musulmans est un blasphème !

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Lors de la première enquête que j’ai faite sur l’islam en Turquie, le directeur d’un lycée franco-turc en Asie m’avait dit : Si votre enquête portait sur l’écologie, vous auriez été reçue comme une princesse, la religion est un domaine trop dangereux.

La terre semble moins fragile que les hommes alors même qu’il s’agit de la terre des hommes, un univers de signes comme le dit si bien Nabil Ennasri.

Les climats sont pour tous les êtres humains et la mondialisation nous y rend sensibles. L’hyperactivité des blancs dégage tant de gaz carbonique si dangereux pour la planète…

L’angoisse ressentie alors est l’occasion d’une réflexion profonde sur notre propre responsabilité. Nous sommes les gérants de notre planète. L’allongement de notre espérance de vie ne saurait nous faire oublier que nous sommes mortels et que nous devrons rendre des comptes.

Le souci d’une éthique universelle a ce sens.

Cordialement.
Liliane Bénard

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salaam Nabil
merci pour cette contribution...qui n’est "malheureusement" pas nouvelle.

Cette préoccupation première est évidente, et peut importe qu’elle soit issue du religieux ou de la conscience humaine, car le dire c’est bien, mais le faire c’est mieux.

Nous nous heurtons aujourd’hui à "l’islam-concept" : "on" fabrique à posteriori des concepts -vrais par ailleurs- (engagement, entre aide, écologie, etc) et "on" se satisfait de leur énoncé.

Alors que tu sais très bien qu’entre dénoncer par exemple l’état sioniste et la campagne anti agrexco, il y a la différence de la mise en œuvre d’un projet.

Aujourd’hui, la mise en œuvre fait défaut.

Alors, au delà de la véracité de ton analyse, j’espère que tu ne vas pas faire des concepts (à la pelle), mais plutôt rester dans le pratico-pratique.

Ne faisons pas semblant de re-découvrir l’islam chaque jour...

merci et excuse moi.

Abdelmalik de Grenoble

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Salam aleykum AbdElmalik,

Pour te répondre (et répondre à d’autres), sache que ce n’est que la 1ere partie de mon analyse qui est publiée ici. La 2e partie (plus longue, plus profonde et qui porte des propositions audacieuses) sera publiée dans qqs jours incha’ALLAH.

Je rejoins aussi le commentaire profond de Liliane Benard.

Fi amaniLAH.

Wa salam.

Nabil.

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Il convient de préciser un certains nombres de points concernant les changements climatiques et ses conséquences :

1) Pour l’instant il y a une controverse sur l’origine du réchauffement climatique, il n’est pas sûr que les activités humaines en soient responsables. Je conseille les excellents articles de Claude Allègre sur le sujet.

2) Les changements climatiques n’ont jamais cessé, il faut accepter que le climat change. On a du mal à se l’imaginer mais l’Europe fut un glacier géant pendant plusieurs siècles.

3) Il faudra à un moment se tourner vers l’espace, les ressources terrestres étant limitées et les besoins humains devenant infinis, il faudra trouver de nouvelles sources d’énergies et de matières premières. L’espace pourrait ê pour l’humanité ce que l’Amérique fut pour les colons européens. Les premiers arrivés seront les gagants.

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@Nabil

"A part quelques personnalités ou groupuscules aux motivations obscures ... que c’est bien l’activité de l’homme qui en est à l’origine."
Pour vous Claude Allègre, Prix Crafoord, a des motivations obscures ?

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As slm alkm wa rahmatoulAllah,

à "Mouslim"...

J’ai une question akhi, ta remarque est-ce tout ce que tu as retenu du texte du frère ?

Je tenais à encourager Nabil qui a mis le doigt sur un sujet dont on a tous conscience mais qu’on néglige très souvent malheureusement.

Fraternellement,

Ma3a salama

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@ karima ! Oui ma soeur j’ai tout lu , mais j’ai relevé quelque chose qui est pour moi primordial ! Si les musulmans eux même confondent Islam et musulmans , alors que dire des non musulmans ! Par contre son analyse et ces remarques ; que je sois d’accord ou pas avec lui importe peu ! chacun est maitre de ses opinions ! Mais ce qui me désole comme musulman , c’est pourquoi on parle aujourd’hui de l’écologie comme si c’est un phénomène de mode , alors qu’il y à plus de 14 siècles que notre prophète ( sbsl) nous l’a ordonner ainsi que Allah dans le coran ! salamo allahi ’alayki chère soeur karima

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@Mohamed Mathémagicien,

Ca m’étonne de votre part ( qui parlez souvent de science) et là vous citez Allègre.
1-Allègre, n’est pas en mesure de parler de changement climatique. Ses positions sont celles des politiques, pas de scientifiques.
 les données qu’il site,sont hors propos.
 On ne sait pas encore très bien l’influence qu’a l’homme sur le climat, mais il y en a bien une. d’ailleurs, des scientifiques ont démontrer cette influence avec l’aide du soleil( les cycles solaires,un peu compliqué à expliquer ici).

j’ai des collègues, quand on leur cite Allègue ils sursautent,tellement ses arguments sont pseudo scientifiques.

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D’après l’islam, l’homme a le droit de tirer profit des ressources qui se trouvent sur terre. Cependant, il a aussi le devoir de tirer profit de ces ressources de façon modérée. Cette modération que doit observer l’homme, l’islam l’envisage par rapport à la spiritualité (pas de chose qui mettrait en péril le lien que l’homme a avec Dieu), par rapport aux règles éthiques (pas d’excès qui serait contraire aux considérations essentielles de l’homme dans sa raison d’être sur terre), par rapport à la société des hommes (pas d’excès qui ferait de l’homme un être égocentrique et sans pitié pour ses semblables), par rapport, également, aux autres créatures qui partagent avec l’homme la vie sur la planète bleue, par rapport, aussi, aux ressources mêmes de cette planète.

Attention, l’islam ne dit pas, à l’instar de certains religieux en Europe du Moyen-Age ou de la frange écologiste radicale d’aujourd’hui, que le progrès technologique serait en soi une mauvaise chose. Au contraire, l’islam dit que le progrès technologique est tout à fait possible en soi, mais enseigne de plus que les hommes doivent orienter l’application de la technique par des limites éthiques et juridiques.

L’islam veut un progrès qui tienne compte de tous les aspects de la vie humaine, et non pas un progrès à n’importe quel prix. Non pas le progrès pour le progrès, quel qu’en soit le coût éthique, spirituel, social, sanitaire, écologique... En islam, les limites et orientations communiquées par la révélation entendent justement permettre la prise en compte de tous ces impératifs et la réalisation d’un équilibre.

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Il existe une très simple manière pour que les Musulmans agissent avec un pouvoir immense sur le réchauffement de la planète. Il se trouve que le pétrole (qui génère directement ou indirectement la fameuse chaleur) vient principalement de pays Musulmans. Il leur suffit de réduire drastiquement la production, quitte à vivre de manière frugale, comme dans les temps anciens. Ils ne le feront pas. Quelques soient les raisons. Et ils en trouveront de très rusées.

Que la planète se réchauffe, cela est très possible. Encore une fois, il s’agirait de la production industrielle mondiale, dont le combustible est... devinez ? Le pétrole. Or, tout le monde sait que cette source d’énergie va aller en se tarissant. D’ici 10 à 20 ans, on va organiser la pénurie, pour n’utiliser le pétrole que dans des situations stratégiques et bien définies. Finis les boeing 747 sillonnant les cieux, finis les usines en production à flux tendu, finis les embouteillages sur les routes du monde etc etc... Eh bien, du coup, le réchauffement s’arrêtera de lui-même. Donc, il suffit de patienter.

Au passage, lorsque le pétrole sera vraiment rare et rationné, je vous laisse alors deviner l’état des pays Musulmans pétrolifères : à mon avis, il y aura toutes les armées d’Occident et de Chine autour du moindre puits. Nous les regarderons de loin à l’ombre de nos tentes. Car comment leur faire la guerre, si nous n’aurons plus rien de rien ? On pourra résister avec des sabres. OK.

Dernier élément de réflexion.
Dans 50 ans environ, il n y aura plus de pétrole. Nous serons alors de 10 à 12 milliards d’individus sur Terre. Et sans pétrole pour nous aider !!!! On fera quoi alors ? Et ça, c’est une catastrophe annoncée, incontournable, et in-négociable. A ce moment là, lorsque chaque Homme sera devenu un loup pour chaque Homme, le réchauffement de la planète (qui se refroidira faute de combustible) nous paraîtra comme un doux problème.

Dieu nous a mis sur cette planète avec, à priori et jusqu’à preuve du contraire, une entière responsabilité, livrés à nous-même. Alors, nous rendrons de bien sombres comptes...

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Je ne pense pas du tout que les Musulmans devraient agir spécifiquement contre le réchauffement climatique.

Tel n’est pas le rôle d’une religion qui doit spécifiquement nous conduire vers Dieu.

C’est un paradoxe qui ne veut pas dire que l’écologie n’a pas de sens. Elle en a un pour préserver la planète et réduire les risques encourus par tout être humain. Il n’y a ni une écologie musulmane, ni une science musulmane. Seuls des savants croyants peuvent établir des relations parce qu’ils sont scientifiques et croyants.

Ne demandons pas à tous les croyants d’être scientifiques mais prenons conscience de notre nullité en sciences sans complexe. Ce n’est pas parce que nous sommes croyants mais parce que la science est une spécialité en devenir comme la croyance, différente aussi des arts et des religions.

Cordialement.
Liliane Bénard

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@Mouslim, Karima :

Le mot "Islam" ici n’est que synonyme de communauté musulmane et non pas de religion en tant que telle. Arrêtons de créer des amalgames là où il n’y en a pas. La langue française est riche et subtile. Malheureusement, pour certains il faudrait appeler un chat, un chat wAllah 3alim. Dommage !

Wa slm

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Sami, la principale émission de gaz carbonique due aux activités humaine n’est pas le pétrole, comme vous le dites, mais le bon vieux charbon, et cette part du charbon ira en s’accentuant. D’autre part, le gaz carbonique n’est pas le principal fautif dans l’effet de serre supposé. Le principal est le méthane et sa source principale est l’élevage intensif (et plus qu’intensif, industriel). Alors on voit bien que sur tous ces plans, la responsabilité de l’Islam comme religion de pays producteurs de pétrole, n’est pas engagée ou du moins pas en première ligne. Ensuite, bien sûr la validité du modèle théorique reste à confronter au réel. Ce n’est que dans vingt ou trente ans que l’on pourra vraiment départager les vues de gens comme Allègre de celles de la responsabilité humaine d’un réchauffement. En effet, il y a deux questions en une dans cette vaste controverse : 1) y a-t-il un réchauffement et à quelle échelle de temps, & 2) l’activité humaine en est-elle la cause. J’ajouterai une troisième incertitude, sans doute la plus importante, celle de la possibilité humaine de lutter contre un changement climatique.

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Merci mon frère pour cet article dont nous attendons la suite insha’Allah.

Ce n’est pas parce qu’une chose est a la mode qu’il faut s’en écarter. L’environnement nous concerne tous et fut longtemps négligé par les penseurs musulmans, alors qu’il est au coeur de notre belle religion. La pratique et l’engagement suivront insha’Allah mais encore faut il qu’une prise de conscience s’opère et celle-ci est loin d’être acquise.

Assalamou ’alaykoum

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Je reste convaincu que les solutions viendront de la technologie : voitures moins polluantes, immeubles écolo, nouvelles sources d’énergies, etc.

PS : Je sors du sujet, je voudrais demander aux administrateurs d’oumma.com, pourquoi vous ne traitez pas l’actualité brûlante du moment : la crise grecque et la fin possible de l’euro ? Sur ce site il arrive que l’on couvre des faits qui se déroulent au Proche Orient, en Arabie Saouidte ou aux USA, mais ce serait bien que l’on débate de ce qui se passe dans... notre pays.

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Waglioni,

En effet, le pétrole ne serait pas la seule et principale cause.

Au-delà de ma boutade proposant que les pays Musulmans cessent la surproduction de pétrole (ce que l’Occident ne permettra de toutes façons pas), il reste bel et bien que la future catastrophe qui nous pend au nez, c’est la démographie galopante intrinsèquement liée à une pénurie énergétique incontournable.

Comment nourrir une douzaine de milliards d’individus, s’il faut dans le même temps diminuer l’élevage super intensif, s’il faudra diminuer la combustion de charbon et de pétrole ? Qu’on le veuille ou non, la question démographique ne pourra être un tant soit peu maîtrisée que si nous disposerons d’une énergie abondante.

Bref, nous allons de Charybde en Scylla.

N’oublions pas que la question du réchauffement climatique a été surmédiatisée par le film de Al Gore. Or, personnellement, dès que je vois que les Américains se mêlent d’un truc (même si paradoxalement ils ont saboté Kyoto), je me mets à me méfier comme de la peste. Un ami me rappelait ceci :

C’est comme si on nous préparait à comprendre que quoi qu’on fasse, il faudra sacrifier une partie de l’Humanité, parce que nous serons trop trop trop nombreux, pour pas assez d’énergie. Catastrophiste ? Peut-être. Mais c’est bien Kissinger, le sinistre ex Secrétaire d’Etat Américain qui disait : "le monde a(vait) besoin d’un génocide bienveillant"... Tout un programme !

Donc, à prendre avec des pincettes, cette histoire de réchauffement, et surtout essayer de voir ce qu’elle "cacherait".

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La montre

Un occidental, à l’occasion d’un voyage d’affaires en Afrique, avait abouti dans un village où il avait commencé une longue discussion avec le marabout.

Ce dernier restait silencieux tandis que l’occidental exposait avec force détails le tableau de ses inquiétudes passées et présentes.

Le marabout lui dit :

— Ami, tu as une belle montre.

En effet, l’occidental avait une belle montre.

Celui-ci continua de parler de ses activités, des perspectives de développement de la région dans laquelle il se trouvait, de la difficulté de nouer des contacts durables avec les gens du cru.

Le marabout lui dit :

— Ami, tu as une belle montre.

Intrigué, l’occidental se demanda si le marabout ne souhaitait pas posséder la montre. Pourtant, semblant oublier cette question aussi vite qu’elle avait surgi en lui, il se mit à commenter le coucher de soleil et à le comparer avec ceux qu’il avait vu en Europe.

Le marabout lui dit :

— Ami, tu as une belle montre.

— Elle est très belle, en effet, et elle coûte très cher. En souhaiterais-tu une identique ?

Le marabout sourit en faisant non de la tête.

— Ami, tu as une belle montre mais tu n’as pas le temps. Moi, je n’ai pas de montre, mais j’ai le temps.

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Sami, l’élevage super intensif (selon votre heureuse expression) n’est certainement pas la solution, puisqu’il y faut quatre fois plus de surface cultivée que dans un cadre végétarien. L’Islam peut donner une voie végétarienne. Le jeûne du Ramadan pourrait être végétarien comme il l’était pour le Prophète. Et de là passer pour le reste de l’année à une consommation modérée de nourriture carnée, pour ceux qui ne peuvent s’en passer, mais avec forte incitation à s’en passer, tout comme le Coran nous le prescrit, tout comme d’autres textes sacrés nous le prescrivent.

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Waglioni

bien d’accord avec vous.

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A Karima,

L’auteur n’a pas du tout mis le doigt sur un "nouveau" sujet, beaucoup de frères et soeurs travaillent depuis un moment sur le sujet.
Il suffit de taper islam et écologie, et vous verrez bien que ce sujet n’est pas du tout nouveau.
Mais audela de ce "constat alarmant", le dernier film de Coline Serreau tente justement de proposer des solutions peut-être locales et éparses mais je pense que c’est la piste d’une vraie solution intelligente, ce n’est pas un travail pour les politiques économiques et stratégiques même si certains se servent au passage de cet effet de mode, mais c’est à l’Homme de prendre conscience de la souffrance, la négligence et le non respect de ce que Dieu nous a légué et prêté. Voir la Sourate 99. Chacun est responsable de ses actes, et le musulman l’est encore plus car le Coran et sa Sunna sont sources de mille recommandations vis-i-vis de la Terre. Donc on pourra pas dire qu’on ne savait pas. Le savoir est un devoir et un devoir que chacun peut mettre en pratique dès qu’il se lève le matin pour faire ses premières ablutions en faisant attention à l’eau qu’il utilise. Etc...

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A Waglioni,

Tout à fait d’accord avec vous, il a une consommation carnée excessive et totalement inutile à la santé humaine !
J’irai même jusqu’à parler de manger de la viande qu’aux fêtes religieuses, la je pense qu’une autre dimension de l’acte du véritable sacrifice apparaîtrait ! Manger de la viande serait un acte religieux, et non un acte banal sans conscience.

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Marita, je pense que l’on peut aller beaucoup plus loin dans la sagesse et le bon sens. La nourriture carnée telle qu’elle est produite et consommée, n’est pas seulement un désastre écologique, c’est aussi un problème de santé publique, comme l’on sait que nombre de maladies sont induites par ce régime d’enfer. Et à propos d’enfer, je trouve assez malvenue votre idée de réserver la viande aux jours de fête. C’est y associer ce qui est devenu un poison aux yeux de tous aujourd’hui, mais qui l’a toujours été dans l’esprit des hommes doués de facultés spirituelles.

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Euh.. quand même, Waglioni, depuis quand le plaisir de quelques bonnes brochettes empêche de méditer sur l’existence ?

Le "juste milieu " en toutes choses, équilibre entre hyper consommation et ascèse hyper frugale, n’est ce pas aussi le sens du Message ?

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Waglioni,

Tout dépend effectivement dans quelle perspective spirituelle on se place. C’était uniquement pour marquer le fait, que le lien entre l’homme et la bête sacrifié est totalement perdu, c’est ce qui a rendu banale sa consommation. C’est ce que je déplore. C’est plus un appel à manger avec conscience.
Vous voyez même les sacrificateurs, lorsqu’ils tuent plus de 1000 bêtes à la chaîne, on-t-ils conscience de la vie qu’il retire à chaque animal ? C’est impossible, car l’acte devient mécanique, et il est devenu mécanique car on en consomme beaucoup trop.

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Hayat, les états spirituels que le Coran (comme d’autres grands textes sacrés), nous incite à atteindre, ne consistent pas à méditer sur l’existence, mais c’est une autre question. Et aussi, le "juste milieu" est trop souvent l’excuse du lasser-aller, une paresse de l’esprit. Mais surtout je tiens à vous contredire sur la caricature que vous faites du régime végétarien, dont je vous rappelle qu’il est celui, volontaire, de plus d’un milliard d’habitants de cette Terre, sans compter qu’il est aussi celui, traditionnel, de tout ce qui reste de civilisations agricoles, des pauvres et des démunis. L’ascèse hyper frugale, comme vous dites, ne correspond absolument pas à l’ordinaire de ce régime alimentaire.

Marita, votre commentaire sur l’impossibilité matérielle et spirituelle de suivre les prescriptions coraniques dans le cadre de l’abattage à la chaîne, est tout-à-fait juste, et devrait faire s’interroger tout musulman sur le sens de sa pratique. Si le Coran par ses prescriptions, a rendu en effet si difficile la consommation de viande, ce n’est pas pour permettre cela.

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Salam Waglioni,

Si effectivement "méditer sur l’existence" n’est pas vraiment la formule adéquate en revanche je ne vous rejoins pas du tout sur "le juste milieu" étant une excuse pour le laisser aller.

C’est bien ce que je cherchais à pointer en forçant le trait de l’hyper frugalité vs/ hyper consommation . Bien entendu que le mode de vie végétarien n’est pas forcément une ascèse et peut avoir un sens spirituel profond. Seulement je pense qu’une consommation de viande très modérée (et non intensive comme c’est le cas dans les pays industrialisés), faite en conscience, peut également avoir une dimension spirituelle. Et ceci est le cas pour de nombreux peuples éleveurs, qui ne pratiquent pas l’élevage intensif, et pour qui l’abattage d’un animal est réellement un acte de lien avec Dieu. Dire que la viande est "ce qui est devenu un poison aux yeux de tous aujourd’hui, mais qui l’a toujours été dans l’esprit des hommes doués de facultés spirituelles" et que donc il faudrait nécessairement se diriger vers le tout végétarien pour être conforme à l’esprit du Message, me semble juste un peu excessif, c’est tout..

wa salam.

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Hayat, vous avez, comme moi, en partie raison. Mais l’ennui avec la notion de "juste-milieu", est son aspect statique : elle tend à rendre permanente et licite la situation présente. Avec mon refus de cette notion, j’entends préférer une direction (au sens d’une orientation). Il ne s’agit pas de s’enfermer dans des situations extrêmes, il faut s’orienter, et aller dans cette direction.

Pour tout vous dire, je déteste cette formulation de "juste milieu". Pour moi elle exprime tous les abandons, tous les compromis, toutes les trahisons. Lors de la résistance française à l’occupation allemande, on ne pouvait être "juste milieu". D’ailleurs, historiquement cette notion recouvrait la politique d’enrichissement affairiste de la deuxième Restauration, celle de Louis-Philippe. Celle des Orléans et des banquiers, une période si bien décrite par Stendhal, dans le Rouge et le Noir et surtout aussi dans Lucien Leuwen.

Les valeurs de la Résistance française, on les retrouve évidemment, dans les mouvements actuels qui luttent pour le droit des peuples, en Palestine, en Afghanistan et ailleurs. Ils sont les témoins de l’honneur humain. Il convient de faire qu’ils ne soient pas ceux de nos abandons.

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Le site www.al-amanah.fr remercie le frère Nabil pour son clin d’oeil à notre site entièrement consacré à l’Islam et à l’écologie.

Trés belle continuation.

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A mon tour de remercier le site www.al-manah.fr pour leurs contributions et analyses pertinentes.
Au plaisir de vous voir pour dialoguer et échanger en profondeur sur cette thématique.

Wa salam.

Nabil.