Pékin amplifie sa propagande au Xinjiang

Toujours incandescent, le brasier de violence qui a enflammé la capitale régionale du Xinjiang, Urumqi, et q

jeudi 9 juillet 2009

Toujours incandescent, le brasier de violence qui a enflammé la capitale régionale du Xinjiang, Urumqi, et qui a été mercredi le théâtre de terribles affrontements, des Hans attaquant des Ouïghours en dépit de l’impressionnant dispositif policier déployé dans la cité, a actionné le levier répressif du gouvernement chinois, passé maître dans l’art d’habiller sa politique de la terreur par une implacable propagande d’Etat.

Verrouillant l’accès à l’information après avoir imposé un premier verrouillage de la population par un couvre-feu, le pouvoir en place fait tomber le masque de la dictature en se muant en agence de presse stalinienne, cherchant à museler la soixantaine de journalistes internationaux, envoyés spéciaux dans la région. La très contestée puissance organisatrice des derniers JO ne faillit pas à sa réputation de grande rigueur organisationnelle, en imposant une didactique visite de presse en bus « pour mieux comprendre les émeutes », dont seuls les cris impromptus de femmes ouïgoures dénonçant les arrestations de leurs époux par la police ont réussi à troubler le bon déroulement.

Les correspondants étrangers se voient ainsi offrir des kits de communication complets, incluant un CD, pour le moins orienté, de photos de victimes hans, certains reporters ayant été contactés par une organisation indépendante des plus suspectes leur proposant une déclinaison de prestations dans l’objectif fallacieux de "faciliter la couverture médiatique" des événements : excursions organisées, prêt de matériel... et même des services de traduction. Complétant un quadrillage étatique des moyens de communication, un contrôle très strict des télécommunications bloque les appels téléphoniques de l’étranger vers le Xinjiang, ainsi que les SMS, limitant l’accès à plusieurs sites Internet, dont Facebook et Twitter.

La Chine, ou l’art éculé mais toujours aussi redoutable d’abuser d’artifices pour leurrer le reste du monde, en l’occurrence sur le sort tragique réservé à la communauté musulmane chinoise.

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