Lieux de résistance culturelle dans l’Algérie coloniale (Partie 1/2)
Par Nadjib Achour
mercredi 14 novembre 2007
Il s’agit dans cette analyse de procéder à une illustration du parcours type de l’individu, lettré, étudiant… avide de culture arabe dans une Algérie sous domination coloniale. Notre intérêt s’est porté sur ces espaces, ces murs où le verbe arabe était confiné, ces places fortes de l’arabité, à savoir la médersa, le nadi, l’association.
C’est dans ces lieux, qu’a pu s’élaborer et se transmettre toute une partie du patrimoine culturel arabophone algérien. Ce sont ces espaces intérieurs qui suscitèrent la méfiance des autorités coloniales, car y était dispensée une culture sur laquelle cette autorité n’avait pas la mainmise.
Alain Ruscio précisait à cet effet « que les Français dans leur majorité, ignorent la langue des colonisés. Ces derniers sont obligés d’apprendre celle des vainqueurs »[1]. Nul n’est censé ignorer que les révolutions, les révoltes, les complots se fomentent dans ces endroits secrets, fermés. Par conséquent, ces endroits firent l’objet d’une surveillance accrue de la part de l’administration coloniale.
I - DU MASJID AU MAHAD : LES SANCTUAIRES DE L’ARABITÉ
Ce fut sous l’impulsion de l’association des Oulémas que se mirent en place les structures visant à la diffusion de la langue arabe dans une Algérie coloniale où celle-ci avait le statut de langue étrangère, et dont l’enseignement était fortement réglementé soumis à autorisation administrative. Le promoteur de cette action fut le Cheikh Abdel Hamid Ibn Badis, revenu d’un périple au Machrek effectué à la suite d’études à la prestigieuse Zaytouna. C’est au Caire qu’il fut sensibilisé aux idées de la nahda. L’Egypte était alors le foyer d’une intense activité de renaissance nationale et civilisationnelle.
De retour en Algérie, auréolé de son titre de ‘alim, il eut pour ambition de propager ses idées nouvelles et se fit l’apôtre d’un autre projet de société marchant sur les traces de son père spirituel le Cheikh Mohamed Abduh. Outre le projet religieux dont il était porteur, il s’intéressa à différentes manifestations artistiques telle la poésie. Il s’adonna à cet art littéraire qui fit de lui un auteur de poèmes patriotiques où l’amour de l’islam, de l’arabité et de la patrie algérienne était encensé.
Le Cheikh Ibn Badis fut accompagné, aidé, soutenu par un noyau de collaborateurs dévoués à l’idée islahiste et qui constitua ce que Ali Mérad[2] nomma « l’équipe du chihab » à savoir pour ne citer que les principaux : Mohamed El Bachir El Ibrahimi, Moubarek El Mili, Ahmed Tewfik El Madani, Mohamed Laid El Khelifa « le prince des poètes » et Tayeb El Okbi.
Ibn Badis pour interpeller et sensibiliser l’opinion aux thèses islahistes décida de lancer plusieurs feuillets journalistiques, à commencer par « El Mountaquid » (le censeur) qui fut rapidement interdit car jugé provocateur et séditieux. Il lança un autre journal « El Chihab »[3] (le météore) qui devait être le point de ralliement de toute l’élite arabophone de tendance islahiste.
La rédaction du journal Al chihab constitua un véritable centre de réflexion où furent élaborés les procédés, la mise en place d’une ligne de conduite devant servir de fondement à la constitution de ce parti religieux tant souhaité par Ibn Badis. Il fut l’organe officiel par lequel se diffusa la doctrine islahiste jusqu’en 1939 où il cessa de paraître, relayé par l’autre feuille réformiste « El Bassair ».
Les oulémas s’étaient donnés pour objectif de sortir le peuple algérien de l’apathie culturelle dans laquelle il avait été plongé par le biais d’une prédication « thaumaturgique ». Le corps social souffrait de plusieurs symptômes qu’il convenait d’éradiquer en prodiguant à ces maux le seul remède divin. L’islah se pensait comme le meilleur remède pour rompre avec un état opprimant et aliénant. Le ‘alim se devait de jouer son rôle de garant de la religion et veiller à la santé spirituelle du corps social.
Dans cette perspective, Ibn Badis chercha à inculquer aux Algériens un islam réfléchi, fondé sur la pleine adhésion volontaire et le dévouement désintéressé. A l’islam routinier[4], ou l’islam-héritage qui n’est pas en mesure de provoquer le redressement des nations, Ibn Badis opposa un islam dynamique fondé sur les prescriptions coraniques et la Tradition du Prophète. Les oulémas algériens et Ibn Badis en tête, se réclamaient de la salafiya profondément influencée par les enseignements de Mohamed Abduh et l’école d’al-Manar de Rachid Rida.
L’autre objectif des oulémas était de propager leurs doctrines religieuses et ressusciter la langue et la culture arabe dans un pays régi par la loi française et où l’éducation incombait aux autorités coloniales. L’action linguistique ne pouvait donc laisser indifférents les musulmans et les pouvoirs publics. Au-delà de ces conséquences culturelles immédiatement saisissables, elle posait pour l’avenir de l’Algérie des interrogations en termes politiques[5].
Dès le début, il apparut aux observateurs les plus lucides qu’Ibn Badis et ses compagnons n’allaient pas se contenter d’assumer la charge innocente de simples prédicateurs religieux et d’instituteurs de langue arabe mais qu’ils entendaient contribuer à la restauration de la culture arabe en Algérie, ainsi qu’à l’affirmation de la personnalité nationale du peuple algérien.
La diffusion de l’islah ne peut se faire que par la langue arabe, que l’étudiant islahiste se doit d’apprendre et de comprendre afin d’éviter toute dominance exclusive du maraboutisme. Dans l’optique du réformisme leurs actions pédagogiques en faveur de la langue arabe devraient permettre le triomphe de l’orthodoxie.
Cette action de réhabilitation de la culture s’accompagnait d’une action simultanée de valorisation de la langue arabe, Ibn Badis affirmait que la langue arabe était en danger, sur le point de disparaître et qu’il en allait de l’avenir culturel et historique du peuple algérien : « Quelles que soient les suites qu’aura notre appel, nous aurons fait notre devoir. Nous sommes au bord de l’abîme. Si notre communauté ne se ressaisit pas d’urgence, il n’en restera plus, dans une cinquantaine d’années, qu’un souvenir [6] ».
Aux motifs religieux nécessitant l’apprentissage de l’arabe pour avoir accès aux sciences islamiques, se superposent d’autres motifs à replacer dans le contexte de la politique coloniale à l’encontre de la culture algérienne. Les oulémas se posaient en garant de la culture opprimée face à la francisation, à l’assimilation, qui ne laissaient pas insensibles certains membres de l’élite algérienne. Politique qui inquiéta vivement les cadres réformistes et les amena à conclure que le peuple algérien se situait entre la vie et la mort : « Nous nous trouvons à présent à un tournant difficile de notre histoire nationale. Notre peuple s’efforce de choisir la meilleure voie possible pour son évolution. Or, aujourd’hui, deux voies s’offrent à notre jeune peuple. A la tête de chacune d’elles, il y a un parti qui l’incite à l’y suivre, en lui prodiguant force promesses et motifs d’espérance.
La première de ces voies, est celle de la naturalisation, c’est-à-dire l’abandon de la nationalité, de la langue, le rejet de l’histoire et des traditions (musulmanes), et l’adoption de la nationalité de la race dominante, avec tout ce que cela implique de changements de langue, de mœurs, de mentalité.
Les partisans de cette voie menèrent une propagande active et résolue. Ils écrivent, font des discours, organisent des colloques, publient des journaux et revues, en français, naturellement. Ils s’efforcent d’influencer les éléments musulmans formés à l’Ecole française et imprégnés d’idées françaises. »[7]
La promotion de la culture et de la langue arabe auprès des masses musulmanes, devait servir de palliatif à tout attrait pour les promesses de promotion sociale émanant des autorités françaises. Dans cette perspective, les oulémas firent valoir qu’en plus d’être la langue sacrée du Coran, la langue arabe était liée à une histoire glorieuse et que cette langue unissait les Algériens à leurs frères arabes. Le meilleur moyen pour mener à bien ce programme fut la médersa car ce problème devait être résolu par l’enseignement.
Ibn Badis estimait que l’anomie de la société algérienne était due à plusieurs facteurs dont celui de l’enseignement. La prospérité d’une société est conditionnée par un enseignement dynamique qui vise la formation d’une personne saine, équilibrée et dotée d’un esprit critique. Les oulémas comprirent que l’école était avant tout un lieu de formation.
La volonté islahiste était de prodiguer un enseignement religieux conforme à leurs doctrines, sans négliger l’objectif principal : la réhabilitation de la langue arabe. Dans ce combat pour la mise en place d’un système d’enseignement libre, ils furent confrontés à l’administration coloniale qui ne se montrait guère bienveillante à l’égard d’un mouvement religieux qui la concurrençait dans ses prérogatives. D’autant plus qu’ils se distinguaient par une critique acerbe de l’establishment religieux officiel coopté par cette administration.
Les buts de cette entreprise étaient la préparation religieuse et intellectuelle de la jeunesse algérienne par la libération de la pensée islamique des rigueurs du dogme et de l’esprit du taqlid (imitation) pour qu’elle soit en mesure d’apporter des solutions adéquates aux problèmes de la société et des individus. Il fallait aussi former une élite d’avant garde capable de relever le défi de la colonisation sans omettre la défense de la personnalité arabo-musulmane de l’Algérie fer de lance de la Nahda.
Ibn Badis et ses compagnons n’auront de cesse de chanter les louanges des bienfaits de l’instruction, de la médersa, lieu de formation et d’éducation, temples du savoir et de l’arabité. La médersa fut l’un des points de départ de l’action de redressement du peuple algérien voulue par Ibn Badis afin de le sortir de sa torpeur. A cet effet, nous pouvons même rajouter qu’à l’aube du 1er novembre, le discours des tenants des établissements réformistes se fera plus belliciste, la medersa sera le lieu de formation de « ceux qui briseront les chaînes du colonialisme », « les combattants de la langue arabe » « les hommes de l’Algérie nouvelle »[8].
L’administration parlera d’ailleurs de véritable révolution religieuse[9] générée par cette action. Celle-ci sera mal perçue par l’administration du fait des motivations jugées « douteuses », à « caractère anti-français ». Ce jugement n’ira pas en s’améliorant en raison aussi de l’effervescence panarabe touchant le Proche Orient qui avait cours au lendemain de la seconde guerre mondiale. Mouvement panarabe pour lequel les oulémas affichaient une grande sympathie. La circulation des idées, des informations, était beaucoup plus aisée qu’auparavant, la jeunesse algérienne par voix de presse, ou tout simplement par l’intermédiaire des professeurs du « Mahad » avaient vent des nouvelles, de l’action de Bachir Ibrahimi et Fodhil Ourtilani au Machrek.
La médersa sous l’égide des oulémas a été le fruit d’une longue mutation amorcée dans le domaine des instances associatives. En effet, la principale caractéristique de la médersa islahiste est son affiliation à un réseau associatif cumulant bon nombre de prérogatives, oscillant entre « le culturel et le cultuel ».
Le notable s’associait à l’imam pour former le personnel enseignant de la Jema’at tarbiya wa ata’alim[10]. Il y eut aux côtés du corps des religieux, un corps intellectuel de formation bilingue tels Réda Houhou et Bouchemal qui furent successivement les directeurs du réseau d’enseignement prénommé. La médersa islahiste à l’instar de l’école républicaine doit servir de creuset à la nation. Ainsi, la médersa prit le pas sur la mosquée dans l’action islahiste.
La mosquée constitue pour tout religieux l’endroit le plus naturel pour le prédicat, fonction rituelle qui, dès la naissance de l’islam, s’accompagna d’une fonction éducative. Ibn Badis lui-même affirme que « la mosquée et l’enseignement constituent dans l’islam un couple d’éléments inséparables » en prenant comme exemple la vie du Prophète.
« A peine le Prophète eut-il fixé sa demeure en terre d’Islam qu’il construisit la mosquée. C’est dans la mosquée qu’il disait la prière et s’asseyait pour y enseigner à ses disciples. Ainsi le lien qui existe entre la mosquée et l’enseignement est semblable à celui qui le rattache à la prière : s’il n’est point de mosquée sans prière, de même, il n’en est point sans enseignement ; l’Islam éprouve un même besoin de prière et d’enseignement ; il n’est point d’Islam sans prière, et point d’Islam sans enseignement. C’est pourquoi le Prophète prit soin de les établir tous deux au sein de la mosquée, ne s’arrêtant jamais, tout au long de sa vie, de prier et d’enseigner dans sa mosquée, même pendant sa dernière maladie. Par la suite, les musulmans suivirent cette règle dans tous les territoires de l’Islam, constituant les « waqfs » au profit des mosquées de prière et d’enseignement, dont les plus célèbres de nos jours sont celles d’El Azhar, d’Al Zaytouna et d’Al Qarawiyyîn »[11].
[1] RUSCIO Alain, Le credo de l’homme blanc. Regards coloniaux français XIXè-XXè siècles, Bruxelles, Éditions Complexe, 2002, p. 164.
[2] MÉRAD Ali, op.cit., pp79-105.
[3] MÉRAD Ali, Ibn Badis, commentateur du Coran, Paris, Paul Geuthner, 1971, p39.
[4] SMATI Mahfoud, « Ibn Badis : un projet de renouveau », Aïssa Khadri op.cit., pp 183-193.
[5] Ali Mérad précise qu’en raison de la pauvreté des moyens initiaux et des difficultés de toutes sortes imposées par le contexte colonial, la diffusion de la langue arabe, en vue de la restauration de la culture nationale, devait s’accompagner chez les réformistes d’une constate exaltation de l’arabisme.
[6] El KORSO Mohamed, « Structures islahistes et dynamique culturelle dans le mouvement national algérien, 1931-1954. », Lettrés, intellectuels et militants en Algérie 1880-1950, op.cit., pp 54-106.
[7] MÉRAD Ali, Le réformisme musulman en Algérie de 1925-1940. Essai d’histoire religieuse et sociale, Alger, El Hikma, 1999, p346.
[8] Titres de poèmes rédigés par Abderahmane Chibane et publié dans El Bassaïr daté du 14 janvier 1952.
[9] AGERON Charles-Robert, « Naissance d’une nation » in L’Algérie des français, Paris, Seuil, 1993, p193
[10] Jema’a at tarbiya wa at ta’alim : l’association pour l’éducation et l’instruction
[11] Abdel Malek Anouar, op.cit., p 87.p
Nadjib Achour
Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article
Le berbérisme fut en effet une pure création coloniale, il suffit un tant soit peu de se pencher sur la production ayant cours avant la période coloniale pour constater que la langue utilisée était l’arabe,( je ne parle pas du dialecte utilisée)l’Emir Abdelkader et même le Cheikh Ibn Zekri (pour ce qui de la période coloniale) écrivaient en arabe. A cet effet Mostafa Lacheraf fut l’auteur d’un article très intéressant sur l’enseignement prévalant à l’époque pré-coloniale, et il était de langue arabe et ce même dans les régions les plus réculés de l’Algérie. Le nombre de lettrés était même plus elevé en Algérie qu’en France pour la période considérée.
Donc je pense qu’au lieu de s’abreuver de mythes produits par les théoriciens colonialistes de l’Afrique latine tel Louis Bertrand, apprenez votre histoire.
Pour el Hak, vous avez parfaitement raison de citer le Cheikh Aboul ykdam ; Moufdi Zakaria et le Cheikh Bayoud pour ce qui est de la région M’Zab. C’est notamment grâce aux reseaux d’école Mozabite que la langue arabe a pu se perpétuer en Algérie. D’ailleurs les mozabites sont berbéres et n’ont point sombrer dans le combat d’arrière garde de berbéristes minoritaires.
L’article fait la part belle à la langue arabe, comme si c’était LA langue de l’Afrique du Nord. Avant l’arrivée du colonisateur, on parle majoritairement berbère. La tendance s’inverse. La France a bouleversé les structures sociales et politiques en place. Le but de la France était de franciser tout le monde. C’est l’effet inverse qui s’est produit, le nationalisme arabe, importé par les Oulémas a stigmatisé la langue berbère et compromis la place de celle-ci dans l’Algérie indépendante. Bref, on vit sur des shémas dépassés. Aujourd’hui encore il est bien vu de présenter les partisans du plurilingisme (le berbère et l’arabe officiels tous les deux) comme des suppots du colonialisme.
BONSOIR,
Merci pour M. Achour pour l’analyse sur la résistance culturelle en Algérie.
De Brillantes figures, non signalées dans cet article, qui ont largement contribué à ces mouvements, à cette époque, comme :
le Cheikh Bayoud Brahim, et Cheikh ABoulekdane , Cheikh Moufdi Zakaria et Cheikh Tfaich, avec leurs presses et écrits dans cette mouvance de "l’Islah".
Leurs savoirs rayonnent encore à ce jour au Sud.
Bravo encore pour l’article.
Je répète à Gilbert ce que j’ai dit plus bas :
. Il n’existait pas de phénomène migratoire massif avant la colonisation.
. Tout ce qui structurait la société algérienne, dans sa spécificité, a été méthodiquement brisé par la colonisation française, ce qui n’a pas été le cas partout (Maroc et Tunisie, par exemple, qui n’était que des protectorats).
. vous vous trompez, ce n’est pas seulement la pauvreté (et non la misère)qui pousse à émigrer, en tous cas, pour ce qui est de l’Algérie.
Je ne parlerai pas ici des autres raisons mais je peux tenter de la synthétiser par ce qui suit :
La broyeuse-centrifugeuse occidentalo-centriste a toujours besoin de chairs et de neurones frais.
La fragilité des algériens qui a résulté, d’abord de l’état où ils se trouvaient avant 1830, du "génocide identitaire" perpétré en Algérie par la colonisation, et du processus "déculturation/acculturation et assimilation" opérée sur une partie d’entre eux, puis leur paupérisation, en ont fait les candicats de première ligne à l’émigration, contrainte ou choisie.
Ceci légitime, soit dit en passant et si besoin était, leur présence en France.
Et puis, vous savez, Gilbert, nous, algériens, essayons d’en parler pour clarifier les choses et pouvoir tourner la page mais combien de millions de français n’arrivent pas encore à en parler : ceux qui ont fait la guerre d’Algérie !.
Il n’y a pas si longtemps de cela, l’un d’eux s’est écroulé en larmes devant moi !. ça pèse encore lourd de ce côté-là.
Ciao !.
Encore une fois, il ne s’agit pas de demander à la France de se jeter à genoux pour implorer le pardon de ceux qu’elle a jadis colonisé. L’Histoire est ce qu’elle est et on ne va pas revenir là dessus ! Non le problème est la ré-écriture de l’Histoire : aujourd’hui en France, certains veulent décréter "positive" et "civilisatrice" une oeuvre coloniale qui a failli détruire (c’est véritablement le mot) l’identité des pays colonisés.
On sourit gentiment quand Gilbert impute la falsification de l’Histoire aux Algériens : c’est surtout en France où l’on fait des lois qui instaurent une « Histoire officielle ». C’est aux historiens de nous dire ce qu’il en est vraiment, pas aux hommes politiques. Le plus grave, c’est qu’on demande aux personnes compétentes (chercheurs, enseignants, universitaires,...) de devenir des agents de « l’Histoire officielle » : ils seront désormais obligés d’enseigner cette dernière sans aucune possibilité d’en contester le moindre point. Cela est particulièrement malsain dans une démocratie qui se respecte, c’est indigne d’un pays qui se vante d’avoir accouché de Voltaire...
Reponse a la question judicieuse de DIDIER
"Si on se replace dans le contexte du 19ème siècle et si on évite toute langue de bois, nous étions en face d’un Occident surpuissant et impérialiste. L’occident à d’ailleurs colonisé la quasi totalité du monde. Dans ces conditions, si l’Algérie n’avait pas été colonisée par la France, elle l’aurait sûrement été soit par l’Angleterre, soit par l’Allemagne. La question n’était pas de savoir si la colonisation allait se faire, ni même quand, mais par qui ?".
L’intervention des Europeens en Algerie s’est decidee au cours des conferences de Vienne en 1815 et d’Aix la chapelle en 1818, afin de mettre un terme au traffic d’esclaves europeens et de faire cesser la piraterie mauresque. Le bombardement d’ Alger par les Americains en 1815 est succede par le "barbary treaty". Dans ce traite il est question de la cessation du tribut que devait payer la flotte commerciale americaine. Voici l’article 15 :
"As the Government of the United States of America has in itself no character of enmity against the laws, religion, or tranquility of any nation, and as the said States have never entered into any voluntary war, or act of hostility, except in defense of their just rights on the high seas, it is declared by the Contracting parties that no pretext arising from religious opinions shall ever produce an interruption of Harmony between the two nations ; and the Consuls and agents of both nations, shall have liberty to Celebrate the rights of their respective religions in their own houses."
A la lecture de cet article 15, il n’est nullement question de colonisation de la cote mauresque mais d’ un respect mutuel des differences religieuses entre les deux nations. A l’annulation ce traite par le dey d’alger succede le bombardement de 1816 par la flotte Anglo-Neerlandaise.
Auparavant l’annulation des concessions commerciales Francaises en Barbarie au profit des Anglais apres la bataille de trafalgare, avait motive Napoleon-Bonaparte pour un eventuel debarquement sur les cotes mauresques.
Les ambitions coloniales de la France en Algerie sont donc presentes 23 ans avant la prise d’Alger ! Ironie du sort lorsque l’on sait qu’ Alger avait reconnu officiellement la revolution francaise, boycottee par la majorite des etats europeens. Le non paiement du pret accorde par l’Algerie a la France en 1798 est la cause de l’incident de l’eventail.
L’invasion de la regence d’Alger par la France n’a pas ete fortuite. Les britanniques n’avaient aucun interet a envahir l’Algerie puisqu’il avait un traite commercial avec celle-ci. Quant a l’allemagne, son aventure coloniale (extra-europeenne) ne debute pas avant 1883 et se termine a la signature du traite de Versailes. Dans le pire des cas l’Algerie aurait ete allemande pendant 35 ans !
Comment qualifie la durete de la colonisation francaise ?
D’ apres les historiens maghrebins, elle est la plus sanglante que l’Algerie n’est jammais connue, si on la compare avec les colonisations grecs, romaine , vandale, bizantine, arabe et espagnoles.
Mais n’oublions pas le massacre des oranais en 1509 par les troupes espagnols du tres fanatique cardinal Ximenez. Que dire de l’invention des camps de concentration par les britanniques, durant la guerre des bourgs (1899-1902), ou perir des dizaines de milliers d’enfants et de femmes ?. Le premier genocide perpetre par l’Allemagne a ete contre les Hereros de Namibie en 1904.
Il me semble que toute les nations coloniales d’Europe se sont comportees avec le meme mepris des peuples indigenes. En revanche, il existe une difference tres nette dans les rapports post-coloniaux entretenus par la France , l’Espagne et l’Angleterre.
Quelle est l’opinion de DIDIER a ce sujet ?
"les problèmes des Algériens sont la causes des Algériens eux même.." Possible mais j’aimerais vous rappeler que ces mêmes algériens n’ont pas reçu la même éducation que la vôtre : d’ailleurs ont en t-ils reçu une ? Dans le fameux article 4 sur la loi de l’immigration ou il fait état des bienfaits de la colonisation en insistant sur des faits matériels comme les routes, les écoles (le rôle positif) etc..., il est mentionné ceci : " les programmes scolaires... accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit." "aux sacrifices"....des ignorants. Interdire l’accès au savoir ,c’est commettre le pire des pêchés. Donnez à un ignorant et pas un ignare si cher à TARREMAILLAC , le pouvoir et vous aurez à coup sûr une corruption généralisée et une population aux bord de la crise de nerf . Il faudra bcp de temps et de patience à l’ALGERIE pour retrouver un niveau de culture décent car elle a été privé longtemps de savoir par .....qui au fait ????
Temporel se trompe lourdement quand il impute le retard des pays "musulmans" à une prétendue sclérose de l’islam : ce sont les choix économico-politiques des dirigeants de ces pays (qui souvent n’ont de « musulman » que le nom...) qui sont pleinement responsables de ce problème.
Didier pose des questions, et je les trouve pertinentes, même si elles sont stériles. En effet, c’est bien la France qui a colonisé l’Algérie. Occupation anglais moins pire ? certes pas de génocide culturel, mais peut être une guerre civile...cf Inde vs Pakistan (une guerre pour rien, mais qui eu lieux tout de même).
Je tiens à rajouter une chose, je suis Algérien et ça me fait mal de dire cela, ça pourrait même parraitre quelque peu facile pour moi car habitant en France, mais les problèmes des Algériens sont la causes des Algériens eux même...Les peuples ont les dirigeants qu’il méritent. J’ajouterai bien "à un instant de son histoire"....Il faut un temps pour le reveil et l’islah....ce qui est sûr c’est que ça viendra.
Salam
Pardon, ma 1ère réponse était pour tout ce que dit Gilbert à propos de l’immigration et la colonisation,
et la 2ème est pour Didier au sujet des Allemands.
A Gilbert, suite ... :
A propos des Allemands, vous êtes carrément malhonnête.
Vous ai-demandé de haïr les Allemands ?.
Je parlais des Nazis.
Je suis de ceux qui pensent que sans les Allemands, il n’y a plus d’Europe.
Je n’ai pas le temps de vous reprendre point par point mais là, Didier, presque tout ce que vous dites est faux.
Tous les historiens du mouvement national d’indépendance algérien s’accordent sur le fait que pour les Algériens et durant les 130 longues années de la colonisation, l’Islam a constitué le seul bastion de repli contre l’effraction coloniale.Il a été l’élément fondamental de cohésion sociale et d’unité nationaleet ce, à commencer par la résistance de l’Emir Abdelkader, aux troupes françaises, menée au nom de l’Islam. L’article sur Ben Badis donne un éclairage sur l’apport du mouvement Islahiste( inauguré par Djamel Eddine El Afghani et d’autres ) à la résistance culturelle des Algériens et à la lutte contre l’aliénation et la dépersonnalisation causée par la colonisation. Là aussi, tous les historiens s’accordent à dire que même limité , l’apport de Ben Badis et des Oulèmas a été très important pour le mouvenent de libération nationale. Par sa lutte contre le vide culturel organisé et contre le charlatanisme répandu par les confréries religieuses alliées des colonialistes, BenBadis va s’employer à revivifier l’Islam sur le plan spirituel tout en lui donnant une autre dimension géopolitique : L’Islam et la langue arabe,vont devenir un support de l’identité nationale, face aux occupants. Autre chose : BenBadis n’a jamais nié la berbérité des Algériens, il a écrit que les Algériens étaient des Berbères que l’Islam a arabisés.Il est vrai que le problème de notre patrimoine amazigh aurait du être pris en charge d’une façon plus soutenue, mais il faut replacer BenBadis dans les conditions socio-politiques de son époque. Comme nous le savons, les colonialistes , dans leur politique du "diviser pour régner " ont construit un "mythe Kabyle" ( qu’ils essaient de faire fonctionner encore) allant jusqu’à considérer que les "Berbères" étaient des Gaulois pour les opposer aux "Arabes", chargés de toutes les tares..Il était nécessaire ,face à ces tentatives de division factice de prôner l’unité des Algériens par leur islamité qui transcendait tous les clivages. Une remarque pour terminer adressée à Didier, Tous les colonialismes se valent, il n’y a pas de hiérarchie à faire, tous les colonialismes ont été des crimes contre l’humanité.Il s’agit pour les colonialistes de les reconnaitre, comme ont été reconnus d’autres crimes contre l’humanité.Hier, comme aujourd’hui, nous avons évidemment notre propre responsabilité dans notre situation désastreuse, et face à nos échecs, mais celà ne saurait en aucun cas exonérer les colonisateurs de leurs crimes . Pour la langue arabe , durant la colonisation, elle était enseignée comme une langue étrangère que l’on choisissait au même titre que l’Anglais ou l’Allemand en entrant au collège.Elle était même considérée comme langue morte et au bac nous avions droit au dictionnaire comme pour le grec et le Latin..A méditer...
Une question à Didier qui nous fait une thèse sur quel colonisateur aurait été meilleur ou pire pour les Algériens. Quelle occupation aurait été pire meilleure pour la France, le nazisme ou le fascisme ?
L’immigration algérienne ne date pas seulement d’aprés l’indépendance mais bien avant. Je vous renvoi au remarquable livre de Monsieur Blanchard "Le Paris arabe" un livre sur l’immigration.
Cependant il faut reconnaitre qu’aprés l’indépendance une forte vague d’immigration venue d’algerie s’est opérée, les raisons sont que l’algérie sortait ruinée de 7 ans de guerre, et que beaucoup d’algériens pensaient trouver fortune en France, pour aider leurs familles. L’autre raison étant que la France vieillissante avait besoin de sang nouveau mais aussi de bras pour faire face à la pénurie de travailleurs.
Quant aux questions posées par Gilbert à savoir qui nous aurait colonisé, si la France ne l’avait pas fait,cela n’est pas important, un colonisateur est un colonisateur qu’il soit Français, Anglais ou Espagnol,le colonisateur mêne une politique basée sur la xénophobie, la haine de l’autre et le besoin de domination, il n’y a rien de positif dans le colonialisme pour le colonisé. Ce qui est important c’est comment reussir à atténuer les dégats du colonialisme et sur ce point je crois que la France n’a pas été à la hauteur contrairement à la Grande Bretagne.
Concernant la situation catastrophique que connait l’algérie actuelle, je rejoins tout à fait Gilbert, nos dirigeants sont les responsables de la situation qui prévaut actuellement avec cependant un bémol, la colonisation Française qui a duré 132 ans est aussi un vecteur de cette misère endémique que connait l’algérie. On ne se relève pas de 132 ans de colonialisme et de 7 ans de guerre aussi facilement...
Gilbert parle de falcification de l’histoire de la part des dirigeants algeriens, que pense t’il de la loi concernant "le rôle positif du colonialisme en Algérie", n’est ce pas une falcification de l’histoire par la France ?
De Didier à Lola.
La défaite française et l’occupation étaient effectivement inéluctables. Je suis bien placé pour connaître les méfaits de l’occupation. Mon grand-père, alsacien, a été fusillé en 1944 pour "fait de résistance" il avait voulu cacher son fils pour le soustraire à l’incorporation forcée dans l’armée allemande. Son fils, donc mon père, qui avait à peine 18 ans, a fait un an de camp de redressement en Allemagne.
Mon père me disait toujours : "haïr les allemands, ce serait donner raison aux nazis et tort aux allemands qui ne l’étaient pas."
Je m’en tiens à cette sagesse.
Didier qui juge inéluctable la colonisation avec son lot de massacres, d’exploitation, d’appauvrissement, de pillage, et de drame. Est-ce pour Didier un moyen de faire passer cette horreur sans non qu’est le colonialisme ? A moins que Didier reprenne à son compte et l’applique pour soi, ce préjugé coloniale qui faisait du musulman un défaitiste ( mektoub c’est écrit on y peut rien Momo… ça sert à rien de se révolter Momo...)
Bref pour Didier la colonisation était déjà écrite, vous devez l’accepter « les petits indigènes », c’est comme cela. Allez dire la même chose à un résistant français, que l’occupation allemande était écrite et inévitable….
Heureusement qu’il existait des hommes libres pour se libérer du colonialisme qui n’était pas pour eux une fatalité, mais une calamité !
Réponse à Lola,
Lola laisse sous entendre que l’immigration des algériens est imputables à la colonisation. Argument facile et incohérent ! Je rappelle que le phénomène migratoire a toujours existé dans l’histoire. L’immigration est essentiellement du à des raisons économiques. C’est toujours la misère qui pousse l’homme à partir.
Lola affirme donc qu’avant la colonisation les algériens ne songeaient pas à partir. Un constat d’une grande naïveté !!!!
Au 19ème siècle, il y avait un cloisonnement des cultures et des peuples et les moyens de transports n’étaient pas aussi développés qu’ils le sont aujourd’hui. Les algériens n’ont jamais été un peuple migratoire, mais plutôt sédentaire. Pourquoi un paysan algérien vers les années 1800 vivant dans ses montagnes, ignorant tout du monde irait subitement prendre un le bateau pour venir en France, dans un pays encore rurale, sans industrie, et dont il ne connaît ni la langue, ni les coutumes, ni la religion et sans avoir aucun relais ? Ce paysan algérien à qui il ne viendrait même pas à l’idée de venir immigrer dans une ville algérienne.
En revanche, le gros des immigrés algériens et c’est un paradoxe sont venus après l’indépendance algérienne. Pour une seule et unique raison. La France connaît à cette période ses 30 glorieuses, une croissance économique phénoménale. En accord avec l’Etat algérien, la France « importe » une main d’ouvre étrangère alégérienne. Ce sont donc les nationalistes algériens qui ont combattu la France qui ont accepté d’exporter la « main d’œuvre algérienne » selon des accords diplomatiques. Voilà la raison essentielle ! Alors qu’à cette époque l’Algérie était en pleine construction économique !
suite ...
Quant à Didier qui nous demande ingénument à quelle sauce aurions-nous aimé être mangé, je lui répond à aucune, en tous les cas de celles qu’il cite.
Le problème n’est pas d’être dominé, car il se trouve toujours plus fort que soi et la domination peut être noble et juste.
Le problème est dans la forme de domination qu’a été la colonisation et des conséquences qui en ont découlé.
Je proposerai à Didier d’imaginer plutôt ce que serait devenus la France et les français si l’Allemagne Nazie avait gagné la guerre.
...
Réponse à Didier,
Vous posez des questions pertinentes. La colonisation française possède un particularité, soulignée par le Président algérien Bouteflika qui parle de génocide identitaire. La colonisation anglaise aurait été moins « pire. » Les pays d’ailleurs colonisés par l’Angleterre réussisse beaucoup mieux une fois indépendant que ceux colonisés par la France. Il est vrai que la décolonisation anglaise a été plus « réussie. »
Réponse à Gilbert.
Tout ce que vous décrivez est vrai.
Les dirigeants algériens en sont responsables.
Vous dites que beaucoup d’algériens veulent partir à l’étranger, soit.
Je vous dirai juste un petit truc, qui, si vous êtes aussi honnête et sincère que vous le paraissez, vous fera réfléchir (peut-être) :
Est-ce que ces phénomènes et le phénomène migratoire massif en particulier existaient avant la colonisation ?.
Stop et fin.
Je soumets la réflexion suivante aux internautes souvent érudits :
La colonisation de l’Algérie par la France est considérée comme une période néfaste et régressive à tout point de vue, et de toute façon responsable de la situation actuelle.
Si on se replace dans le contexte du 19ème siècle et si on évite toute langue de bois, nous étions en face d’un Occident surpuissant et impérialiste. L’occident à d’ailleurs colonisé la quasi totalité du monde.
Dans ces conditions, si l’Algérie n’avait pas été colonisée par la France, elle l’aurait sûrement été soit par l’Angleterre, soit par l’Allemagne. La question n’était pas de savoir si la colonisation allait se faire, ni même quand, mais par qui.
Quelle genre de colonisation aurions-nous alors connu. Meilleure ou pire ? Quelle aurait été la situation de l’Algérie dans l’empire colonial capitaliste anglais ou sous l’impérialiste militariste allemand ? Question...
Autre réflexion, l’Occident ayant colonisé le monde, des conflits d’intérêts entre les différents impérialismes ont abouti à la première guerre mondiale. Si la France avait perdu cette guerre, et il s’en est fallu d’un cheveu en septembre 1914, l’Algérie aurait sans doute changé de "propriétaire", par la même logique impérialiste qui a fait que les colonies allemandes ont changé de "propriétaire" au lendemain de leur défaite en 1918. L’Algérie serait peut-être devenue allemande, comme tout le Maghreb d’ailleurs. La colonisation en aurait-elle été plus douce, moins destructurante avec le Kaizer Guillaume II ? Question...
Autre réflexion, que serait devenue l’Algérie, colonie française, si Hitler avait gagné la guerre, et il s’en est aussi fallu d’un cheveu en 1941, si Mussolini n’avait pas fait retarder l’offensive allemande en URSS.
Avec à la clef un traité de paix "à la Hitler" à base d’annexions, ou le drapeau français continuait à flotter sur Alger, mais avec la croix gammée en filigrane, ou il était remplacé par le drapeau nazi.
Mieux, moins bien ? Question...
Pourquoi ces questions ? Pour mettre en évidence que quel que soit le scénario qu’aurait choisi l’Histoire, les pays colonisés au 19ème siècle l’auraient été de toute façon, et au moins aussi longtemps. Aussi la seule question qui vaille vraiment la peine de se poser devant ce côté inéluctable de l’Histoire est et de savoir ce qu’on fait depuis qu’on en est sortis. Et à moins de requérir l’assistanat des anciennes puissances coloniales, ce qui serait une forme déguisée de néo-colonisation, les réponses et les solutions sont dans les mains des pays souverains et de leur peuple.
On ne soigne une blessure en la maintenant ouverte, surtout si elle est profonde.
Réponse à Lola
Sachez Lola que je suis très peiné de voir la misère noire des algériens qui subissent de plein fouet la crise économique et sociale de l’Algérie. Les algériens sont entassés dans des logements souvent insalubres, beaucoup d’entre eux sont confrontés à une sous alimentation, à une inflation galopante, et sont privés d’eau en plein été.
Ils sont également confrontés au choléra, au typhus , des maladies moyenâgeuse qui refont leur apparition dans ce beau pays. Une grande majorité des algériens cherchent à quitter le pays pour venir se réfugier en France, chez l’ancienne puissance coloniale.
L’Ambassade de France en Algérie est débordée par les demandes de visas. Il y a un désespoir immense dans ce pays, j’ai lu qu’il y avait 2 millions d’algériens qui subissaient un traitement psychiatrique. Et pourtant quand vous parlez aux algériens, ils n’incriminent pas la France, mais plutôt leurs dirigeants !!!!!!
Je redis encore une fois, à cette époque "670 et 702" l’Algérie n’existait pas Revoyez vos propos....Je pense que vos propos n’ont pas de sens... Parlez plutôt de guerres entre Arabes et Amazigh en Afrique du nord actuelle, mais pas d’Algérie car ce la n’a pas de sens. Un peu de culture et de rigueur argumentaire ne font pas de mal.....
point de divergences pernicieuses cheres soeurs,chers freres,l’Algerie,terre de foi et de culture,quand on en parle,c’est l’arabite et l’amazighite,ou le contraire,ou les deux a la fois,gardons en nous le souvenir de lalla fatma n’soumer ,la fiere combattante du Djurdjura,ou encore sidi bou mediene...
A Gilbert.
Je ne parle que de ce que je sais.
J’ai trouvé sur ce site la possibilité de décrire la poutre que j’ai dans l’oeil, alors, je le fais. Non pas pour vous embêter ni vous provoquer mais juste pour témoigner.
De plus, je ne suis pas nationaliste.
J’ai horreur de tous les systèmes fermés.
Je ne parle nulle part d’échecs, ni d’apauvrissement de nos pays d’origine - ce qui serait un comble pour quelqu’un qui a vu la vraie pauvreté pendant la colonisation ! (savez-vous qu’à Alger, on ne trouve même pas de femme de ménage ?).
Au contraire, dans ces pays se trouvent des richesses que vous ne pouvez même pas imaginer.
C’est vous qui projetez vos propres peurs sur ces pays et leurs peuples.
Je témoigne mais je dois aussi me protèger en vous renvoyant votre propre misère.
un livre parmis d’autres confirmant l’apport superbe que fut le ressoucement en l’Islam originel et la propagation de la vivace culture algerienne(propos rapportes en substance et lus dans :"Algerie,terre de foi et de culture"edition el maarif,annee il me semble 1997)AUTEUR:KAMEL BOUCHAMA.Vraiment tres instructif...
A l’inconnu qui rit sans signer de son véritable non, quelle courage ! et qui ne connaît pas l’histoire de l’Algérie. Je reposte pour lui mon message. Oserait-il ainsi nier une vérité historique connu de tous.
La résistance en Algérie s’est manifesté contre l’islam également. La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilité durant la période byzantine entraînent la reconstitution de plusieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l’arrivée des musulmans entre 670 et 702. Les figures les plus connues de ce conflit furent le roi Koceila, qui vainquit Oqba Ibn Nafaa en 689, près de Biskra, puis la reine guerrière Kahena (de son vrai nom Dihya), qui à la tête des Berbères (Djerawa de l’Aurès et Nefoussa de Tripolitaine) ainsi que des Roums de la côte, infligea, en 693, à la bataille de la Meskiana, une sévère défaite au corps expéditionnaire arabe de l’émir Hassan Ibn en Noman, qu’elle repoussa jusqu’en Tripolitaine.
Quelques élements historiques pour l’auteur de cet article qui fait l’impasse sur la berbérité en Algérie qui a été systématiquement réprimée.
suppression de la chaire berbère à l’Université d’Alger (1973) ;
la "fête des cerises" à Larba n’ath Iraten : 3 mort (1974) ;
à Seddouk, arrestations de jeunes, détentions sans procès, incorporations d’office dans l’armée (1974) ;
différentes manifestation culturelles en arabe algérien et en berbère ont été continuellement interdites : Kateb Yacine, Ait Menguellat, Idir , etc.
des chanteurs mozabites et touaregs ont été empêchés de quitter le territoire national à l’occasion du premier festival berbère à Paris (Juin 1979) ;
en 1980 les chanteurs du groupe Azrou d’Arris (Aurès) ont été arrêtés...,
La liste est encore longue....
Ce qui me rire aujourd’hui c’est ça : "La résistance en Algérie s’est manifesté contre l’islam également"....Je viens d’apprendre que l’Algérie existait à cette époque.... Si on pouvait filtrer les incultes, les ignares sur ce forum, on aurait moins de conneries à lire svp.
Le mouvement de réforme musulman (Islah) a échoué sur toute la ligne . Son objectif était de penser l’islam en termes modernes pour l’adapter à un empire qu’il faut rendre plus conforme aux nécessités de son temps. Ce réformisme n’ a jamais pu s’appuyer sur une pensée rationaliste comme celle qui a vu le jour en Europe au XIXe siècle. L’islam et les société s musulmanes n’ont pu être régénérées . On voit le résultat actuellement avec la la régression des peuples musulmans. Ce retard est imputé à une sclérose de l’islam, qui est devenu une idéologie au service de la classe dominante.
La citation de Mohamed Harbi, publiée par Bachir, situe bien les limites des nationalo-réformistes mais sans eux, rien n’aurait été possible.
L’ouverture des médersas - hélas,trop peu nombreuses - a fini par inciter les autorités françaises, en 1959, à commencer à enseigner la langue arabe.
Mais il était trop tard.
Quant à la question berbère, je crois que le mouvement des Oulémas à fait l’énorme erreur de la nier par le slogan "L’Algérie est ma terre, L’Islam est ma religion et l’arabe est ma langue".
Une anecdote : Un oncle à moi, jeune lycéen dans les années trente, période de grande effervescence politique, me raconte-t-il, faisait le tour des meetings qui se tenaient à Alger en ce temps-là.
Après avoir rejeté le Parti Communiste au cause du pacte germano-soviétique, il va chez les Oulémas, est d’abord séduit, mais profondément déçu par ce slogan qui ignorait complètement les berbères.
Il s’est engagé dans les forces françaises libres pendant la 2ème guerre mondiale et s’est établi en France définitivement.
Le refrain chanté par Lola est un classique du nationalisme algérien mal placé. C’est toujours de la faute de l’ancienne puissance coloniale. Certes le colonialisme a une part de responsabilité dans le sous-développement de l’Algérie, mais les dirigeants algériens possèdent une responsabilité majeure dans l’appauvrissement de leur pays. Ils ont fait des choix politiques catastrophiques, allant jusqu’à falsifier l’histoire de ce pays. Mme Lola ne voit que la paille dans l’œil de l’ancienne puissance coloniale, sans voir la grosse poutre dans l’œil de l’Algérie. C’est pratique, cela permet de se faire passer pour d’éternelles victimes et cela permet de ne pas assumer ses responsabilités et ses propres échecs.
Très bon article sur le plan historique. Le défi auquel était confronté l’association des Oulamas est toujours d’actualité. La déculturation de l’Algérie, l’absence de débat autour de l’islam, le maraboutisme new look des salafistes, bref une véritable crise civilisationnelle qui va accentuer la dépendance de l’Algérie et favoriser son asservissement culturel et économique.
Les oulamas par leur science et leur sens de la réforme étaient une force culturelle. Cet esprit de réforme a disparu au lendemain de l’indépendance. Les frères musulmans qui sont un courant violent et néfaste pour l’islam a tenté de faire une OPA sur l’islam en Algérie. Ce grand pays doit revenir à l’esprit des oulamas et en finir avec les frères musulmans qui sont un danger pour l’Algérie.
Salam,
Attendons la suite puis j’essaierai d’expliquer à Taremaillac pourquoi l’assimilationisme pratiqué dans l’Algérie coloniale a été ce que ce système a produit de pire !.
Cela a concerné une notable partie de la population algérienne par besoin de suppléer à certaines tâches, le reste étant réduit plus ou moins à l’état de bêtes.
Bien entendu, je parle d’assimilation par la force, systématisée et non de l’assimilation comme processus normal, plus lent, conscient et maîtrisé d’adaptation à de nouvelles conditions de vie.
Peut-être ne vous rendez vous pas compte du mal que vous faites.
Ne tombons pas dans le piège entre arabe et berbères. Je voudrais préciser à Amazig que la première partie de la conquête musulmane de l’Espagne fut menée par un contingent berbère presque entièrement composé de récents convertis, à commencer par son chef Tariq ibn Ziyad, qui donna son nom à la colline de Gibraltar (Djebel Tariq »).
La résistance en Algérie s’est manifesté contre l’islam également. La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilité durant la période byzantine entraînent la reconstitution de plusieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l’arrivée des musulmans entre 670 et 702. Les figures les plus connues de ce conflit furent le roi Koceila, qui vainquit Oqba Ibn Nafaa en 689, près de Biskra, puis la reine guerrière Kahena (de son vrai nom Dihya), qui à la tête des Berbères (Djerawa de l’Aurès et Nefoussa de Tripolitaine) ainsi que des Roums de la côte, infligea, en 693, à la bataille de la Meskiana, une sévère défaite au corps expéditionnaire arabe de l’émir Hassan Ibn en Noman, qu’elle repoussa jusqu’en Tripolitaine.
Pour Slimane qui caricature l’identité algérienne :
La Constitution définit « l’Islam, l’Arabité et l’Amazighité » comme « composantes fondamentales » de l’identité du peuple algérien et le pays comme « terre d’Islam, partie intégrante du Grand Maghreb, pays arabe, méditerranéen et africain.
Vous parlez d’arabité et vous oubliez de parler de la berbérité de l’Algérie qui est l’identité du peuple algérien. Identité qui a été niée, ce qui a provoqué l’importation d’une culture coloniale qui vient à la fois d’europe et du monde arabe. L’arabisation a donné naissance à l’islamisme radicale. Si un peuple parle l’arabe, pourquoi a-t-on décidé de l’arabisé ?
Concernant le rôle de l’islam dans la lutte pour l’indépendance, le grand historien Mohamed Harbi écrit sur cette question : " Malgré ses limites, l’action des oulémas a redonné confiance aux Algériens et incité les élites francophones à prendre en charge le passé de leur pays. Mais, coupées des masses rurales, ces élites considéraient la France comme leur modèle, mettaient l’accent sur la modernisation et rejetaient à l’arrière-plan la lutte de libération nationale, prise en charge par le mouvement de Messali Hadj (1898-1974) et les oulémas. Elles se sont ainsi trouvées en position de faiblesse face aux patriotes attachés au statut musulman et aux traditions. C’est avec la mobilisation populiste au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qu’apparaît concrètement la centralité de l’Islam dans la problématique politique : contre ses adversaires, le mouvement messaliste se pose en bras séculier de la foi et entreprend de mobiliser les classes populaires en faisant respecter les interdits et l’ordre moral par la persuasion et aussi par la violence."
Votre texte Badjib Achour est intéressant. Mais il est capital de rappeler que l’association des Oulamas, qui a en effet fait un travail extraordinaire de résistance culturelle, n’était pas au début en faveur de l’indépendance de l’Algérie, comme l’était par exemple le PPA de Messali Hadj qui dès le début des années 30 a milité pour l’indépendance. Il est fondamental de le signaler.
Le programme de l’association des Ulémas était défini dans ses statuts comprenant 24 chapitres dans lesquels étaient abordées les grandes lignes de l’action de l’Association. Les objectifs de l’association apparaissent aussi bien à travers ses statuts que les activités et écrits de ses membres.
En tête de ces objectifs , figure la préservation de la religion musulmane et la lutte contre les mythes et légendes, la revivification de la langue arabe et ses humanités ainsi que la glorification de l’histoire du monde musulman et son patrimoine.
