Le nouveau Grand Rabbin de France prend position sur les ondes d’Europe 1

Invité de Dominique Souchier dimanche matin, dans le cadre de l’émission « C’est arrivé demain »,

lundi 12 janvier 2009

Invité de Dominique Souchier dimanche matin, dans le cadre de l’émission « C’est arrivé demain », Gilles Bernheim, récemment investi Grand Rabbin de France, a exprimé les fortes convictions qui l’animent au sujet du conflit israélo-palestinien, confiant sa propre interprétation de l’exceptionnelle mobilisation nationale d’hier.

En substance, les extraits les plus révélateurs de sa perception intime des événements :

A la question : « Est-ce que vous comprenez les manifestations ? », Gilles Bernheim, après un préambule des plus consensuels : «  Je peux comprendre l’attachement que tout un chacun peut avoir à une cause qui lui est chère », a poursuivi par une critique cinglante à l’encontre des principaux leaders politiques d’extrême-gauche, ciblant plus particulièrement les Trostskistes, leur reprochant sans ambages, par leur présence en nombre aux premiers rangs de la manifestation parisienne, de prêter le flanc à une association d’extrêmes, en déplorant vivement : « Ce que je comprends beaucoup moins, c’est l’association d’extrêmes entre le fondamentalisme religieux et les hommes et femmes d’extrême-gauche, qui se verraient interdites leur existence, leur liberté d’expression et de pensée par le Hamas, et tous les autres partis intégristes religieux ».

Renchérissant sur le slogan fédérateur « Halte aux massacres ! », le Grand Rabbin de France a stipulé : « Halte aux massacres oui, mais beaucoup plus tôt, halte aux missiles envoyés depuis tant d’années sur le sud d’Israël. Lorsque Israël s’est retiré de la bande de Gaza, il n’y avait plus d’occupation, si ce mot faisait encore sens, mais le Hamas n’a pas évolué pour autant. Les gens du Hamas et du Hezbollah, et les intégristes religieux, souhaitent la disparition totale et intégrale d’Israël ».

Se disant choqué par le maître mot des manifestants «  Nous sommes tous Palestiniens ! », il a cru bon d’ajouter : «  Oui, cela me choque, et en même temps je suis bouleversé dès qu’un enfant est atteint, car il n’y a pas à mes yeux de différence entre un mort palestinien et un mort israélien. Sauf que les images du Hamas qui fait monter sur le toit d’une mosquée des familles, donc des civils, comme bouclier humain, ou se réfugie dans des écoles pour tirer sur l’armée israélienne, en font une guerre terriblement sale ».

Insistant sur le crédit qu’il accorde aux justifications de la stratégie guerrière d’Israël, Dominique Souchier lui a demandé : « Vous croyez tout ce que dit le gouvernement israélien ? ». Ce à quoi, Gilles Berheim a répliqué : « Le mobile d’Israël est que le sud-ouest du pays puisse être libéré de ce qui constitue depuis des années une hantise pour la population israélienne, l’impossibilité de vivre tranquille ».

Poursuivant sur sa lancée, il a précisé : « Les palestiniens ont choisi le Hamas, si ce choix est démocratique, ils ont choisi un gouvernement qui veut faire la guerre à Israël. Israël est une démocratie qui ne peut pas courir au suicide au nom des bons sentiments. Et je le rappelle, les démocraties meurent de n’avoir su se protéger ».

Indiquant aux auditeurs que Gille Bernheim vient de prendre ses fonctions tout récemment, Dominique Souchier l’interroge alors sur les motivations réelles qui l’ont amené à participer à la manifestation de soutien à Israël organisée par le CRIF dimanche 4 janvier.

Le Grand Rabbin de France a contourné l’écueil de cette question en soulignant qu’il n’avait eu de cesse d’appeler les responsables communautaires, juifs et musulmans, à « redoubler d’ardeur pour que le conflit ne se transfère pas en France, et profiter du dialogue interreligieux pour que les deux religions délivrent un message de paix et non de haine ».

Cela étant, il a également mis en garde sur le fait que « les risques de contagion existent bien, dans certaines couches de la population, pour qui la religion est tout sauf une forme d’élévation spirituelle… ».

Dans cette droite ligne, il a enfin déclaré : « Je redoute les actes antisémites, qui perdurent. Il faut qu’ils régressent ».

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