Le couac gouvernemental sur les expulsions en Afghanistan

Heureusement que des dissonances gouvernementales à répétition viennent rompre l’harmonie de façade des

mercredi 11 novembre 2009

Heureusement que des dissonances gouvernementales à répétition viennent rompre l’harmonie de façade des courtisans de Nicolas Sarkozy, qu’ils soient de zélés ministres en exercice ou des prétendants laudatifs en embuscade, amenant une once de spontanéité, et peut-être de vérité, à une illusoire union sacrée !

C’est à notre humanitaire sur le retour, Bernard Kouchner, que l’on doit ce nouveau couac qui lève un coin de voile sur des arcanes du pouvoir bien moins lisses qu’en surface.

S’épanchant mardi matin sur les ondes de France Inter sur les douloureux retours forcés en Afghanistan, notre chef de la diplomatie a confié sa désapprobation de la politique d’expulsion d’Afghans en situation irrégulière en France dans leur pays d’origine.

« Je pense que ce ne n’est pas comme cela qu’il faut faire. Surtout quand on se bat là-bas. Je pense que ce n’est pas utile, je l’ai dit à Eric Besson (...), au président » soupirait celui qui s’est fait voler la vedette par Eric Besson, l’autre renégat de gauche qui marche aujourd’hui si prestement sur les pas du maître à penser et à agir : Nicolas Sarkozy.

Hélas, les protestations en la matière, qu’elles émanent du ministre des Affaires étrangères ou de l’opposition, n’ont eu aucun effet sur le chef de l’Etat, manifestement plus sensible aux coups d’épée dans l’eau, savamment mis en scène, de son ministre de l’immigration et de l’identité nationale, le deuxième homme pressé du gouvernement après le président en personne !

Dans cette cacophonie d’Etat, où les désaccords idéologiques succèdent aux lapsus révélateurs, Bernard Kouchner ayant déclaré qu’Hamid Karzaï était un président corrompu avant de se rétracter en parlant d’un pays corrompu, le ridicule le plus misérable ne tue décidément pas…

Ainsi, le requin de la politique qu’est Eric Besson n’a-t-il pas déclaré avoir assuré la protection des trois malheureux Afghans reconduits manu militari au bercail, en leur offrant un hébergement sur place en chambres d’hôtel ?

Bienveillant ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale. Au fait, Monsieur le ministre, en quelle catégorie l’hôtel à Kaboul ?

Publicité

commentaires