Dimanche 12 février 2012

Le Prophète et la féminité : Rayons de Lumière

Parler du Prophète de l’islam et de sa relation à la féminité, c’est en vérité parler de la nature prophétique et de sa propre féminité. Cela doit d’ailleurs nous permettre de comprendre comment l’ensemble des femmes peut effectivement se reconnaître, en toute simplicité, à travers le Prophète et y trouver un accomplissement.

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Intuition féminine et Lumière divine

style=';'>Parler du Prophète de
l’islam et de sa relation à la féminité, c’est en vérité parler de la nature
prophétique et de sa propre féminité. Cela doit d’ailleurs nous permettre de
comprendre comment l’ensemble des femmes peut effectivement se reconnaître, en
toute simplicité, à travers le Prophète et y trouver un accomplissement.

« O toi, le Prophète ! Nous avons déclaré licite pour
toi : les épouses auxquelles tu as donné leur dot, les captives que Dieu
t’a destinées, les filles de ton oncle paternel, les filles de ton oncle
maternel, les filles de tes tantes maternelles – celles qui avaient émigré avec
toi – ainsi que toute femme croyante qui se serait donnée au Prophète pourvu
que le Prophète ait voulu l’épouser. Ceci est un privilège qui t’est accordé, à
l’exclusion des autres croyants. »
(Coran XXXIII, 50).

style=';'>Si Dieu a rendu licite au
Prophète « toute femme croyante qui se serait donnée à lui pourvu que
celui-ci ait voulu l’épouser », c’est que ces femmes croyantes comprennent
intuitivement la réalité lumineuse prophétique, et dès lors, envisagent
spontanément de se donner à lui, s’il accepte, avant tout autre homme croyant.
Dieu, ici, ne fait donc qu’autoriser le Prophète à accéder au désir légitime de
ces croyantes qui recherchent dans l’union d’un mariage « divin » la
réalisation suprême.

style=';'>Ibn al ‘Arabi nous dit à ce
propos : « Or, comme la
réalité divine est inabordable directement sous le rapport de l’Essence, et
qu’il n’y a de contemplation attestée que dans une substance, la contemplation
de Dieu dans les femmes est la plus intense et la plus parfaite ; et
l’union la plus intense (dans l’ordre sensible qui sert de support à cette
contemplation) est l’acte conjugal ».

 De fait, il
y a « conaturalité » entre le Prophète de l’islam et les femmes quant
à la Lumière divine. En effet, le Prophète a été créé à partir de cette Lumière
et les femmes sont le support privilégié de celle-ci en ce monde, notamment
lorsqu’elles deviennent mères et qu’une âme prend appui sur l’une d’entre
elles, ainsi qu’en atteste le hadith :
« Le Paradis est sous les pieds des
mamans ».

style=';'>La première manifestation
explicite du lien privilégié entre la féminité et la réalité plénière
intérieure et extérieure de l’Envoyé de Dieu est relatée de la façon
suivante :La scène se passe le jour du mariage du futur père du Prophète,
‘Abd Allah, avec sa future mère, Amina. En ce jour béni, ‘Abd Allah passe près
de chez Qutaylah, sœur du croyant Waraqah – reconnu par tous comme un hanif href="#_ftn1" name="_ftnref1" title="">1 –, en vue de se rendre chez le père d’Amina. Qutayla voit alors, émanant du
visage d’‘Abd Allah, une lumière venue d’un autre monde.

style=';'>Troublée au plus profond
d’elle-même et convaincue d’avoir perçu l’annonce même du Prophète tant
attendu, elle propose, en toute spontanéité intuitive, de se donner à lui par
mariage, afin que le père du futur Prophète dépose en elle cette Lumière,
qu’elle est seule à avoir vu directement. Mais Dieu n’en avait pas décidé ainsi
et Amina devint la mère du futur Prophète alors que ‘Abd Allah mourut avant
même sa naissance.

style=';'>Le plus remarquable est de
constater que cette « lumière » prophétique est toujours perçue et
recueillie par une femme, avant les hommes ; que ce soit pour Qutaylah,
Amina qui se savait porteuse de cette lumière, ou Khadija, la première femme du
Prophète, qui voyait la « lumière » émaner de lui. Cette vérité se
perpétue également à travers les croyantes dont parle le Coran.

Mariages et concubinages

style=';'>Afin de mettre le statut du
Prophète de l’islam en conformité extérieure avec la Loi divine (shari’a), énoncée pour l’ensemble des
croyants, à savoir : « Epousez,
comme il vous plaira deux, trois ou quatre femmes. Mais si vous craignez de ne
pas être équitables, prenez une seule femme »
(Coran IV, 3), il est
ordonné au Prophète ceci : « Il
ne t’est plus permis de changer d’épouses ni de prendre d’autres femmes, en
dehors de tes esclaves, même si tu es charmé par la beauté de certaines d’entre
elles. Dieu voit parfaitement toute chose »
(Coran XXXIII, 52).

style=';'>Ces versets sont à
rapprocher de celui où il est dit sans ambiguïté, contre les mœurs du temps et
contre le comportement récurrent des hommes qui s’établit selon la loi du plus
fort : « Vous ne pouvez
être parfaitement équitables à l’égard de chacune de vos femmes, même si vous
en avez le désir »
(Coran IV, 129). Il y a là une indication forte en
faveur du monogamisme.

style=';'>Et c’est donc dire que les
hommes se doivent de maîtriser leur désir plutôt que de s’acharner à vouloir
maîtriser un autre être – ici la femme – objet de leur désir, ce que
socialement ils ont voulu établir et instituer contre toute vérité.

« Si vous voulez substituez une épouse à une autre, et si vous
avez donné un quintar d’or à l’une des deux, n’en reprenez rien (…) et
d’ailleurs, comment le reprendriez-vous, en vérité, alors que vous étiez liés
l’un à l’autre et que vos femmes ont bénéficié d’une alliance solennelle
contractée avec vous »
(Coran IV, 20-21). Ces versets insistent sur le caractère essentiel,
définitif et irréversible de toute union, serait-elle brève, d’un homme et
d’une femme ; et par là même, au-delà des vicissitudes de la vie, insiste
sur l’idéal monogamique d’une seule union véritable, dont les tentatives terrestres
sont comme les facettes ou approches successives.

style=';'>Concernant l’exemple
prophétique lui-même, il n’eut d’enfants survivants que quatre filles (Zainab,
Ruqayya, Umm Kaltoum et Fatima) qu’il eut avec sa première épouse, Khadija,
dans le cadre d’un mariage monogame, fondé sur des affinités personnelles, et
qui dura jusqu’à la mort de celle-ci. Par la suite, dix autres mariages et deux
concubinages furent conclus avec le Prophète.

style=';'> Ces unions n’obéissaient pas à des désirs passionnels de Muhammad,
mais répondaient à des nécessités imposées par les circonstances : aide
pour élever les enfants et tenir le foyer, prolongement du compagnonnage
spirituel, générosité accordée aux veuves de ses compagnons morts en martyrs,
préalable afin de faire évoluer les mœurs ou alliances politiques favorables à
l’expansion de la religion (voir encadré).
« Le Prophète est plus proche des croyants qu’ils ne le sont les uns des
autres, ses épouses sont leurs mères »
(Coran XXXIII, 6). Chacune de
ces épouses, « mères des croyants », furent aimées pour elles-mêmes.
‘Ali précisait que le Prophète, dont il était le gendre, ne frappa jamais de sa
main bénie l’une de ses femmes, ni même un de ses esclaves qui furent tous
affranchis.

Illettré et maternel

D’après la Tradition, le Prophète de l’islam offrait un ensemble de
traits de caractère très divers et variés, toujours disposés harmonieusement et
sans excès ; à l’image d’un diamant avec ces différentes facettes,
transmettant toujours la même lumière unique et unifiante, à la fois douce,
apaisante et exaltante pour ceux qui la recevaient à son contact. Il est un
brillant luminaire (Coran XXXIII, 46), il transforme et conduit les croyants de
l’ombre à la lumière (Coran II, 257). Il est la « charnière » entre
les hommes et le Ciel. Ainsi, s’il savait se montrer pleinement
« viril » au combat ou dans son « harem », il était
toujours accessible, prévenant, attentif et accueillant comme peut l’être une
mère à l’égard de ses enfants (Coran XXIV, 62).

style=';'>A cet égard, le Prophète est
dit « ummi », que l’on peut
traduire par : qui ne sait ni lire, ni écrire, ignorant, ou encore dans un
autre sens, maternel. Il est ainsi en mesure de recevoir et d’accueillir
parfaitement, sans interférences mentales ou affectives, la Révélation de Dieu
descendue sur son Cœur (Coran II, 97). Il est « Mère » dans l’ordre
de la Manifestation divine et homme dans l’ordre de la Création, alors que les
femmes sont mères dans le seul ordre de la Création. Tout en vérité a été formé
et se forme dans l’ordre de la Création à partir de lui, de sa lumière. Il est
donc la « matrice » de notre retour à Dieu (Coran XXXVI, 22 &
83), comme, dans l’ordre terrestre, est la mère pour ses enfants qui reviennent
toujours à elle.

style=';'>Ainsi, selon ‘Aïcha, le
caractère du Prophète était comme le Coran, et par nature, il était comme la
Table Gardée (Coran LXXXV, 22) où repose la Mère du Livre (Coran III, 7 ;
XLIII, 2-4), ou Archétype des Livres sacrés, pourrait-on dire. « Qui m’a vu, a vu la Vérité » :
le Prophète de l’islam est bien en vérité la Porte sublime qui conduit aux
Grands Mystères.

Sources style=''> :

Les femmes du Prophète style=''> de Magali Moroy, éd. Mercure de France

Femmes en islam style=''> de W. Walter, éd. Sindbad

Les femmes soufies et la passion de Dieu style=''> de N. et L. Amri, éd. Danglès


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hanif : rattaché à la voie
spirituelle remontant directement à Abraham.

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Commentaires

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0 points

Combien de "bons musulmans" ont pu lire ce texte et méditer un peu sur leur vision, leur compréhension de la présence de la femme dans la création ? Beaucoup ne gardent des préceptes de notre Saint Prophète (PBSL) (quand ils n’ont pas été déformés ou mal interprétes !) que ce qui sert leur intérêt : la femme, éternelle source de confort, et rien que cela, pour des hommes qui ne ratent pourtant pas une seule prière du vendredi ni celle du fadjr ! quel non sens ! il est grand temps de travailler sur les mentalités mal informées et sciemment maintenue dans l’ignorance pour enfin redonner à l’Islam l’image qui est sienne, la vraie ! le seul exemple de la place que reserve l’Islam à la femme dans la vie des Hommes est éloquent. Que dire du reste s’il pouvait être enfin révélé, enseigné par des musulmans bien éclairés, et enfin compris par tous ceux là qui n’ont rien compris ! c’est le rôle et la responsabilité de chacun de nous...