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Islam – Pensée novatrice et Ijtihad face aux défis du XXIe siècle

Quelles implications doit-on relever dans l’effort d’interprétation chez les « Fouqaha » théologiens musulmans en ce XXIe siècle ? L’Islam se meut dans toutes les évolutions du monde avec pour corollaire une adaptation à toutes les ères et les aires dans le processus de mutation systémique et doctrinal que connaît l’humanité entière. Peut-on avoir toujours recours au passé pour expliquer le présent dans la nature des transformations structurelles et institutionnelles d’une société musulmane ?

Ni Taqlid ni spéculation
Or l’effort d’interprétation ou « Ijtihad » se réalise toujours avec les exigences du moment ; c’est d’ailleurs là une des vérités historiques qu’on ne peut nier. Une des figures marquantes de la Nahdha arabe, Rachid Rédha, juge inadéquat et réprouve ceux des anciens qui se réfèrent au passé d’une manière passive, c’est-à-dire avec un « taqlid ». Comment nous inspirer de l’Islam pour renouveler le contenu du fiq’h dans le sens rationnel ?

C’est peut-être là une problématique à poser dans la voie de la perception de l’évolution actuelle des sociétés musulmanes dont l’héritage scientifique, philosophique et théologique par lui-même est une source inépuisable dans l’approche des problèmes de notre temps face à toute cette culture de l’Internet et des progrès de la science médicale et génétique.

Une saine interprétation du Coran et de la Sunna
Faut-il revenir à une saine interprétation du Coran et de la Sunna pour que l’effort de rénovation en matière d’exégèse ne soit pas prisonnier des stéréotypes aveuglants et sans ancrage dans le mouvement des idées novatrices de ce IIIe millénaire ?
Les nouveaux défis de la planète sont multiples, c’est-à-dire que les concepts tels que la mondialisation, la globalisation, remettent à l’ordre du jour une certaine façon de se comporter dans le concert des nations.
Quelle option de modernisme doit-on réaliser tout en sauvegardant les valeurs intrinsèques des Textes sacrés qui nous ont inspirés tout au long de ces quatorze siècles d’Islam ? Le courant salafiste n’a pas suscité un débat fécond, parce que la réflexion n’a guère dépassé une sorte de résurrection de la pensée Mu’tazilite, dont ces derniers accordent un rôle à la raison dans la solution de ces problèmes.

Querelle des anciens et des modernes
La position des traditionalistes est celle qui consiste à ne pas procéder à l’Ijtihad là où il existe un texte clair et de ce fait ne peut porter que sur des conjectures, jamais sur des points formellement établis. Or les Fouqaha ont toujours considéré que les sources fondamentales du droit musulman : Coran, Sunna, raisonnement par analogie et Ijtihad, ont été toujours classées en fonction de leurs forces contraignantes, chacune d’elles l’emportant sur la suivante.
Y a-t-il une théorie de l’Ijtihad qui mettrait le cadre méthodologique dans sa perception juste et rationnelle au point de vue de la réflexion théologique ? Comment s’inspirer de notre héritage lorsque les progrès de la médecine ont réalisé des innovations qui pour le moins qu’on puisse dire suscitent des controverses chez de nombreux fouqaha, tels par exemple « les bébés éprouvettes », le clonage, etc.

Vers une théorie de la notion de l’Ijtihad
L’essentiel est de ne pas faillir en procédant à une déviance dans la compréhension des fondements de notre religion. C’est pourquoi le Prophète Sidna Mohamed (QSSL) dit : « Les savants docteurs sont les héritiers des Prophètes » (Al Oulama warithata Al Anbia).
Y aurait-il un Rénovateur pour chaque siècle si on tient à Abou Hurayra, qui rapporte de l’Envoyé de Dieu, dans une belle tradition prophétique, que ce dernier a dit : « Dieu enverra à cette Communauté au début de chaque siècle, quelqu’un qui renouvellera sa religion » (Yabaatou Allahou lihadhihi El Oumma ala raâs kouli miati sanatin man youjadidou laha dinaha), comme Omar B. Abdelaziz Ben Marwan, 8e Calife Ommeyyade 61/101H-681/720 JC, ou bien l’imam Chafaï, fondateur de l’école juridico-théologique 150/204 H = 767/820 JC, etc.

 

En quoi consiste donc le renouveau de la pensée islamique ? Est-il lié simplement au domaine de la religion ou au contraire touchera-t-il les aspects de la vie économique, culturelle, scientifique, etc. ?
Doit-on remplacer les anciens usages pour les harmoniser avec les nouveaux ?
Forger de nouveaux arguments du XXIe siècle
Y a-t-il des lois en la matière pour forger les arguments prouvant le bien-fondé des nouvelles idées ? En effet notre monde d’aujourd’hui, par les progrès extraordinaires qu’il a engendré dans le domaine intellectuel, technologique et scientifique, remet à l’ordre du jour les aspects de la spiritualité de l’homme sur cette terre, pour que science et conscience aillent en communion.
Si bien que la querelle des anciens et des modernes continue sous d’autres appellations. A ne citer tout au début du siècle passé, ce grand mouvement du réformisme (Islah) de Mohamed Abdou, Rachid Rédha, Ben Badis, Bachir El Ibrahimi etc. qui ont beaucoup fait en matière de rénovation de l’esprit de l’Ijtihad.

Le Coran et la Sunna du « Sceau des Prophètes » (QSSL) sont venus pour diriger tous les fidèles des confessions et religions précédentes vers l’utilisation de la raison avec la conscience, afin qu’ils parviennent à la connaissance, à la Voie droite. « Craignez Dieu autant que vous le pouvez » et « Tirez donc une leçon de cela, ô vous qui êtes doués d’intelligence » (Fataqou Allah ma astatâatoum – Faatabirou Ya awli al Abssar).

Comment nos Ulamas doivent introduire un Ijtihad collectif collectif et individuel pour répondre aux nouveautés de notre monde d’aujourd’hui en restant dans les normes de la Loi divine et de la Sunna ? Le Coran refuse en termes explicites le droit de l’homme d’intervenir par son jugement dans les questions où Dieu et Son Envoyé Mohamed (QSSL) se sont prononcés avec une autorité décisive.

« Lorsque Dieu et son Prophète ont pris une décision, il ne convient ni à un croyant ni à une croyante de maintenir son choix dans cette affaire. Celui qui désobéit à Dieu et à son Prophète s’égare totalement » (Coran 33,36 Al Ahzab). (Wa ma kana Li Mou’mini wal Moûminatin idha Qadha Allahou Wa Rassoulouhou amran an yakouna lahoum al kheïra min amrihim wa man yaâssi Allah Wa Rassoulouh fa qad dhalla dhallalan moubina). Al Ahzab 36.

Outre le Coran, qui comprend les décrets et les Lois de Dieu de l’Univers, Mohamed dernier des Prophètes, non seulement qu’il est porteur d’un message divin, il fut le juge et le pédagogue désigné par le Très Haut dont la tâche est d’expliquer la Loi divine par ses paroles et ses actes.

Respect du domaine des normes

Cette Tradition qui est l’œuvre accomplie par l’Envoyé de Dieu pendant les vingt-trois ans de sa vie prophétique, qui, côte à côte avec le Coran, constitue le droit suprême émanant du Législateur suprême et le complète que nous appelons la Chari’a. Il faut donc toujours éclairer les concepts dans un certain nombre d’aspects de la vie humaine sur lesquels le Coran et la Sunna se sont prononcés de façon catégorique et pour lesquels ils ont fixé une norme particulière.

Dans ce cas, aucun juriste, Docteur ou législateur ne peut changer quoi que ce soit aux ordonnances précises ou aux principes définis. Toutefois, il est permis de porter l’effort sur la connaissance exacte du précepte donné, puis sur la définition de son contenu et de sa source. Le raisonnement par analogie, la déduction sont autant de méthodes où l’homme peut légiférer à sa guise à condition que ce qu’il édicte soit en conformité avec l’esprit et la lettre des principes généraux de l’Islam.

On ne peut pas utiliser à tort le terme d’Ijtihad et toute liberté d’interprétation doit se référer au Coran et à la Sunna qui sont la base du système et des fondements de l’Islam. Il faut des compétences requises. C’est là une façon d’être inspiré par un ijtihad authentique dont la validité de la législation repose une investigation où les savants doivent tirer argument du Coran, de la Sunna, de la lexicographie arabe, de la grammaire, des usages établis et du contexte sur le plan de l’analyse sémantique. Tout commentaire hasardeux ne peut être reconnu dans l’approche systémique de la notion de l’Ijtihad.

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