Depuis que l’Occident a pris connaissance du Coran il n’a de cesse d’en critiquer la forme et l’origine. Cela se conçoit, après tout, croire qu’il s’agit de la dernière Révélation de Dieu adressée à l’humanité est affaire de foi et, à cela, nul n’est obligé : “ Si ton Seigneur l’avait voulu, tous les hommes sur Terre eussent été croyants. Alors, sache donc que tu n’as pas à contraindre les gens afin qu’ils croient.” S10.V99.
Depuis que l’Occident a pris
connaissance du Coran il n’a de cesse d’en critiquer la forme et l’origine.
Cela se conçoit, après tout, croire qu’il s’agit de la dernière Révélation de
Dieu adressée à l’humanité est affaire de foi et, à cela, nul n’est
obligé : “ Si ton Seigneur l’avait voulu, tous les hommes sur Terre eussent
été croyants. Alors, sache donc que tu n’as pas à contraindre les gens afin
qu’ils croient.” S10.V99.
Dévaloriser le contenu du
Coran remplit au fond double fonction : En réduire la valeur intrinsèque,
et ce sont alors les musulmans arc-boutés à sa lecture qui en sont par
contrecoup minorés. Mais de telles critiques en réfutent aussi l’origine divine ;
comment Dieu aurait-il donc pu produire un ouvrage de si piètre qualité !
Seul un contrefacteur mal-lettré aurait pu commettre un écrit si décousu et
manifestement copié à l’ombre des Saintes Ecritures.
L’impensable, le refoulé
absolu : que Dieu se soit adressé à un Arabe ! Il y aurait là comme
une erreur que l’Histoire n’aura de cesse de dénoncer et de vouloir prouver…à
défaut, elle la combattra.
Le Coran donc ne serait qu’un
plagiat malhabile, une composition hétéroclite établie à partir d’une
connaissance partielle des Ecrits Juifs et Chrétiens. Muhammad n’aurait fait
que dicter de vagues copies, de pâles souvenirs d’enseignements donnés par on
ne sait trop quels rabbins ou moines rencontrés au gré de ses voyages
commerciaux de jeunesse. Assemblage mal traduit mais assaisonné d’un
monothéisme intransigeant, quasi simplisme, prouvant le peu de goût théologique
du caravanier.
L’homme n’a pas attendu les
orientalistes et les pseudos spécialistes pour porter l’accusation, le Coran en
témoigne : “ Et, les dénégateurs disent : « Ce n’est qu’un
détournement mensonger de sa fabrication, et d’autres gens l’assistent en cela…”
S25.V4.
Cependant, nous musulmans, ne
cherchons nullement à nier la parenté entre le Coran et d’autres Ecrits Saints
d’autres religions. L’ultime révélation ne s’inscrit pas hors de l’Histoire,
mais en une parfaite continuité de l’histoire de la Révélation. Le Coran, pour
être la dernière Révélation, n’en est pas moins paradoxalement la plus
ancienne. En effet, selon sa propre théorie, chaque révélation est une
re-révélation à partir d’un archétype contenu en la Table bien gardée, al
lawh al mahfûz.
A chaque nouveau prophète
suscité, Dieu procède à une révélation adaptée à partir de ce « prototype
céleste » (plus exactement nommé « L’Ecrit Archétypique »,
une des acceptations coraniques du mot Kitâb) et est ainsi révélé aux
hommes un nouveau Message. Toutes les révélations ont donc la même origine.
Elles ne différent que par la forme mais, conséquemment, pas sur le fond. En
d’autres termes, il n’y a qu’un seul Message celui de l’unicité divine ou
tawhîd, qui revêtira diverses formes d’expression.
Ces modalités de présentation
varient en fonction de la langue du Prophète transmetteur, des cultures et des
besoins, mais aussi, fait essentiel, en fonction du taux de déformation
qu’auront subi les révélations antérieures sous la pression du temps et de
l’activité interprétative des hommes. Chaque révélation est ainsi la
confirmation et la réactualisation de ce Message constant et unique, communauté
de différences donc. Sous cet aspect, le Coran est bien tout à la fois la
dernière révélation chronologique mais aussi la plus ancienne, c’est-à-dire la
dernière émanation de l’Original.
Ainsi, le Coran se conçoit-il comme étant le
prolongement et la conclusion des révélations antérieures, notamment la Torah
et l’Evangile :
“ Ô Gens du Livre, voici que vous parvient un Messager porteur
de preuves et d’éclaircissements après qu’eut lieu une interruption des
prophéties…” S5.V19.
Le Coran résulte de la Révélation en tant que
mouvement sans cesse régénéré par lequel Dieu enseigna aux hommes Sa
« parole » :
“ Dieu t’a révélé progressivement le Coran, confirmation de ce
qui l’a précédé, comme Il avait de même révélé la Torah et l’Evangile…” S3.V3.
Cette
re-révélation est effectuée à partir de « l’archétype », ou
« prototype immuable », la matrice de chacune de ces nouvelles
révélations :
“Seul Dieu peut avoir conçu ce Coran, et il s’agit bien d’une
confirmation de ce qui l’a précédé, un exposé du Livre [ici, l’Ecrit archétypique] ne contenant aucun
doute et provenant du Seigneur des mondes.” S10.V37.
Il y a donc une origine commune à toutes les
révélations, la communauté de texte est ainsi logique et relève d’un phénomène
cohérent :
“ Il y eut auparavant le Livre de Moïse, guidée et miséricorde,
et ce Coran en est la confirmation en langue arabe…” S46.V12.
En ce cas, les différences que l’on peut
constater correspondent alors à des rectifications d’erreurs engendrées par la
sécularisation des Ecrits :
“ Ô Gens du Livre, voici que vous parvient Notre Messager afin
d’éclaircir une grande part de ce que vous aviez dérobé du Livre…” S5.V15.
Le principe
présidant à cette rectification des erreurs apparues dans les Ecrits antérieurs
au Coran est clairement exprimé en un autre verset dont nous proposons une
traduction commentée :
“ Nous t’avons révélé le Livre [le Coran] porteur de la vérité ; confirmant ce
qui t’est antérieur [les
livres révélés à partir de l’Ecrit archétypique] et veillant à ce que
style=''>[la vérité contenue en cet archétype soit rectifiée par ce Coran
style=''>]…” S5.V48.
Une des conclusions théologiques de cette
définition du Coran par lui-même est donc naturellement située à la suite de ce
même verset : le Coran inscrit définitivement Judaïsme, Christianisme et Islam
en une continuité temporelle et spirituelle :
“…Voici que vous parvient de la part de Dieu une lumière et un
Ecrit explicite par lequel Dieu guidera sur les chemins du Salut quiconque recherche
la satisfaction divine…” S5.V15-16.
L’on notera ici le pluriel à
« chemins »,
ou « voies »,
et le singulier à « Salut ».
Ainsi, logiquement, le Coran se revendique-t-il
comme étant la clôture, la conclusion, du cycle de la Révélation :
“…Muhammad…est le Messager de Dieu et le sceau des prophètes…”
S33.V40.
Il n’est donc pas étonnant de
trouver dans le Coran des passages par dizaines, si ce n’est par centaines, que
la critique historique rattache aisément aux autres Textes : Thora,
Evangiles, évangiles apocryphes, mais aussi midrash, certaines gnoses, etc.
chacun d’entre eux ayant conservé dans une certaine mesure trace des
révélations qui constituèrent directement ou indirectement leurs textes
originaux.
Sous l’angle Occidental, extérieur
au phénomène mais totalement centré sur lui-même, il ne peut s’agir que d’emprunts
hétérogènes. Mais, et le problème se pose ainsi, le Coran, tout en ayant une
parenté évidente avec les anciennes « révélations », s’écarte aussi
très nettement des textes supposés être sa référence. Il n’y a pour ainsi dire
aucun de ces passages qui ne soit en fait identique à ce à quoi il semble avoir
puisé.
Autre point, il est fait
recours à des sources non canoniques, rares et dispersées, avec autant, si ce
n’est plus, d’emprunts mais, en ce cas aussi, sans être pour autant à la
lettre. Autre particularité, la totalité des ces informations est pleinement
refondue en un seul et unique système de pensée théologique, cohérent et
homogène, système caractérisant au demeurant l’Islam, à savoir : l’unicité
transcendante et absolue de Dieu dont la puissance et l’intransigeance traverse
de part en part le texte coranique.
De là surgit le paradoxe, et
même la contradiction, si l’on suppose que Muhammad aurait été l’auteur du
Coran :
D’une part il n’est pas du tout prouvé que le
Prophète fut lettré, voire alphabétisé, et, bien au contraire, les arguments en
faveur de son illettrisme sont forts, c’était de fait le cas de l’Arabie
d’alors. L’on comprend toutefois que ce sujet ait fait, et fasse encore,
l’objet de moult controverses, mais nous pourrions aisément démontrer par
l’analyse des arguments et références de ses détracteurs que le Prophète ne sut
jamais lire et écrire. Rappelons toutefois qu’il fallut pour ainsi dire
inventer l’écriture pour transcrire le Coran à cette époque et que cet effort
perdura sur près de deux siècles pour aboutir à une écriture correcte et
complète, une scriptio plena.
De plus, ces Ecrits antérieurs au Coran, si l’on
suppose qu’ils étaient disponibles à cette époque -ce qui est improbable pour
le territoire de l’Arabie mais possible dans les environs- étaient en diverses
langues : araméen, hébreu, grec, syriaque, pehlvi, etc. Il aurait donc
fallu que Muhammad sache lire en ces divers idiomes, et eut pris connaissance
de l’ensemble de ces textes répartis sur un territoire grand comme l’Europe. Il
aurait fallu aussi qu’il fût un écrivain génial, car le Coran est le premier
livre qui n’ait jamais été conçu en langue arabe. Les arabes ne connaissaient
alors que la poésie transmise oralement, à part peut être quelques odes dites mu’allaquât
dont on peut mettre même en cause jusqu’à l’authenticité.
De livre point, d’écrit non plus. Tant de
génie pour ce que la critique externe considère comme un faussaire pose
problème car, possédant toutes ses qualités, il aurait donc été paradoxalement
un bien piètre compilateur, ses détracteurs lui reprochant erreurs, emprunts,
mélanges et approximations !
De plus, ces centaines
d’informations émaillant le texte coranique diffèrent le plus souvent dans le
détail, tel fait est cité, tel autre occulté, tel autre rejeté. Et, à bien
considérer, il s’agirait en fait d’un travail d’érudit que d’avoir étudié
autant de textes et de les avoir méthodiquement critiqué ou annoté. On peut
légitimement se demander comment un seul homme aurait pu réaliser un tel
travail au vu du milieu où il évoluait. Pour le moins, il aurait été le premier
de son temps à le pouvoir faire ce qui mériterait alors éloges !
Si la plus simple des études
critiques concernant les récits du moine Bahîra et du théotrope Waraqa
ibn Nawfel démontre aisément leur improbable existence, l’orientaliste, depuis
le XIXème siècle, se trouve dans l’obligation de les valider pour
tenter d’expliquer comment Muhammad aurait pu accomplir un tel prodige. Mais il
n’est là que chimères et, quoiqu’il en soit de leur réalité, de telles
épisodiques rencontres n’auraient pas été à même de faire d’un modeste
chamelier un docte moine doublé d’un exégète rabbin !
Face à cet irrésoluble
énigme, on propose depuis quelques temps une autre hypothèse : il n’y
aurait pas un auteur, mais des auteurs. Le Coran aurait été alors écrit sur un,
deux, ou trois siècles, par divers scribes à la solde des puissances califales.
Ces scribes issus des territoires conquis par les Arabes étaient de langues, de
religions et de cultures diverses et chacun aurait posé sa pierre à l’édifice
du Coran ; s’expliquerait ainsi l’hétérogénéité supposée du Coran.
Dans cette perspective, l’on
en vint à affirmer que le Coran n’était pas à l’origine en langue arabe. Il
aurait été tout d’abord écrit par ces scribes étrangers en syriaque, araméen,
voire hébreu, puis, par la suite, mal arabisé. De là, les différences d’avec
les Ecritures Sacrées de référence qui ne seraient en fait que des erreurs de
traduction ou de compréhension. Ces inventions imaginatives sans l’once d’une
preuve -nous avons tous bien ri lorsque nous goûtâmes les raisins blancs du
Paradis que nous avait proposé un certain Luxemberg- sont des filles attendues
de l’impasse logique que les allégations hâtives du XIXème siècle
ont enfanté.
Mais encore, il faudrait nous
expliquer d’où proviendrait le concept théologique unique et reconnu par les
musulmans durant ces trois siècles de rédaction laborieuse. Quelle force aurait
refondu le tout selon un seul mouvement de pensée homogène. En effet, il est
aisé de constater, nous l’avons dit, que l’ensemble des différences ou des
erreurs attribués au Coran sont issues d’une même logique. Ne faudrait-il pas
alors l’intervention d’un autre homme, un autre génie ; Qui ?
Où ? Quand ? Combien ? On l’aura compris, par l’absurde de
cette projection logique prétendant éloigner le Coran de son origine divine, en
réalité, on l’y ramène.
Mais encore, Il faudrait
expliquer les sources authentiques transmises par les musulmans qui, pour être peu
nombreuses et parcellaires, montrent sans ambiguïté que Muhammad pendant près
de 23 ans sous les yeux de milliers de compatriotes, sans quitter l’Arabie,
sans posséder le moindre livre, dicta oralement par centaines de fragments le
texte du Coran ? Dans ces conditions, les hypothèses de l’hyper critique
portée par l’air du temps n’ont aucun fondement historique probant, bien moins
en tout cas que celles fournies par les musulmans. D’autre part, elles ne
résistent pas à l’analyse logique ni à la confrontation à la réalité,
c’est-à-dire le Coran lui-même, et son contenu original et cohérent, quoiqu’en
disent ceux qui ne l’ont pas réellement étudié en profondeur et avec la
neutralité seyant à tout chercheur.
La thèse du plagiat ne repose
donc sur aucun argument solide, rien qui ne puisse être prouvé.
Ceci étant, les données
historiques plaident en faveur du fait que l’on peut attribuer le texte du
Coran à Muhammad et à lui seul. S’il l’en est l’auteur, c’est un génie ayant
transcendé en une synthèse hors du commun la totalité des écrits religieux et
théologiques de son temps. Mais ces mêmes faits historiques ne peuvent en rien
expliquer comment il aurait pu parvenir à réaliser une telle oeuvre en de
telles conditions.
Au fond, le croyant retrouve
là son credo : il croit en Dieu et aux Livres révélés sans avoir à en
faire la preuve mais, et c’est acte de raison parfaite, tout en sachant que
rien de ce en quoi il croit ne peut être démontré.
Dire le Coran révélé est du
domaine de la croyance, et toute l’admiration que nous lui portons, toute la
lumière qu’il nous dispense, ne constitueront jamais preuve de sa nature
révélée. Mon propos était donc, strictement, de montrer que le point de vue du
camp adverse, qui se veut argumenté, ne l’est point. Le Coran étant une réalité
tangible, dénier ou renier son origine met le contradicteur dans l’obligation
rationnelle d’apporter des preuves concrètes et probantes de ce qu’il affirme.
Tel est peut être le véritable défi coranique. Le croyant, par contre, n’a rien
à démontrer en la matière, il le croit tel, et telle est sa foi. De plus, il
n’a pas à craindre pour ses certitudes ni à fuir le débat que l’adversité lui
impose. La raison en Islam ne s’oppose pas à la foi, tout comme la foi ne
s’oppose à la raison. De fait, l’une et l’autre se fécondent sans pour autant
se mélanger, car si la foi peut épouser la raison, la raison ne peut prouver la
foi.
Le Coran est notre Livre, et
nous pouvons répondre qu’il n’est point nécessaire que d’autres le croient. Ce
qui importe au juste, est que le Texte est là, transmis depuis XIV siècles et
qu’il demeure la référence absolue des musulmans. Vouloir troubler ces origines
n’a aucun sens intellectuel ; si l’on veut comprendre l’Islam l’on ne peut
que chercher à comprendre son Texte et ce que les musulmans en disent. A ce
point précis, toutes les synergies, les bonnes intentions intellectuelles, sont
appelées à concourir, à découvrir ainsi des passerelles menant à une
compréhension mutuelle et juste.
Pour les musulmans il s’agira
d’une part d’un dialogue avec l’autre et, d’autre part, d’un dialogue interne :
- Dialogue avec
l’autre : Bien trop d’entre-nous attendent que la compréhension mutuelle
et le vivre ensemble émanent de l’autre, ce serait à lui de nous comprendre et
d’être par conséquent tolérant ou, mieux, respectueux. Curieux retournement de
« sens » de la part de ceux qui ont pourtant devoir de transmettre le
Livre, patrimoine de l’humanité, ou tout du moins d’en fournir l’explication.
Qui d’autre que celui qui s’efforce de vivre le Livre peut en témoigner avec
justesse…
- Dialogue interne : La
tache est ici peut être plus immense encore, la mission d’explication plus
ardue, sans aucun doute. Notre relation au Livre est le plus souvent prise en
charge par plus d’un millénaire de stratification. Si le passé est vérité
absolue, alors notre présent est mort, définitivement figé. Morts, ceux
d’entre-nous tournés désespérément vers un autrefois idéalisé, mythifié. Mort
de même, notre Coran, lettre morte sans autre écho que de lointaines paroles,
sans autre lumière que de faibles pâleurs venues du fond des temps.
C’est donc bien cette double
dynamique qui nous permettra de progresser, et de résoudre les clivages entre
les héritiers du même Livre.
Le Coran est notre Livre, notre
cœur et notre âme. Vivre le Livre n’est point l’apprendre mais le
comprendre ; Savoir écouter ce qu’il nous dit directement, sans
intermédiaires, dans l’instant pour l’instant. Etre au présent vivant par le
Livre, comprendre qu’ici réside l’intemporalité du Message. L’accès au sens
provient alors d’une compréhension pleinement littérale, approche du texte
menant à la contemporanéité du Coran et à son universalité dans la fidélité à
la lettre.
Se réapproprier le Livre, le
lire les yeux ouverts dans la clarté de nouveaux matins, et cheminer
sereinement vers la lumière.
Et ainsi, être au présent
vivant, musulman, hommes et femmes de foi, d’intelligence, de respect, en un
seul mot : dignes. Dignes de notre religion, de notre Livre, de notre
rôle. Dignes de l’autre, dignes de l’humanité. Dignes de Dieu, dignes de la
fraternité des croyants et de la Communauté du Livre. Dignes de la différence
et dignes de l’égalité.
Commentaires
Merci Dr Al ’Ajamî pour cet exposé des motifs, rendu dans une langue très claire. J’ai tout compris, c’est dire... Vous exposez parfaitement ce que j’oserais nommer l’antériorité du Coran sur les autres Textes dont il semble reprendre certains récits et enseignements, phénomène qui reste tout-à-fait obtus aux esprits corrompus par l’académisme, mais le fait est que le Coran restitue ces récits et enseignements sous leur forme originelle une forme que les autres avaient modifiée. Il est donc antérieur à eux.
On doit noter que cette démarche de recouvrer la forme originelle est à l’exemple du ta’wîl, l’exégèse spirituelle qui elle aussi est reconduction du sens premier. Le Coran est en lui-même, un ta’wîl, un voyage vers le Maître du Sens.
MAGNIFIQUE !!!
Quelle belle histoire que celle de la révélation.
Cet article vaudrait d’être arrangé sous forme d’un documentaire télévisé.
Barakallahoufik Docteur.
Donc la bible chrétienne est fausse ? Donc nous somme dans l’erreur et vous dans le vrai. Nous sommes choqué. En ce qui concerne le reste de votre explication, vous poussez une bouchon un peu loin. En gros, vous trouvé une explication divine aux faits les plus élémentaires. En fait, vous avez un objectif et vous trouvez l’acheminement pour y parvenir. La crédibilité d’une religion n’est pas dans les textes, mais dans ce que les gens en font... Arrêtez de nous rabaisser.
à "gens du livre". Vous voilà bien amer et dépité, le Dr Al Ajami vous a retiré de la bouche une vielle chique à laquelle vous teniez...ne dit on pas que la facilité est l’opium du peuple. En guise de "bouchon" comme vous dites le Dr donne des arguments et, si vous n’étiez pas si sûr de vous vous auriez noté qu’il ne dit rien contre vous, "jean du livre", ni d’ailleurs sur la supériorité des musulmans.Au contraire, et il l’écrit noir sur blanc, il appelle au dialogue et au respect mutuel, ce à quoi vous ne semblez pas prêt.
Comme le dit très bien Waglionni et le confirme Abel 33, l’histoire de la révélation confirme en quelque sorte "l’antériorité" du Coran.
Je vous rejoins toutefois sur un point : la supériorité d’une religion se mesure à ce que les gens en font et, pour le coup, votre critique et ses insinuations ne sont pas à l’honneur de votre religion, si vous avez réellement une.
..évaloriser le contenu du Coran remplit au fond double fonction : En réduire la valeur intrinsèque, et ce sont alors les musulmans arc-boutés à sa lecture qui en sont par contrecoup minorés. Mais de telles critiques en réfutent aussi l’origine divine ; comment Dieu aurait-il donc pu produire un ouvrage de si piètre qualité ! Seul un contrefacteur mal-lettré aurait pu commettre un écrit si décousu et manifestement copié à l’ombre des Saintes Ecritures...
Je ne suis pas d’accord dans le fond avec l’avis de Mr Aljami parce que la majorité des occidentaux n’ont pas lu le coran et ceux-le peu de gens- qui en ont lu la traduction du sens sont soit été intéressé et ont en trouvé la lecture enrichissante soit ils ont cherché interpréter le coran en dehors de son contexte
Aux « gens du Livre »,
Le Dr. Al-’Ajamî précise que la Torah, l’Évangile et le Coran expriment la même Parole de Dieu. Il écrit :
"il n’y a qu’un seul Message celui de l’unicité divine ou tawhîd, qui revêtira diverses formes d’expression."
Il lit aussi dans le Coran que les gens du Livre se sont dissimulés des vérités dans la Bible.
"(15) Ô partisans de la Bible ! Notre Apôtre est venu maintenant parmi vous pour éclairer tout ce que vous [vous] étiez dissimulés dans la Bible". (Le Coran 5, 15).
Cette traduction est celle de Muhammad Asad qui souligne la responsabilité des interprètes des Livres sacrés.
La question est que le Coran n’est apparu qu’après une interruption dans la révélation. Pourquoi donc Dieu a-t-il alors renouvelé Son message. La réponse se trouve dans le Coran. Dieu a transmis son message mais les hommes ne l’ont guère entendu. Leurs interprétations sont incorrectes. Dans le cas présent, il s’agit de celles des juifs et de celles des chrétiens.
Vous voyez bien que la Bible provient de la parole de Dieu. Le Dr. ’Al-Ajamî dit clairement :
« Chaque révélation est ainsi la confirmation et la réactualisation de ce Message constant et unique ». Il évoque conformément au titre de son article : « La communauté de différences » qu’ il y a entre la Bible et le Coran des points communs et des différences. Il ne s’agit pas de dire que la Bible est fausse à la différence de plusieurs interprétations.
Je suis chrétienne et je lis régulièrement le Coran en compagnie de juifs, de catholiques, de protestants et de musulmans. Des musulmans disent sans doute que le Texte de la Bible est moins bien authentifié que celui du Coran. Il a souffert de l’usage du temps. Ils n’en reconnaissent pas moins que les juifs et les chrétiens ont reçu le Message de Dieu.
Des différences sont certes visibles mais plus d’un point de vue théologique que véritablement croyant. Tel est mon point de vue qui n’engage aucune communauté ni aucune église. Il se fonde seulement sur l’unité de la révélation du Dieu unique et sur l’ignorance qu’ont les hommes vis-à-vis de al-ghayb(en langue arabe), « le secteur de la réalité inaccessible à la perception et à l’imagination humaine comme au sujet des attributs de Dieu, de la signification finale du temps et de l’éternité, de la résurrection des morts, du Jour du jugement, du paradis et de l’enfer, de la nature des êtres et des forces décrites comme angéliques, etc. »
Ne soyez donc pas « choqués ». Le Dr. Al-‘Ajamî ne veut rabaisser personne et conclut sur l’égalité des croyants. Les théologiens s’opposent mais ils doivent aussi reconnaître qu’ils pourraient aussi se tromper même s’ils sont musulmans, c’est-à-dire disposant de la dernière révélation dont ils recherchent le sens….Le Coran dit en 3, 7 :
« Mais personne, Dieu excepté, ne connaît sa signification finale ». Il nous invite à l’humilité mais il ne convient pas non plus d’oublier que les Livres sacrés conduisent tous les hommes vers l’au-delà peu accessible aux langues des hommes voire même aux symboles.
Amitiés.
Liliane Bénard
@gens du livre, qu’entendez-vous par "bible chrétienne" ? Si vous voulez parler de l’Ancien Testament, la Septante, dont la Thora est une traduction, vous avez raison, c’est un faux et l’Eglise Catholique ne s’y est pas trompée, à l’exemple du message de Jésus. Mais si vous êtes à l ’image de ces chrétiens sionistes, alors pour vous tout est vrai, même le pire puisque vou soutenez les criminels israëliens comme la corde le pendu.
J’ai la conviction que le pouvoir israélien a perdu le sens des limites. Comme un sale gosse, il n’a plus la conscience de la violence de ses actes. Il peut décider d’assassiner tout Palestinien qui le dérange, y compris un vieil homme tétraplégique dans son fauteuil roulant. Pour choquer la morale et le sens de la dignité humaine, les parrains de la mafia ne font pas mieux.
Après leur attentat contre Free Gaza, les jeunes soldats d’Israël sont rentrés à la maison. Mission accomplie. Celui qui a tué peut ajouter des raies sur la cross de son fusil. Autant de vies enlevées, autant de raies sur la cross. Juste pour rigoler : un truc de jeunes à peine sortis de l’adolescence.
Ailleurs, le monde s’agite en manifestations et protestations diverses, comme d’habitude. Les condamnations fusent en hauts lieux, comme d’habitude. En France, M. Prasquier, à la tête du CRIF, soutient Israël, comme d’habitude... Et à l’ONU, l’on se réunit pour sermonner très sévèrement le méchant garçon : « Attention, toi, Israël, c’est pas bien de tuer des gens… On n’est pas content du tout. Méfie-toi, si tu recommences tu vas voir… » Et voilà ! Comme d’habitude.
Waglioni, puis-je vous demander d’être à cette occasion un peu cartésien, c’est-à-dire de "diviser les difficultés pour mieux les résoudre" ?
Vous énoncez trois questions qu’il ne convient pas de mélanger. La première porte sur l’écoute des hommes de la Parole de Dieu. La seconde de l’authenticité des Écritures qui en rendent compte ainsi que de leurs interprétations. La troisième traite d’une application de la parole de Dieu dans le siècle et ici particulièrement du sionisme. Ces trois questions interdisent tout amalgame.
Le Dr. Al-‘Ajamî nous invite a réfléchir sur la Parole de Dieu, présente à la fois dans la Torah, l’Évangile et le Coran. Ce dernier Texte sacré n’est apparu qu’au 7ième siècle de l’ère chrétienne. Qui dira qu’avant cette époque les hommes n’ont pas reçu de Messages de Dieu ?
La question de l’authenticité des Écritures est d’un autre ordre et des spécialistes se donnent les moyens d’y répondre. Les hadîth du Prophète ont été étudiés avec soin et les premiers manuscrits du Coran sont toujours à décrypter. Des travaux semblables ont lieu pour la Torah et l’Évangile…
J’ai déjà eu l’occasion d’écrire dans ce blog que le sionisme est à mes yeux un contresens politique et théologique. Il n’est qu’une application historique et erronée de la parole de Dieu.
Choisir entre les révélations apparaît comme une méconnaissance de l’histoire des hommes et, comme le dit Ajamî, de la « communauté des différences ». Il est clair que les lecteurs de la Bible disposaient de tout le nécessaire pour parvenir au salut avant la transmission du Coran.
La descente d’une nouvelle révélation nous pose une autre question qu’Ajamî expose. Sa réponse se situe dans le sens de l’histoire. Cette nouvelle expression devait dénoncer des erreurs sans jamais contredire le message originel. Les 23 ans de la révélation coranique ont permis à Dieu de nous faire entendre les réactions du Prophète et des incroyants. Il ne convient pas non plus de mélanger les interlocuteurs…
Je dirai pour simplifier que les thèses présentes dans cet article portent sur l’unité de la révélation et l’originalité du message coranique sans entrer dans le domaine des applications politiques du message d’un ordre manifestement différent.
Amitiés.
Liliane Bénard
Lilian Bénard dit : "Il se fonde seulement sur l’unité de la révélation du Dieu unique" Puis elle dit , je suis chrétienne ! J’aimerais bien qu’elle nous dit clairement qu’est ce qu’elle pense de jésus christ "fils du Dieu" et de la trinité ?
Concernant les livres saint , il y a une différence de taille ! la thora , la bible et les évangiles sont des livre prophétiques inspirés par Dieu , contrairement au Coran qui est la parole directe , pas inspiré , mais dicté au prophète ( sbsl )par l’intermédiaire de l’ange Gabriel !
Liliane Bénard, puis-je, comme à "gens du livre", vous demander de toujours être précis et dire clairement ce que vous désignez par "bible" ? Comme vous vous dites "chrétienne", j’ai tendance à supposer que vous êtes protestante et que donc vous vénérez l’Ancien Testament à l’image des juifs qui le nomment "Thora". En effet, si vous étiez catholique, vous marqueriez une différence entre "Ancien" et "Nouveau" Testament (les Evangiles, le message de Jésus), pour bien marquer la différence voire l’opposition radicale entre ces deux textes.
Que la première version de votre "bible", la Septante, soit une fabrication des Ptolémées est une donnée historique incontestable et je n’y puis rien changer. Alors quand vous dites
« Il est clair que les lecteurs de la Bible disposaient de tout le nécessaire pour parvenir au salut avant la transmission du Coran. »
je vous répondrai que l’on peut à ce compte-là tout aussi bien s’inspirer de n’importe quel texte de la littérature pour parvenir au même résultat. Il me semble qu’il y a alors un amalgame entre source sacrée et conduite individuelle qui est bien de votre fait. Mais ce n’est pas là le plus grave. Le plus grave est l’usage collectif d’un texte aussi controuvé, qui représente un certain peuple comme "race élue" et une certaine terre comme lui étant promise. Vous voyez je l’espère qu’il y a là autre chose qu’un choix individuel d’une voie ou d’une autre, indifférenciées. Tout n’est pas faux dans votre bible, mais elle est a été "fabriquée" et irrémédiablement orientée dans le sens que nous lui voyons aujourd’hui clairement, la justification du sionisme. Qu’il ait fallu plus de deux mille ans pour parvenir à ce dévoilement est un mystère historique, alors que son usage initial était bien clairement celui d’installer des mercenaires sur une terre conquise.
"tout n’est pas faux" vous dites ?? Excusez moi mais vous ne voulez pas lâcher les chrétien deux minutes. Ainsi que les juifs au passage qui, que ca vous fasses plaisir ou pas, représente notre légitimité biblique. A voir tous les efforts que certain déploient pour justifier la légitimité du Coran dans sa continuation de la bible, on pourrai croire que le doute règne parmi certain. En effet, j’y trouve aucun rapport dans le fond et la forme. En tout cas, a force de vouloir faire de comparaison entre les religions, cela réveille la foi de beaucoup de chretien (en dépit des histoires mediatiques des prêtres). A ce titre, je vous remercie Waglioni. Voila, je vais etre surement traité de sioniste ou un truc comme ca...mais cela ne fera que renforcé le bien fondé de mon argumentation.
Waglioni,
Votre réponse à l’article d’Al-’Ajamî est sincère et j’essaierai de répondre de même à votre intervention.
Je suis en fait catholique, fière de l’éducation que j’ai reçue dans ce milieu : paroisse, institut catholique de Paris, mosquée et évêché d’Evry etc.
Mon rapport avec l’islam n’est pas nouveau puisqu’il date des années 71, il y a presque 40 ans.
J’y ai retrouvé les prophètes présentés dans le Coran et enseignés par le catéchisme de mon enfance comme Abraham, Moïse etc.
Ma lecture du Coran date de la même époque avec la traduction de Muhammad Hamidullah qui m’a permis une véritable initiation à l’Islam. Il est venu en personne au Lycée catholique Sainte Geneviève, rue d’Assas, parler à mes élèves, (j’étais alors professeur de philosophie), de la condition de la femme en islam, c’est-à-dire d’un point de vue coranique. Il n’ignorait pas que bien des femmes musulmanes ne bénéficiaient pas de cet enseignement.
J’ai ensuite consulté la traduction de M. Asad en anglais. Cet homme juif, s’était converti à l’islam pour des raisons précises : il n’acceptait pas que le message de Dieu ne soit réservé qu’ à un peuple particulier comme le peuple juif, à l’exclusion des autres. Son souci était universel, à savoir pour tous les hommes de la terre.
En tant que catholique, ces deux messages musulmans m’ont interpelée. Des croyants, à l’écoute de la parole de Dieu contestaient l’opinion publique tout en affirmant leur foi. Ils ne divorçaient pas cependant de communautés croyantes et sunnites.
Le Message de Dieu était bien universel. Il n’était pas réservé à un peuple particulier mais adressé à tous les hommes quelque soit leur race ou leur religion.
Mon point de vue vous semble individuel et subjectif. Vous voyez bien qu’il ne l’est pas mais qu’il est fondé sur une exégèse du Coran incontournable. Je reconnais comme vous que la Bible a été tout aussi dévoyée…
Allons-nous en déduire que la Bible est fausse ou bien le Coran ? Notre point de vue de lecteurs privilégiés nous interdit de telles déductions. Nous restons antisionistes mais cela ne saurait signifier quoi que ce soit vis-à-vis des Textes sacrés.
Lorsque Muslim me demande ce que je pense de Jésus, fils de Dieu et de la Trinité, il me fait encore plus mal, très profondément, car musulmans et catholiques reconnaissent Jésus comme un grand prophète, produit de la grâce de Dieu. Cela importe davantage que des concepts théologiques qui ne visent qu’à séparer les hommes plus sans doute que les vrais lecteurs.
L’unique question pourrait être celle de l’universalité du message, par delà tant de religions. La réponse est d’abord individuelle, je dirai philosophique. C’est à chacun de nous de la trouver.
Amitiés.
Liliane Bénard
Oserais-je ajouter à Muslim que ma deuxième petite fille s’appelle Gabrielle, nom de l’Ange que l’on contemple sur les murs de Saint Sophie à Istanbul, un musée qui rappelle qu’en ce lieu ont prié les chrétiens puis les musulmans. D’autres mosaïques nous parlent de Jésus et de Marie.
Tous ces êtres si nobles ont vécu avant l’islam. Le Coran rappelle leur existence sous le regard de Dieu. Qui l’ignore ?
Il n’est pas moins vrai que des musulmans se déclarent antichrétiens, distinguant la terre de l’islam et les terres de guerre.
Ne vaut-il pas la peine d’y réfléchir ?
Dieu a sans aucun doute parlé à tous les hommes de l’histoire. Qui l’a entendu ?
Amitiés.
Liliane Bénard
Mais enfin Liliane Bénard, je ne contredis en rien votre foi ni votre démarche. Je demande simplement que l’on s’interroge sur la fabrication de la Septante. C’est là une question historique et que je vous comprenne, vous ne répondez en rien à mes arguments. Oui ou non ce texte est-il fabriqué sous les Ptolémées ? Oui ou non, les trace archéologique de domination des Hébreux sur la Palestine datent-ils de cette période ? Oui ou non le fil directeur à la fabrication de ce texte est-il sioniste ? Oui ou non le sionisme est-il une abomination ?
Mais en passant, puisque vous êtes catholique, quand vous employez le mot "bible", pourriez-vous préciser s’il s’agit de l’AT ou du message de Jésus ? Cela aiderait dans la discussion et nous éviterait quelques malentendus. Je vous remercie pour votre courtoisie et de votre sincérité.
@ réaliste ! tu dis " Excusez moi mais vous ne voulez pas lâcher les chrétien deux minutes. Ainsi que les juifs au passage qui, que ca vous fasses plaisir ou pas, représente notre légitimité biblique " si tu es vraiment un réaliste , chrétien ou sioniste , je ne comprends pas ton obstination à venir sur un site musulman !Tu ne vas quand même pas demander aux musulmans de faire l’éloge du christianisme , du judaïsme et du sionisme sur oumma.com ? Mais c’est à toi de nous lâcher la grappe , et pas seulement pour deux minutes ; mais pour toujours ! Moi les sites communautaires ; chrétiens ; juifs ou sionistes ne m’intéressent pas ! c’est pour cela que je n y vais jamais ! merci de faire de même ! OK ?
Bonsoir,
comme d’habitude, la brillante portée du texte du Docteur est dévoyée par des posts qui vont, pour certains, à l’opposé de l’Esprit du texte proposé... Arrêtons les sempiternelles comparaisons "Judéo-Christiano-Musulmanes", il est plus que temps d’oeuvrer ensemble à un monde juste, ou chacun se nourrira de ce qu’il estimera sa vérité, dans le respect de l’autre... Au final "Dieu nous éclairera sur nos différences"... Salam
Cher Waglioni,
Veuillez accepter que dans de nombreux domaines, je suspende mon jugement car je reconnais tout simplement mon ignorance !
Cela ne signifie pas mon désintérêt pour votre argumentation qui demande une recherche !
Pour l’heure, l’article du Dr. Al-’Ajamî a demandé toute mon attention et j’aime bien sérier les questions. L’histoire rend mal compte, à mon avis, de la foi religieuse qui nous oriente vers l’éternité. Ce n’est pas un échappatoire. Je sais bien que les musulmans sont différents des catholiques et des juifs. Les différences nous interrogent. Vous avez raison de le préciser, je lis la Bible de Jérusalem, faite de l’Ancien et du nouveau Testament mais je n’en suis ni exégète ni théologienne.
Je sais seulement que le sionisme justifie la domination des Hébreux sur la Palestine alors que dans l’Apocalypse (livre du Nouveau Testament), Sion représente Jérusalem, bénie par Dieu. Il est alors question de la Jérusalem céleste différente de la ville et de son histoire. Marie, mère de Jésus est aussi appelée : « fille de Sion », or ni elle ni son fils n’ont exercé de domination…Il reste important de distinguer les symboles et ce qu’ils signifient, sachant bien qu’au paradis la domination de l’homme sur l’homme, suprême injustice, ne saurait avoir sa place…
Reste sans doute comme le dit le Dr. Al-‘Ajamî à repérer les points communs et les différences sans oublier le fondement unique de toutes les religions du Livre…
Amitiés.
Liliane Bénard
Mamyli a dit : Tous ces êtres si nobles ont vécu avant l’islam. Le Coran rappelle leur existence sous le regard de Dieu. Qui l’ignore ?
Il n’est pas moins vrai que des musulmans se déclarent antichrétiens, distinguant la terre de l’islam et les terres de guerre.
Ne vaut-il pas la peine d’y réfléchir
Je ne partage pas votre point de vue lorsque vous dites que des musulmans se déclarent antichrétiens, distinguant la terre de l’islam et les terres de guerre.
En général, les musulmans se conforment parfaitement à la règle coranique de la bienfaisance et de l’équité consignées dans le verset : Dieu ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Dieu aime les équitables. (Coran, 60:8).
Cette régle s’applique aussi bien aux chrétiens qu’aux autres communautés religieuses.
Néanmoins le débat théologique sur la doctrine chrétienne ne doit pas être considéré comme un symbole d’hostilité envers les chrétiens, étant donné que ces derniers attirent un interêt particulier chez les musulmans par rapport aux autres comunautés, Dieu dit à cet effet(sens du verset) :
"Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent : "Nous sommes chrétiens" C’est qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil. Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager (Muhammad) tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu’ils ont reconnu la vérité. Ils disent : "Ô notre Seigneur ! Nous croyons : inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent (de la véracité du Coran). Pourquoi ne croirions-nous pas en Allah et à ce qui nous est parvenu de la vérité. Pourquoi ne convoitions-nous pas que notre Seigneur nous fasse entrer en la compagnie des gens vertueux ?" Chap 2 (la table servie) Versets [82-83-84]
Le Corpus Coranique d’Othman, ce que, en abrégé, vous appelez le Coran affirme que Jésus (Issa) est la « Parole de Dieu » (3.45 ; 4.171 ; 19.34). Peut-il donc y avoir des "Paroles de Dieu" aussi différentes que celles contenues dans les Evangiles de celles contenues dans le Coran ? Pourquoi l’Islam ne s’inspire t’il pas de la "Parole de Dieu" exprimée par Jésus ? Cette "Parole de Dieu" contenue dans les Evangiles. S’en inspirer aurait certes changé complètement toute la substance de l’islam qui aurait été ainsi réellement une religion de paix, de tolérance et d’amour ! Encore une fois, l’Histoire est passé là à côté d’une opportunité incroyable de rendre meilleure l’Humanité toute entière !
Ilyes a dit :
Le Corpus Coranique d’Othman, ce que, en abrégé, vous appelez le Coran affirme que Jésus (Issa) est la « Parole de Dieu » (3.45 ; 4.171 ; 19.34). Peut-il donc y avoir des "Paroles de Dieu" aussi différentes que celles contenues dans les Evangiles ... ?
Dieu dit sens du verset 171 de sourat les femmes :
Ô gens du Livre (Chrétiens), n’exagérez pas dans votre religion, et ne dites de Dieu que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un Messager de Dieu, Sa parole qu’Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui(de sa création). Croyez donc en Dieu et en Ses messagers. Et ne dites pas "Trois". Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Dieu n’est qu’un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant.C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Dieu suffit comme protecteur.
La parole qu’il envoya à marie veut dire le mot : sois ¡ Jesus alors fût humain sans père. on dit selon une autre exégèse que ça veut dire la preuve, et on dit également ça veut dire le message de Dieu et son annonciation à marie à travers l’ange gabriel dans le verset 45 de sourat al-imran : (Rappelle-toi,) quand les Anges dirent : "Ô Marie, voilà que Dieu t’annonce une parole de Sa part : son nom sera"al-Masih" "Hissa"(Jesus), fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà, et l’un des rapprochés de Dieu".
le passage coranique "et un souffle (de vie) venant de Lui" est similaire à un autre passage où Dieu dit(sens du verset) Quand ton Seigneur dit aux Anges : "Je vais créer d’argile un être humain. . Quand Je l’aurai bien formé et lui aurai insufflé de Mon Esprit(souffle de vie), jetez-vous devant lui, prosternés".(Verset 71 et 72 de sourat sad).Dans l’éxégèse de fath alqad-ir:et lui aurais insufflé de mon esprit(souffle de vie) veut dire:et lui aurais insufflé de l’esprit(le souffle de vie) dont je suis propriètaire.(c-à-dire que ce souffle de vie(ou esprit) fait partie des créatures de Dieu et ne fait nullement partie de Dieu).Dans l’Exégèse de aljalalayne:Dieu a dit ceçi(:mon esprit ou mon souffle de vie)pour honorer Adam paix soit sur lui.
à Ilyes : il y a des branches très diverses dans le christianisme actuel, et le passé est là pour nous rappeler les guerres, massacres engendrés alors même que les protagonistes suivaient le même livre... Donc simplifier le débat en disant : "Ecoutes les paroles de Jésus et ce sera la Paix" ne marche pas point barre. Perso, je connais le nouveau testament et les paroles de Jésus me touchent, mais je reste Muslim comme je crois que Jésus l’était (en qq sorte...) cf les sourates de Batiste. Salam
Cher Mamert,
Les religions sont des ferments d’agressivité chaque fois qu’elles se prétendent dépositaires de la vérité absolue. Il y a des chrétiens antimusulmans et réciproquement.
Vous avez raison de dire que le Message du Coran est d’un autre ordre. Le Dr. Al-’Ajamî ajoute qu’il critique de mauvaises interprétations du Livre sacré comme celle qui contredirait le monothéisme. Le théologien catholique (même s’il s’oppose souvent au Pape Benoït XVI), Hans Küng, accepte ce point de vue musulman. Il pense que le dialogue entre les religions est porteur de Paix.
La question est comment réduire les agressivités religieuses ? La paix entre les religions pourrait contribuer à la paix dans le monde. Un moyen d’y parvenir serait sans doute que chacune renonce au dogmatisme et à sa supériorité, qu’il se réforme soi-même en d’autres termes !!!
Ce n’est pas facile pour quiconque a une foi exclusive dans une révélation. Ce n’est pourtant pas impossible si chacun prévoit que son interprétation pourrait être érronée...et qu’il convient de rectifier nos erreurs avec méthode...
Liliane Bénard
Mamyli a dit : La question est comment réduire les agressivités religieuses ? La paix entre les religions pourrait contribuer à la paix dans le monde. Un moyen d’y parvenir serait sans doute que chacune renonce au dogmatisme et à sa supériorité, qu’il se réforme soi-même en d’autres termes !!!
Je suis pour l’ouverture d’un débat public sur le sujet où théologiens musulmans, chrétiens et juifs (les plus connues par leur science de chaque communauté)exposeraient leurs arguments pour expliquer à la fois la tolérance de leurs religions et leurs foi respectives, Ainsi le télespectateur consatera lui-même les failles, s’il y’en a, de chaque coté et jugera lui-même de la meilleure alternative à suivre
La mauvaise méthode est sans doute de rechercher les failles des autres surtout d’une manière médiatique !
Une meilleure serait de se changer soi-même à l’écoute de l’autre qui peut vous faire voir d’autres choses comme des pierres précieuses.
Il ne s’agit ni de se convertir à une autre religion ni d’être abusivement syncrétique mais d’avoir du goût et d’apprécier d’autres cohérences.
Amitiés.
Liane Bénard
La mauvaise méthode est sans doute de rechercher les failles des autres surtout d’une manière médiatique !
Si on ne peut ni débattre ni connaitre l’autre, je ne vois pas comment on peut lutter contre l’extremisme et les propagandes anti-religieuses
...
Cher Mamert,
Vous avez raison d’émettre le voeu d’un dialogue, y compris entre théologiens. Le Dr. Al-’Ajamî l’envisage aussi, je crois.
Le problème est sans doute d’accéder à des sens spirituels par delà des polémiques vaines.
Chaque religion a sa cohérence interne qu’il convient de repérer avant toute critique. Sa spiritualité vient de Dieu, différent sans aucun doute de tant d’interprétations erronnées.
À titre de preuve, je vous rappellerai ce verset coranique, en 13,11 :
"En vérité, Dieu ne modifie pas l’état d’un peuple à moins qu’ils ne changent eux-mêmes intérieurement."
Si nous voulons changer l’état qui règne entre les religions, il est probablement désirable que les théologiens évoluent tout comme chacun d’entre nous.
Amitiés.
Liliane Bénard
Un dernier mot, Liliane Bénard, car le forum est sur le point de fermer. Il ne s’agit pas tant de chercher les failles des autres, et il s’agit comme vous le dites très bien, « d’accéder à des sens spirituels par delà des polémiques vaines ». Là dessus, vous avez entièrement raison.
Mais nous divergeons absolument sur la mise au même plan des religions. Car si dans toutes les religions se rencontrent des individualités respectables, il n’est pas vrai que toutes se valent, et c’est sans doute (=sans aucun doute pour ma part) contre telle ou telle idéologie de naissance que se construit un parcours spirituel. Jésus en est le plus parfait exemple, et il ne faut pas hésiter à jeter l’opprobre sur tel ou tel aspect d’une religion s’ils s’avèrent source de maux divers. Et quels maux plus évidents que ceux induits par la doctrine sioniste ?
Et puisque vous êtes traductrice, il n’a pu vous échapper que, parmi d’autres toponymes de la région, le mot même de "sion" est grec (sion=verger, sitos=blé, etc.), ce qui corrobore ce que je vous rappelais de la fabrication du récit biblique (AT) par les Ptolémées.
Cher Waglioni,
Cet article s’intitule : Le Coran est notre Livre. Le Livre sacré des musulmans. C’est à son propos qu’il est dangereux de confondre idéologie et exégèse.
Le sionisme est une idéologie juive et politique. Il se fonde sur deux erreurs : à la fois politique et théologique.
Pour les chrétiens, Sion, c’est aussi Jérusalem mais ils distinguent la Jérusalem céleste et celle de la terre. Marie, mère de Jésus est appelée, dans le Nouveau Testament, fille de Sion. Nous n’ignorons pas comment des juifs ont considéré Marie...Le sens de l’expression : fille de Sion est spirituel sans rapport avec la politique du Moyen Orient. Le Coran pour sa part défend la vierge Marie contre la calomnie.
Lorsque des hommes et des femmes parlent de l’égalité des religions, il ne s’agit pas de comparer des idéologies mais de faire acte d’exégèse du Livre sacré.
Personne n’ignore qu’un musulman n’est ni chrétien ni israélite mais chacun sait que les peuples auxquels se réfèrent les trois religions du Livre ont reçu la Parole de Dieu et qu’elles en ont fait des usages critiquables. Elles ont alors développé des idéologies sordides, facteurs de guerre et de mort.
N’est-il pas temps d’étudier avec soin la Parole de Dieu ?
Oui, chère Liliane Bénard, il semble que ce forum joue les prolongations (pour nous seuls ?). Vous avez raison de vouloir recentrer le débat sur le sujet du Coran est notre Livre. Et parlant de Marie, la mère de Jésus, dire que
« Le Coran pour sa part défend la vierge Marie contre la calomnie »
est à mon avis bien peu dire. En effet, sans compter d’autres occurrences, nombreuses, il convient de rappeler que le Coran consacre une sourate entière, la dix-neuvième, à Marie, une sourate qui porte son nom. Et qu’on y trouve tous les éléments théologiques pour ce que l’Eglise Catholique n’a érigé en dogme que mille ans plus tard, l’Immaculée Conception. Il ne s’agit donc pas de "défense contre la calomnie", mais de l’affirmation d’un statut éminent, voire supra-humain.
D’autre part, je vous suggère de traduire vos citations du grec en français, ce qui donne "Fille du Jardin", "Dame du Verger (Sacré)" ou autre formule qui serait autrement plus conforme à son statut de "Nouvelle Eve".
Il reste encore la précision importante de toujours rappeler que l’Apocalypse n’est pas parole de Jésus, mais qu’il s’agit d’un écrit de l’Aigle de Pathmos, comme le savent tous ceux qui ont lu Le trésor de Rackham le Rouge.