Mardi 22 mai 2012
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Frapper sa femme avec le Coran : « et frappez-les » 2/2.

Nous avons précédemment et clairement montré que le Coran attestait explicitement de l’égalité plénière entre l’homme et la femme selon au moins sept niveaux que nous rappelons : 1- Egalité ontologique, 2- Egalité de valeur, 3- Egalité en la foi, 4- Egalité en religion, 5- Egalité spirituelle, 6- Egalité en la réciprocité, 7- Egalité en société. Si le Coran énonce que les hommes et les femmes sont intrinsèquement égaux (...)

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Nous avons précédemment et clairement montré que le Coran attestait explicitement de l’égalité plénière entre l’homme et la femme selon au moins sept niveaux que nous rappelons : 1- Egalité ontologique, 2- Egalité de valeur, 3- Egalité en la foi, 4- Egalité en religion, 5- Egalité spirituelle, 6- Egalité en la réciprocité, 7- Egalité en société (1).
Si le Coran énonce que les hommes et les femmes sont intrinsèquement égaux, comment admettre et comprendre que certains autres versets puissent sembler en contradiction avec ce postulat essentiel ? A cet égard, la lecture de S4.V34 est “exemplaire”, nous en avions donné une première traduction standardisée :

“ Les hommes ont « autorité » [qawwâmûna] sur les femmes, en raison des faveurs que Dieu accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens.
Les femmes vertueuses sont obéissantes « à leur mari » [qânitât], et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leur époux, avec la protection de Dieu.
Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance [nushûz], exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et « frappez-les » [wa-dribûhunna].
Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Dieu est certes, Haut et Grand ! ” S4.V34.

Lecture classique, que l’on le veuille ou non, dont, nous l’avions souligné, ressort un triptyque solidement patriarcal :

Les hommes ont autorité sur les femmes.

Les femmes vertueuses sont celles qui obéissent à leur mari.

Si elles désobéissent, frappez-les.

Au volet 1 nous avons fourni des arguments précis démontrant, comme confirmant, que les deux premiers énoncés n’étaient que déviations littérales du texte coranique. Il n’ y avait donc aucune difficulté, à condition de vouloir l’entendre, à comprendre : « Les hommes assument les femmes » versus « les hommes ont autorité sur les femmes. » et « Les femmes vertueuses sont dévouées à Dieu » versus « les femmes vertueuses sont obéissantes à leur mari ».

Cependant, le dernier point de ce verset, un bref et sec impératif : « et frappez-les » , est plus délicat à aborder.

Ainsi, s’il ne peut y avoir de contradiction dans le Coran : “ Ne méditent-ils donc pas le Coran ? S’il avait été d’un autre que Dieu ils y trouveraient de nombreuses contradictions.” S4.V82 , et si le texte coranique est supposé être explicite  : “ Nous avons fait de ce Livre explicite une lecture arabe afin que vous puissiez le comprendre.” S43.V2-3, comment à la lueur de son enseignement par ailleurs égalitaire et miséricordieux comprendre cet ordre « et frappez-les »  ? Tel est l’enjeu exégétique.

Lors de la première analyse de notre verset nous avions fait une quinzaine d’observations qui, au final, mettaient en évidence quatre niveaux de contradiction :

Double contradiction coranique :

1- Contradiction interne au Coran : l’égalité et le respect prescrit entre les hommes et les femmes ne sont pas compatibles avec le fait de frapper son épouse.

2- Contradiction interne au v34  : dès lors que « l’autorité des hommes sur les femmes » et « l’obéissance des femmes à leurs maris » ne sont plus textuellement avérées le fait d’avoir un droit de frappe est indéfendable. De plus, il serait illogique à ce stade de l’échec des négociations (troisième étape indiquée par le Coran) de frapper, même délicatement, l’indocile. Inefficace et encore illogique puisque le Coran précise dans la foulée, v35, de craindre et d’éviter la séparation.

Double contradiction de la Sunna :

3- Contradiction Coran/Sunna. Le Prophète, le fait est unanimement admis, a en plusieurs hadîth authentifiés interdit de frapper les femmes.

4- Contradiction Sunna/Coran le Prophète n’a pas suivi la séquence révélée et lorsqu’il eut à résoudre une crise conjugale il se contenta de rester un mois durant à l’écart jusqu’à ce que le conflit s’apaise de lui-même.

Quelles solutions :

1- La plus classique : l’injonction wa-dribûhunna signifie « et frappez-les » mais il nous faudrait comprendre qu’il ne s’agirait que de frapper gentiment avec son siwâk ou sa brosse à dent. Nous renvoyons à l’article précédent où nous avons donné les arguments contre cette hypothèse dont, au delà de la légèreté du propos, l’objectif semble avoir été bien plus de conserver un mâle droit que de rétablir la cohérence coranique.

2- Il est possible de frapper son épouse en cas de désobéissance ou d’actes graves mais il est préférable dans tous les cas de s’en abstenir. L’on trouve cet avis par exemple chez ar-Râzî (2). Nous émettons les mêmes réserves qu’en supra.

En ces deux cas, reconnaître que Dieu ait au final conseillé à l’homme de frapper son épouse en cas de conflit laisse pour le moins songeur… Nous en avons donné les raisons, si tant est qu’il en faille…

3- Il faut réellement prendre en compte les incohérences engendrées par ce type de lectures et sortir textuellement du non-sens constaté. Une solution dialectique et simple semble dénouer la problématique : D’une part, le verbe daraba en la locution « wa-dribûhunna » ne peut pas signifier en ce verset « et frappez-les ». D’autre part, il apparaît logiquement que parmi les différents sens possibles de la racine verbale daraba l’expression pourrait être ici : « éloignez-vous d’elles ».(3)

Nous aurions alors pour v34-35 , en cas de conflit conjugal, grave l’enchaînement suivant : 1- Exhortation au bien. 2- Abstention de rapports. 3- Séparation provisoire, éloignez-vous d’elles et non plus “frappez-les”. 4- Appel à des conciliateurs (v35).
L’ensemble est pédagogiquement et textuellement cohérent, conforme aux énoncés d’égalité et de respect coranique, et correspond à ce qu’enseigna et mit en pratique le Prophète.

Mais, l’on pourrait nous objecter qu’il ne s’agit là en réalité que d’un réseau présomptif puisque le verbe daraba est bien connu et que le sens proposé « éloignez-vous d’elles » voulu par cette approche rationnelle n’est pas a priori grammaticalement ou linguistiquement correct, ces analyses ne sauraient par conséquent apporter des arguments décisifs (4). En quelque sorte rien qui ne saurait briser le statu quo. Nous nous proposons donc d’approfondir la question afin d’apporter des éléments de réponse supplémentaires.

ANALYSE LINGUISTIQUE

1 Un rappel, « wa-dribûhunna » se décompose comme suit : wa = et, -dribû est l’impératif deuxième personne du pluriel du verbe daraba et hunna est le pronom « elles » représentant ici les épouses. Un des sens possibles de daraba est effectivement, « frapper » ce qui pour « wa-dribûhunna » se comprend bien alors « frappez-les ». Cependant, l’on dénombre une quarantaine de sens dérivés pour cette racine verbale, le verbe daraba est un peu comme notre “faire” un verbe à tout faire. Ainsi, l’emploi de ce qui est peut-être le premier degré, c’est-à-dire frapper, n’est-il pas l’usage le plus fréquent en langue arabe. De fait, le Coran emploie ce verbe une soixantaine de fois et, dans deux tiers des cas, en une formule coranique bien connue « daraba mathalan » , parfois curieusement et littéralement traduite par « frapper d’exemple », le sens étant sans conteste : « proposer une parabole ». On note, de plus, dans le Coran, le recours à daraba avec le sens de annuler, humilier, rabattre, mais aussi de parcourir, quitter, séparer, s’éloigner. Enfin, à quatre reprises, daraba signifie frapper une personne, ex : S8.V12 .

• 2 Cette polysémie est en arabe en partie commandée, en dehors du contexte et des sens obligatoirement figurés, par l’usage de prépositions comme bi, fî, ‘alâ, ‘an, ilâ. Ainsi, « daraba ‘alâ yadihi », littéralement « il frappa sur sa main », signifie-t-il « il lui retira l’usage de ses biens ». Point important, selon un lointain parallélisme avec la grammaire française, l’on parlera de verbe intransitif lorsque l’usage impose une de ces prépositions et de verbe transitif lorsqu’il s’en dispense. Or, daraba, pour pouvoir indiquer une idée de mouvement a généralement besoin de ces prépositions, par exemple : daraba ilâ, il s’élança, daraba fî, il parcouru, et daraba ‘an, il s’éloigna. Donc, en arabe classique, wa-dribûhunna [ وآ ضر بوهن], sans préposition, état transitif, se comprend dans le contexte de ce verset « frappez-les » et pour obtenir le sens proposé « éloignez-vous d’elles » il faudrait dire [ وآضربوا عنهن ] wa-dribû ‘an-hunna en usant de la préposition ‘an, état intransitif. Ceci semblerait donc invalider notre hypothèse.

• 3 En réalité, il n’y a pas de verbes transitifs qui ne puissent être intransitifs et inversement, le fait est bien connu des grammairiens.
En voici un exemple coranique, toujours avec le verbe daraba. Il s’agit d’un véritable hapax : en S18.V11 nous notons l’emploi intransitif du verbe daraba signifiant frapper, usage normalement transitif. On y lit : « darabnâ ‘alâ âdhânihim » ce qui se traduit mot à mot : « Nous frappâmes sur leurs oreilles » action qui normalement, en arabe, se dit : « darabnâ âdhânahum » sans le recours à la préposition ‘alâ, « sur ». Les encyclopédies de la langue arabe donnent le sens de cette « curiosité » à partir d’un autre hapax, un unique hadîth où cette curieuse formule est prise pour une métonymie indiquant le sommeil, nawm. Malgré tout, l’expression n’étant ni grammaticalement normale ni vraiment normalisée, les commentateurs du Coran et les traducteurs ont en fonction de l’idée suggérée dans ce passage de sourate « al kahf » fait plusieurs propositions : « Nous avons assourdi leurs oreilles », ou « Nous fîmes le silence à leurs oreilles », « Nous les avons abasourdis », ou encore “Nous les plongeâmes dans un sommeil profond » (5). Le fait ici d’avoir employé la préposition ‘alâ, là où l’on ne l’attendait pas, a induit une compréhension différente de celle liée à l’usage normal du verbe daraba.

• 4 Seul l’usage détermine la prépondérance de tel ou tel état du verbe. Les règles que nous considérons par convention intangibles ne l’ont pas toujours été et l’usage transitif d’un verbe intransitif est possible en langue arabe préclassique où la régularité n’est pas de mise. L’arabe n’a jamais été une langue figée pour l’éternité ; elle a un passé, le Coran en témoigne, et un avenir, le présent l’atteste d’ors et déjà. Les critères académiques de la langue arabe ont été déterminés seulement à partir du IIe siècle de l’Hégire et il fut fait un grand effort de régularisation d’une réalité linguistique bien plus complexe et instable. Cette systématisation a abouti à la fort heureuse fixation de la langue arabe, dite par convention arabe classique. Cependant, il faut le répéter, l’arabe coranique, même s’il servit incontestablement de référent, ne peut être superposé à la langue arabe classique. Les “anomalies” grammaticales du Coran, c’est-à-dire les particularités antérieures à la normalisation, se comptent par centaines et de nombreux ouvrages sont consacrés à ces singularités coraniques.

Dans le cas qui nous intéresse, l’emploi de wa-dribûhunna (état transitif) au lieu de l’état intransitif normalisé wa-dribû ‘an-hunna n’est donc pas une impossibilité linguistique.

L’on pourrait, qui plus est, faire observer qu’en wa-dribûhunna l’absence de la préposition ‘an, dite préposition d’éloignement ou de séparation, permet d’indiquer à « l’oreille sémite » que l’éloignement préconisé se doit d’être moindre. Comme s’il ne devait pas y avoir de cassure, seulement une position de retrait momentané émanant dans ce cas précis de l’homme par rapport à son épouse. Tel est bien ce que fît le Prophète, nous l’avons indiqué.

• 5 Nous avions montré que l’égalité homme/femme dans le Coran impliquait l’équité, la réciprocité, et la complémentarité, il nous en est offert ici un exemple. Le Coran n’envisage pas que le cas de “l’épouse indocile” mais aussi, en la même sourate, la situation inverse où l’homme est impliqué selon les mêmes perspectives : “ Si une femme craint de son mari infidélité [nushûz] ou qu’il s’éloigne [i‘râd] ; il ne leur sera pas alors fait grief de rechercher la conciliation. La réconciliation est ce qui est préférable car les âmes sont portées à l’avidité…” S4.V128.

Ce verset est bien l’équivalent des v34-35 mais cette fois c’est le comportement du mari qui est fautif. L’on y retrouve la même cause un « nushûz » et, comme en résumé, la notion d’éloignement suivie de la préférence à donner à la conciliation. Ainsi le terme i‘rad apparaît-il ici être le symétrique ou le correspondant de l’action indiquée en fin de v34 par wa-dribûhunna avec incontestablement alors le sens de éloignez-vous d’elles. En effet, Le mot i‘rad signifie délaissement, le fait de se détourner, éloignement (6), ce qui est très proche de l’idée exprimée par l’usage de wa-dribûhunna sans la préposition de séparation ‘an comme nous l’avions ci-dessus fait observer.

• 6 A propos du terme nushûz, que nous avions traduit jusqu’à présent par désobéissance, nous signalerons la rigueur et la précision coranique, ici au profit de l’égalitarisme et, indirectement, comme preuve quasi inconsciente du machisme ambiant. En effet, le mot nushûz n’apparaît dans le Coran qu’en ces deux seuls versets, v34 et v128 . La symétrie est remarquable et l’on s’attendrait à ce que le nushûz des unes soit celui des uns. Or, une rapide revue des principales traductions met en évidence un net déséquilibre. Pour le nushûz attribué à la femme au v34 et le nushûz attribué à l’homme au v128 l’on note respectivement selon les traducteurs les couples suivants  : infidélité/abandon ; désobéissance/abandon ; insubordination/ hostilité ; insoumission/désaffection ; indocilité/rudesse ; rébellion/dureté ; inconduite/hostilité ; malversation/maltraitement, etc. Nous laisserons tout un chacun et chacune juge du différentiel.

Nous ajouterons que les dictionnaires, écrits par les hommes, se font eux aussi témoins de ce « partage des rôles », mais nous aurons compris que le Coran utilisant ce terme uniquement en ces deux versets symétriques conférait à nushûz un seul et même sens (7). Plus prosaïquement, la diversité de ces propositions de traduction met en évidence la difficulté à rendre en français ce mot dont la racine nashaza évoque le fait de se dresser, s’ériger, se soulever. C’est donc malgré tout par défaut que nous traduirons nushûz par hostilité : « celles dont vous craignez hostilité [nushûz] » v34 et « Si une femme craint de son mari hostilité [nushûz] » v128.

Enfin, nous ajouterons que nushûz, outre un sens vague, est en ces deux versets employé au cas indéterminé nushûzan. Cette imprécision coranique semble voulue car il ne s’agissait pas là de délivrer une recette à appliquer pour un cas bien déterminé. Bien au contraire, ces versets indiquent seulement une ligne de conduite à suivre pour tenter de résoudre des conflits, sans autres précisions ; et Dieu seul sait que pour tout couple ils sont d’ordres divers, de l’anodin à l’intolérable.

En résumé :

L’analyse littérale avait mis en évidence qu’un texte en apparence explicite, S4.V34 , soulevait de nombreux problèmes de cohérence, nous les avons listés précédemment. Les quelques réflexions linguistiques que nous venons de suivre laissent apparaître qu’une situation sémantique qui semblait univoque n’était pas s’en laisser des espaces de sens pouvant être utilisés pour rectifier le sens du verset vers plus de cohérence et de cohésion coranique. Bien plus, rien n’interdit de comprendre que cette possibilité était première mais qu’elle a été oblitérée par une projection de sens initial considéré de facto comme classique.


CONCLUSION

Il découle de ce qui précède que rien n’interdit en un usage possible de la langue arabe coranique tout comme en fonction du contexte de l’ensemble concerné de comprendre et traduire le syntagme wa-dribûhunna par : « éloignez-vous d’elles » et non pas : « frappez-les ».

On peut donc lire ainsi ce passage :

“ Les hommes assument [qawwâmûna] les femmes […]
Les femmes vertueuses [qânitât] sont dévouées à Dieu [...]
Quant à celles dont vous craignez l’hostilité [nushûz], exhortez-les, puis faites lit à part et, enfin, éloignez-vous d’elles [wa-dribûhunna] […] Et si vous craignez le désaccord entre les deux faites alors appel à un arbitre de la famille de l’époux et un de la famille de l’épouse. Si le couple souhaite au fond la réconciliation, Dieu rétablira l’entente entre eux…” S4.V34-35.

Ce verset se lit avec son symétrique et complément :

“ Si une femme craint de son mari hostilité [nushûz] ou qu’il s’éloigne ; il ne leur sera pas alors fait grief de rechercher la conciliation. La réconciliation est ce qui est préférable car les âmes sont portées à l’avidité…” S4.V128.

L’ensemble est à présent cohérent, il ne contredit pas les principes d’égalité, de réciprocité, d’équité, de respect, par ailleurs édictés par le Coran. De même, il confirme et renforce les paroles comme les actes du Prophète en la matière. La proposition coranique ne dépend plus d’une vison ethnocentrique et devient rationnellement acceptable. Ce que la compréhension traditionnelle avait rompu est ainsi rétabli.

Par l’étude de ce verset, chacun aura pu se rendre compte que la lecture d’un texte, est largement dépendante des préjugés qui nous animent. Etre détenteur d’un texte sacré, en lui-même porteur d’une vérité absolue, ne garantit pas en soi aux hommes de détenir cette vérité. Nous possédons certes le Texte mais tout texte n’est qu’une série de mots. En réalité, le crédit d’une telle référence est fonction du niveau de valeur morale et de rigueur intellectuelle de ceux qui le lisent, y exercent leur compréhension et par suite le mettent en application. Tout lecteur est potentiellement interprétateur mais il doit être conscient de cette différence qualitative afin de lutter contre sa propre tendance herméneutique. Ainsi, et seulement ainsi, pourra-t-il faire en sorte que sa participation soit ouverture intellectuelle.

Nous n’aurons de cesse de militer pour une rupture du cercle herméneutique, notre méthodologie d’analyse littérale vise uniquement à cela, c’est-à-dire tenter d’approcher le texte révélé en court-circuitant nos préjugés de lecteurs. Nous savons pertinemment que fronts d’oppositions, conservatismes comme modernismes, pourront nous reprocher en retour d’être pire encore que l’interprétateur. Nous avons pour nous les arguments tangibles que notre approche épistémologique produit et que nous soumettons à l’observation et au jugement du lecteur. A vrai dire, aussi, les actes ne valent que par l’intention, et Dieu seul connaît les nôtres.

Face à quatorze siècles d’histoire exégétique du Coran que valent quelques voix qui en ces temps tentent de se faire entendre. Nous n’aurons donc pas la prétention ni la folie de vouloir effondrer l’ordre établi par les hommes sur la « Parole de Dieu », tout au plus aurons-nous osé rompre le silence et proposer à ceux qui veulent l’entendre un autre écho du Livre.

Le Coran, quant à lui, est porteur d’un message de paix, de tolérance, et d’amour, mais il n’est pas sûr que les hommes soient tous prêts à défendre ce même idéal. Ce modèle nous est ici proposé en faveur du couple ; noble appel à la mise en œuvre de ce triptyque d’où découlent respect, protection mutuelle, patience, dignité.

Concernant cette étude, nous avions donné en « Que dit vraiment le Coran » cette conclusion : « Conformément à ce message coranique, le Prophète Muhammad a inlassablement exhorté les hommes à se débarrasser de leurs préjugés sexistes et à ce que, pour Dieu, ils s’amendent et se réforment afin de créer, hommes et femmes, croyants et croyantes, une société idéale sans haine et sans ségrégation. » Lorsque l’on demanda à Aïsha quel était le comportement du Prophète, elle répondit : « Son comportement était le Coran. » (8)

Notes :

(1) Egalité des hommes & des femmes – 2.

(2)Ar-Râzî cite aussi sur ce point l’imam ash-Shâfi‘î précisant que, malgré tout, celui qui frapperait sa femme devrait répartir les coups sur tout le corps en évitant la face et devrait se limiter à moins de 40 coups. D’autres shaféites pensent qu’il ne faut pas dépasser vingt coups puisque ce nombre correspond chez eux au châtiment de l’esclave… en guise de tout commentaire l’on appréciera la rigueur logique…

(3)Telle est la solution que nous avions argumentée en « Que dit vraiment le Coran » première édition 2008. Il a été par ailleurs proposé de retenir comme sens possibles pour daraba : l’éloignement, la cessation des relations, la mise à l’écart, In : Asmâ’ Lamrabit « al qur’ân wa-n-nisâ’ » publié en 2010 citant sur ce point le livre du Dr Abdel Hamîd Ahmad Abû Sulaymân : « darb al mar’a, wasilatu lihal al khilâfât az-zawjyya » paru en 2002. Nous n’avons pas eu accès aux arguments précis de l’original.

(4) Ceci est patent et explique qu’en l’ensemble des traductions nous trouvions encore la mention « et frappez-les » alors même que certains traducteurs comme Jacques Berque ou Muhammad Asad avaient rectifié les sens de « qawwâmûna » et « qânitât » en « Les hommes assument les femmes » et « Les femmes vertueuses sont dévouées à Dieu ».

(5) Ceci correspond à la lecture des classiques mais l’emploi “irrégulier” de la préposition ‘alâ a retenu l’attention des commentateurs modernistes ou scientistes, ces derniers ayant poussé l’indication jusqu’à vouloir trouver ici une subtilité miraculeuse, la science ayant montré que dans les comas il y avait une sidération [darb] de l’oreille interne… sans commentaire.

(6) Traduction établie en fonction d’un hadîth rapportant l’explication contextuelle de ce verset par Aïsha. Hadîth rapporté par Al Bukhârî.

(7) Le professeur Hamidullah avait quant à lui respecté l’équité comme la symétrie et traduit en ces deux versets le terme nushûz par infidélité. Il donne cependant à ce terme le sens de adultère ce qui n’est pas du tout indiqué dans le texte ni le contexte ou l’étymologie. Toutefois, sa traduction pourrait être conservée en donnant au terme infidélité un de ses sens courants : qui ne tient pas ses engagements, ses devoirs, sa fonction, c’est-à-dire : se dresse contre l’autre au lieu de l’épauler.

(8)Hadîth authentifié rapporté par Ibn Hanbal.

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Commentaires

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Un article attendu et sans l’ombre d’une déception. Un exemple d’exposé rhétorique !

Votre choix final de l’éloignement est conforme au modèle prophétique. Il est donc convaincant.

Selon une rigueur plus linguistique, une contradiction pourrait quand même apparaître:l’éloignement ne s’oppose-t-il pas à la rencontre comme au duel ? (j’ai lu qu’à une femme qui se plaignait au Prophète parce que son mari lui avait donné une giffle, le Prophète lui aurait conseillé de se venger selon la loi de la juste rétribution.)

Muhammad Asad conserve frappez-les. Je me demande si un sens symbolique ne nous est pas disponible comme frappez leur attention ou d’une manière plus neutre faîtes leur quelque chose...

Votre analyse comprend d’ailleurs cette possibilité avec l’idée de daraba comme verbe outil, au sens de faire dans inventez une parabole. L’imagination est alors au pouvoir. Ne pourrait-elle évoluer du littéral au symbolique selon notre degré de spiritualité ?

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La compétence linguistique ne suffit pas pour faire prévaloir son commentaire du Coran. La preuve : Présentement, beaucoup d’orientalistes non musulmans se lancent dans cette entreprise avec un tel degré de connaissance en arabe, sinon plus.
Il est conséquemment étrange de voir que les sens de kawwama et kunût sont discutés par comparaison aux autres versets contenant qunut et kawwamah, et par conséquent vous ne leur accordez qu’un seul sens. Très astucieux, puisque vous accordez un autre sort au terme daraba, effectivement polysémique. Est-ce une inégalité dans le traitement sémantique ? Pourtant il ne doit pas échapper à un homme comme vous qu’un seul et même terme peut changer de sens plusieurs fois dans le Coran.
Je trouve aussi très astucieux la manière dont vous contournez la flagrante symétrie entre kanata et nachaza (deux termes qui acceptent aisément et étymologiquement les sens d’obéissance et désobéissance).
Sur ces points on lira volontiers le commentaire de ibn larabi, drôle par moment, n’en déplaise à un certain réformisme quant à l’auteur ou un certain soufisme devrait-on dire quant au grand public...
Puisse Dieu ne point laisser nos coeurs dévier vers l’équivoque. Amine.
Cordialement

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islam est un mot muzz qui veut dire :" enculage de mouches" lol

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Votre démonstration aboutit à l’idée que le sens d’éloignement n’est pas une "impossibilité linguistique" et donc que "rien n’interdit", grammaticalement, de lire le verbe ainsi.

Mais dire qu’il nous est possible de le lire comme ça aujourd’hui n’implique pas qu’il ait été lu de la même façon par les premiers récepteurs.

N’êtes vous donc pas en train de plaquer au passé les catégorie mentale du présent ? Etes-vous sûr que frapper sa femme, à l’époque, c’était si choquant ? J’ai du coup l’impression qu’on relit le Coran à travers nos "préjugés" modernistes.

A moins que vous disiez que le sens pouvait être de frapper à l’époque mais que, le monde ayant changé, on peut aujourd’hui très bien lire le verset autrement, étant donné que sa littéralité le permet. Là, je serais d’accord.

Par ailleurs, pourquoi parler vous de "briser le cercle herméneutique" alors que votre méthode repose précisément sur ce cercle : l’interprétation du tout par les parties et vice versa (du moins dans l’emploi technique de l’expression).

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J’ai du coup l’impression qu’on relit le Coran à travers nos "préjugés" modernistes.

Très intéressantes remarques, Veli. Nous est-il de toute façon possible de lire le Coran autrement que par les préjugés et conditionnements de notre temps ?

Le "miracle" coranique n’est-ce pas justement de permettre une lecture et surtout une compréhension sans cesse actualisée sans jamais porter atteinte aux fondements de notre foi ?

Salam à vous.

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ça manque de "dalils" dans l’argumentation.
Faut citer les tafsirs et les paroles des savants ahl sunna wal jama’a (en évitant les sectes de préférence)

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merci, vous nous faites faire un pas vers la lumière !

alain (agnostique)

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D’accord Veli !

Ce qui me semble important, c’est de briser le cycle d’une interprétation qui donne à la gent masculine des droits abusifs sur la gent féminine. Le Coran apparaissant non pas comme la parole de Dieu mais le message d’un mari à sa femme !

L’attention du Dr. Al-’Ajamî sur la réciprocité est très bon. Le Coran expose les plaintes du mari et de la femme régulièrement. Il ne s’adresse pas qu’aux êtres masculins.

La parole de Dieu est celle de la miséricorde et non de la domination d’un sexe sur l’autre ni du fort contre le faible. Dieu n’est pas plus sexué que les anges...

Le principe moral de l’égalité de tous les êtres humains devant Dieu est magnifique puisqu’il demande à chacun d’aller au delà des apparences et de faire régner la justice. Tout être humain est respectable même s’il est agé, handicapé, malade mental, pauvre, plus faible. Les plus forts en sont responsables qu’ils soient de la gent féminine ou masculine.

Un autre cycle est à rompre comme celui des gentils messieurs et des méchantes dames, inscrit dans le discours des machots. Qui va juger de la gentillesse et de la méchanceté ? la gentille serait-elle la soumise à son mari ?

Telle est bien la question. La réponse coranique passe par l’analyse du terme qânut...

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Je voulais dire "qânitâtun", à savoir celle qui est à la fois fidèle et obéissante à Dieu...

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Malheureusement, même si cet article est trés long, il manque essenciellement de preuves religieuses dans l’argumentation, on peut donc le qualifier d’article d’opinion personnelle qui n’engage que son auteur

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Devant Toi se prosternent, simultanément, mon "existence corporelle (opaque)" (sawad), mon imagination (khiyâl) et mes "croyances" ainsi que mon coeur (foâdi), siège de ma foi en Toi...

(Sadjadâ lak’ sawadî wa khiyâlî wa âmana beka foâdî). Parole attribuée au Prophète.

Voilà un homme (pierre opaque), qui, traversé par la grâce divine (rubis flamboyant), devient le Prophète, et agit sur le monde autant que celui-ci a agi sur lui...

Ah ces anachronismes ! Heureuse de te lire ici Veli (je suis Leila (Sim..e) :)

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...éloignez-vous d’elles [wa-dribûhunna]...

L’éloignement est effectivement un geste fort symbolique d’un point de vue psycho-émotionnel(manque, souffrance...), et ce à condition qu’ils s’aiment d’un amour « sincère ». N’oublions pas que c’est à eux qu’est censé s’adresser ces versets et non aux répugnants pseudo-techniciens de l’amour, tout droit sorti de l’école martial du siwâk !!!

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Il est dommage qu’une interprétation comme celle du Dr Al Ajamî n’ait pas prévalu depuis 13 siècle... Cela aurait évité quelques torgnolles...

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Salam,

Il nous est bien sûr impossible, Hayat, de lire le Coran abstraction faite de nos préjugés et je souscris pleinement au "miracle" que vous décrivez.

Pour paraphraser Levinas, je tenais seulement à distinguer le vouloir-dire (initial) du texte de son pouvoir-dire, qui va bien au-delà. Il y a juste un tabou à briser : un texte peut-il signifier autre chose que ce qu’il signifia un jour. L’auteur refuse de le briser et colle donc au passé un sens totalement légitime pour le présent, et qui plus est, fondé sur un plan littéral. Dire que "Le Prophète Muhammad a inlassablement exhorté les hommes à se débarrasser de leurs préjugés sexistes" ou que le Coran portait un message de "tolérance" c’est tout simplement un anachronisme (coucou au passage Leila :)). On va finir par avoir des crampes à la patte aussi blanche que bien intentionnée !

D’accord avec vous Liliane mais à condition, précisément, d’en finir avec le fantasme du vrai sens, qu’il soit moderniste ou traditionaliste.

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Et pendant que les soit-disant "savants", lol, de l’islam, coupent les cheveux en quatre à l’infini, au bénéfice exclusif de quelques allumés complétement déconnectés de la réalité ; rééditant les délires Byzantins sur le sexe des anges- avec le résultat désastreux que l’on connaît, la chute de Constantinople est un malheur personnel qui m’est arrivé la semaine derniére -, les VRAIS savants, les seuls, font avancer la Connaissance dans tous les domaines, au bénéfice de l’humanité entiére, y compris les dits-allumés...Restez soigneusement dans votre bulle jusquà la fin des temps, vous n’avez que mille ans de retard sur le reste du monde, alors mille de plus....

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Oui, entièrement d’accord avec vous Veli.

Le fantasme du "vrai sens" comme vous dites si bien va, à mon humble avis, à l’encontre de l’esprit même du Coran. Coran qui peut être reçu et appliqué dans n’importe quelle société, quelles que soient les normes qui lui donnent sa cohérence.

La pluralité des modèles sociaux n’est-t-elle pas , dans le Coran, voulue par Dieu comme source d’apprentissage et d’évolution pour l’Homme ?

« Et parmi Ses signes la création des cieux et de la terre et la variété de vos idiomes et de vos couleurs. Il y a en cela des preuves pour les savants »

Sourate 30
AR-RUM (LES ROMAINS) v.22

Dire que le Coran aurait du, doit, être compris à telle époque/ tel endroit, de telle manière, en revient finalement à hiérarchiser les cultures et à penser qu’il n’existe qu’une bonne manière de comprendre et faire.

Un exemple de ce "patte blanchisme" :

Le sujet de la polygamie et l’art déployé par certains savants dits réformistes pour démontrer comment le Dieu aurait en fait voulu dire que la polygamie, "c’est mal", mais sans vraiment le dire, parce qu’à l’époque..

Pourtant, il me semble que, selon le contexte, les imaginaires et les normes qui fondent l’unité d’une société, la polygamie peut être un mode de fonctionnement parfaitement valable, porteur de sens, d’épanouissement.

Bon, je courre mettre mon gilet, j’entends déjà les balles qui sifflent..

Bien le salam.

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Salam Alleykum,

J’ai un grand respect pour l’effort du Dr Al-Ajami pour ses analyses de sujet dit "sensible" et je le félicite.

Pourtant, je ne suis pas tout à fait convaincu concernant le schéma du Dr Al-Ajami qui est le suivant :

1 Exhortation, 2 éloignement dans le lit, 3 éloignement (plus poussé)

Je vois dans ce schéma une répétition alors que le Prophète(saws) avait lui, après l’éloignement "proposé" entre la dissolution du mariage ou le maintient du mariage à ses épouses.
de plus par rapport à s2v227 la "séparation" après l’éloignement dans le lit serait plus pertinente car même pendant un divorce la femme doit resté dans le foyer conjugal pendant 3 cycles menstruel puis pendant ce temps une réconciliation peut avoir lieu, et cela est préférable.

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Al-’Ajamî conteste certes une interprétation machiste mais en utilisant dans sa traduction le terme d’obéissance pour

فَإِنْ أَطَعْنَكُمْ

Il reprend l’idée de dépendance en question. Le fait que l’homme prenne grand soin des femmes ne saurait conduire à la soumission de l’une à l’un.

La traduction d’Asad semble plus compréhensive :
(34) LA GENT MASCULINE DOIT prendre grand soin de la féminine au moyen des bontés que Dieu a accordées plus abondamment à la première qu’à la seconde , et qu’ils peuvent dépenser comme leurs propriétés. Et les femmes justes sont celles qui sont fidèles et ferventes. Elles préservent l’intimité que Dieu a [ordonnée] de préserver . Quant à ces femmes dont vous avez raison de craindre la mauvaise volonté , avertissez-les [d’abord]. Ensuite laissez-les seules dans leur lit, puis frappez-les et après tout cela, si elles font attention à vous, ne cherchez pas à leur faire du mal. Voyez, Dieu est vraiment le Très Haut et le Très Grand !

En fait Al-‘Ajamî ne déduit pas de son analyse linguistique que sa traduction est « la vraie ». Il dénonce simplement des erreurs sur des termes précis. Tous les anciens n’ont d’ailleurs pas fait ces mêmes erreurs et ils se sont interrogés .

  A propos de wa-dribûhunna, le Prophète a été choqué à l’idée de battre les femmes.

Veli et Hayat s’interrogent à leur tour . Hayat a raison de dire qu’il serait absurde de considérer les Ancienns comme primitifs et les nouveaux comme plus évolués, hiérarchisant les cultures.

Il ne s’agit pas non plus de faire « patte blanche » comme le loup noir aurait couvert sa patte de farine chez le boulanger pour tromper les cabris mais de reconnaître le choc reçu par des croyants, à la lecture du livre sacré.

Al-‘Ajamî recherche au sujet de drubûhunna une autre signification, intégrant une telle permission aux principes de la morale, énoncés clairement dans le Coran.
Sa traduction relie deux versets l’un à propos du sexe féminin et l’un à propos du sexe masculin, en saine logique et d’une manière probante.

Toute interprétation a un sens, reste à savoir lequel sans sombrer dans le relativisme. L’étude des principes moraux essentiels nous aide à comprendre et à critiquer les habitudes sociales et leur évolution.

C’est de nos jours et pour nous que la question se pose. Dieu serait-il injuste ? Cette question est d’ailleurs posée dans le Coran précisément à propos de l’égalité des êtres humains . Les apparences sont certes trompeuses ! Le croyant répond certes que Dieu n’est pas injuste conformément à son postulat de départ. Nous devons donc comprendre ce texte sans contradiction avec sa cohérence interne et réfléchir à l’occasion sur l’inculturation, c’est-à-dire sur l’influence de la révélation sur les cultures. Les révélations expriment la Parole de Dieu Seul et malgré nos points de vue différents, ne cherchons-nous pas à nous rapprocher de l’unicité divine ?

Quelles que soient les contradictions apparentes, ce Texte n’est pas contradictoire car Dieu ne détruit pas les principes de la raison humaine. Il convient seulement de dépasser les apparences à la recherche du vrai sans fatalisme.

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Je voulais ajouter pour Hayat qu’Aysha, l’épouse préférée du Prophète a souffert à l’époque de la révélation de la multiplicité de ses épouses.

Le Coran répond à son inquiétude et dit qu’aucun homme ne saurait être également juste avec plusieurs épouses. Dans son coeur, il aura toujours une préférence. Mieux vaut donc qu’il se contente d’une seule.

Cette lecture du Coran n’a-t-elle pas permis dans le monde musulman à des épouses de stipuler dans leur contrat de mariage qu’elles tenaient à demeurer la seule épouse ?

Il ne s’agit pas de mépriser les habitudes sociales du passé mais de bien voir que la bonne lecture du Coran invite à leur évolution.

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Nous notons ce qu’écrit le Dr.Al-’Ajamî :

"Etre détenteur d’un texte sacré, en lui-même porteur d’une vérité absolue, ne garantit pas en soi aux hommes de détenir cette vérité."

Cette certitude le libère de polémiques injustes au profit de la tolérance coranique qu’il souligne tout autant.

En saine logique, nous savons bien que Dieu ne saurait préconiser que l’homme batte cruellement sa femme. Il l’a fait certes avec un degré d’injustice observable pour ses esclaves. Le Coran n’invite-t-il pas à l’abolition de l’esclavage voire même du machisme aussi aliénant ?

Un autre argument est à notre disposition sans contradiction peut-être avec la linguistique :

La finalité recherchée pour résoudre un conflit est la réconciliation, c’est-à-dire la reprise de relations sans discrimination. Même si l’un des deux a souffert, ne doit-il pas cesser de traiter l’autre d’impie. Ne doit-il pas pardonner ?

Cette idée est frappante, en bonne spiritualité.

Elle exige à la fois la prise de distance et le rapprochement sans divorce. Tant de femmes n’ont-elles pas l’habitude de pardonner, des hommes ne sont-ils pas à leur tour invités à le faire, obéissant à Dieu ?

La pédagogie coranique rend compte d’une telle progression étonnante, de la vengeance au pardon. La vengeance est possible, une femme gifflée peut rendre la claque sans plus d’excès. Nous sommes en présence d’une bataille, la force de frappe est en question comme une « flexible response »

Si l’homme ou la femme veut vraiment frapper l’attention de son conjoint et s’ils ont l’intention de se réconcilier, le pardon n’est-il pas nécessaire (sans parler d’oubli !) ?

Lorsque j’entends « wa-dribûhunna », je comprends, à l’erreur près, qu’il convient de faire quelque chose vis-à-vis de celles « dont vous avez raison de craindre la mauvaise volonté (nushûz) ». Reste à savoir quoi si nous voulons la réconciliation à l’écoute du Tout Miséricordieux.

Merci au Dr. Al-‘Ajamî pour nous avoir exposé tant de cas de figures au service d’une meilleure lecture.

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"Etre détenteur d’un texte sacré, en lui-même porteur d’une vérité absolue, ne garantit pas en soi aux hommes de détenir cette vérité."

Et la "vérité" du Dr Al-’Ajami n’est certainement pas celle du Livre sacré.

Finalement il n’y a pas de vérité. Nous devons en conséquence tous nous taire. Et personne ne doit essayer de proposer une quelconque "vérité" coranique, pas même les vrais savants affranchis des pressions islamophobes occidentales. Après tout il n’y a pas de garantie de vérité du Livre.

Finalement c’est un mouvement vers rien que nous propose Dr Al-’Ajami.

Quand on n’arrive pas à intégrer la communauté des savants, faute de science, alors on leur jette des pierres, en disant après tout ils n’ont pas de garantie d’avoir la vérité du Livre.

Honte à vous !

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elsalamou aleykoum,

Moi quand j’ai lu ce verset dans le coran je n’ai pas réfléchit autant, j’ai pensé à ces 2 versets

(Sourate 3 verset 7) »C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à d’interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets à équivoque cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah…. »

(sourate 9 verset 7) » ……Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en……. »

donc en partant de la, je me pose la question, notre exemple c’est bien le prophète, donc le prophète frappait il ses femmes ? non
les as t-il déjà frappé ? non plus,
donc je ferais de même, ceux qui pour moi est suffisant pour croire que l’explication n’est peut être pas la ou on la cherche, faute de compréhension et de manque de savoir, nous suivons le prophète sur ce qu’il a effectué, car il sera toujours plus proche de la vérité que nous.

ce verset confirmant ma réflexion

(Sourate 33 verset 21)” Vous avez, dans le messager de Dieu, un bel exemple. ”

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Cet ananyme ne fera honte à personne !

Il devrait savoir en lisant un autre article présent sur ce site que Swindurne, présenté par Haoues, nous montre bien que nous pouvons nous approcher de Dieu autrement que par la révélation. La connaissance que nous avons des hommes nous y conduit.

La révélation est un phénomène complexe, lié à des langues qui n’ont pas fini d’évoluer. Les savants qui l’étudient le savent bien. Nos lectures se renouvellent également chaque jour...

Les nihilistes qui évoquent le rien nous interrogent. Nietzsche qui les inspire quelquesfois a pourtant avec son personnage du prophète Zarathoustra distinguer les idôles et le vrai Dieu.

Notre nature originelle, la "fitra" en langue arabe nous invite à croire en Dieu. La science, la philosophie, la mystique voire même la religion nous mettent ensuite sur le bon chemin. Il y a pourtant une exception de taille, celle de ceux qui injurient les chercheurs de Dieu.

El...a bien raison. L’étude de wa-dribûhunna a été étrangement torturée alors que moulte croyants ont compris cette expression sans ambage, à l’exemple du Prophète. Si la question se pose c’est au niveau des critiques de la révélation elle-même, ceux qui ne croient pas que Dieu s’est révélé dans les révélations, les "kafîr" dont parle le Coran.

Al-’Ajamî fait une belle analyse du verset 7 de la sourate 3. Demeure que l’intention du lecteur est le discriminant de la bonne lecture.

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@veli,
Ne pourrions-nous envisager que la lecture actuellement prévalente de ce verset comme quoi les hommes auraient le droit de frapper le femme soit déjà "relecture" du Coran, effectuée quelques centaines d’années après la mort du prophète, sous l’emprise des préjugés de l’époque ?

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Bonjour Liliane,

Je ne sais pas si vous faites référence à l’ouvrage romancé de Geneviève Chauvel sur la vie d’Aïsha ou bien si vous avez d’autres sources (ça m’intéresse, si c’est le cas..). En ce qui s’agit du travail de Mme Chauvel, il est certes agréable à lire, mais je crains bien en ce qu’il s’agit des sentiments qu’elle prête à son "héroïne", qu’elle ait appliqué une grille de lecture moderne et des références culturelles occidentales sur la réalité de l’époque.

Cordiales salutations.

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La notion de devoir conjugal a disparu sous l’égide des soixant huitars dans les 70’s.

Al ajami est sur la même voie

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Chère Hayat,
Telle est bien la question à laquelle nous avons les moyens de répondre.

Je vais chercher des références textuelles. Je ne les ai pas pour l’heure. Je dois faire appel à des spécialistes des ahadîth pour assurer académiquement mes dires.

Votre esprit critique est le bon.

Vous reconnaitrez comme moi que la femme préférée du Prophète a pu éprouver quelque jalousie. Le verset 128 de la sourate 4 nous dit bien que :

"l’égoïsme est toujours présent dans les esprits humains"

La préférée voudrait bien être aussi la seule, surtout lorsqu’elle est affrontée à une opinion publique tout aussi jalouse de son époux !

La polygamie n’exprime pas la révélation nouvelle. Il s’agit d’un fait de société à propos duquel le croyant est appelé à réfléchir comme d’un phénomène antéislamique.

Vous lisez comme moi le Coran et vous voyez bien qu’il n’est pas tendre à cet égard.

Le contrat de mariage dont j’ai dit un mot assurant la monogamie, n’est pas récent. Il est attesté au Xième siècle de notre ère en Andalousie. On peut parler d’une inspiration chrétienne. Son fondement psychologique est probablement plus profond...Preuve en est que de tels contrats sont signés au 21ième siècle et d’obédience coranique, c’est-à-dire en accord avec la Parole du Dieu unique, qui professe l’égalité des hommes et des femmes quelque soient les qualités qui les distinguent.

Tout être humain ne dispose que d’un seul coeur, qu’il soit homme ou femme, même s’il bénéficie d’un coeur greffé.

La polygamie peut certes être justifiée au sevice de l’harmonie sociale, elle n’en demeure pas moins l’occasion de troubles psychiques profonds pour les individus. Le Prophète lui-même n’a-t-il pas été heureux de mourir dans les bras d’Aysha, sa préférée ?

La dialectique individu-société existe. Elle ne saurait nier les limites de tout être humain, qu’il soit homme ou femme.

Au début du 21ième siècle, un imam marocain dont la femme avait demandé d’être la seule épouse, m’a proposé de lire les récits d’Aysha à propos de la vie du Prophète, je n’ai pas encore pris le temps...hiérarchisant méthodiquement le Coran et les ahadîth...et surtout sans doute parce que je ne suis pas arabophone...

La problématique d’Al-’Ajamî reste la bonne si nous voulons transmettre intelligemment à l’occident le message de l’orient.

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Salam Hayat,

Vous donnez à juste titre l’exemple de la polygamie, on pourrait y ajouter l’esclavage ou la recherche de la démocratie dans le Coran. Arkoun a une note quelque part où il dénonce ces usages. Le texte devient pré-texte pour reprendre l’idée d’Eco.
D’ailleurs, l’argumentation monogamisante qui cite volontiers les passages coraniques pouvant être interprétés comme visant à long terme la monogamie est invalidée par le fait que la plupart de ces idées font partie de la tradition sémitique, et notamment juive, à laquelle le Coran invite seulement à revenir (les quatre femme, la « justice » comprise non pas en terme d’affection mais de répartition du temps passé avec chaque épouse, etc.).

Comme vous le dites, le but n’est pas de légitimer ces lectures mais d’oser la décontextualisation, la variation du sens en fonction des contextes, sans imaginer un sens unique, conçu aujourd’hui et collé au passé. Or l’auteur prétend dévoiler ce « Que dit vraiment le Coran », pour reprendre le titre de son ouvrage.

Je vous cite Liliane :
« Quelles que soient les contradictions apparentes, ce Texte n’est pas contradictoire car Dieu ne détruit pas les principes de la raison humaine. Il convient seulement de dépasser les apparences à la recherche du vrai sans fatalisme. »

L’introduction de l’article rappelle ce principe de non-contradition à propos du devoir d’égalité. Je crois que la logique sémitique devrait nous donner le droit de penser contre Aristote pour accepter la tension que le Coran créé, parfois jusqu’au scandale, entre de multiples visions du monde. C’est le dynamisme du paradoxe qui produit le sens, qui ne se laisse justement pas enfermé dans un système. Fantasmer sur la cohérence du sens c’est oublier ici que le Coran conjugue une vision horizontale, égalitaire, et verticale, hiérarchisante, de la société, parce qu’il ne cesse de tendre une corde de funambule entre transcendance et immanence.

Pour ce qui est de l’esclavage. Encore une fois, la plupart des allègements et des facilités que propose le Coran étaient déjà dans l’Ancien Testament. Je ne pense pas que le Coran « invite à » l’abolition de l’esclavage. Dire cela c’est tomber dans le piège de la prétention à la connaissance de l’intention de l’auteur. Par contre, le Coran invite toujours à plus d’humanité : appliqué à une société où l’esclavage est pratiqué de fait, ça permet de le limiter et de l’ « humaniser », appliqué à une société où l’esclavage est remis en question ça permet de penser les conditions de son abolition. Il est possible que la différence ne vous semble pas très importante. Mais je pense qu’elle l’est. Autrement on tombe dans une version sociologique de l’herméneutique scientifique qui veut à tout prix voir la vitesse de la lumière dans le Coran. Le monde ne sera pas dans 10 siècles comme il est aujourd’hui, les tabous changeront et on continuera à, finalement, trouver que le Coran l’avait déjà vu.

Bonne question Jm. Mais pourquoi ces préjugés n’auraient pas exister à l’époque du Prophète ? Et vous croyez qu’une modification du sens soit possible en si peu de temps ?

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Elles sont gentilles les beu_bo musulmanes qui trouvent assez charmant et supportable l’exotisme de l’islam,la polygamie,l’esclavage,etc. sachant bien sûr qu’elles vivent en france et pas sous le joug ailleurs.Comme le disait il me semble Nadia Yasine cette jolie babouche brodée qui plait tant au touriste du monde musulman sent mauvais... Mesdames, mais aussi messieurs vous pouvez continuer à vous nourrir de sciences humaines et au final à ne trouver aucun sens au Coran, ceux qui l’utilisent pour l’injustice adorent le coup des lectures multiples et infinies... snobisme intelectuel qui ne réduit en rien l’utilisation que eux font du Coran et ne réduira en rien les souffrances... mais il vrai que peut-être vous vous ne souffrez pas... bonne continuation donc et surtout ne remettez pas en cause vos croyances herméneutiques : ne sont-elles pas des vérités indiscutables...ou du moins que vous n’avez jamais songer à discuter... les science humaines il est vrai sont une révélation...

PS : La question de Jm est la bonne et relève de l’impensable soulevé par le Dr Al Ajamî... il faudra donc du temps pour admettre puis comprendre
Salam

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Al Ajami : Welcome to oumma.bobo.com ...new look !

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Veli n’est pas facile à suivre sans doute parce que son souci est trop polémique.

Si nous reprenons l’exemple de Hayat, nous sommes mieux en présence d’une question soluble.

L’esclavage et la polygamie sont des phénomènes sociaux, on pourrait dire « voulus par Dieu », en relation avec le destin. Personne ne pourra changer ce qui a eu lieu.

Le Coran ne préconise pas cependant une attitude fataliste mais un jugement moral que Dieu confirmera à la fin des temps. Cette capacité de juger a été offerte à tous ceux qui ont reçu la révélation, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans.

Les deux phénomènes en question sont anteislamiques. Ils s’expliquent sociologiquement mais s’accompagnent de comportements déviants. Des maîtres cruels ont mal traités leurs esclaves et des polygames ont été injustes vis-à-vis de leurs épouses. Certains maîtres pourtant ont été justes et personne n’ ignore que le Prophète a fait le maximum pour faire régner la justice dans sa maison.

Il convient de distinguer l’histoire des êtres humains et leurs responsabilités individuelles ainsi que les intentions de chacun. Nous ne serons pas jugés sur l’histoire de notre pays ni même sur notre civilisation mais sur nos efforts pour suivre la voie droite. Reste certes à préciser ce point : « al sirata al-mustaqim ».

Nous devrions être justes malgré notre pauvreté ou notre fortune, malgré nos inégalités. Chaque obstacle rencontré en autrui ou en nous-mêmes nous met à l’épreuve.

La question que nous pose cet article est précisément celle des relations homme-femme. Al-‘Ajamî la voit bien, soulignant l’intention de l’un par rapport à l’une et réciproquement. Chacun dispose de moyens liés à son temps. C’est lui qui en fait usage sous sa propre responsabilité. Il sera jugé sur la qualité de ces relations et non sur leur environnement social.

Dans les deux versets cités de la sourate IV, le Coran invite en cas de conflit à la réconciliation. Chacun choisit les moyens dont il dispose librement. Un homme peut frapper sa femme et une femme divorcer d’avec son époux. Chacun doit prêter attention à son conjoint et bannir l’indifférence. La réconciliation n’est possible que dans ces conditions. Le Prophète lui-même a fait son choix. Il n’a jamais fait frapper une femme à moins qu’elle ne lui ait demandé et n’a divorcé d’aucune de ses épouses. Il a suivi la voie droite.

Il a certes conçu d’autres moyens mais choisi librement, à l’écoute de la parole de Dieu.

Il n’est pas toujours facile d’appliquer les préceptes révélés. Ils ont pourtant des sens, orientés par les principes moraux valables pour tous les êtres humains. Ils contestent par surcroît des injustices repérables à travers les temps. Reste à les appliquer au temps présent sans chercher d’excuses comme celle qui dit que les anciens faisaient comme cela ainsi que d’autres ! Chacun doit prendre ses responsabilités.

La morale du Coran est plus importante que son contexte historique. Encore faut-il en dégager le sens religieux, orienté vers l’au-delà et le jugement dernier et sa valeur pour tous les êtres humains égaux devant Dieu.

Le rapport vertical vers la transcendance ne saurait contredire le rapport horizontal entre les hommes. Le relativisme n’est plus de mise si nous voulons nous rapprocher de Dieu Seul.

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J’ai recherché la question de jm sur la lecture prévalente du Coran.

Comment pourrait-elle permettre que les hommes frappent les femmes alors que le Prophète s’en défendait ?

Les islamophobes auraient raison de récuser l’islam qui justifierait de tels comportements.

Là pourrait-être la question. Ceux qui allèguent que les sens du Coran sont multiples acceptent simplement la contradiction comme inévitable et indépassable, une véritable fatalité.

Ils se moquent de la souffrance de ceux qui subissent le sens opposé.

Le Coran nous dit clairement que la révélation ne visait pas le malheur des hommes ni des femmes.

Peut-on aller au delà et juger que certaines interprétations sont injustes non pas parce que la parole s’adressait à une époque révolue mais parce que sa lecture dès cette époque était mauvaise ?

Frapper sa femme comme donner une fessée à un enfant n’est pas mortel. Non plus que violer quelqu’un. Les raisons de la condamnation contemporaine sont plus profondes par delà ces apparences "bénignes".

Si en effet la femme reconnaît sa faute. Elle peut même demander à être châtiée. Au temps du Prophète, des coupables hommes et femmes demandaient un tel châtiment.

La question se repose lors d’un conflit "irrésolu" où personne ne reconnaît sa culpabilité.

Le Coran conseille la réconciliation sans oublier les pratiques habituelles plus ou moins violentes.

La réconciliation met fin au conflit et devrait achever la souffrance.

Il n’est pas question de faire appel à un travail intellectuel du littéral au symbolique jusqu’à l’anagogique ou au spirituel. La question est plus simple. La réconciliation ne dépend-elle que de la soumission de la femme à son mari ?

Al-’Ajamî a fort bien démontré que la femme ne devait se soumettre qu’à Dieu. Cette affirmation est univoque. Le mari pour sa part doit la même soumission.

Quelle doit être finalement la relation homme-femme, va-t-elle permettre le viol et la domination d’un sexe sur un autre ?

Si l’on affirme que tout est relatif, va-t-on accepter des femmes violées ?
Le Coran qui a prévu de faire chambre à part, ne le permet pas. Le conflit n’est pourtant pas résolu...

Il s’agirait pourtant de le résoudre.
Le lecteur est invité à faire usage de sa raison et de son coeur.

Ls termes "SulHâan" et "SulHu" sont en question. Ils parlent de réconciliation, la relation homme-femme pourrait évoluer ?

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Pardon pour ce pavé dans la mare mais je souhaiterais rappeler que la plupart des commentaires sont en rapport avec l’exégèse du Coran (rien que ça). On exige de connaitre le sens, la position de Dieu, ses intentions,...

L’exégèse est une immense responsabilité, toujours confiée à des savants reconnus dans leur milieu pour leur maitrise de la langue sacrée et de la théologie. Il n’y a pas plus de chances de s’approcher du sens du Coran pour un francophone équipé de quelques traductions (si brillantes soient-elles) et d’une centaines de termes arabes passe-partout que pour un arabophone moyen qui maitrise principalement le dialecte de la région d’origine de ses parents.

La tradition indique que la lecture du Coran est un rappel (dhikr) et que celui-ci se révèle à celui qui le lit (en arabe bien-entendu) par conséquent, si l’on considère que 80 % des musulmans ne sont pas arabophones, il devient évident que ce que l’on reçoit de la Parole de Dieu ne passe pas par le mental. Ce que tout un chacun peut retirer directement du Coran se trouve dans cette pratique.
Ou bien on croit à la charge de lumière contenue dans ces versets sachant que chacun d’eux, dictés par Gibril, sont sortis de la bouche du Prophète (PBSL) ou bien on s’obstine à considérer le Livre comme un guide pratique qui aura statué de manière tranchée sur tout ce qui nous préoccupe.

Pour en revenir à la quête du sens, malgré tout bien compréhensible, il faut se rappeler que toutes les exégèses, des plus lumineuses aux plus enragées, ne sont que des productions humaines, donc à soumettre à son discernement, à son cœur et à manier avec beaucoup de prudence.

Salam.

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Passant, vous êtes un sage. Vous oubliez seulement que le Coran arabe est accessible tant aux musulmans qu’aux non-musulmans, y compris en traduction et surtout que "la charge de lumière contenue dans ses versets" est affrontée à l’esprit critique de chacun.

Certains d’autre part s’en réclament, vous le dîtes bien pour justifier leurs "pratiques".Vous parlez d’un "guide pratique" qu’il convient d’étudier.

Le Coran est aussi un texte édité et lu régulièrement par tant d’hommes et de femmes qui s’intérrogent. Il fait partie de la culture universelle et chacun est invité à porter à son sujet des jugements esthétiques et moraux.

Rien empêche d’en proposer un extrait pour les épreuves du bac. Il s’agirait alors d’en dégager l’intérêt philosophique. L’élève ferait alors usage d’un point de vue historique et structural pour rendre compte de son originalité, essayant comme le conseille Arthur Schopenhauer de saisir l’intuition de l’énonciateur. Dans ce cas précis, en présence du Coran, l’énonciateur étant divin par hypothèse, l’élève devra éviter les fautes de logique...(l’idée qu’il se fait de Dieu est en question).

Le bac 2011 ne présentera probablement pas un extrait de la sourate IV aux candidats des différentes sections. Elle interroge cependant tout lecteur qui réfléchit sur la condition de la femme en bonne philosophie !

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Le Coran ne s’adress-t-il pas "li-qawmin yatafakkarûn", c’est-à-dire aux gens qui pensent et qui recherchent des sens ?

Il est un Texte limité, à partir d’un lexique contrôlable, fait de mots et d’expressions mesurables.

Notre lecture peut donc s’améliorer méthodiquement, certes avec l’aide de spécialistes mais en concertation...

Encore au 20ième siècle des chrétiens se voyaient interdire la lecture de la Bible. Qui va interdire celle du Coran, si ce n’est ceux qui se satisfont d’une lecture prévalente, certes attestée par de grands savants.

Al-’Ajamî précise qu’à travers l’histoire ces savants ont été dûment critiqués.

Personne ne doit donc se prendre pour un suprême savant ni renoncer à son esprit critique. N’est-ce pas avant tout un don de Dieu ?

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"Il n’y a pas plus de chances de s’approcher du sens du Coran pour un francophone équipé de quelques traductions (si brillantes soient-elles) et d’une centaines de termes arabes passe-partout que pour un arabophone moyen qui maitrise principalement le dialecte de la région d’origine de ses parents."

Bien parlé Passant !

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@ Liliane Bénard

Vous oubliez seulement que le Coran arabe est accessible tant aux musulmans qu’aux non-musulmans, y compris en traduction et surtout que "la charge de lumière contenue dans ses versets" est affrontée à l’esprit critique de chacun.

J’ai toujours apprécié la sobriété de vos commentaires mais en la circonstance,non, je ne souscris pas à ces affirmations, nous ne parlons absolument pas de la même chose. J’ai essayé, bien maladroitement hélas, de parler de la sacralité d’un texte révélé, ce qui déjà en soit devrait nous rendre infiniment modestes ; un texte qui faisait fondre en larmes (et encore aujourd’hui)la génération d’élus qui se convertirent et rejoignirent le Prophète (PBSL), alors que cette démarche équivalait à un suicide ; un texte dans une langue sémitique dont les lettres ont une valeur et une charge, dont les racines des mots permettent une cascade de sens ; un texte opératif, et l’esprit critique que vous évoquez n’y a pas accès puisque celui-ci s’adresse à un autre réceptacle, le cœur de l’Homme (après une patiente purification).

Je ne crois pas que cela soit indifféremment " accessible tant aux musulmans qu’aux non-musulmans, y compris en traduction..." et les conjectures à propos du sens du Coran ne font que nourrir les égos des islamophobes autant que des islamophiles.

Et c’est encore le galvauder, à mon avis, lorsque vous en proposez des extraits pour les épreuves du bac ou que vous invitez tout un "chacun à porter des jugements esthétiques et moraux" sur Le Livre religieux de référence d’un gros milliard de terriens.

Lorsque l’on est engagé, de façon sincère dans une religion, dont la pratique nourrit notre quotidien (consciemment ou non), ne croyez vous pas qu’on puisse trouver en nous-mêmes les réponses aux questions concernant les baffes entre époux, l’esclavage, la lapidation,... ? Puis pour tous ceux qui le souhaitent, approfondir grâce aux savants les sciences des ahadith, le fiqh,...

Puisse le dr Al ’Ajamî pardonner nos commentaires alambiqués générés à la suite de son immense travail.

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"Il n’y a pas plus de chances de s’approcher du sens du Coran pour un francophone équipé de quelques traductions (si brillantes soient-elles) et d’une centaines de termes arabes passe-partout que pour un arabophone moyen qui maitrise principalement le dialecte de la région d’origine de ses parents."

Bien parlé Passant !

Accointance du discours similaire à celui du talmud.

Distinction inégalitaire !

Enfermement !

L’islam ne se veut-il pas universel ?

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Lorsque cet anonyme a parlé des difficultés linguistiques de la lecture du Coran tant pour les arabophones dont la langue a évolué que pour les étrangers, oublie-t-il la situation présente de tant de lecteurs du Coran, aidés de traductions rigoureuses et professionnelles ?

Restons donc en notre temps et interrogeons-nous sur la volonté de Dieu qui propose à tant d’hommes et de femmes de lire le Coran en prière sans certes renoncer à leur pensée et à leur réflexion.

Leur esprit critique permet aussi de faire évoluer les traductions mais aussi la compréhension de leur lecture.

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Baah Passant j’allais vous envoyer un long commentaire sur votre message à Lilianne lorsque j’ai lu :

"Lorsque l’on est engagé, de façon sincère dans une religion, dont la pratique nourrit notre quotidien (consciemment ou non), ne croyez vous pas qu’on puisse trouver en nous-mêmes les réponses aux questions concernant les baffes entre époux, l’esclavage, la lapidation,... ?"

J’ai donc tout effacé...

Salam !

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Le sens du Coran doit etre recherche a la lumiere de ceux qui savent, il y a des conditions pour faire prevaloir son commentaire du Coran.

Pour autant, il n’empeche que nous pouvons le lire et le mediter, choses souhaitables d’ailleurs.

Faire prevaloir, sans aucune science, son commentaire du Coran est une insulte envers la Parole de Dieu. Parler de la science avec ignorance est une injustice a l’egard de l’Auteur du Coran.

Vos intentions sont bonnes, mais vous connaissez le proverbe...

Cordialement Liliane Benard

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Passant,

Je ne devrais peut-être pas le dire mais votre post m’a fait fondre en larmes.

Je ne pleure pas facilement mais la sincèrité m’a toujours touchée très profondément.

Mon point de vue est certes subjectif et il convient d’en reconnaître les limites au regard de Dieu.

Une thèse n’est qu’une hypothèse même si son auteur a pris la peine de la démontrer.

L’argument qui demeure ne saurait dépasser votre certitude croyante et sincère. Il convient sans doute de distinguer le sacré et le profane. L’islam pourtant à mes yeux interdit un tel divorce tout comme l’art musulman qui présente des calligrammes coraniques sur des objets utilitaires et profanes de cuivre ou de cuir...telle est la thèse de Roger Garaudy, un converti à l’islam.(cf. Pour un dialogue des civilisations).

Je ne suis musulmane que dans la mesure où je suis (du verbe suivre) Abraham et Jésus qui étaient musulmans avant la révélation du Coran. Je lis chaque jour depuis de nombreuses années (plus de 18 ans) le Coran arabe transmis par le Prophète Muhammad. Ma certitude est que la Parole de Dieu a été transmise aux hommes à travers le temps et que les hommes ne l’ont pas appliquée précisément dans leur vie profane.

Vous avez raison de dire qu’un croyant sincère a les moyens de comprendre un mot du Coran sans sombrer dans la polémique. Vous dîtes bien : "ne croyez vous pas qu’on puisse trouver en nous-mêmes les réponses aux questions concernant les baffes entre époux, l’esclavage, la lapidation,... ?"

Une lecture croyante et individuelle est désirable, elle ne saurait pourtant sans "galvauder" le Texte sacré interdire des lectures plus critiques. Le Dr. Al-’Ajamî n’a pas peur de franchir ce pas et d’envisager un dialogue, fondé sur des éléments rigoureux terme à terme, expression à expression. Il est un véritable exégète.

Je me contente de lui présenter un autre travail exégétique de qualité, le travail de Muhammad Asad pour en dégager l’intérêt philosophique.

Pour quelle raison ce dernier traduit-il wa-dribûhunna par frappez-les. Sa traduction ne m’a pas non plus révoltée. En effet, Dieu ne saurait oublier tous les possibles accessibles à l’être humain. Il n’est pas moins responsable de ses choix. Il est un homme libre. Il est même capable de tuer sa femme et réciproquement. Il peut aussi l’exhorter, faire chambre à part, la battre mais souligne le Dr. Al-Ajamî la finalité visée, en cas de conflit, est la réconciliation.

Cette analyse galvaude-t-elle ce texte ? ou comme le dit Swinburne ne fait-elle pas usage de notre connaissance des hommes pour les orienter vers Dieu ?

Notre approche de Dieu ne nous aide-t-elle pas à mieux comprendre les hommes libres et responsables alors même qu’ils ne sont pas encore croyants ?

Le dialogue est alors possible entre les religions et l’athéisme. D’autres voies que Dieu a permis aux hommes d’emprunter ?

N’ayons pas peur de "galvauder" le Coran, ne le réservons pas à une élite. Sa révélation comme celle de la Torah et de l’Évangile est unique puisqu’elle exprime la Parole de Dieu Seul. Elle s’adresse de plus à tous les hommes, libres, responsables et égaux.

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Le sens du Coran doit etre recherche a la lumiere de ceux qui savent, il y a des conditions pour faire prevaloir son commentaire du Coran.

Pour autant, il n’empeche que nous pouvons le lire et le mediter, choses souhaitables d’ailleurs.

Faire prevaloir, sans aucune science, son commentaire du Coran est une insulte envers la Parole de Dieu. Parler de la science avec ignorance est une injustice a l’egard de l’Auteur du Coran.

Ibn Kathir a dit dans l’introduction de son célèbre Tafsir du coran-exegèse- : « ....il est du devoir des oulémas de dévoiler la signification de la Parole d’Allah, de l’expliquer et, à ce titre, de faire toute recherche pertinente pour y arriver, pour l’apprendre et l’enseigner comme les y incite le Coran dans les versets suivants :

« Allah prit, de ceux auxquels le Livre était donné, cet engagement : “Exposez-le, certes, aux gens et ne le cachez pas”. Mais ils l’ont jeté derrière leur dos et l’ont vendu à vil prix. Quel mauvais commerce ils ont fait ! » (Coran : 3/187).

« Ceux qui vendent à vil prix leur engagement avec Allah ainsi que leurs serments n’auront aucune part dans l’au-delà, et Allah ne leur parlera pas, ni ne les regardera, au Jour de la Résurrection, ni ne les purifiera ; et ils auront un châtiment douloureux. » (Coran : 3/77).

Avant nous, Allah a déjà condamné les gens du Livre pour avoir tourné le dos au Livre qui leur était révélé et pour y avoir préféré les richesses de la vie d’ici-bas qu’ils se sont mis à amasser oubliant, dans la foulée, les ordres et les injonctions du Livre d’Allah.

Dés lors il nous échoit – nous autres musulmans – de prendre garde de tomber dans les même erreurs qu’ils ont commises et qui leur ont fait mériter la réprobation d’Allah. Nous devons, au contraire, respecter ses ordres et ses consignes en étudiant et en enseignant le Coran afin de le comprendre nous même et de le faire comprendre aux autres. C’est le sens que renferme les versets suivants :

« Le moment n’est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leurs cœurs s’humilient à l’évocation d’Allah et devant ce qui est descendu de la vérité [le Coran] ? Et de ne point être pareils à ceux qui ont reçu le Livre avant eux. Ceux-ci trouvèrent le temps assez long et leurs cœurs s’endurcirent, et beaucoup d’entre eux sont pervers. Sachez qu’Allah redonne la vie à la terre une fois morte. Certes, Nous vous avons exposé les preuves clairement afin que vous raisonniez. » (Coran : 57/16,17). En mentionnant le deuxième verset juste après le premier, Allah attire notre attention sur le fait qu’autant Il ravive la terre après sa mort, autant Il assouplit les cœurs par la foi après leur durcissement à cause des péchés et de la désobéissance à Allah. Nos espoirs restent cependant fondés sur Allah Seul que nous implorons pour nous faire de même, Lui Qui est le plus généreux des généreux.

A la question : quelles sont les meilleures méthodes d’explication du Coran ?

Nous pouvons donner la réponse suivante qui est la plus correcte :

La meilleure façon consiste à expliquer le Coran par le Coran lui-même, car ce qui y est présenté de façon concise et ramassée dans un endroit se trouve précisé et détaillé dans un autre.

Quand cela s’avère compliqué nous devons nous reporter à la Sunna car elle explique le Coran et en définit le sens. Ainsi l’Imam Abou Abdallah Mohamed ibn Idris Ach-Chafi’i (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « toutes les décisions du Messager d’Allah sont prises à la lumière de sa compréhension du Coran. Allah le Tout Puissant dit : « Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens selon ce qu’Allah t’a appris. Et ne te fais pas l’avocat des traîtres. » (Coran : 4/105). Le Tout Puissant dit aussi : « Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent. » (Coran : 16/44). Le Tout Puissant dit également : « Et Nous n’avons fait descendre sur toi le Livre qu’afin que tu leur montres clairement le motif de leur dissension, de même qu’un guide et une miséricorde pour des gens croyants. » (Coran : 4/64)

C’est le sens du Hadith : « J’ai reçu le Coran et son équivalant », autrement dit la Sunna. En fait la Sunna a été révélée au Prophète au même titre que le Coran, à la différence qu’elle n’est pas récitée comme l’est le Coran.

Ainsi, l’imam Ach-Chafi’i, (qu’Allah lui fasse miséricorde) et autres oulémas ont présenté tant de preuves à l’appui de cela, seulement ce n’est pas le lieu ici pour entrer dans les détails.

L’idée est que l’on doit d’abord chercher l’interprétation du Coran dans le Coran lui-même, si on ne la trouve pas on doit la chercher dans la Sunna comme indiqué par le Messager d’Allah à Mou’adh quand il l’a chargé d’une mission au Yémen : « Sur quoi te baseras-tu dans ton jugement ? » Lui demanda le Prophète. « Sur le livre d’Allah. » répondit Mou’adh « Et si tu n’arrives pas à ce que tu cherche ? » reprit le Prophète. « Je ferai recours à la Sunna du Messager d’Allah », affirma Mou’adh. « Et si tu n’arrives pas à déduire la réponse recherchée de la Sunna ? » continua le Prophète, « Dans ce cas je m’efforcerai d’y arriver avec ma propre opinion »conclut Mou’adh. Le Messager d’Allah frappa alors sa poitrine et dit : « Louange à Allah qui a orienté le messager du Messager d’Allah vers une approche satisfaisante pour le Messager d’Allah ». Ce Hadith est mentionné dans le Mousnad et les Sunan avec une bonne chaîne de transmission, comme indiqué dans ses références.

Il en résulte que, dés lors qu’on ne trouve pas l’explication dans le Coran ou dans la Sunna, on doit nous référer aux dires des Compagnons qui sont mieux placés pour savoir à quoi s’en tenir en la matière en raison de leur connaissance exclusive du contexte et des circonstances ainsi que de leur compréhension profonde, de leur rigueur scientifique et de leurs bonnes œuvres. C’est le cas notamment de leurs oulémas et de leurs guides tels les quatre califes et les imams guidés, surtout Abdallah Ibn Mas’ud (qu’Allah soit satisfait d’eux tous).

Citant successivement Jabir Ibn Noh, Al A’amaach, Abou Douha et Masrough, l’Imam Abou Ja’far ibn Mohamed ibn Jarir rapporte que : « Abdallah Ibn Mas’ud a dit : « Je jure par Celui Qui n’a pas d’associés qu’il n’existe aucun verset du Coran que je n’en sache à qui il se réfère et où il a été révélé. Mieux, si je connais un endroit où peut se trouver quelqu’un qui soit mieux versé que moi dans le Livre d’Allah et qui soit accessible par les moyens de transport disponibles, je n’hésiterai pas à le rejoindre. » Aussi, citant successivement Abou Wael et Ibn Mas’ud, Al A’amach a dit encore : « lorsque l’un de nous apprenait dix versets du Coran il ne les dépassait pas avant d’en cerner le sens et avant de les mettre en pratique. »

Abou Abdul Rahman Al Soulaymi a dit : « Ceux qui nous enseignait le Coran nous racontaient que souvent ils demandaient au Prophète de leur faire entendre le Coran. Aussi avaient-ils l’habitude, quand ils apprenaient dix versets du Coran, de s’y limiter jusqu’à en apprendre le sens pour les appliquer.

Il y en a parmi eux l’éminent savant Abdallah ibn Abbas, le cousin du Messager d’Allah et l’interprète du Coran qui a eu la bénédiction de la prière suivante faite en sa faveur par le Messager d’Allah lui-même : « Oh Allah, fais qu’il comprenne correctement la religion et qu’il ait une intuition en matière d’interprétation. »

Ibn Jarir a dit : « Mohamed Ibn Bachar citant successivement Waki’, Soufyan, Al A’amach et Mouslim a dit : « Abdallah Ibn Mas’ud a dit au sujet d’Ibn Abass : “Quel excellent interprète du Coran !” » Ensuite il a rapporté la même chose citant successivement Ibn Yahya, Ibn Dawood, Ishagh Al Azragh, Sufyan Al A’amaach, Mouslim ibn Soubeih Abou Douha, Masrough et Ibn Mas’ud qui a dit : « Ibn Abbas, quel excellent interprète du Coran ! » . Ensuite, il a rapporté la même chose citant successivement Bindar, Jaafar Ibn Al-Aoun et Al A’mach.

Il s’agit d’une bonne chaîne de transmission qui arrive jusqu’à Ibn Mas’ud qui s’étonne de l’énorme savoir d’Ibn Abbas en matière d’interprétation du Coran. Ibn Mas’ud (qu’Allah soit satisfait de lui) est, selon de bonnes sources, décédé en l’an trente-deux de l’Hégire alors qu’Ibn Abbas a survécu trente six années aprés lui. Imaginez l’énorme quantité de connaissances qu’il a dû amasser après Ibn Mas’ud !

Al A’amach Ibn Abou Wael a dit : « Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) désigna Ibn Abass pour commander les musulmans lors du Hajj et ce dernier fit, à l’occasion, un sermon dans lequel il récita la Sourate d’Al-Baqarah ou, selon une autre version, celle d’Al-Nour qu’il a si admirablement expliquée au point que si les Romains, les Turcs et les Daylam l’avaient entendu ils auraient tous, à coup sûr, accepté l’Islam. »

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Tres bonne analyse,

J’aurais aime apporter une synthese necessaire (a la lumiere des sciences du Coran et des Usul al fiqh notamment). Mais comme je sais que je serai censure, alors je me contenterai d’apporter une petite rectification qui ne me coutera pas plus de quelques secondes (je n’ai plus de temps a perdre avec Oumma) :

"le Messager d’Allah à Mou’adh quand il l’a chargé d’une mission au Yémen : « Sur quoi te baseras-tu dans ton jugement ? » Lui demanda le Prophète. « Sur le livre d’Allah. » répondit Mou’adh « Et si tu n’arrives pas à ce que tu cherche ? » reprit le Prophète. « Je ferai recours à la Sunna du Messager d’Allah », affirma Mou’adh. « Et si tu n’arrives pas à déduire la réponse recherchée de la Sunna ? » continua le Prophète, « Dans ce cas je m’efforcerai d’y arriver avec ma propre opinion »conclut Mou’adh. Le Messager d’Allah frappa alors sa poitrine et dit : « Louange à Allah qui a orienté le messager du Messager d’Allah vers une approche satisfaisante pour le Messager d’Allah ». Ce Hadith est mentionné dans le Mousnad et les Sunan avec une bonne chaîne de transmission, comme indiqué dans ses références."

Ce hadith est "mounkar" dans le fameux volume d’Albani sous le numero si mes souvenirs sont bons 881 (verifiez et tenez moi au courant svp, je ne l’ai pas sur moi dans l’immediat).

La definition de l’Ijtihad n’est pas consensuelle : Je fais partie de ceux qui disent qu’il n’est rien d’autre que l’extraction des prescriptions juridiques a partir de leurs sources (le Coran et la Sunna pour l’essentiel).
Sinon cela incitera a la paresse intellectuelle (meditation approfondie des sources) sous pretexte que les textes seraient (je souligne le conditionnel) "silencieux", et en fin de compte aux conjectures.
Cela dit, Analyse, merci infiniment pour cette analyse rigoureuse. Puisse Allah vous garder dans la bonne voie.

Fraternellement

Un censure

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Synthèse a dit : Ce hadith est "mounkar" dans le fameux volume d’Albani sous le numero si mes souvenirs sont bons 881 (verifiez et tenez moi au courant svp, je ne l’ai pas sur moi dans l’immediat).

Oui, effectivement, le hadith est mounkar chez AL-albany sous le numero que vous avez cité(881), cependant son sens est accepté par la majorité des ulémas, du fait qu’il y’a de nombreux textes authentiques qui le soutiennent

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Merci.

Je n’en dirai pas plus a propos de la "majorite" relative (sans jeu de mot). Je trouve meme des nouveaux concepts comme "l’Ijtihad alqiyyasi", "l’ijtihad alistislahi", etc. D’ou ca vient ?

Vous remarquerez que l’expression « Dans ce cas je m’efforcerai d’y arriver avec ma propre opinion » veut dire en arabe "ajtahidu ra-yi". N’est ce pas etrange de voir l’ijtihad trouver son terrain en dehors des sources scripturaires et dans l’avis personnel ? Cela ne vous intrigue-t-il pas ?

Je vous laisse imaginer les consequences...
Et je vous laisse trouver la mise en abyme...

Bonne continuation

Fraternellement

Un censure

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Synthèse a dit : Vous remarquerez que l’expression « Dans ce cas je m’efforcerai d’y arriver avec ma propre opinion » veut dire en arabe "ajtahidu ra-yi". N’est ce pas etrange de voir l’ijtihad trouver son terrain en dehors des sources scripturaires et dans l’avis personnel ? Cela ne vous intrigue-t-il pas ?

Je vous laisse imaginer les consequences... Et je vous laisse trouver la mise en abyme...

Bonne continuation

Je vois ce que vous voulez dire, l’ijtihad ne doit pas contredire les sources, la base étant de suivre Dieu et son messager, je suis tout à fait d’accord avec vous sur ce point

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@ Liliane Bénard

Nulle ombre entre nous, vous exprimez vos points de vue avec la sincérité du cœur de ceux qui n’ont pas peur de se tromper (et ’Ibn ’Ata Allah nous rappelle que certaines impasses sont une Guidance).

D’autre part, je crois percevoir que nous partageons un même goût pour l’aspect "Jamal" de cette religion dans laquelle chacun (et chacune) apporte la nuance propre à sa coloration personnelle et contribue à la beauté de l’ensemble.

J’ai oublié le nom de l’auteur de cette sagesse que l’on pourra butiner sans modération :

"L’Eau est Une mais les fleurs sont multiples".

Cordialement.

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@ Hayat

Ouf ! Vous m’avez racheté in extremis mais vous avez aussi éveillé ma curiosité.

"Qu’avait-elle bien pu écrire et aussitôt effacer ?".

Ces réponses viendront au détour de prochains débats, incha’Allah.

Salam.

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Cher analyse, ce n’est pas qu’un hadith qui est munkar mais bien d’autres en ton exposé qui sont faibles. Mais cela n’a pas d’importance puisque tu le fais observer toi même les ulamas ont construit tout un univers explicatif à partir d’un texte inventé ( par qui ?...)Donc l’ensemble de ta démonstration reste la bonne tasse de thé du bon croyant, rien à dire sauf qu’il faut aimer le thé ou bien ne pas chercher trop à gratter l’édifice que l’on nous a fourni... au fond le suiviste piétiste ou le chercheur croyant oseraient-ils l’un comme l’autre prétendre être meilleur au yeux de Dieu ?

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Avec grand plaisir Insha’Allah...

"L’Eau est Une mais les fleurs sont multiples", c’était je crois le soufi Sidi Hamza.

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@ Passant qui écrit :

" un texte opératif, et l’esprit critique que vous évoquez n’y a pas accès puisque celui-ci s’adresse à un autre réceptacle, le cœur de l’Homme (après une patiente purification).

Je ne crois pas que cela soit indifféremment " accessible tant aux musulmans qu’aux non-musulmans, y compris en traduction..." et les conjectures à propos du sens du Coran ne font que nourrir les égos des islamophobes autant que des islamophiles.

Et c’est encore le galvauder, à mon avis, lorsque vous en proposez des extraits pour les épreuves du bac ou que vous invitez tout un "chacun à porter des jugements esthétiques et moraux" sur Le Livre religieux de référence d’un gros milliard de terriens".

Moi aussi je suis émue en lisant cela. J’ai vécu l’expérience de cet opérativité. Le Coran est un miracle. Il est parole divine. On n’est plus la même personne lorsqu’on le lit en arabe , que l’on en soit conscient ou pas.