Expertise géopolitique ou propagande ?

Frédéric Encel, expert « indépendant » et « professeur » en géopolitique du Moyen Orient... ? En

lundi 17 juillet 2006

Le 23 mai 1996, l’hebdomadaire français L’Express publie l’interview d’un « spécialiste » en géopolitique qui se présente déjà comme professeur à l’Université de Paris VIII et membre du Centre de recherches et d’analyses géopolitiques (CRAG), dirigé par l’éminent géographe Yves Lacoste[1]. En réalité, ce « professeur » n’est autre que Frédéric Encel, jeune doctorant en géopolitique qui achève à peine sa thèse sur la ville de Jérusalem[2] et qui ne bénéficie d’aucune insertion universitaire particulière, si ce n’est son statut d’étudiant au département de géographie de la dite Université. Ce simple épisode suffirait à témoigner de la « posture » adoptée par ce futur expert reconnu en géopolitique : jouer sur l’ambivalence de ses titres académiques et sur une forme de « multipositionnalité stratégique » qui doit moins cependant à son cursus universitaire et à sa renommée scientifique qu’à ses réseaux sociaux, politiques et sécuritaires.

■ Illusionnisme géopolitique et usurpation académique

Dix ans plus tard, Frédéric Encel continue à cultiver l’ambivalence auprès des médias et des institutions : alors qu’il ne bénéficie toujours d’aucune forme d’insertion professionnelle attestée, il se présente volontiers comme professeur à la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA) et à l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes, créant ainsi l’illusion de la rigueur et de la « scientificité » de ses analyses[3]. Certes, F. Encel ne fait pas exception. Comme lui, de nombreux experts sécuritaires jouent très largement aujourd’hui sur le flou de leurs titres et de leurs appartenances académiques et institutionnelles (Antoine Basbous, Roland Jacquard, Antoine Sfeir pour ne citer qu’eux), afin de se créer un semblant de compétence, mais surtout pour masquer leurs « liaisons dangereuses », sinon « honteuses », avec certains services très spéciaux. De ce point de vue, F. Encel n’est qu’un produit parmi d’autres de la « dérive sécuritaire » que connaît l’expertise géopolitique et qui a trouvé dans le contexte post-11 septembre un nouveau fonds de commerce médiatique[4]. Pourtant, on ne saurait s’arrêter à cette nouvelle identité corporatiste (l’expertise sécuritaire vulgarisée), désormais valorisée médiatiquement. Car Frédéric Encel n’est pas seulement un « expert à la mode », il est aussi le défenseur d’une « géopolitique militante » qui a conquis ces dernières années ses lettres de noblesse médiatiques. Invité dans de très nombreuses émissions de télévision et de radio (plus d’une cinquantaine de participations entre 2002 et 2005)[5], auteur de tribunes dans le presse écrite (Le Figaro étant son lieu de prédilection), F. Encel tente de banaliser auprès du grand public une vision très idéologique des relations géopolitiques, en général, et de la situation proche-orientale, en particulier. Sous couvert de la neutralité de l’ « expert », du « chercheur » ou de l’« universitaire », F. Encel développe des « théories de sens commun » sur le Proche-Orient qui le rapprocherait davantage des thèses véhiculées par certains cercles du Likoud (principal parti de droite en Israël)[6], voire de l’extrême-droite, que des « nouveaux historiens » israéliens (historiographie critique)[7]. Sur ce plan, l’on peut affirmer que la nouvelle « coqueluche géopolitique » des médias français a réussi son pari : vulgariser et banaliser en France des analyses sécuritaires et droitières sur le conflit israélo-palestinien qui font l’apologie du culte de la force au mépris des démarches dialogiques et pacifiques. Sur ce plan, le mépris de Frédéric Encel pour un personnage comme Shimon Pérès (Parti travailliste) et son admiration sans borne pour Ariel Sharon (Likoud) ne doivent rien au hasard. Le jeune expert s’inscrit clairement dans une démarche militante qui entend traquer de manière obsessionnelle la « palestinophilie française » et conforter une vision à la fois néo-orientaliste et paternaliste du monde arabo-musulman.

Une démarche militante sous couvert d’expertise

S’il fallait reconnaître un mérite à F. Encel, c’est celui de brouiller les pistes sur ses affiliations politiques et idéologiques, se présentant tantôt comme un « expert » sympathisant de la gauche républicaine, tantôt proche de certains cercles de la droite « dure » israélienne, encore que ces deux modes de positionnement ne soient pas toujours inconciliables dans les faits car ils renvoient à des espaces politiques distincts : « républicain modéré » en France, « faucon convaincu » concernant le présent et l’avenir d’Israël. Pourtant, au-delà d’une capacité géniale à jouer sur une multiplicité de registres politiques et axiologiques, F. Encel s’inscrit dans une tradition idéologique bien marquée que sa prudence rhétorique parvient à peine à masquer : un attachement à l’une des conceptions les plus radicales du sionisme politique, prônée par le leader d’extrême droite Ze’ev Vladimir Jabotinsky.

Une version aseptisée et présentable de l’idéologie du Bétar

Certaines sources attestent que Frédéric Encel a appartenu dans un passé récent (en 1989, alors qu’il était étudiant en prépa hypokhâgne) à la branche étudiante du Bétar, à savoir l’organisation Tagar-France qui se présente comme « le mouvement des étudiants sionistes » et se réclame précisément de l’idéologie jabotinskyiste. On trouve d’ailleurs sur le site Internet commun au Bétar et à Tagar-France de larges extraits de l’œuvre du père-fondateur, Ze’ev Jabotinsky (1880-1940) : « Mis à part les aveugles de naissance, tous les sionistes modérés ont compris qu’il n’y avait pas le moindre espoir d’obtenir l’accord des Arabes de Palestine pour transformer cette « Palestine » en un Etat où les Juifs seraient en majorité [...]. Par conséquent, un accord de plein gré est inconcevable. C’est pourquoi ceux pour qui un accord avec les Arabes est une condition sine qua non de la politique sioniste peuvent se dire, dès aujourd’hui, qu’il est définitivement hors de question de l’obtenir et qu’il ne reste plus qu’à renoncer au projet sioniste »[8].

On ne saurait faire un procès en sorcellerie à F. Encel et lui reprocher d’avoir appartenu et/ou « cousiné » avec une organisation proche du Bétar. D’aucuns pourraient même y voir une erreur de jeunesse, motivée par sa passion légitime pour Israël et l’histoire du sionisme qui, il est vrai, est mal connue en France et trop souvent caricaturée. Toutefois, cet attachement passé du géopoliticien pour l’une des versions les plus radicales du sionisme politique revêt une certaine pertinence quand on analyse ses récentes prises de positions (2001-2005). En effet, il semblerait que F. Encel n’ait pas complètement rompu avec ses engagements idéologiques radicaux de « prime jeunesse ». Ainsi, en mars 2001, lors d’une conférence organisée à Grenoble par l’Appel unifié juif français (AUJF) déclarait-il : « L’un des grands visionnaires du sionisme politique auquel j’aime me référer, Jabotinsky, avait compris au moins une chose (...) : il ne serait jamais possible de convertir les Arabes de Palestine au sionisme. Il faut donc vivre avec. Mais il faut éviter de mettre en appétit l’adversaire, comme dans le cas du Golan par exemple. [...] Mais le plus important, c’est le rapport de forces moral. Sur les centaines de Palestiniens et d’Arabes que j’ai rencontrés durant mes recherches doctorales, pas un, pas même un demi n’a reconnu le sionisme. Soyons donc sûrs de notre bon droit. C’est un problème de légitimité  »[9].

Logo du Tagar-France : ww.tagarfrance.org

Considérant Ze’ev Jabotinsky comme son maître à penser, sinon comme une source d’inspiration majeure de son analyse proche-orientale, le jeune géopoliticien paraît épouser la même fascination pour les rapports de force, véhiculant l’idée que face à un ennemi commun (les Arabes) la violence est non seulement légitime mais aussi la seule voie possible au règlement de la question : « La paix perpétuelle n’existe pas. [...] Au Proche-Orient, on n’est pas au Benelux. Il y a des rivalités de pouvoir qui sont de type existentiel. [...] Même avec des traités de paix signés avec Israël, l’Egypte, la Jordanie ou même la Syrie, même animées de bonnes intentions, ne reconnaissent pas l’existence légale, ni le doit fondamental et la légitimité pour le peuple juif de se percevoir comme un peuple. Dans l’islam arabe, et dans l’islam de manière générale, la notion de peuple juif est complètement erronée. Il existe une religion juive, pas un peuple [...], tous les orientalistes sérieux vous le disent »[10]. Il en conclue « logiquement », comme son maître à penser, à l’inéluctabilité de la construction d’une « Muraille de fer » entre Juifs et Arabes : « Vous êtes ainsi obligé d’être systématiquement le plus fort et d’utiliser ce que Jabotinsky préconisait : une muraille d’acier »[11].

Dans la droite ligne de l’idéologie du Bétar (politique de concession « zéro » à l’égard des Arabes et des Palestiniens), F. Encel continue aujourd’hui à défendre l’annexion du plateau du Golan par l’Etat d’Israël. A la question d’un journaliste sur l’opportunité ou non de restituer le Golan à la Syrie, le géopoliticien répond sans hésiter : « Je ne crois pas. Trois sources hydrauliques fondamentales, stratégiques et le Mont Hermon lui-même devrait rester sous souveraineté israélienne. [...] Absolument ! C’est un problème moral très difficile. N’oublions pas qu’il s’agit de personnes modérées, souvent travaillistes, qui ont construit leur vie sur le Golan...  »[12]. Pour appuyer son argumentation annexionniste, il fournit même des motifs archéologiques et théologiques qui semblent peu convaincants d’un point de vue scientifique : « Cela reste improbable [la restitution du Golan] à l’heure qu’il est, les religieux refusant cet abandon de souveraineté dans une région où des archéologues ont découvert d’importantes traces de vie juive datant de l’époque du Second Temple »[13].

Ze’ev Jabotinsky

fondateur du Bétar

F. Encel s’oppose radicalement à l’idée de tout retour - même partiel - des réfugiés palestiniens, projet qu’il qualifie de « suicide politique d’Israël » : « Force est de reconnaître, affirme t-il, que si l’on prend pour base la revendication officielle de l’Autorité palestinienne, soit 3,7 millions de réfugiés et descendants, cela reviendrait à annihiler le caractère majoritairement juif de l’Etat d’Israël. L’application intégrale de ce « droit au retour » porterait en effet la population arabe israélienne de 1,2 million actuellement à presque 5 millions, soit à égalité quasi parfaite avec la population juive. Quelques années d’écart de fécondité suffirait alors à faire de l’Etat hébreu un Etat à majorité arabe, à mettre ainsi un terme à la réalité sioniste Israël et, en réalité. à sa raison d’être fondamentale. [...]Or aux yeux des juifs israéliens, dans leur quasi-unanimité. céder à cette exigence correspondrait à un autre type de suicide. non plus démographique, mais moral. Il s’agirait d’endosser la responsabilité de l’expulsion massive d’un peuple, et, partant, d’autodélégitimer le sionisme perçu comme un mouvement progressiste, de libération nationale pour le peuple juif et sûrement pas comme un instrument d’oppression. A triple titre, nul ne souscrit donc, ni à droite ni à gauche de l’échiquier politique, à un tel mea-culpa plus ou moins direct  »[14].

Cette apologie du « rapport de force permanent », directement héritée de l’idéologie du Bétar de Jabotinsky le conduit assez logiquement à présenter le « Mossad » (services secrets israéliens) comme l’une des institutions phares d’Israël s’inscrivant, selon lui, dans une certaine normalité « ici et là-bas ». C’est quasiment une offre (ou un aveu) de collaboration qu’il fait au Mossad lors d’un entretien sur une chaîne publique française : « Le Mossad doit pouvoir compter sur de toutes petites aides techniques et ponctuelles. [...] Le Mossad reflète la normalisation, à mon sens, de l ‘Etat d’Israël un peu plus de 50 ans après son existence, avec effectivement les caractéristiques qui sont celles, me semble-t-il, de tous les bons services secrets »[15].

Enfin, et c’est peut-être ce qui le rapproche le plus de son maître à penser, Frédéric Encel a été l’un des plus ardents défenseurs de l’idée d’un mur de séparation, reprenant en cela le vieux projet de Jabotinsky d’ériger une « muraille d’acier » entre Juifs et Arabes. A la question d’un Internaute se demandant si le mur actuel renvoyait bien à une « nécessité absolue », F. Encel répondait : « Pour l’heure, c’est la seule solution non militaire trouvée par le gouvernement israélien pour assurer la protection des citoyens face au terrorisme. Sans être absolue, cette mesure de sécurité offre objectivement de meilleures capacités de résistance face aux opérations suicides »[16].

Toutes ces prises de positions tendraient à prouver que Frédéric Encel est resté, en grande partie, fidèle à ses amours politiques et idéologiques de jeunesse, dont il retrouve une certaine réactualisation dans le « programme de Sharon », ce dernier apparaissant à beaucoup d’égards comme le continuateur en actes du projet de Jabotinsky.

Le « Sharon » de Frédéric Encel ou la réincarnation politique de son héros de jeunesse Jabotinsky

Ces trois dernières années, la quasi-totalité des interventions de F. Encel sur la question israélo-palestinnienne ont visé à réhabiliter l’image du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, largement discréditée dans l’opinion européenne, en particulier en France. A ce titre, on peut affirmer que le jeune géopoliticien a sans doute été le meilleur ambassadeur d’A. Sharon dans l’hexagone, davantage encore que son ambassadeur officiel (Nissim Zvili), beaucoup moins présent dans les médias. Ainsi face aux accusations de bellicisme et d’intransigeance, F. Encel a riposté en tentant de retourner l’image négative d’Ariel Sharon en le présentant comme un « nationaliste réaliste », dont l’œuvre de paix serait bien plus pertinente que celle de ses prédécesseurs travaillistes (Shimon Pérès, Izak Rabin et Ehud Barak). Sous l’image du « faucon » se cacherait, selon F. Encel, une « colombe patriotique » : « On peut se demander si Sharon est bien encore un "Faucon". N’oublions pas qu’il réclame, et ce depuis avant le scrutin, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Il y a donc une double volonté de s’écarter d’une ligne dure. Ensuite, certains partis du centre qui seraient associés au Likoud dans un gouvernement de droite ne peuvent pas être qualifiés de "Faucons" : le Shinouï, mais aussi le Shass. On a ensuite tendance en France à considérer Ariel Sharon comme un personnage abominable. La plupart des observateurs se sont contentés de diaboliser Sharon. Or ce n’est pas du tout l’image qu’il a en Israël. Sharon est un nationaliste, un pragmatique, mais quelqu’un de très attaché aujourd’hui à gouverner à la tête d’une union nationale »[17].

Dans la foulée, A. Sharon est dépeint sous les traits du héros des temps modernes qui aurait compris le « vrai » sens de l’histoire : « Ariel Sharon est à la fois quelqu’un qui a des convictions fortes et un pragmatique (...). Mais outre ses convictions, il a aussi la volonté de ne pas aller aussi loin que Barak. [...]. Quand on est un personnage fort [comme Sharon], on est davantage respecté. [...] Au fond, même les Arabes, d’une part, n’ont pas d’autre choix que de discuter avec Sharon, et d’autre part ont même intérêt à discuter avec quelqu’un qu’ils perçoivent, à tort ou à raison, comme fort  »[18]. En somme, Frédéric Encel faisant fi de toute rigueur scientifique énonce la bonne vieille théorie de sens commun, selon laquelle ce sont les « guerriers » qui font la paix et les « pacifistes » qui font la guerre : drôle de théorie de l’histoire qui est néanmoins portée au rang d’analyse géopolitique dans les colloques et sur les plateaux de télévision.

Corrélativement à ce processus d’héroïsation d’Ariel Sharon (« le patriote »), F. Encel véhicule une diabolisation de Yasser Arafat (« le terroriste ») qu’il cherche à faire passer comme l’unique responsable de l’échec des pourparlers israélo-palestiniens. En effet, s’il a été l’un des porte-voix d’A. Sharon en France, F. Encel a été aussi l’un des principaux détracteurs de Yasser Arafat et ceci jusqu’à sa mort, puisque le jeune géopoliticien était invité à commenter en direct dans le journal de France 2 les obsèques du leader palestinien, rappelant au passage que le Raïs palestinien avait détourné des millions de dollars, ne respectant même pas l’hommage dû aux morts[19] : « Israël, aujourd’hui fait usage d’une force contenue, et on peut saluer le sang froid absolument exceptionnel des Israéliens et des soldats israéliens. [...] Au début de la seconde Intifada déclenchée sciemment par Yasser Arafat, 139 de ces terroristes ont été libérés. Et ce ne sont pas 139 colleurs d’affiches, comme on peut le penser en lisant les dépêches de l’AFP. [...] Je pense qu’en Relations internationales, toute stratégie est analysable à tête froide. [Mais] Arafat a utilisé la stratégie de la guerre à un moment, aujourd’hui il doit l’assumer »[20].

Caricature publiée sur le site de Tagar-France : www.tagarfrance.org

Ambassadeur officieux d’Ariel Sharon auprès de l’opinion française jugée trop « palestinophile », Frédéric Encel est aussi un infatigable marathonien communautaire qui entend mettre de l’ordre dans sa « communauté » (ou ce qu’il suppose comme telle), mobilisant les troupes et dénonçant les « juifs traîtres » et les « juifs tièdes ».

Marathonien infatigable de la « cause » : un hyper-activisme dans les forums et les médias communautaires

Les prises de positions de F. Encel très marquées politiquement et idéologiquement ne sont compréhensibles que si l’on se réfère à son hyper-activisme communautaire. A ce titre, le jeune géopoliticien ne s’adresse pas exclusivement à l’opinion française en général mais aussi aux membres de sa dite « communauté » (construction subjective), jouant le rôle de leader d’opinion communautaire. De ce fait, sa géopolitique participe d’une « mise en ordre communautaire », visant à mobiliser les soutiens et à dénoncer ceux qui ne seraient pas dans la « ligne », position paradoxale pour un auteur qui se réclame de l’idéal de la laïcité républicaine.

En effet, la trajectoire de F. Encel se caractérise par de très nombreuses « prises de participation » communautaires qui en font aujourd’hui un acteur central. Ancien membre du comité de rédaction de Tribune juive (mensuel communautaire), il tient une chronique hebdomadaire, le dimanche, sur la Radio de la communauté juive (RCJ), où il se présente comme « géopolitologue spécialiste du Proche-Orient »[21]. Son émission est d’ailleurs sponsorisée par le Keren Kayemeth Leisraël (KKL), organisme international chargé de projets d’aménagement en Israël (réhabilitation des cours d’eau, défrichement des terres, reboisement...)[22]. Frédéric Encel est également membre du comité éditorial de l’Observatoire du monde juif (OMJ)[23] aux côtés de compagnons de route communautaires, comme Alexandre Adler, Shmuel Trigano ou Jacques Tarnero.

Outre ses appartenances institutionnelles et associatives, il circule également beaucoup dans les milieux communautaires francophones (France, Belgique et Suisse) pour délivrer la « bonne parole ». Ses interventions sont trop nombreuses pour pouvoir être toutes citées ici. On se contera de mentionner quelques illustrations parmi d’autres de son hyper-activisme communautaire faisant de lui un militant chevronné : le 14 novembre 2000, il donne une conférence à l’Union des étudiants juifs de Lausanne sur la situation d’Israël et l’avenir de Jérusalem ; le 14 octobre 2001, il participe au Grand colloque du Cercle Ben Gourion intitulé « Y-a-t-il terrorisme et terrorisme ?  », aux côtés d’Alexandre Adler, Raphaël Draï, Jacques Tarnero et Clément Weill-Raynal ; le 10 mars 2002, il est le co-organisateur d’un colloque au Sénat, sous le patronage du ministère de l’Education nationale, qui a pour thème « Quelle école juive pour le XXIème siècle ? » ; le 7 février 2004, il participe à la Grande soirée du KKL-Belgique aux côtés du président du KKL et de l’Ambassadeur d’Israël ; le 14 février 2004, il donne une conférence sur « Maale Adoumim » (lieu hautement symbolique) avec entre autres Arno Klarsfeld et Clément Weill-Raynal ; le 30 mars 2004, il est l’un des principaux invités du grand meeting interactif « Antisémitisme/Antisionisme : quelles réponses ? », avec Nathan Charantsky, ministre israélien pour la Diaspora, organisé par la Fédération des organisations sionistes de France (FOSF) et le Mouvement Massorti français ; le 16 mai 2004, il est l’invité des « Mardis de Primo Europe », site pro-israélien proche de la Metula News Agency (MENA), aux côtés de Kébir Jbil du Mouvement des Maghrébins Laïques (MML). Précisément, le thème de la conférence est de combattre la prétendue désinformation sur l’Etat d’Israël : « considérant que l’information sur le Moyen Orient est, en Europe en général et en France en particulier, diffusée en fonction de préjugés manichéens ou le commentaire l’emporte sur le fait, Primo, association apolitique et laïque pour la Rigueur (ou la Recherche) dans l’Information sur le Moyen-Orient, a pour but de promouvoir une information rigoureuse et diversifiée sur le Moyen-Orient et les conflits qui s’y déroulent. [...] Parmi les sources d’information, celles en provenance de la METULA NEWS AGENCY (agence de presse basée en Israël, à la frontière syro-libanaise) seront largement diffusées, comme le seront les analyses de ses journalistes, dont la variété des origines (israéliens, libanais, jordaniens, palestiniens et européens) n’est pas une des moindres qualités »[24] ; en janvier 2005, il est engagé comme formateur dans le cadre du cycle « Connaître, comprendre et enseigner la civilisation juive  » proposé par le Centre Aleph aux académies de Paris et de Créteil, s’adressant à 498 professeurs de l’enseignement secondaire ; enfin, le 17 avril 2005, il est l’un des invités vedettes du Grand rassemblement « Israël je t’aime » aux côtés de Shimon Pérès, vice Premier ministre d’Israël et de Shaul Mofaz, ministre de la Défense. F. Encel dédicace ses livres au stand du KKL, organisation avec laquelle il entretient des liens étroits.

Logo officiel du KKL.

Mais au-delà de cet hyper-activisme communautaire qui n’a rien de choquant en soi, Frédéric Encel s’est fait une spécialité de faire la « chasse » aux « juifs traîtres » et aux « juifs tièdes », entretenant une vision à la fois essentialiste et génétique de l’appartenance au judaïsme, comme si tous les Juifs de France se devaient de répondre au même habitus communautaire, ce que certains appelleraient une « auto-sémitisation ». Parmi ses cibles préférées, Charles Enderlin, le correspondant de France 2 en Israël-Palestine qu’il qualifie carrément de personnage pathologique : « Charles Enderlin est juif et franco-israélien, donc [sa méthode journalistique] irrite beaucoup. Je ne me vois pas porter un jugement moral à l’égard d’un Israélien. Mais chez Charles Enderlin, il y a un déséquilibre qui confine à la malhonnêteté intellectuelle la plus totale (...). Sur la forme, rien à dire (...). Mais sur le fond, c’est toujours pareil : il y a d’un côté un fait avancé pour le côté palestinien, et immédiatement la causalité est faite, mais cette fois-ci avec une subjectivité poussée, qui voit la condamnation d’Israël, mais sur le même ton, avec le même timbre de voix. Et on aboutit ainsi, à chaque drame au Proche-Orient, à ce que c’est de toutes façons la faute aux Israéliens. [...] Le minimum d’honnêteté intellectuelle serait de commencer par lister les attentats palestiniens, et on comprendrait alors mieux la réponse que donne un Etat démocratique comme Israël. Charles Enderlin n’est pas objectif, c’est clair »[25].

Sur un ton assez menaçant F. Encel s’en prend également à tous les autres journalistes français qui tiendraient des propos non conformes aux intérêts de leur « communauté », drôle de conception au passage de la citoyenneté pour quelqu’un qui ne cesse de se réclamer de l’universalisme républicain : « Quand je vois qu’il y a des gens, dans Le Monde ou Libération, qui ont un nom à consonance juive, et qui signent des tribunes où ils entretiennent une haine de soi, il faut savoir qu’ils ont tort et n’engagent qu’eux-mêmes »[26].

Mais cette obsession à traquer les « mauvais Juifs » s’inscrit chez le jeune géopoliticien dans une lutte plus globale contre ce qu’il perçoit comme les « dérives arabophiles et palestinophiles » de la société française. En effet, F. Encel est persuadé qu’il existe dans l’hexagone un ou plusieurs lobby(ies) pro-arabes, qu’il convient absolument de dénoncer et de combattre.

De la dénonciation obsessionnelle de la palestinophilie française à un regard paternaliste sur les Musulmans

Bien qu’il ne cesse de revendiquer la nécessité absolue de défendre la République face à la montée des communautarismes en général et du communautarisme musulman en particulier[27], F. Encel véhicule une vision profondément « ethniciste » de la société française, où la cohésion entre « Juifs » et « Musulmans » serait plus ou moins problématique. En fait, sa vision de la société française d’aujourd’hui participe d’une forme de néo-orientalisme hexagonal, où les « Musulmans » sont perçus fondamentalement comme des « citoyens immatures », en apprentissage permanent. S’il faut reconnaître qu’il ne verse jamais dans une islamophobie haineuse, certaines de ses analyses le rapprochent toutefois des thèses d’Alexandre Del Valle, cet autre expert sécuritaire, avec qui il partage de nombreux présupposés sur l’islam et les musulmans.

Une critique radicale de la « politique arabe de la France »

Sortant de son rôle d’expert « froid » en géopolitique, F. Encel se transforme souvent dans les forums et les émissions de radio-télévision en procureur de la dite « politique arabe de la France ».

Au premier rang des accusés du « tribunal encélien », le président de la République lui-même, Jacques Chirac qu’il décrit de manière péjorative et dévalorisante comme un « commis voyageur de l’armement » : « C’est d’ailleurs une activité tout à fait justifiable car elle contribue à donner à la France une envergure nécessaire pour "peser" dans les relations internationales. Promouvoir l’industrie française de l’armement, c’est aussi ce qui peut expliquer sa position prétendument "pro-Arabe", qui lui permet en réalité de vendre au pétromonarchies, qui sont parmi les seuls acheteurs solvables. Quant à une éventuelle "punition", elle n’est pas vraiment là où on l’attend. Les politiques étrangères française et américaine ne sont réellement antagonistes qu’en Afrique. La France est bel et bien en train de "se faire damer le pion" en Afrique, en particulier dans la région des grands lacs »[28].

Cette critique radicale de la prétendue « arabophilie chiraquienne » semble faire écho à ses premières amours idéologiques à savoir, le Bétar et le Tagar qui ne cessent de dénoncer dans leurs communiqués les dérives de la politique étrangère conduite par le président de la République : « Face aux changements radicaux au Proche-Orient (libération en cours du Liban, élection démocratique en Irak, réformes positives dans les territoires de l’autorité palestinienne...) le Tagar de France appelle le président Jacques Chirac à s’excuser publiquement pour son attitude irresponsable et criminelle à l’égard des populations du Proche-Orient. La France à travers Jacques Chirac a en effet soutenu les tyrans Saddam Hussein ou Yasser Arafat ; empêchant les avancées démocratiques auxquelles nous assistons aujourd’hui. La France s’est disqualifiée, Chirac doit s’expliquer »[29].

Pas très loin sur le banc des accusés, l’Agence France Presse (AFP), dont F. Encel se plait à rappeler ses relations étroites avec le Quai d’Orsay pour mieux souligner que c’est bien le ministère des Affaires étrangères qui est l’un des principaux chefs d’orchestre de la « politique arabe » et des dérives qui l’accompagnent. Sur ce plan, l’on retrouve également les thèmes de dénonciation chers à l’extrême droite pro-israélienne pour qui les diplomates français seraient foncièrement antisionistes, voire antisémites : « 80 % des nouvelles proviennent de l’AFP, première agence arabophone du monde,(...), ce qui fait beaucoup de clients quand on sait qu’il 22 Etats arabes. Sans compter les liens qui existent entre l’AFP et le Quai d’Orsay , que l’on peut mettre à la lumière de la politique arabe de la France telle qu’appliquée depuis les années 60 »[30].

D’une manière générale, le jeune géopoliticien s’en prend à l’irresponsabilité des médias français qui, selon lui, diabolisent un peu trop facilement l’Etat d’Israël : « Les journalistes et observateurs, quand ils parlent d’Israël, tombent souvent, involontairement ou pas, dans un moralisme en général défavorable à Israël et extrêmement pénible »[31].

Au-delà de la prétendue arabophilie des milieux officiels français, c’est une autre « menace » que Frédéric Encel entend désormais pointer du doigt : les milieux musulmans hexagonaux travaillés par l’islamisme radical. A l’instar de nombreux experts sécuritaires, le jeune géopoliticien a surfé très largement sur la vague médiatique post-11 septembre, en la mettant au service de sa propre « cause », à savoir la dénonciation de tous ceux qui oseraient s’attaquer, d’une manière ou d’une autre, à l’Etat Israël. En ce sens, F. Encel a su jouer pleinement sur la peur de l’islamisme pour conforter à la fois sa position d’expert médiatique et son engagement de militant communautaire.

Une étrange sympathie pour les dictateurs du Monde arabe et d’ailleurs

Comme de beaucoup d’experts sécuritaires, F. Encel semble nourrir une fascination malsaine pour les dictateurs et les régimes autoritaires, les seuls « capables », selon lui, de mater les islamistes et toutes formes de résistances à l’Occident.

Il fait ainsi l’apologie de Vladimir Poutine, qu’il présente volontiers comme un « démocrate occidental », dont la répression contre les Tchétchènes serait exemplaire : « Quant à Poutine, il s’inscrit dans cette dimension occidentaliste qui implique une très forte dose de démocratie. Poutine respecte, pour l’essentiel, les modalités démocratiques et, dans un contexte de crise politique et économique endémique, face à la menace grandissante d’un islamisme apocalyptique, le président russe se montre un occidentaliste ouvert à la démocratie »[32].

Ses présupposés néo-orientalistes le conduisent également à valoriser les « solutions autoritaires » dans le monde arabo-musulman, seule façon de contenir les velléités islamisantes de peuples et des opposants, qu’il identifie systématiquement aux « islamistes radicaux », comme si la seule alternative politique possible dans la région était celle des dictatures pro-occidentales ou des régimes théocratiques : « Pour cette raison, la situation est donc très grave dans la région, et l’Occident serait bien inspiré de soutenir davantage, notamment sur le plan économique et social, les régimes autoritaires plus ou moins en lutte contre leurs opposants islamistes »[33].

De ce point de vue, la relative sympathie de F. Encel pour le successeur d’Arafat à la tête de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, doit en son hypothétique capacité à réprimer toute forme de résistance palestinienne : « Je pense qu’Abou Mazen a la volonté de circonscrire la capacité de nuisance du Hamas (ce qui n’était pas le cas d’Arafat), et il en a militairement la capacité avec 70.000 militaires en armes. Je crois que le mouvement national palestinien ne pourra pas faire l’économie d’une véritable confrontation politique ou militaire avec ces extrémistes »[34].

En somme, pour Frédéric Encel les Arabes et les Musulmans ne comprennent que la force, ce qui justifierait aisément un traitement autoritaire pour les empêcher de verser définitivement dans le chaos, raisonnement géopolitique douteux qu’il applique autant à la situation internationale qu’au contexte franco-français.

Un républicanisme autoritaire : instrumentaliser le spectre de l’islamisme en France

Bien qu’il n’ait été l’auteur d’aucun travail de référence sur l’islam en France, F. Encel n’éprouve pas de scrupule à livrer ses analyses sécuritaires sur la situation interne, véhiculant toutes sortes d’idées reçues et de poncifs sur les musulmans, inspirés de l’orientalisme profane.

A l’instar des orientalistes du siècle dernier - qui avaient, eux, au moins le mérite de l’érudition -, on retrouve chez lui une obsession quasi-érotique à traiter de la « femme musulmane », à l’égard de laquelle il développe une forme de paternalisme bienveillant. En gros, F. Encel se prend à rêver d’être le nouveau « géopolitologue émancipateur » des jeunes filles musulmanes de France, dont il fait mention dans plusieurs de ses écrits : «  Le premier : ne rien céder en matière de laïcité et de loi Républicaine. Ne rien céder quant à l’épanouissement de la petite concitoyenne française musulmane qui naît dans un environnement musulman dominé par un imam islamiste qui ne parle pas français, fiancée de l’extérieur par des groupes radicaux et qui va exiger que les lois du clan priment les lois de la République sur cette petite concitoyenne. Je pense que l’ensemble de la société française, toute religion et sensibilité politique confondues, doit être extrêmement ferme là-dessus »[35].

Suivant sa grille de lecture néo-orientaliste des réalités françaises, F. Encel ne s’est pas contenté de déverser son expertise sur les plateaux de télévision, il s’est fait également le chantre d’un prohibitionnisme radical, avançant des arguments frisant parfois la caricature : « Derrière le Hijab, le voile porté par des adolescentes ou pré-adolescentes, dont on ne peut pas affirmer qu’elles sont conscientes de ce qu’elles font, il y a toute une instrumentalisation, une manipulation, par des groupes et cadres islamistes qui testent, par ces étoffes, la résistance de la laïcité, des Lois et de l’esprit de la République. C’est la raison pour laquelle il faut combattre ce phénomène. Je me range aujourd’hui du côté de ceux qui prônent une législation très ferme sur le port de tous les motifs religieux à l’école à caractère prosélyte et ostentatoire. Il faut aussi continuer à interdire les signes religieux dans les administrations »[36].

Se réfugiant derrière sa prétendue démarche « géopolitique », F. Encel joue à fond sur les fantasmes et les peurs post-11 septembre pour consolider son fonds de commerce médiatique, n’hésitant pas à se présenter à l’instar de ses « confrères sécuritaires », Antoine Basbous et Antoine Sfeir, comme un expert en islamisme hexagonal et international : « En France, le péril me semble d’autant plus réel que la République s’arc-boute sur les principes fondamentaux de laïcité d’une part, d’intégration citoyenne et non communautariste d’autre part. Ces principes sont combattus par les islamistes - y compris par les plus présentables d’entre eux tels qu’un Tariq Ramadan - qui cherchent à établir au sein de la nation des zones de droit islamique exclusif au profit de communautés. Si nous cédons sur ces points, la sharia s’abattra bientôt sur des milliers de jeunes femmes musulmanes retranchées de force par un système tribaliste de l’espace de libre arbitre et de libre conscience que constitue la cité. Sans compter l’instrumentalisation politique que ne manqueront pas de tenter les mouvances d’extrême droite sur le thème du déclin de la nation. Je crois que la République, dans ce contexte, doit plus que jamais être défendue et ses fondements réaffirmés »[37].

De là, le jeune géopoliticien en vient à prôner un républicanisme autoritaire qui, bien sûr, ne s’appliquerait qu’aux seuls Musulmans, parce que, selon lui, c’est bien eux qui introduiraient au sein de la société française le ver communautaire : « La République doit le leur imposer, on en peut pas leur en vouloir d’essayer d’islamiser le monde. Ce ne sont pas eux les méchants, nous sommes les faibles. Dans les luttes idéologiques, identitaires, politiques, il n’y a pas de méchants et de gentils, mais des faibles et des forts ... On laisse le terrain  : ils le prennent »[38].

Personnage multipositionnel, jouant sur des registres souvent contradictoires (républicanisme/communautarisme, modération/culte de la force, neutralité axiologique/engagement militant, etc.) Frédéric Encel a su en quelques années se bâtir une réputation d’expert en géopolitique reconnu à la fois par les médias et par certaines institutions publiques ou privées. Mettant « sa » géopolitique au service de sa carrière personnelle et de son militantisme communautaire, il est parvenu à imposer une lecture politiquement et idéologiquement très orientée des réalités internationales et hexagonales qui soulève néanmoins de sérieux problèmes de déontologie. Si sa percée médiatique fulgurante doit incontestablement à l’hégémonie d’une vision sécuritaire qui a consacré les « nouveaux experts de le peur », elle repose aussi sur une gestion habile et permanente de l’ambivalence.



[1] « Jérusalem peut faire capoter le processus de paix », interview avec Frédéric Encel, L’Express, 23 mai 1996. L’auteur est présenté comme professeur.

[2] La thèse de doctorat de Frédéric Encel porte le titre suivant : Géopolitique de Jérusalem. Représentations, stratégies et perspectives autour d’une cité sanctifiée, sous la direction d’Yves Lacoste, Université de Paris 8-Saint-Denis, 1997, 655 p.

[3] D’après nos sources, F. Encel ne possède d’aucune qualification universitaire, pas plus dans la 19ème section (science politique) que dans la 23ème section (géographie) du Conseil national des Universités (CNU).

[4] Laurent Mucchielli, Violences et insécurité, fantasmes et réalités dans le débat français, Paris, La Découverte, 2002. Cf. aussi Vincent Geisser, La nouvelle islamophobie (chapitre sur les « Nouveaux experts de la peur »), Paris, La Découverte, 2003.

[5] A titre d’exemple, il a participé treize fois entre 2003 et 2005 à l’émission d’Yves Calvi « C’est dans l’air ! », diffusée sur La Cinq, sur les sujets les plus divers : juin 2003 : « Israël : la paix de sang », octobre 2003 : « Gaza : le réduit explosif », novembre 2003 : « L’adieu à 1914-1918 », février 2004 : « Oui, la bombe prolifère », mars 2004 : « L’Europe face à la guerre des bombes », mars 2004 : « Israël : la liste de Sharon », mai 2004 : « Irak : l’encerclement terroriste », juin 2004 : « Un D-Day très allemand », septembre 2004 : « Libération d’otages : et nous  ? », septembre 2004 : « La terreur tchétchène », octobre 2004 : « Israël sans Gaza ni Arafat », mars 2005 : « Beyrouth brûle-t-il ? », avril 2005 : « Arménie : le génocide inavoué ». Sur la même chaîne, il a également participé à l’émission deux fois à l’émission « Ripostes » de Serge Moati (avril 2003 et avril 2004) et une fois à l’émission « Arrêt sur images » de Daniel Schneiderman (novembre 2004). Sur France 2, il a participé trois fois à « Face à l’image » de Paul Nahon et Bernard Benyamin (septembre 2003, janvier 2004 et octobre 2004) et une fois à l’émission « Mots croisés » d’Arlette Chabot (novembre 2004). Enfin, il a fait quatre passages consécutifs sur I-Télé, filiale de Canal Plus, entre le 25 et le 29 octobre 2004.

[6] Pour avoir un bref aperçu des thèses défendues par le Likoud, on peut toujours se reporter au site du Likoud-France : www.likoud.fr.

[7] Le plus emblématique de ces nouveaux historiens israéliens est Benny Morris, auteur de Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Bruxelles, Complexes (coll. « Histoire du temps présent »), 2003.

[8] Extrait de l’œuvre de Ze’ev Jabotinsky publié sur le site Tagar-France : www.tagar.org, rubrique « qui sommes nous », sous-rubrique « idéologie ».

[9] Conférence de F. Encel, invité par l’Appel Unifié Juif Français, section de Grenoble, 25 mars 2001.

[10] Entretien avec F. Encel sur Radio Kol Hachalom, réalisé par Claire Mégui, 25 février 2001.

[11] Radio Kol Hachalom, ibid.

[12] Entretien de Frédéric Encel dans Tribune juive n° 1466, 23 septembre 1999.

[13] Tribune juive n° 1466, ibid.

[14] Conférence de F. Encel, « Le droit au ‘retour des Palestiniens’ ou le suicide politique d’Israël », 22 janvier 2001. On trouvera une version du texte sur le site pro-israélien : http://www.desinfos.com/article.php ?id_article=164

[15] Entretien de F. Encel à l’émission « Les Repères de l’Histoire » présentée par Laurent Joffrin, France 5, 29 septembre 2002.

[16] Tchat du Monde et de l’émission « Ripostes », « Israël-Palestine, la paix impossible ? », 29 avril 2004.

[17] F. Encel, interview sur le site du Nouvel Observateur :http://permanent.nouvelobs.com, 29 janvier 2003, propos recueillis par Céline Lourail.

[18] F. Encel, radio Kol Hachalom, 11 février 2001.

 

[19] Cf. dans les archives de l’INA, l’intervention de Frédéric Encel dans le journal de 13h de France 2, où il dénonce l’hommage de la République française au « terroriste Arafat ». Pour lui, les autorités françaises en ont trop fait en organisant une cérémonie quasi-officielle.

[20] Entretien de F. Encel sur la radio Kol Hachalom, 31 avril 2002.

[21] www.radiorcj.info, 94,8 FM.

[22] « Le sigle du KKL est formé par les initiales de « Keren Kayemeth Leisraël ». Le KKL est le bras exécutif du peuple juif pour la rédemption et le développement de la terre d’Israël. Ses tâches traditionnelles sont : réhabilitation des cours et bassins d’eau, défrichement pour l’agriculture, préparation de sites pour l’habitation et l’industrie rurale, reboisement, environnement... En faisant preuve de générosité, vous nous aiderez à soutenir l’effort de nos frères israéliens pour faire refleurir le désert, et pour assurer aux futures générations la prospérité sur la terre de nos ancêtres. Le KKL de France a pris en charge de nombreux projets en Eretz Israël : aires de détente pour les familles de soldats, réservoirs d’eau dans le Néguev, plantations de forêts, jardins d’enfants et parcs de récréation, aménagement de pépinières ou fermes agricoles, et construction de routes d’accès pour les nouveaux villages dans le Néguev. Nous comptons sur vous pour réussir notre mission au service du peuple et de la terre d’Israël », www.kkl-france.org.

[23] www.obs.monde.juif.free.fr.

[24] Cf. le site Internet de Primo Europe : www.primo-europe.org.

[25] Entretien de Frédéric Encel sur Radio Kol Hachalom, 31 avril 2002.

[26] Conférence de F. Encel, invité par l’Appel Unifié Juif Français, section de Grenoble, 25 mars 2001.

[27] Cf. notamment son ouvrage : Géopolitique de l’apocalypse. La démocratie à l’épreuve de l’islamisme, Paris, Flammarion, 2002.

[28] Conférence de Frédéric Encel à l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble, « Recompositions géopolitiques au Moyen-Orient, 24 mars 2005.

[29] Communiqué du Tagar (organisation étudiante du Bétar) du 24 mars 2005, www.tagarfrance.org.

[30] Conférence de F. Encel, invité par l’Appel Unifié Juif Français, section de Grenoble, 25 mars 2001.

[31] Entretien de F. Encel sur Radio Kol Hachalom, réalisé par Claire Mégui, 25 février 2001.

[32] F. Encel, « Un occidentaliste ouvert à la démocratie », http://www.upjf.org/documents/showthread.php ?s=1e444fea8c91d9fa91f40c93c99465d5&threadid=3566.

[33] Tchat du Monde et « Ripostes », « Israël-Palestine, la paix impossible ? », 29 avril 2004.

[34] Tchat du Nouvel Observateur, 7 janvier 2005.

[35] F. Encel, « Face aux obscurantistes (l’islamiste et les autres) : le Devoir de Liberté », sur le site du Cercle d’étude de réformes féministes, http://www.c-e-r-f.org.

[36] « Face aux obscurantistes (l’islamiste et les autres) : le Devoir de Liberté », sur le site du Cercle d’étude de réformes féministes, http://www.c-e-r-f.org.

[37] Frédéric Encel, « L’objectif d’Al Qaïda s’inscrit dans un Au-delà », Monde rebelles, octobre 2002.

[38] F. Encel, « Face aux obscurantistes (l’islamiste et les autres) : le Devoir de Liberté », sur le site du Cercle d’étude de réformes féministes, http://www.c-e-r-f.org.

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