Discrimination religieuse : les immigrés musulmans gagnent 15% de moins que les autres

Quel que soit l’angle sous lequel on la traite, quel que soit le test qui la met à l’épreuve, la discrim

mardi 23 novembre 2010

Quel que soit l’angle sous lequel on la traite, quel que soit le test qui la met à l’épreuve, la discrimination à l’embauche ressort de toutes les études, persistante et inexorable, et avec elle son creuset d’inégalités et d’exclus, rejetés par un système de recrutement qui a ses codes et ses profils types, de préférence pas trop typés...

Conjuguant leurs capacités d’analyse, des chercheurs américano-français se sont focalisés sur une discrimination taboue, qui ne se crie pas sur les toits, mais qui n’en a pas moins banalisé l’élimination des candidatures jugées pas très catholiques : la discrimination religieuse.

L’enquête, qui a ciblé 511 enfants d’immigrés sénégalais chrétiens et musulmans vivant en France, le démontre clairement : la laïcité à la française attache beaucoup plus d’importance à la religion qu’elle ne veut bien le concéder, et la belle promesse d’égalité des chances rime plutôt avec le désenchantement de la disparité salariale, lorsque l’on mentionne sur son cv son islamité.

En l’occurrence, les scientifiques ont constaté que le revenu moyen des immigrés musulmans est de 15% inférieur à celui de ceux de religion chrétienne, soit 400 euros de moins par mois que leurs concitoyens catholiques. Un résultat déjà très édifiant, mais qui, d’après les auteurs de l’étude, pourrait avoir sous-estimé le degré réel de la discrimination frappant les musulmans français, car une partie de la population française n’associe pas les sénégalais à l’islam.

Rémunération inférieure, secteur de la comptabilité et du secrétariat particulièrement touché, la discrimination religieuse s’abat sur des fidèles perçus comme des intrus un peu trop envahissants. Est-ce là le signe de la reddition de la laïcité éclairée aux laïcards survoltés et endoctrinés, en tout cas c’est une régression française, source de frustrations et d’injustices, qui a déserté les églises et diabolise les minarets, peu propice au vivre-ensemble.

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