Décès du cheikh Mohamed Sayyed Tantaoui, grand imam d’Al-Azhar

Dignitaire suprême de la prestigieuse université d’Al-Azhar, haut lieu mondial de l’enseignement de l’

jeudi 11 mars 2010

Dignitaire suprême de la prestigieuse université d’Al-Azhar, haut lieu mondial de l’enseignement de l’islam sunnite, le cheikh Mohamed Sayyed Tantaoui vient de disparaître brutalement, à l’âge de 81 ans, succombant à une crise cardiaque en Arabie Saoudite.

Personnage religieux de premier plan, célèbre pour ses prises de position modérées et sa proximité avec le pouvoir, le Cheikh Tantaoui est décédé en plein aéroport de Riyad, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre le Caire, après avoir été convié à la remise du prix international du roi Fayçal.

C’est une figure illustre qui s’éteint, ayant présidé aux destinées d’Al-Azhar depuis mars 1996, après avoir été promue par le président Hosni Moubarak. C’est une personnalité emblématique qui quitte la scène théologique et publique, connue pour ses approches à contre-courant de questions religieuses extrêmement sensibles en Egypte, exerçant un éminent contrepoids face à l’influence des Frères Musulmans, qui n’a cessé de grignoter du terrain.

Bousculant des bastions du conservatisme par ses partis pris iconoclastes, le fervent pourfendeur de l’excision des fillettes fut fustigé pour sa poignée de main avec Shimon Pérès, lors d’une conférence sur le dialogue religieux à New York en 2008, dont il s’est dédouané en clamant ignorer qui était son interlocuteur, et plus récemment s’est attiré les foudres de ses détracteurs en remettant en cause la légitimation du voile intégral, proliférant en Egypte, par la « tradition religieuse ».

Auteur prolifique de nombreux ouvrages sur l’exégèse du Coran, le cheikh Mohamed Sayyed Tantaoui sera inhumé à Médine, en Arabie Saoudite, ainsi que l’a indiqué l’un de ses fils, bouleversé par une mort vécue comme un « un choc indescriptible ».

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