Brigitte Bardot et le mépris des musulmans

« Je m’en fous, le ramadan, je m’assieds dessus », lâche-t-elle subitement, vulgaire et désinvolte.

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jeudi 12 août 2010

 « Je m’en fous, le ramadan, je m’assieds dessus », lâche-t-elle subitement, vulgaire et désinvolte. Ce matin, au micro d’Europe 1, l’ancienne actrice Brigitte Bardot accomplissait sa meilleure prestation depuis des années : celle de la pasionaria islamophobe.

Présidente d’une association controversée de défense des animaux, la sympathisante de l‘extrême droite, âgée de 76 ans, a saisi l’opportunité de l’interview pour fustiger tout particulièrement une pratique alimentaire de l’islam : « C’est qu’elle a envahi la France, cette viande halal ! ». Sans avancer le moindre argument probant à ce sujet, elle s’insurge : « Les musulmans n’ont pas besoin de choisir un restaurant halal. Dans n’importe quel restaurant, ils savent que la viande qu’on va leur donner sera de la viande halal. 80 % des abattoirs français ne pratiquent plus l’étourdissement avant la saignée parce que ça va plus vite et qu’on peut en vendre partout pour les musulmans ».

Musulman ou consommateur français, il faut choisir

Le mépris de la dame, quelque peu acariâtre, se révèle au détour d’un lapsus : « L’abattage halal doit au moins ne concerner que la viande pour les musulmans et qu’elle ne soit pas envahissante pour les consommateurs français ». Ainsi, dans l’esprit de la fine analyste réfugiée aux abords de Saint-Tropez, les musulmans de France ne seraient ni des consommateurs, pleinement insérés dans l’économie du pays,  ni des Français à part entière. La sémantique, évoquant la mentalité des anciens colons, trahit bel et bien une vision séparatiste de la communauté nationale.

Faut-il dès lors s’étonner de son soutien aux dernières propositions du gouvernement à l‘encontre des délinquants d‘origine étrangère ? « Pourquoi ils continueraient d’être français quand ils font que des conneries et des saloperies ? », s’interroge-t-elle délicatement, avant d’ajouter, reprenant quasiment les mêmes termes que le président de la République lors de son allocution à ce sujet : « Quand on est français, il y a une certaine dignité à avoir ! ». Et c’est ainsi qu’en digne émule du style de Nicolas Sarkozy, elle termine sa diatribe avec panache : « J’ai le courage de mes opinions, je n’ai pas une langue de bois et je suis bien la seule dans ce putain de pays ! ». Un langage de racaille pour défendre l’identité nationale : Brigitte Bardot continue à merveille d’incarner son époque.

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