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Une vidéo coûte son poste à un grand mufti du Kirghizistan

Il crie au complot fomenté par le pouvoir pour le déchoir de son rang, Rakhmatulla Hajji Egemberdiev, un grand mufti du Kirghizistan, affirme avoir été piégé par une vidéo compromettante qui l’a contraint à la démission, désignant l’instigateur de sa chute vertigineuse et de son déshonneur cinglant : le président de la commission d'État pour les affaires religieuses, Abdoulatif Joumabaïev.

Eclaboussé par le scandale d’une sextape qui a révélé des secrets d’alcôve du plus mauvais effet, le mufti, apparu au lit avec une jeune femme, a eu beau dénoncer une sombre machination sur le Net, assurant que celle qui partageait sa couche était sa seconde épouse, allant même jusqu'à faire témoigner les parents de celle-ci, rien n’y a fait, le mal était fait et son sort scellé.

Provoquant un grand émoi chez les plus hautes instances religieuses de cette petite république d’Asie centrale, ancienne république d’URSS devenue indépendante avec l'effondrement du bloc soviétique en 1991, la disgrâce qui frappe Rakhmatulla Hajji Egemberdiev est la cinquième à foudroyer un mufti en l’espace de quatre ans, entraînant à chaque fois le départ précipité du dignitaire religieux, mais cette fois-ci avec perte et fracas.

Faut-il y déceler un lien de cause à effet, toujours est-il que, depuis un an, le mufti déchu mais pas encore abattu, qui se rebiffe contre les autorités de son pays, faisait l’objet d’une enquête pour ne pas avoir acquitté l’impôt sur l’argent perçu pour des voyages organisés pour le hajj. Une omission, comme il le clame haut et fort.

Bayram Balci, spécialiste de l'islam centrasiatique, analyse cette nouvelle affaire sulfureuse à la lumière de la méfiance politique qui règne l’égard des muftis: "Cette affaire semble avoir comme arrière-fond un problème récurrent en ex-URSS qui est la méfiance réciproque entre les muftis, qui sont une autorité religieuse, pieuse, avec une formation en islam, et le comité d'État pour les affaires religieuses, dirigé par des bureaucrates", peut-on lire sur le site du Figaro, en mettant en relief la dimension sociétale dans une contrée qui interdit la polygamie : "Les autorités n'ont jamais supporté que les religieux aient deux femmes". A cet égard ce n'est pas l'aveu du dernier grand mufti dans la tourmente, qui prétend s’être uni à sa seconde épouse selon le contrat du nikah, le mariage islamique, qui a dû arranger son cas.

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