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Une collecte de victuailles interreligieuse bat des records pour l’anniversaire de la tragédie de Chapel Hill

Comment honorer l’héritage de Deah Barakat, de sa femme Yusor Abu-Salha, et de la sœur de celle-ci, Razan Abu-Salha, quatre ans après le triple homicide atroce, le 10 février 2015, dont ils furent victimes à Chapel Hill, en Caroline du Nord, les arrachant si cruellement à la vie et laissant leurs parents, proches, amis et coreligionnaires totalement anéantis ?

Un triple homicide mû par l’islamophobie fiévreuse de leur voisin dénué de remords, Craig Stephen Hicks, 46 ans, un athée fervent et fier de l’être, au point de commettre l’innommable. Des semaines durant, il avait déversé sa haine de l’islam sur Facebook en toute impunité, avant d’assouvir une soif de vengeance inextinguible en abattant froidement les trois jeunes musulmans, pourtant si affables et serviables, qui habitaient à deux pas de chez lui.

Alors que leur souvenir lumineux demeure gravé dans les cœurs et que leur fin tragique hante toujours les consciences, bien au-delà des frontières de la ville universitaire où leurs qualités intellectuelles et humaines étaient unanimement appréciées, comment continuer à faire briller la flamme de la mémoire ? Comment entretenir cette flamme afin que le passage sur terre de ces trois jeunes êtres merveilleux, qui éclairaient chacun de leurs actes à la lumière de l’humanisme de l’islam, soit une source d’inspiration inépuisable ?

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Quatre années de souffrance se sont écoulées pour la famille inconsolable de Deah Barakat, 23 ans, ce jeune marié d’origine syrienne, doctorant en médecine dentaire et féru de basket-ball dont le dévouement en tant que bénévole, au sein d’un organisme de bienfaisance dispensant des soins d’urgence dentaires aux enfants palestiniens et syriens, forçait l’admiration de tous.

Quatre années de douleur pour la famille doublement éprouvée de sa jeune épouse, Yusor Abu-Salha, 21ans, qui se destinait, elle aussi, à la profession de dentiste, et de sa petite sœur, Razan Abu-Salha, 19 ans, une étudiante prometteuse en Architecture et design qui faisait ses premiers pas sur le campus de Chapel Hill.

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En hommage à ces trois belles âmes pieuses, cultivées et méritantes, qui croquaient la vie à pleines dents, tout en accordant une place primordiale à l’acquisition du savoir, constamment en quête d’excellence, l’Etat de Caroline du Nord créa très rapidement une bourse d’études portant leurs noms.

Quelques mois plus tard, dans une ville encore sous le choc de l’effroyable tragédie, une mosquée émergea dans le paysage urbain, mettant fin à des années d’atermoiements et exauçant le vœu le plus cher du regretté Deah Barakat, qui se désolait de son vivant que l’islam soit le parent pauvre de la religion à Chapel Hill.

A l’occasion du triste anniversaire de leur mort violente et insoutenable, des citoyens américains musulmans, chrétiens et juifs, venus des quatre coins de la Caroline du Nord, ont convergé vers le Centre culturel islamique de Raleigh, la capitale de l’Etat, samedi 2 mars, les bras chargés de denrées alimentaires.

Devant cette abondance de victuailles offertes généreusement en l’honneur de son frère au grand coeur, de son épouse et de la sœur de celle-ci, Farris Barakat n’a pu contenir ses larmes. « Depuis ce terrible drame, partout aux Etats-Unis, au sein de la communauté musulmane et en dehors, il y avait une forte envie de mettre en œuvre une belle action caritative dont mon frère aurait été fier et à laquelle il aurait pris part avec enthousiasme et sans ménager ses efforts », a-t-il déclaré, la voix brisée par l’émotion.

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« La première collecte de denrées alimentaires interconfessionnelle a été organisée un mois après la tragédie qui a détruit nos vies. A l’époque, nous avions pu fournir 21 000 repas à la banque alimentaire du centre et de l’est de la Caroline du Nord. La collecte de samedi a battu tous les records, nous avons franchi la barre des 67 000 repas ! », s’est-il exclamé, oscillant entre sourire et pleurs, tandis que Zainab Baloch, l’ami d’enfance traumatisé des trois jeunes musulmans assassinés, confiait, visiblement très affecté : « Nous choisissons d’exprimer notre douleur en rendant service aux plus défavorisés. C’est ce qu’ils auraient voulu, c’est le plus bel hommage posthume qu’on puisse leur rendre ».

Pendant que le monstre d’inhumanité, Craig Stephen Hicks, croupit derrière les barreaux dans l’attente de son procès, Farris Barakat, dont le long travail de deuil s’achèvera peut-être avec la condamnation sans appel du meurtrier de son frère, s’investit sans compter dans l’association « The Light House Project ».

« Je cherche à lutter contre l’islamophobie et les crimes de haine à travers une approche préventive. J’ai créé des groupes de paroles à Raleigh, auxquels les jeunes de toutes religions et origines sont conviés, afin de promouvoir la compréhension et le respect mutuel dès le plus jeune âge », a-t-il expliqué, avant que l’évocation du souvenir de Deah, son frère, de son épouse et de la jeune sœur de celle-ci ne le bouleverse à nouveau profondément.

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