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Une Canadienne voilée profondément choquée par l’agression verbale subie à bord d’un bus et par l’indifférence des passagers

Sundus A., 27 ans, une Canadienne voilée résidant dans la province de l’Ontario, n’a pu compter que sur elle-même et sur la parfaite maîtrise de ses émotions, mêlées de stupeur, d’indignation et de peur, dans un bus bondé où les regards se sont détournés, les oreilles se sont bouchées et la passivité l’a emporté devant l’agression verbale, gratuite et odieuse, dont elle a été victime mardi dernier.

Ressortie sans bleus au corps de cette attaque violente venue de là où elle ne l’attendait pas, de la part d’une passagère qui avait pris place à côté d’elle, la jeune femme musulmane, née au pays de l’érable, peine en revanche à panser ses bleus à l’âme, se disant doublement choquée par les paroles injurieuses proférées à son encontre, mais aussi par l’inertie des passagers qui ne cesse de la tourmenter depuis.

"Le Canada n'a pas de place pour des gens comme vous", a lâché l’inconnue, la quarantaine revancharde et fielleuse, en lançant soudainement les hostilités, ce à quoi Sandus A., bien que sidérée, lui a rétorqué du tac au tac : "Le Canada n’a pas de place pour des gens comme vous qui se comportent aussi mal dans l’espace public."

A ces mots, son agresseuse est entrée dans une colère noire, décochant de nouvelles flèches empoisonnées d’une rare abjection, mais dont personne ne s’est offusqué à bord du bus en plein délire islamophobe : "Vous mériteriez d’être violée et que l’on vous foute dehors de mon pays !", a-t-elle hurlé, en éructant de rage face à sa victime abasourdie par ce torrent de haine.

"Aucun passager n’a réagi, n’est intervenu en entendant ces insultes inaudibles et intolérables. Personne n’a rien dit, personne n’a rien fait pour me venir en aide, et pire encore certains observaient la scène comme s’ils étaient au spectacle", a relaté Sandus A. à la presse locale, profondément marquée par cette indifférence troublante et inquiétante qui heurte les consciences.

Réussissant à garder son sang-froid en dépit du harcèlement subi, craignant que l’altercation ne dégénère gravement, la jeune femme voilée a répondu par le mépris à la énième provocation de la furie qui lui faisait face : "Vous parents sont « f-ked » de vous avoir élevée ici, dans mon pays", s’est égosillée celle-ci dans un dernier baroud d'honneur…

Arrivée au terminus, Sandus A., très affectée, a quitté le bus qui se vidait entièrement, se disant écoeurée par l’hypocrisie des tapes amicales qui l’ont félicitée d'avoir bien géré la situation. A croire que les lâches ont une conscience bien enfouie qui a tardivement refait surface pour les titiller un peu…

Après avoir porté plainte auprès de la police de Toronto pour « crime de haine », la jeune cadre dynamique d’une banque d’affaires, dont le jour de congé a viré au cauchemar, a vu ses craintes, nées des attentats de Paris, se matérialiser, et redoute plus que jamais que la tuerie de San Bernardino, aux Etats-Unis, ait des conséquences désastreuses pour les musulmans d’Amérique du Nord.

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