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Une Américaine chrétienne revêt le hijab tout au long du Carême

Sous son voile rouge, arboré pendant les 40 jours du Carême, s’expose à tous les regards une Américaine, blonde aux yeux bleus, d’obédience chrétienne, désireuse de se décentrer de son univers de référence et de passer de l’autre côté du miroir, en signe de solidarité avec ses concitoyens, amis, frères et sœurs en Dieu de confession musulmane.

De retour dans son Illinois natal, après un dépaysement à Ammam, en Jordanie, long de sept ans et d’une infinie richesse, où son idée de se glisser dans la peau d’une musulmane a pris le temps de la réflexion et de la maturation, Jessey Eagan a décidé de franchir le pas et de relever ce qui tient du challenge très audacieux, qui plus est au cœur de l’Amérique profonde…

Estimée de tous pour son grand dévouement auprès des enfants au sein de l’Eglise de Peoria, cette quadragénaire, qui a pu compter sur les encouragements d’un ami musulman, a fait sensation en apparaissant revêtue d’un hijab qui se voulait être le signe ostensible de sa fraternité et de son respect envers ses congénères voilées, en ces temps parasités par un sentiment anti-musulmans briseur de lien social.

"Je veux me rappeler ce que c’est que d'être un outsider, d’être « l'autre »… Cela faisait longtemps que l’idée me trottait dans la tête, et voilà c’est fait ! Pour ce Carême, j’ai relevé le défi d’enfiler un hijab afin de me mettre à la place des amies et voisines musulmanes qui le portent tous les jours", a-t-elle expliqué avec force, conviction et sincérité devant des médias intrigués par sa démarche iconoclaste, ses détracteurs, à la dent dure, la qualifiant au mieux de farfelue, au pire d’hérétique…

Loin de se laisser déstabiliser par des réactions épidermiques et hostiles, dont il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir leur déclenchement en chaîne, Jessey Eagan nourrit l’espoir que son expérience sera salutaire et saura éveiller les consciences : "Ma métamorphose physique, qui n’est pas un vulgaire déguisement, est riche de sens dans une époque troublée et pleine d’animosité envers les musulmans, qui en est cruellement dénuée", a-t-elle insisté.

"Jésus a dit d'aimer nos voisins, des étrangers, et même nos ennemis. Je pense cette magnifique injonction à aimer son prochain est, hélas, en péril, car elle ne résonne plus guère chez de nombreux chrétiens de mes connaissances. Nous sommes tellement influencés par les médias que nous laissons la peur l’emporter, et nous oublions d’aimer. La peur est le contraire de l'amour", a renchéri cette chrétienne du Midwest des Etats-Unis, sous son voile vibrant d’une belle ferveur.

 

 

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