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Etats-Unis : une femme de pasteur revêt le voile en signe de solidarité avec les musulmans

Soutenue par son pasteur de mari en tout point admiratif devant sa démarche engagée, Martha Devries, 47 ans, n’a pas hésité à passer de l’autre côté du miroir en décembre dernier, sous son voile solidaire dont elle sait qu’il n’est pas revêtu selon les règles de l’art, mais avec l’amour de son prochain, en l’occurrence musulman, porté dans chacun de ses plis.

A sa manière, en joignant le geste fort à la parole, cette conseillère d’orientation, estimée de tous au sein de son lycée à Kansas City, dans le Missouri, est entrée en résistance contre la rhétorique hautement toxique du populiste Donald Trump, qui n’en finit pas de cracher son venin à toutes les tribunes et de souffler sur les braises de la haine aux quatre coins de l’Amérique profonde.

C’est en se décentrant de son univers de référence, en dehors de sa « zone de confort » selon ses propres termes, et en tendant la main vers ceux que l’on pointe du doigt, que cette Américaine, souriante et néanmoins volontaire, manifeste tous les lundis, dans la rue et le temple scolaire, son soutien ostensible à ses sœurs et frères en Dieu musulmans, mais aussi à ces réfugiés syriens voués aux gémonies et diabolisés par un démagogue de la pire espèce.

Martha Devries posant aux côtés de son mari pasteur qui fait bloc derrière elle

«Je n’en peux plus d'entendre Donald Trump dire les pires choses contre les musulmans, qu’ils soient américains ou migrants. Je ne veux pas que la peur et l’islamophobie qu’il attise sans cesse, s’installent durablement et l’emportent », s'indigne-t-elle avec force, tout en déclarant se sentir doublement investie, en tant que chrétienne et épouse d’un pasteur baptiste, de la belle et noble mission de délivrer un message de paix et de fraternité auprès de ses concitoyens de confession musulmane.

« Quelqu'un doit aller à la rencontre des musulmans, et les rassurer sur le fait qu'il y a des chrétiens, ici au sein de cette nation, qui les aiment », répète-t-elle inlassablement, en se disant réconfortée par l’accueil positif que sa communauté de foi et son établissement scolaire ont réservé à son témoignage de solidarité visible.

« C’est tellement facile et simple d’être chrétien aux Etats-Unis, et d’y vivre pleinement sa foi ! », s’est-elle exclamée devant la presse locale intriguée par cette femme de pasteur sortant voilée, une fois par semaine, depuis près de trois mois.  

 « Ce n’est pas un foulard qui me séparera et m’éloignera d’une personne qui est ma sœur en humanité », a lancé Martha Devries, les yeux brillants et le visage illuminé par un large sourire, en annonçant sa ferme intention de continuer à arborer ce voile solidaire et fraternel que Trump ne saurait voir, et encore moins comprendre, jusqu’à fin mai.   

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