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Un député néo-zélandais interdit aux musulmans l’accès aux compagnies aériennes occidentales

Même quand on pense avoir tout lu, tout entendu en matière de diatribe islamophobe acrimonieuse, frisant l’absurde, il se trouve toujours une flèche empoisonnée, décochée inopinément, pour envenimer le sujet le plus passionnel qui soit, et un triste sire pour jouer les archers pyromanes.

C’est depuis la lointaine Nouvelle-Zélande qu’une injonction infâme a fusé, sous la plume corrosive d’un député néo-zélandais Richard Prosser, qui a appelé à frapper tous les hommes musulmans, dans la force de l’âge, d’interdiction de vol à bord des compagnies aériennes occidentales. Rien que ça !

"Si vous êtes un jeune homme, entre 19 et 35 ans, et que vous êtes musulman, ou que vous ressemblez à un musulman, et si vous venez d'un pays musulman, alors, sachez que vous n'êtes pas le bienvenu à bord des compagnies aériennes occidentales", fulmine le parlementaire dans une généralisation outrancière et inconséquente, qui contribue à alimenter le sinistre fantasme du musulman terroriste en puissance.

A trop forcer le trait, l’élu du peuple, grand pourfendeur de l’islam, achèvera de se discréditer en signant une métaphore raciste que n’aurait pas reniée la dynastie Le Pen : "Je ne vais pas tolérer que les droits de mes filles et les libertés des autres Néo-Zélandais et Occidentaux soient piétinés par une meute de troglodytes misogynes de Wogistan."

Richard Prosser, par qui les musulmans seraient contraints de rester sur le tarmac des aéroports, boutés hors de Nouvelle-Zélande ou assignés à résidence, a crié haro sur l’islam mais sans faire écho auprès du Premier ministre néo-zélandais John Key, dont il a surtout échauffé les oreilles : "C'est une chose terrible à dire, mais ces propos sont d’une grande stupidité. Ils sont hélas révélateurs de la profondeur de la pensée qui anime le parti First Caucus, connu pour la dureté de sa politique anti-immigration", a déclaré, mardi, le chef du gouvernement dépité, sur la chaîne de télévision publique.

Alors que les principaux représentants de la communauté musulmane se sont insurgés contre la proposition délétère et inepte de ce député indigne de sa fonction, la ministre des affaires Ethniques, Judith Collins, a publiquement désavoué ce dernier. Ce réquisitoire anti-musulmans est "extrêmement décevant" a-t-elle commenté, avant d’insister sur la richesse que représente la diversité pour la Nouvelle-Zélande : "Les musulmans en Nouvelle-Zélande forment une communauté diverse, et il est tout simplement consternant de réduire les individus à leur religion, leur couleur de peau, leur pays d'origine, ou à une perception ultra stéréotypée de l’islamité. Je me félicite du travail  en étroite collaboration que mènent mes équipes avec les musulmans néo-zélandais, qui dénoncent tous le terrorisme et luttent, à nos côtés, dans ce sens".

Devant l’émoi suscité par Richard Prosser, le député, peut-être en mal de notoriété, qui s’est improvisé pamphlétaire, on aimerait croire que l’intelligence du cœur saura l’emporter sur la déraison haineuse.

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