in

Texas : une journaliste voilée victime d’islamophobie lors du congrès du parti républicain

Munie de sa carte de presse toute neuve, son précieux laissez-passer pour assister à la grande convention annuelle du Parti républicain qui avait pour cadre le Texas, Heba Saïd, 22 ans, une reporter en herbe, fraîche émoulue de l’école de journalisme de l’université d’Airlington, était partie la fleur au fusil il y a une semaine de cela, impatiente d’interpeller les ténors du conservatisme américain.

Heureuse et nerveuse à la fois à l’idée de faire ses premiers dans l’arène politique, la jeune journaliste inexpérimentée a été violemment projetée dans la fosse aux lions, assaillie par des délégués et militants du parti qui ont fondu sur leur proie voilée, faisant de son baptême du feu professionnel un vrai cauchemar.

Ridiculisée, injuriée et traitée d’ « islamiste », Heba Saïd est encore sous le choc de son immersion traumatisante en terrain ennemi, qui l'a contrainte de troquer sa casquette de reporter contre celle de victime d’une agression islamophobe se retrouvant à la Une du journal universitaire et de la presse locale. Un comble !

"J'ai assisté à la convention en tant que journaliste, mais j'ai découvert une haine sectaire qui est tout simplement écoeurante", a confié la jeune femme, soucieuse de relater les faits dans les moindres détails : "Pendant que je marchais dans les couloirs, les délégués républicains et les militants venus assister à la convention se sont tournés vers moi, l’air méchant, fronçant les sourcils, opinant du chef négativement, et puis les premières moqueries et insultes ont fusé de toutes parts, et même de la part des intervenants. Le mot « islamiste » a été très vite lâché et repris en chœur. On m’a apostrophée  en me disant « vous autres, les musulmans vous êtes trop nombreux », et lorsque j’ai voulu prendre une photo d’ensemble avec Ted Cruz, le sénateur républicain du Tea-Party, pas moins de cinq policiers m’ont entourée, me fixant intensément ainsi que chacun de mes gestes, comme si je représentais la plus grande menace terroriste de la convention. C’était oppressant et horrible !"

« Tout ce qui ne tue pas rend plus fort ». Heba Saïd, très affectée mais pas anéantie, que rien ne fera renoncer à ses études de sciences politiques, a fait sienne la citation de Nietzsche, se disant résolue à combattre un racisme anti-musulmans qui gangrène l’Amérique. L'Amérique, cette grande nation multiculturelle à laquelle elle appartient depuis treize générations du côté maternel, et qu’elle exhorte à regarder par-delà le miroir des préjugés anti-voile avant de faire de certaines de ses concitoyennes des aliens séditieuses.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les Palestiniens usent du Mondial pour se faire entendre

Un Brésilien prononce la Shahada dans les rues de Sao Paulo