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Seattle : le fabuleux parcours d’une réfugiée somalienne promue directrice d’une clinique où elle fut soignée

Anisa Ibrahim n’avait que six ans quand elle foula pour la première fois le sol de la bannière étoilée, laissant loin derrière elle sa terre natale, la Somalie, mais pas son souvenir nostalgique qui berça toute son enfance.

Un souvenir ineffaçable, empreint d’une douce mélancolie, qui resta à jamais gravé dans le cœur de ses parents, des réfugiés somaliens originaires de Mogadiscio. Après avoir transité par le Kenya, c’est en 1993 qu’ils trouvèrent asile aux Etats-Unis, au cœur de l’Etat de Washington, là où, sans le savoir, un avenir radieux allait s’ouvrir devant leur petite fille.

Vingt-six ans plus tard, à force de persévérance, de travail et de rigueur, sans jamais s’avouer vaincue devant les obstacles qui jalonnèrent sa route et les nombreux « Non » qu’on lui opposa, et littéralement transcendée par sa passion pour la médecine, Anisa Ibrahim a magnifiquement réalisé le « rêve américain ». Un rêve de réussite exemplaire qu’elle a même exalté, au-delà de ses espérances.

Après avoir revêtu sa blouse blanche au terme d’études brillantes, la jeune fille somalienne, qui fut la première de la fratrie à étudier à l’université et dont la vocation médicale précoce est née dans un camp de réfugiés en Somalie, en pleine épidémie de tuberculose, s’est imposée, à l’âge adulte, comme l’une des meilleures pédiatres de l’autre côté de l’Atlantique.

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Respectée pour la fiabilité de son diagnostic et appréciée pour sa grande humanité, le Dr Anisa Ibrahim, cette femme musulmane accomplie et mère de famille épanouie, a vu récemment sa carrière prendre un nouvel envol. Elle a atteint un zénith auquel elle ne s’attendait pas si tôt : à seulement 32 ans, elle vient d’être promue Directrice générale de la clinique de pédiatrie du Harborview Medical Center, à Seattle.

« C’est un immense honneur qui m’est fait et je tiens à témoigner à mes pairs ma profonde reconnaissance pour la confiance qu’ils placent en moi. Présider aux destinées de cette clinique me tient d’autant plus à cœur que, à mon arrivée aux Etats-Unis, j’y ai été soignée pendant plusieurs semaines à la suite d’une épidémie de tuberculose qui sévissait dans le camp de réfugiés en Somalie d’où je venais », a-t-elle déclaré en conférence de presse, étreinte par l’émotion.

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A l’instar de Ilhan Omar, sa compatriote et désormais célèbre représentante démocrate de l’Etat du Minnesota au Capitole, dont elle salue la prodigieuse trajectoire et le courage extraordinaire en tant que parlementaire voilée, résolument pro-palestinienne et en lutte contre toutes les discriminations, le Dr Anisa Ibrahim n’a jamais sacrifié son hijab sur l’autel de l’intolérance ou de l’islamophobie attisée à dessein.

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Elle espère pouvoir être une source d’inspiration pour les millions de petites filles somaliennes qui sont soumises à des conditions de vie très difficiles dans les camps de réfugiés, et vers lesquelles toutes ses pensées sont tournées. « Parmi elles, se trouve peut-être la prochaine grande neurochirurgienne de demain », a-t-elle lancé devant les médias, sûre de son effet, avant d’ajouter en éveilleuse de consciences : « C’est le soutien que nous ne leur apportons pas qui les différencie de moi. Alors qu’attendons-nous pour leur venir en aide ?».

A peine a-t-elle été intronisée, que déjà la nouvelle Directrice générale de la clinique de pédiatrie du Harborview Medical Center a déroulé sa feuille de route. Au cœur de ses priorités, la prise en charge et la sensibilisation à l’accès et à l’offre de soins des populations immigrées et de réfugiés, en particulier d’Afrique de l’Est, mais aussi à faible revenu et socialement vulnérables, constituent les axes forts de son programme.

Autant dire que dans l’Amérique de Trump, c’est tout un programme !

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