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Retour sur les agressions des femmes voilées, principales victimes des actes islamophobes

A l’ère de la surabondance d’informations, certains noms ne feront jamais les unes des journaux, certains visages ne s’étaleront jamais sur la couverture des magazines dits « sérieux », et pourtant la sauvagerie des agressions, qui humilie crânement et brutalise de plus en plus fréquemment et toujours aussi impunément une certaine frange de la population française, mériterait largement de faire les gros titres.

Sans doute révélerait-elle par trop l’ampleur d’un fléau que le black-out politico-médiatique, qui pose question sur l’état de notre démocratie, ne saurait relayer, et s’obstine à minorer consciencieusement ou à ignorer souverainement : la recrudescence de l’islamophobie qui, comme l’a mis en lumière le CCIF en 2012 à travers un rapport alarmant, cible, pourchasse et passe à tabac, dans 87,3% des cas, les femmes voilées.

Qui pourrait nier que la brutalité inouïe des ultras de l’extrême droite et autres nazillons français n’a d’égale que leur infinie lâcheté ?

Elles s’appellent Rabia, Leïla, Nadia, Fadoua (photo ci-dessous), elles sont de jeunes étudiantes et mères de famille – deux étaient enceintes au moment des faits -, elles vivent à Argenteuil, dans le Val-d’Oise, et à Gaillac, dans le Tarn, et elles sont la partie tragiquement émergée de l’iceberg. Leur point commun est d’avoir suscité un grand mouvement de mobilisation au sein de la communauté musulmane pour dénoncer l’islamophobie, après avoir été les proies toutes désignées de la fureur raciste de skinheads qui les ont rouées de coups, dans la rue, en plein jour, l’insulte raciste à la bouche "sale arabe, sale musulmane, sale pute, retourne chez toi…", tout en tentant d’arracher leur voile, avant de les abandonner tuméfiées, terrifiées, et parfois gisant sur le sol. Leïla O., sauvagement battue à Argenteuil le 14 juin, ayant été cruellement meurtrie dans son âme et sa chair, suite aux coups de pied qui lui ont été administrés délibérément dans le ventre, alors qu’elle était enceinte, et qui ont été fatals au petit être qu'elle portait.

Rassemblement à Argenteuil contre l'islamophobie

 

Enceinte de 4 mois,  âgée de 32 ans, Fadoua Azaroual  a été agressée  par deux individus en juillet 2010 à Gaillac, dans le Tarn . Elle a eu le  nez cassé, des douleurs au ventre et au dos ainsi qu'un traumatisme crânien.

 

En l’espace de cinq ans, les violences islamophobes à leur paroxysme n’ont cessé d’être conjuguées au conditionnel par les grands médias, reléguées à la rubrique des « chiens écrasés », ou carrément passées à la trappe, tandis que les élus locaux et l’institution policière, plus enclins à étouffer leur caractère éminemment raciste,  les ont abordées du bout des lèvres, non sans hypocrisie et mépris.

Agression d'une femme voilée  à Paris en 2011

 

Le procureur qui a eu à traiter la violente agression commise à Juvisy-sur-Orge, en mars 2012, dans l’Essonne, a estimé que les deniers publics ne seraient pas dépensés pour réaliser des tests ADN sur un voile, dont il y a fort à parier qu’il a été réduit à un vulgaire bout de tissu sans importance.

L’actualité récente, qui porte les prénoms de Rabia et Leïla et a eu pour cadre la ville d’Argenteuil, jette une lumière crue sur cette vague islamophobe sans précédent et sur les barbares qui s’autorisent, après avoir été galvanisés par une parole politicienne indigne qui a désinhibé le pire des nationalismes sur l’autel de l’électoralisme, à s’en prendre aux musulmanes en hijab qui ont le malheur de croiser leur route.

A l’unisson de Sarkozy et de Marine Le Pen, comment qualifier la déclaration ravageuse de Manuel Valls, le 7 février dernier : "Le voile qui interdit aux femmes d’être ce qu’elles sont doit rester pour la République un combat essentiel", et que dire de la laïcité, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, piétinée par un laïcisme belliqueux ?

 

  Rabia B. a été violemment agressée le 20 mai à Argenteuil par deux individus aux crânes rasées et vêtus d'un blouson noir. 

N’oublions pas non plus l’impact délétère des saillies verbales proférées, en 2007, par celle qui était alors présidente de NPNS, Sihem Habchi, l’énième caution « beur » du système, dévorée par l'ambition avant d'être déchue de son titre ronflant pour avoir eu les yeux plus gros que le ventre… Rappelons-nous les amalgames dévastateurs de cette marionnette grotesque totalement inféodée à ses généreux mécènes, qui avait fini de se ridiculiser en portant le bonnet phrygien, lorsqu’elle clamait sur tous les toits, escomptant certainement de juteuses contreparties, que « le voile était un cercueil », ou encore que les « filles voilées et les femmes violées et excisées étaient les mêmes ». Une bien mensongère et pernicieuse équation !

Cette parole démagogique qui a distillé son venin dans le débat public à dessein, car comme chacun sait jeter les musulmans à la vindicte fait habilement diversion, fait vendre, fait gagner des voix et fait les bons amis, a été amplifiée par des intellectuels et des groupes identitaires, au risque de mettre en ordre de bataille des nervis de l’extrême de droite avides de casser de l’Arabe et du Musulman comme au temps des ratonnades, avant d’être rattrapés par d’autres vieux démons exhumés d'un sombre passé…

Agression de femmes voilées hors de France

Hors de France, on se souviendra également du meurtre atroce de Marwa Sherbini, cette jeune maman voilée de 32 ans, originaire d’Egypte, pharmacienne de formation, et installée avec sa famille en Allemagne, qui a été poignardée de 18 coups de couteau le 1er juillet 2009 à Dresde. Comble de l’horreur, le drame s'est noué dans l’enceinte du tribunal censée la protéger de l'homme qui l’avait agressée verbalement un an auparavant, et dont elle ne pouvait imaginer qu’il allait devenir son assassin sous les yeux des juges qui allaient statuer sur sa plainte.

Marwa Sherbini (avec son petit garçon) poignardée de 18 coups de couteau le 1er juillet 2009 à Dresde. 

 

Terrible agression d'une femme voilée à Londres

La scène se déroule le 13 novembre 2012, vers midi, et de surcroît sous les caméras de surveillance du quartier résidentiel de Plaistow, à l'est de Londres. Alors qu'elle marchait tranquillement dans la rue, une jeune fille de 16 ans, revêtue d'un voile noir, est soudainement rattrapée par un homme, animé par la volonté de nuire, qui lui assène un coup d'une extrême violence à la tête, la laissant inconsciente sur le trottoir.

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