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Reconnaissances

Il arrive parfois, dans certaines pauses de ta vie, que ton esprit devienne léger et que plus rien ne l’alourdisse. Ces pauses, ce sont des instants où tu te déconnectes sans vraiment le vouloir, des instants où tes souvenirs te font évader un court moment, le temps de partir pour mieux te regarder de loin. Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Où vas-tu ? Où es-tu finalement ?

               Tu observes ta vie, la vie, le monde, les gens…tu es déconnecté. Etrange paradoxe. Nous voulons être connecté à tout pour comprendre ce monde : internet, téléphone, messages, mails, infos, intox…pourtant, c’est en étant detaché de tout cela que le contact s’opère . Etre en dehors du coup. C’est mieux. On se sent tellement léger. Alors tu observes et tu ne sais pas qui tu es, ni d’où tu viens, ni où tu vas, ni où tu es. Tu commences par toi-même et si tu sais te regarder, tu réalises que la vie t’a tout donné alors que tu n’as rien demandé : entendre, voir, parler, sentir, toucher, réfléchir, vivre, tout simplement. On t’a tout donné. Tu connais la véritable valeur de ces dons que lorsque tu en es privé.

               Alors, plus tu y penses et plus tu n’as qu’un seul mot à l’esprit : reconnaissance. Envers qui ? Envers quoi ? Envers Dieu si tu y crois, envers tes parents si tu les respectes, envers la vie si tu l’aimes…Reconnaissance. Dire merci. Respecter ces dons c’est se respecter soi-même. Ils sont à toi. Epargne tes oreilles des mensonges, des calomnies, de la vulgarité et des mots qui tuent ; épargne ton regard de tout ce qui peut ébranler ton cœur ; épargne ta langue des mots les plus durs, ces mots qui font couler l’âme de ceux que tu peux aimer ; épargne tes sens et tes mains de l’envie maladive et des passions qui enchaînent ; épargne ton esprit de la médiocrité ; épargne ta vie, tout simplement et dis merci avec des mots et avec ces gestes et cette attitude de respect.

               Être reconnaissant envers ce qui te dépasse c’est entrer dans le cercle des humbles. Celui qui ne connaît pas cet exercice ne cherchera la reconnaissance qu’auprès de ses semblables. Il se trompe. Il veut leur plaire, leur montrer qu’il est le meilleur parce qu’il attend quelque chose en retour. Vaines illusions. Si tu vis et si tu agis à travers le regard des autres, ils t’enverront comme une gifle cette reconnaissance que tu attends, parce que tu es transparent. Vis et agis pour toi-même et la justice de la vie te le rendra d’une belle manière. L’Homme est ingrat de nature. Il ne t’aimera que si tu ignores et tu t’éloignes de ce que les gens aiment. C’est une vérité absolue.

               Comprendre la vie commence par se connaître soi-même. Plus tu apprends à te découvrir et plus tu sens cette foi qui vit à l’intérieur et qui ne demande qu’à se propager dans tous les recoins de ton être. Foi qui dort, foi qui s’endort, foi qui meurt ou foi qui se réveille. Elle est là. Foi en Dieu, en la vie ou en toi-même, tu la ressens dans certaines pauses de ta vie. Enchaîne-la, garde-la auprès de toi. Elle est ta meilleure alliée. Elle renforce ton cœur à chaque instant. Si tu la perds, chaque épreuve de la vie réduira ce cœur comme une pâte qu’on aplatit pour la rendre plus fine, plus fragile.

               Dire merci c’est embrasser l’humilité et prendre conscience que tu ne maîtrises rien. Tu fais des calculs, des projets et tu rêves de belles ambitions, mais rien ne t’appartient. La vie te fait souvent prendre de beaux ou dangereux virages. Virages qui font s’envoler ton âme vers de jolis horizons ou virages qui jettent ton cœur contre le bitume. Recolle les morceaux si tu peux.

               Dire merci c’est avancer vers le seul signe qui peut croiser ta route une fois. Poursuis-le et ne le lâche jamais. Aime-le et ne le gâche pas. Prends soin de ce signe et n’essaie pas de le briser car tu pourrais tout perdre ; tu pourrais être privé de tout ce qu’on t’a donné et ce jour-là tu tourneras dans tous les sens ; tu ne pourras plus dire merci, parce que tu n’auras plus rien…

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