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Rebondissement judiciaire dans le meurtre raciste de Saïd Bourarach

Son patronyme aura échappé au phénomène de la surmédiatisation, tant notre courageuse presse a brillé par son mutisme, sa négligence et sa partialité dans le traitement de son lynchage mortel, faisant silence sur l’appartenance au judaïsme de ses agresseurs, un tabou pourtant brisé par les criminels eux-mêmes, Saïd Bourarach, cet agent de sécurité et maître-chien estimé de tous, tombé, le 30 mars 2010, sous les coups d’une bande de barbares dans le canal de l’Ourcq, n’a pas fait pas les gros titres des journaux et ne les fait toujours pas, déshumanisé par la censure généralisée qui continue de taire son identité.

C’est en filigrane qu’il faut deviner le nom du « vigile mort sous les pressions psychologiques » dans l’article que consacre le site de RTL au rebondissement judiciaire de l’affaire, car à aucun moment, Saïd Bourarach n’est cité par les journalistes et rédacteurs en chef aux ordres, plus prompts à faire leurs choux gras avec le moindre fait divers sensationnaliste dans les banlieues qu’à rendre justice à un citoyen qui a contre lui, même mort, un faciès un peu trop typé, un nom à consonance un peu trop arabisante, et une origine venue de l’autre côté de la méditerranée qui gêne aux entournures…

On ne s’attendait certes pas à un hommage posthume, mais la plus élémentaire déontologie journalistique, si tant est que cette éthique professionnelle, bien mise à mal, signifie encore quelque chose dans le microcosme médiatique actuel, aurait commandé que figure en toutes lettres le nom du « noyé du canal de l’Ourcq » dont les quatre meurtriers, accusés par le tribunal de Bobigny d’avoir provoqué sa mort par « pressions psychologiques », viennent d’être renvoyés devant une cour d’assises par le juge d’instruction. Des "pressions psychologiques" qui ont très rapidement tourné au passage à tabac et au drame, mais là encore la proclamation de la vérité écorche la bouche…

A l’heure où le meurtre atroce de Saïd Bourarach connaît de nouveaux développements, nous rediffusons cette vidéo réalisée en mémoire d’un mari et père de famille aimant, féru de mécanique, foudroyé dans la force de l'âge, à seulement 35 ans, qui prenait à cœur sa mission de surveillance du magasin de bricolage Batkor de Bobigny, et dont le corps, retrouvé sans vie dans le canal de l’Ourcq, portait les stigmates de son calvaire.


 

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