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Ray Allen, l’urban cowboy du Texas qui a répondu à l’appel de l’islam

Chaussé de ses bottes de cowboy et avec une dégaine pittoresque qui trahit ses origines américaines, Ray Allen, le yankee que l’on dirait tout droit débarqué des vastes plaines d’un lointain farwest, fait figure d’extra-terrestre dans les montagnes escarpées de Souleimaniyeh, la capitale du Kurdistan irakien, mais il ne faut pas se fier aux apparences trompeuses…

Qui, en effet, à première vue, pourrait imaginer que derrière ce « lonesome cowboy », natif du New Jersey,  palpite le cœur d’un musulman très pieux, avide de se ressourcer sous d’autres cieux et de se fondre parmi des coreligionnaires qui lui sont si proches et éloignés à la fois ?

"Personne en Irak ne me croit quand je dis que je suis musulman", a confié Ray Allen, le cowboy urbain installé au Texas qui n’a guère enfourché sa monture que dans ses rêves d’évasion, fasciné par les grands espaces, ajoutant dans un entretien accordé au magazine islamique le 9 décembre : "Il me faut réciter la sourate Fatiha pour prouver ma bonne foi et mon islamité."

Sa rencontre lumineuse avec l’islam remonte il y a vingt ans de cela, sur la Terre Sainte propice à l’élan spirituel, l’Arabie saoudite, mais dans un contexte belliciste, la guerre du golfe, qui ne se prêtait guère à une inclination irrépressible du cœur pour une religion étrangère à la sienne, et pourtant… Le jeune GI, qu’il était alors, a bel et bien vu resplendir dans le ciel les signes du divin, et son horizon s’est subitement éclairci au-dessus des marchands de canon et de la folie des hommes.

Ray Allen, le fervent catholique, qui était âgé de 19 ans, a éprouvé ses premières grandes émotions au son des modulations mélodieuses de l’Adhan, gardant un souvenir impérissable de l’hospitalité de la population saoudienne qui, alors qu’il se promenait en treillis dans les marchés locaux, l’invitait cordialement à prendre le thé. "Je n’oublierai jamais", insiste-t-il, la voix étranglée par une émotion intacte.

De retour au pays, ce dernier a caché son islamité à ses parents, craignant de les affecter profondément par une conversion dont ils n’auraient pas compris les motivations. A l’aube de ses 20 ans, Ray Allen a lutté de toutes ses forces pour être musulman, en solitaire et dans le plus grand secret, se rendant en catimini dans les lieux de culte musulmans de la région, mais se heurtant à la barrière de la langue arabe qui l’empêchait de s’imprégner pleinement de la quintessence du Texte.

Le jeune homme a alors appris les rudiments linguistiques du Coran, et vingt ans plus tard, la quarantaine sereine, l'homme d'âge mûr, qui rend un vibrant hommage à ses parents, aujourd’hui décédés, reconnaissant pour les valeurs qu’ils lui ont inculquées, assume au grand jour son islamité, chez lui comme à des milliers de kilomètres de là. "J'ai appris tout cela de mes parents, puis trouvé ces mêmes principes et plus dans l'islam", souligne-t-il, bouleversé.

Ray Allen, l’Américain à l’allure de cowboy qui a l'air, mais seulement l'air, de s'être trompé de film, est loin de traîner ses guêtres dans une partie du monde aussi dépaysante que peut l’être le Kurdistan irakien pour un occidental de chez l’oncle Sam… Chaque semaine, il assiste à la prière du vendredi avec une émotion renouvelée : "Cela va me manquer de ne plus utiliser les mots comme Alhumdulilah et Mashallah dans mes conversations quotidiennes. En Amérique, je ne peux pas le faire avec tout le monde", regrette-t-il déjà vivement, alors que son séjour vivifiant en immersion dans l’islam est sur le point de s'achever.

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