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Québec : éconduit par sa voisine musulmane, il se venge en placardant des tracts islamophobes

Quand un ressentiment islamophobe naît de la rancœur d’un sentiment amoureux déçu, cela aboutit à l’incroyable vengeance d’un Québécois de confession catholique contre sa voisine, une charmante Française musulmane, qui a eu le malheur de repousser ses avances.

L’histoire, en tout point stupéfiante, a pour cadre la Belle Province, plus précisément Charlesbourg, un des six arrondissements de la ville de Québec, et s’est déroulée cinq jours après l’attentat sanglant qui a endeuillé la Grande Mosquée locale fin janvier, alors même que les cœurs de la communauté musulmane étaient en berne et les esprits épouvantés par la tragédie.

C’est ce moment précis, empreint d’une vive émotion à l’échelle nationale, qu’a choisi le soupirant éconduit, Christian Lavoie, 35 ans, non pas pour soupirer d’amour sous les fenêtres de sa voisine de palier, mais plutôt pour imprimer des tracts islamophobes et les placarder sur sa porte.

Fait notable, sur ces tracts orduriers figuraient des phrases fielleuses extraites du site officiel de Marine Le Pen, la présidente du FN étant décidément une source d’inspiration intarissable pour les individus fanatisés et ayant soif de représailles, à l’instar de l’extrémiste de droite, le Canadien Alexandre Bissonnette, auteur du carnage dans le Centre culturel islamique de Québec.

Avant d’en arriver à cette extrémité, ce père de famille qui a la garde exclusive de sa petite fille de cinq ans, élevé dans une famille catholique très pieuse et pratiquante, comme le prouve la croix accrochée ostensiblement autour de son cou, s’était mis à harceler jour et nuit pendant cinq longs mois, d’octobre 2016 à février 2017, l’objet de sa folle passion, allant jusqu’à tambouriner sur les murs de son appartement avec une hargne décuplée.

Faisant profil bas devant ses juges, ce dangereux harceleur, dont l’amour violent a sombré dans l’implacable haine anti-musulmans, a plaidé coupable jeudi dernier. Se défendant de tout racisme et admettant, bien piteusement, que ses affiches étaient « très maladroites » dans le contexte actuel et que sa seule intention était de « faire suer » sa voisine, il a déclaré en guise de mea culpa : « Ce que j’ai fait, c’était très immature, très irréfléchi de ma part, mais on essaye de faire du sensationnel avec mon cas depuis les attentats à la mosquée ».

Lorsque le juge Garneau, après avoir remarqué sa croix, l’a interrogé sur le principe fondamental de la religion catholique, ce dernier a bredouillé une réponse, ce à quoi le magistrat lui a rétorqué de manière cinglante : « C’est « aimez-vous les uns, les autres ». Vous devriez réviser votre petit catéchisme ! ».

Evitant la peine d’un an de prison ferme qui avait été réclamée à son encontre, Christian Lavoie, dont le casier judiciaire était loin d’être vierge, a purgé 45 jours en détention provisoire. Il devra effectuer 100 heures de travaux communautaires au cours des six prochains mois et verser, au titre du dédommagement moral, 1500 $ à la plaignante, ainsi qu’au Centre culturel islamique de Québec.

Une fois à l’air libre, il sera contraint de mettre des kilomètres de distance entre lui et sa victime musulmane, et ne plus jamais l’approcher, ni la contacter.

L’islamophobie, déjà passablement attisée par les pyromanes de la paix sociale d’une rive à l’autre de l’Atlantique, n’avait certes pas besoin qu’un courtisan très pressant joue les Roméo revanchards et souffle à son tour sur les braises de la haine.

 

 

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