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Quatre Français sont “séquestrés” au Qatar, leurs épouses s’indignent

Le Qatar, eldorado ou enfer ? Sa fièvre acheteuse lui a permis de mettre le monde à ses pieds et notamment la France dogmatiquement laïque, pathologiquement anti-voile, mais sinistrée et exsangue, qui lui a déroulé le tapis rouge avec le sourire et des accolades chaleureuses, en fermant les yeux sur ses dérives tyranniques, l’état confetti du golfe Persique peut se targuer d’avoir acheté la République, y compris son silence complice.

La capitulation légère et intéressée de nos dirigeants successifs devant l’argent qui coule à flots prêterait à sourire si elle n’était aussi accablante, d’autant plus que le Qatar, lui, ne se laisse pas envahir avec autant d’insouciance et de tolérance. Les ressortissants français expatriés dans cette oasis aseptisée n'ont manifestement pas de traitement de faveur, mais sont toutefois mieux lotis que la main d'oeuvre immigrée qui y est réduite en esclavage.

Les épouses de quatre Français, partis tenter l’aventure dans ce « nouveau monde » mirifique, laissent aujourd'hui éclater leur colère, sortant de l’ombre pour dénoncer sur la place publique la situation inextricable subie par leurs époux respectifs « séquestrés » au Qatar, ainsi que l’a clamé haut et fort leur avocat Me Berton, en conférence de presse, à Lille.

En butte à une certaine inertie, voire à une inertie certaine des autorités françaises, ces femmes poussent « un cri de douleur et un cri judiciaire » face à l’arbitraire qui assigne à résidence leurs maris, victimes « d'abus de confiance et d'escroquerie, de chantages en échange d'un visa de sortie du territoire, obligatoire dans le pays », toujours selon l’avocat des familles.

Ils s’étaient envolés pour les horizons qataris radieux, pleins de belles promesses d’avenir, Zahir Belounis, footballeur, Jean-Pierre Marongiu et Nasser Al-Awartany, chefs d’entreprise, et Stéphane Morello, entraîneur de football, y sont actuellement bloqués après avoir connu des lendemains qui déchantent.

Arrivé en 2007, Zahir Belounis décidait six ans plus tard, en 2013, de poursuivre son club de football en justice pour non paiement de son salaire depuis 21 mois, mais ce dernier en a été fortement dissuadé après que l’on ait exercé un chantage sur lui pour l’obtention de son visa de sortie.

Jean-Pierre Marongiu avait créé une société avec un Qatari, dans laquelle il n’a pas hésité à injecter deux millions d’euros, avant que ses gentils associés aient purement et simplement exigé de lui reprendre ses parts gratuitement. Celui-ci, se sentant impuissant et acculé, a choisi de s'enfuir du Qatar en kayak vers le Bahreïn, où les autorités françaises l’ont remis à leurs homologues locaux, qui l’ont livré aux gardes-côtes qataris. Frank Berton a exprimé le souhait "que les autorités françaises se bougent." 

Nasser Al-Awartany et Stéphane Morello sont également défendus par Me Berton qui a annoncé qu’une plainte au pénal sera déposée. L'avocat français prévoit de se rendre au Qatar début septembre pour rencontrer ses quatre compatriotes retenus contre leur gré, lesquels peuvent compter sur le soutien d’ Abdeslam Ouaddou, ancien footballeur de Valenciennes et Nancy, qui sait mieux que quinconque ce qu'ils endurent pour avoir connu la même mésaventure angoissante avant eux. 

"On sait bien que c'est le combat du pot de terre contre le pot de fer. (…) C'est parce que c'est au Qatar qu'on n'en parle pas", a lancé l’avocat. Une phrase qui en dit long sur le jeu de dupes de la diplomatie et l’état de dépendance de la France, dont le reniement des idéaux est aussi facile que son obsession de la visibilité musulmane est instrumentalisée. 

Nous rediffusons l’interview édifiante, réalisée par Le Mag, de l'ex-international marocain Abdeslam Ouaddou qui a joué au Qatar. Pour lui, "Le Mondial du Qatar, en 2022, sera celui de la honte et de l'esclavagisme".

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