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Quand Tariq Ramadan percevait 35 000€ par mois de la Qatar Foundation

Tombé en disgrâce au Qatar, le richissime émirat confetti dont l’argent, qui coule à flots, irrigue la place de Paris mais aussi la Suisse, Tariq Ramadan, éclaboussé par le scandale de sa double vie sordide, y est désormais persona non grata, perdant là son plus généreux mécène.
Le temps où l’islamologue genevois bénéficiait des faveurs de Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, l’émir en personne, est révolu. Stoppée net, son ascension à Doha, à la tête du Centre de recherche sur la législation islamique et l’éthique (CILE), et à Oxford, en sa qualité de titulaire de la chaire de sciences islamiques entièrement financée par son sponsor qatari, fut aussi irrésistible que sa chute fut lourde.
D’une extraordinaire prodigalité à son égard, le Qatar, à travers sa Fondation à but non lucratif pour l’éducation, les sciences et le développement, créée en 1995, lui versait en plus la coquette somme de 35 000 € par mois, à titre de consultant. De quoi se constituer un joli bas de laine, jusqu’au jour où la source miraculeuse s’est brutalement tarie…

Tariq Ramadan posant aux côtés de Moza bint Nasser al-Missned, l’une des trois épouses de l’émir Hamad ben Khalifa Al Thani, et de Youssef al-Qaradâwî

C’est ce que révèlent les journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, dans leur dernier ouvrage édifiant « Qatar Papers », paru ce jeudi 4 avril, qui met en lumière le rôle joué par le Qatar dans le financement, en France et en Europe, de près de 140 projets de mosquées, écoles et centres islamiques, au profit d’associations liées à la mouvance des Frères musulmans.
Grâce à une fuite de documents en provenance de la Qatar Foundation, et en s’appuyant sur une note de Tracfin (l’organisme du ministère de l’Economie et des Finances, chargé de la lutte contre la fraude, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme), ils ont pu avoir accès aux revenus princiers qui tombaient dans l’escarcelle de Tariq Ramadan.
Grandeur et décadence, cet ambassadeur, jugé désormais trop sulfureux pour représenter la politique d’influence du Qatar à l’étranger, est devenu un paria dans l’oasis luxuriante du golfe Persique.
Dans cette même note émanant de Tracfin, on apprend que l’islamologue suisse a reçu, au moment de son arrestation en février 2018, 19 000 euros de la part d’organisations, telles que la Ligue des musulmans de Suisse, pour ne citer que celle-là.
Payé à prix d’or, la somme frisant les 100 000 euros récoltée en un temps record par sa famille, début 2018, afin de payer ses frais de justice et que Tariq Ramadan ne doit, cette fois-ci, qu’à la générosité de ses soutiens inconditionnels, n’en paraît que plus choquante.
Il n’y a pas que le Qatar qui s’est désolidarisé de l’islamologue genevois. Rappelons que la direction du Centre socio-culturel musulman Tawhid a récemment annoncé, via un communiqué officiel, qu’elle entamait « des démarches pour que l’association Horizons représentée par Monsieur Tariq Ramadan quitte ses locaux ». Dans cette droite ligne, les éditions Tawhid, son éditeur historique, ont retiré de la vente en ligne tous ses livres.
 
 

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