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Quand la meute se déchaîne contre l’infâme voilure

Répondant à l'appel d'un rossignol ivre, une improbable coalition d'obsédés dégoise à qui mieux-mieux contre le "foulard islamique"; elle fulmine contre ce pauvre bout de tissu comme s'il résumait tous les maux de la société. Inlassablement, ce nid de vipères crache son venin contre les "femmes voilées", transformées en bouc-émissaire de leurs propres frustrations. Ces pauvres filles sont les premières responsables de leur malheur, paraît-il, alors libérons-les malgré elles, et si possible en les couvrant d'injures ! Ah, si seulement cette meute de chiens pouvait faire disparaître l'objet de sa haine obsessionnelle par ses aboiements fétides !

La bave aux lèvres, elle appelle au combat contre l'infâme voilure tout ce que la caste dominante peut ramasser de ténors des plateaux-télé et d'éditorialistes vendus, elle rameute sans lésiner les petites frappes et les seconds couteaux. Car les imposteurs en tout genre se sont passé la consigne : allons-y, c'est un combat facile, gagné d'avance ! Usurpateurs patentés de l'emblème républicain, philosophe milliardaire et donneuse de leçons, magnat de la presse partisan de la location utérine, pseudo-progressistes qui pensent à la place des autres, féministes dévoyées pour les besoins de la cause, socialistes crapuleux en mal de restauration vichyste, droits-de-l'hommistes jouant les supplétifs de l'islamophobie ambiante, réactionnaires moisis drogués à l'identité nationale : ils sont tous là !

Malheureusement pour eux, ces médiocres à la haine opportuniste n'oublient qu'une chose : ils ont déjà perdu. Parce que le peuple, dans ses profondeurs, ne sera pas éternellement dupe de leurs machinations destinées à nous faire oublier l'essentiel ; non, il ne sera pas indéfiniment le jouet de leurs pitoyables tentatives de diversion. Mais ils ont perdu, aussi, parce que la diversité culturelle, la diversité des usages vestimentaires, alimentaires, cultuels, festifs, littéraires, musicaux, à l'échelle planétaire, est la règle et non l'exception ; parce qu'elle résistera à toute tentative de l'anéantir et que le respect de l'autre commence par le respect de ce qu'il est, et non de ce qu'on voudrait qu'il fût.

Devant cette réalité mondiale qui les dépasse, et dont l’île de La Réunion est comme le microcosme, la fermentation putride des lilliputiens hexagonaux me fait penser à un panier de crabes jeté dans les abysses pendant que les baleines à bosse, bien au-dessus de ces fonds obscurs, goûtent le vent rafraîchissant du grand large.
 

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