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Quand Charlie Hebdo se réjouissait de « faire exploser » le Conseil Français du Culte Musulman

Artificiers. Depuis l’incendie de leurs locaux à la suite d’un numéro brocardant l’intégrisme musulman, les membres de Charlie Hebdo se défendent d’avoir une dent contre l’islam. Oumma a déniché un document attestant du contraire.

Richard Malka est un homme en colère. L’avocat de Charlie Hebdo ne supporte pas que l’on puisse affirmer, à l’instar du géopolitologue Pascal Boniface, que l’hebdomadaire satirique -victime d’un mystérieux incendie criminel suite à la publication d’un numéro spécial charia- attaque davantage les extrémistes musulmans plutôt que leurs homologues juifs ou chrétiens. Mieux encore, le défenseur des caricaturistes récuse toute forme d’islamophobie au sein de l’équipe, se contentant de préciser que seul « l’islam radical » serait brocardé.  Certaines de ses propres déclarations antérieures suggèrent pourtant qu’il n’en est rien.

L’incendiaire incendié

Comme le révèlent les images suivantes, extraites d’un documentaire intitulé « C’est dur d’être aimé par des cons » et consacré au procès des caricatures danoises relayées par Charlie Hebdo, des membres de l’hebdomadaire n’avaient pas manqué d’exprimer leur hostilité, non pas envers tel ou tel groupe islamiste mais, plus globalement, contre le Conseil Français du Culte Musulman. La séquence vidéo dévoile un moment fort du feuilleton judiciaire : lorsqu’Abdallah Zekri, chargé de mission au sein du CFCM, apprend le soutien apporté à Charlie Hebdo par Nicolas Sarkozy
 alors ministre chargé de l’Intérieur et des Cultes, sa colère l’entraîne à évoquer devant la presse l’éventualité, en réaction, d’une auto-dissolution de l’organe représentatif des musulmans. Alertés par leurs camarades, Philippe Val, alors directeur de l’hebdomadaire, et Richard Malka manifestent ostensiblement leur joie à propos de cette nouvelle. L’avocat a même surenchéri, content d’avoir « fait exploser » le CFCM, au point d’affirmer -face caméra : « Fallait pas nous emmerder ».

Richard Malka est un personnage intéressant. Celui qui continue de défendre Charlie Hebdo au nom de la liberté d’expression est également l’homme qui a représenté en justice les intérêts de la banque luxembourgeoise Clearstream contre le journaliste d’investigation Denis Robert. Celui-ci était alors odieusement comparé à un complotiste antisémite par Philippe Val. L’avocat de Charlie Hebdo s’est aussi distingué, au printemps dernier, en défendant l’image de Dominique Strauss-Kahn, injustement « humilié » selon lui par les images de son arrestation new-yorkaise. Par ailleurs, Richard Malka n’avait pas manqué auparavant de reprocher aux journalistes de l’agence CAPA-collaborant en 2010 pour l’émission « Les infiltrés » de France 2– d’avoir dénoncé à la police des individus susceptibles de commettre des actes de pédophilie. Le CRIF peut lui en être reconnaissant : parmi les individus piégés en caméra cachée figurait notamment un certain Maurice Gutman, élu municipal UMP et membre du comité directeur de l’organisme représentatif de la communauté juive. Un scandale largement ignoré alors par la presse nationale, y compris Charlie Hebdo. Même l’hebdomadaire satirique n’avait pas osé faire sa couverture sur cet incident politiquement embarrassant. Sur le plan médiatique, Maurice Gutman l’a échappé belle -probablement en vertu d’une raison majeure : l’homme, dénoncé à tort selon Richard Malka, ne pratiquait pas la charia.

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