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La communication du gouvernement : une gabegie financière de 600 millions d’euros

La vie politique française est sondagière en diable ! Que la France rie, pleure, toussote, râle, frémisse, chancelle, ou s’effondre, et une kyrielle de chasseurs d’opinions s’empressent de lui prendre le pouls, d’ausculter son avis sur tout, d’immortaliser son image instantanée, délivrant des diagnostics sociologiques qui rivalisent dans l’art divinatoire, c’est tout juste s’ils ne prennent pas notre place dans l’isoloir !

Les instituts de sondage ont le vent en poupe, eux ne connaissent pas la crise, ils font florès d’autant plus que le gouvernement y est accroc. Mais, étudier à la loupe ses semblables pour mieux influer sur les intentions de vote est le fait du Prince, et seuls les favoris du souverain se taillent la part du lion.

Epinglées par le récent rapport de la Cour des comptes, qui a été commandé par la commission des finances de l’Assemblée nationale, les dépenses de communication de l’ère Sarkozy ont englouti, entre 2006 et 2010, la modique somme de… 600 millions d’euros !

Dix ministères, littéralement dopés aux études d’opinion, sont incriminés, le choix des prestataires étant entaché par d’innombrables irrégularités qui trahissent un népotisme banalisé. Ainsi, parmi les heureux élus du système qui ont usé et abusé de ses infinies largesses, la société de Pierre Giacometti, l’un des invités du Fouquet’s, ou encore de Jean-Luc Mano, tiennent le haut du pavé.

Ce mépris affiché des règles d’or des marchés publics a pris effet dès l’accès au pouvoir de Sarkozy, dont le cabinet présidentiel signait en 2007 une convention avec la société Publifact portant sur la réalisation de sondages et le conseil en communication, chapeautée par Patrick Buisson, un ancien de l’extrême droite, qui n’en est pas moins l’ami et l’éminence grise du locataire de l’Elysée. Réminiscence de son passé frontiste, une petite phrase en a dit long sur sa préférence nationale : Réserver le RSA et le RMI aux Français”

Dans cet inventaire de la gabegie des deniers publics, des ministres se sont particulièrement illustrés : le transfuge de la gauche et ministre multi-casquettes, Eric Besson, ainsi que Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, n’hésitent pas à recourir à des coaches pour redorer leur blason, quant à l’ex-garde des sceaux, Rachida Dati, elle était coutumière de l’achat de notes mensuelles d’analyses et de conseil en stratégie globale.

La vie politique française n’est plus que panels représentatifs, questionnaires ouverts ou fermés, côtes de popularité, prédictions électorales, comment ne pas avoir la désagréable sensation que tout cela n’est que du vent, à prix d’or et sur le dos des contribuables ?

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