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Primaire socialiste : François Hollande vainqueur haut la main

Outre son candidat providentiel, et même si sa sociologie reste à affiner, le succès de la primaire socialiste traduit-il une aspiration à plus de démocratie citoyenne de la part des français ?

En hausse par rapport à dimanche dernier (2,7 millions de votants), la participation à la primaire socialiste ne s’est pas érodée en ce dimanche décisif, et en dépit de la passe d’arme de ces derniers jours qui a vu l’ entente cordiale de façade et la courtoisie de circonstance se fissurer entre les deux éléphants en lice, les électeurs de gauche, et peut-être même au-delà, ont finalement plébiscité François Hollande à plus de 56%, alors que Martine Aubry plafonne à un peu plus de 43%.

Après avoir été au gouvernail de son parti pendant 11 ans, c’est le député et président du conseil général de Corrèze, soutenu publiquement par son comparse local Jacques Chirac dans une vidéo mémorable, qui remporte les suffrages haut la main pour porter la vision novatrice de la vie en rose…

Traité de « cumulard » par son ex-compagne Ségolène Royal, qui n’a pas caché sa perplexité sur le bilan politique du père de ses quatre enfants, tandis que Martine Aubry le voyait en incarnation de la « gauche molle » ou encore en « candidat du système », mais cela en toute fraternité cela va sans dire, François Hollande sera-t-il l’homme de la situation, lui qui n’a jamais été ministre, et qui, comme tous les autres, aurait joué les figurants si DSK n’avait pas révélé son vrai visage ?

Mais au PS, on se veut enthousiaste et très rassurant : comme par enchantement, les querelles de chapelle et autres rancoeurs inextinguibles se sont dissipées avec l’avènement du triomphateur des urnes. Plaidera-t-il aussi clairement que Martine Aubry pour la création d’un Etat Palestinien, penchera-t-il vers une “démondialisation” aménagée pour complaire à Arnaud Montebourg, fera-t-il la chasse aux entreprises adeptes de la délocalisation comme l’espère Ségolène Royal, sera-t-il le Monsieur tout-sécuritaire de la gauche à l’instar de Manuel Valls, mystère…

De son côté, la famille de la droite rassemblée, mais aussi ébranlée par ses échecs à répétition lors des élections intermédiaires – sénatoriales, régionales, municipales, cantonales – connaît dorénavant le rival de son candidat auto-proclamé, Nicolas Sarkozy, qui serait actuellement, selon les sondages, le candidat préféré de la machine à perdre.

Bien que copieusement dénigrée par l’UMP, à travers Jean-François Copé, son leader récemment éclaboussé par des photos compromettantes liées à l’affaire d’Etat Karachi, la primaire socialiste a déjà fait date, et qui sait demain fera des émules sur sa droite à la lumière du sondage Ifop réalisé pour le Journal du Dimanche.

En effet, 79% des personnes interrogées pensent que la mise en place des primaires par le PS est une bonne chose, contre 21% qui sont d’un avis inverse. En outre, 65% des sondés souhaitent que l’UMP organise également des primaires pour désigner son candidat en 2017, contre 35%. (étude menée du 13 au 14 octobre auprès d’un échantillon représentatif de 955 personnes).

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