C’est une chute à la hauteur de l’arrogance. Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, a été officiellement exclu de la Légion d’honneur après sa condamnation définitive pour corruption. Il est le premier chef de l’État sous la Ve République à subir un tel affront. Un acte fort, justifié, attendu — et salutaire. Par la voix de son avocat, Sarkozy « prend acte » de cette exclusion, tout en se réfugiant derrière un ultime recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Une posture défensive, presque pathétique, pour celui qui s’est longtemps cru intouchable.
Mais il faut appeler un chat un chat. Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable de s’être comporté comme un voyou. Un voyou de luxe, en costume et avec carnet d’adresses, mais un voyou tout de même. Et voilà qu’il perd les honneurs de la République, lui qui n’a pas hésité à les trahir. Rappelons-nous ses mots. En 2005, alors ministre de l’Intérieur, il réclamait de « nettoyer au Kärcher » les quartiers populaires et qualifiait des jeunes désœuvrés de « racailles ». Aujourd’hui, c’est lui qui incarne cette racaille, version élite : celle qui ment, manipule, corrompt, abuse du pouvoir et croit que son statut la met au-dessus des lois.
Il ne s’agit plus seulement de morale, mais de vérité crue : cet homme a sali la République. Sa radiation de la Légion d’honneur n’est pas un scandale, c’est un minimum. On ne décore pas ceux qui ont trahi la confiance du peuple. Alors oui, Sarkozy est bel et bien une racaille. Mais pas celle qu’il montrait du doigt avec mépris. Une racaille en col blanc, nuisible à grande échelle, qui a profané l’État et piétiné l’exemplarité que sa fonction exigeait. Il est temps que la République cesse d’honorer ceux qui l’ont déshonorée. Sarkozy restera dans les livres d’histoire. Mais pas pour ce qu’il voulait. Pour ce qu’il est devenu : un symbole du pouvoir corrompu, déchu sans gloire.



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