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“Plus jamais ça !” : la Silicon Valley entre en résistance contre le projet de fichage des musulmans prôné par Trump

Quand la Silicon Valley, ce royaume de l’innovation où les talents scientifiques et les business angels sont rois, change de logiciel pour amplifier la clameur contestataire contre Donald Trump, cela donne une levée de boucliers en ligne sans précédent pour refuser de se plier au fichage des musulmans sur le sol américain, sous le cri de ralliement : « Plus jamais ça ! ».

Ingénieurs, développeurs, designers, cadres administratifs, ils sont nombreux à s’insurger contre la stratégie de la bouc-émissarisation instrumentalisée sans vergogne par le nouveau président des Etats-Unis et à refuser d’y obéir en collectant des données qui serviront sa politique discriminatoire.

Emblème de la culture américaine de l’entreprise, l’écosystème unique de la Silicon Valley, où phosphore un vivier intarissable de compétences issues des quatre coins du monde, est entré en résistance sur la cybersphère, à travers la diffusion d’une pétition qui a déjà récolté un beau succès, signée par des techniciens scandalisés de chez Google, Indiegogo, Stripe, Yesware, Cornell, Giphy, ou encore Docker.

« Nous refusons de construire une base de données de personnes en fonction de leurs croyances religieuses, lesquelles sont protégées par la Constitution. Nous refusons de faciliter les expulsions massives de personnes décrétées indésirables par le nouveau gouvernement ». C’est en ces termes, clairs et limpides, que les frondeurs californiens du High Tech ont laissé éclater leur indignation sur le site Neveragian.tech, déterminés à se dresser, coûte que coûte, contre le projet de registre spécifique visant les musulmans en Amérique, jusqu’à démissionner si les circonstances l’exigent.

Pour frapper les esprits, ils ont établi un parallèle de sinistre mémoire avec l’implication d’IBM dans l’holocauste, dénonçant l’horreur absolue des déportations de masse, tout en veillant à rappeler l’internement de plus de 110 000 civils Japonais-américains à partir de 1942, en représailles à l’attaque de Pearl Harbour, et le génocide arménien.

La date de parution de leur charte éthique, qui s’articule autour de sept engagements fermes et non négociables, n’a pas été choisie au hasard : elle a été fixée la veille de la participation de Donald Trump à un grand sommet réunissant, à New York, les fleurons industriels américains de la Haute Technologie.

Quand la fine fleur de l’innovation appelle, depuis la Silicon Valley, à la saine désobéissance à une politique funeste, cela prend la forme d’un serment solennel qui a déjà fédéré, en l'espace de quelques heures seulement, plus d'une centaine de signataires :

·  Nous refusons de participer à la création de bases de données d'informations visant à identifier et à ficher une certaine catégorie d’individus pour le compte du gouvernement des États-Unis, fondées sur la race, la religion ou l'origine nationale;

· Nous allons appeler, au sein de nos entreprises respectives, à réduire au maximum la collecte et la conservation des données qui faciliteraient le ciblage ethnique ou religieux ;

·  Si nous découvrons une mauvaise utilisation des données que nous considérons comme illégales ou contraires à l'éthique de nos entreprises, nous nous emploierons à les corriger avec l’aide de nos collègues et l’appui de nos dirigeants ;

·  Si nous ne parvenons pas à stopper ces pratiques, nous exercerons alors nos droits pour les révéler publiquement et les dénoncer, avec responsabilité, sans mettre en danger les utilisateurs ;

·  Si nous avons le pouvoir de le faire, nous emploierons tous les moyens disponibles et nécessaires pour faire cesser ces pratiques ;

· Si nous ne disposons pas de ce pouvoir, et si nos entreprises nous forcent à nous soumettre et à nous livrer à de tels abus, nous n’aurons d’autre choix que de démissionner. Démissionner plutôt que de s’y conformer !

·  Nous souhaitons sensibiliser le plus grand nombre, au-delà de nos sociétés et de notre industrie, à l'utilisation responsable et équitable des données et des algorithmes, en posant des questions critiques sur le projet de Donald Trump.

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